Conciliation travail-famille: les entreprises doivent s’adapter

LA VOIX DES LECTEURS / Le plus récent portrait de l’Observatoire des tout-petits démontre que le niveau de stress observé chez les parents a considérablement augmenté depuis 2012. Près de 40% des mères de tout-petits présentent un niveau élevé de stress lié à la conciliation des obligations familiales et extrafamiliales.

Ce constat est préoccupant, dans la mesure où le stress parental peut avoir un impact important sur la qualité de vie des familles et, par conséquent, nuire au bon développement des petits. Par ailleurs, le stress peut aussi influencer la santé et la productivité de la main-d’œuvre. Repenser les mesures de conciliation travail-famille est donc devenu une nécessité pour toutes les entreprises.

De plus, ces mesures ne devraient pas être considérées comme des dépenses ou des contraintes pour les employeurs, mais plutôt comme un investissement et une solution viable à la pénurie de main-d’œuvre.

De nombreuses organisations à travers le monde ont déjà constaté les avantages concrets d’offrir des mesures de conciliation travail-famille, notamment à leurs jeunes travailleurs: rétention de la main d’œuvre, augmentation de la productivité, diminution des taux d’absentéisme, etc. À titre d’exemple, la Banque Royale du Canada a constaté que 70% de ses employés qui utilisent les arrangements flexibles de travail rapportaient un niveau de stress plus bas et que 65% d’entre eux avaient plus d’énergie.

À l’heure actuelle, près de la moitié des parents du Québec n’utilise que quelques fois par année ou moins les mesures de conciliation travail-famille qui leur sont offertes. Il faut nous montrer à l’écoute de nos employés, pour ainsi identifier les mesures qui répondent le mieux à leurs besoins. 

Il est aussi de notre responsabilité de favoriser la mise en place d’une culture de conciliation afin que les employés se sentent à l’aise de se prévaloir des mesures faites pour eux. En tant que gestionnaire ou dirigeant, il faut communiquer clairement aux employés les mesures et politiques de conciliation qui s’offrent à eux et donner l’exemple en les utilisant ouvertement. 

Pourquoi ne pas changer nos façons d’évaluer le travail afin de s’adapter à ce nouveau modèle? Dans le cadre de la Grande semaine des tout-petits, mobilisons-nous afin de sensibiliser le plus grand nombre d’entreprises possible à l’importance de mettre en place des mesures et une culture de conciliation travail-famille. Elles influencent à la fois la rentabilité des entreprises, la santé mentale des parents et le bien-être de nos tout-petits. Il est temps que la société québécoise aborde de front cette question, afin que l’équilibre travail-famille devienne une véritable norme sociale à la fois pour les travailleurs, les employeurs et les élus.

Yves-Thomas Dorval

Président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec

Maximilien Roy

Président-directeur général, Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec

Marie Rhéaume

Directrice générale, Réseau pour un Québec Famille

Manon Poirier

Directrice générale, Ordre des conseillers en ressources humaines agréés