Chiens dangereux : la sécurité du public doit être priorisée

LA VOIX DES LECTEURS / En réponse à l’article Chiens dangereux : «Les gens n’ont jamais été si peu en sécurité», je souhaite apporter un éclairage sur la situation telle qu’elle est présentée dans l’article, en tant que citoyenne, médecin vétérinaire et éthicienne.

La loi et son règlement demandent que les évaluations de dangerosité soient effectuées par des médecins vétérinaires. Il est indéniable que le Québec compte présentement peu de médecins vétérinaires disponibles pour les faire, mais revenir à la situation antérieure où les villes pouvaient mandater toute personne de leur choix n’est pas une option justifiable devant le public, et encore moins devant les victimes.

Le Québec compte un bon nombre d’éducateurs canins et de techniciens en santé animale formés en comportement et compétents, toutefois, on n’a aucun moyen d’assurer à la population la compétence de ces intervenants canins. Ils n’ont aucune obligation déontologique, puisqu’il n’existe pas de formation reconnue et qu’il n’y a pas d’encadrement de la pratique des éducateurs canins.

Les évaluations de dangerosité sont des actes demandant de poser un regard le plus objectif possible sur les événements, l’historique de l’animal, les observations faites en examinant l’animal et ses réactions. La sécurité du public doit être priorisée, mais, selon la gravité de la situation, le propriétaire et le bien-être du chien seront aussi considérés. L’impartialité est essentielle!

Présentement, il n’y a que les médecins vétérinaires qui ont des obligations à la fois envers le public (toujours la priorité dans l’application de ce règlement) et envers les animaux. Ils doivent aussi pouvoir démontrer leur formation et compétence pour les actes qu’ils posent, et assumer leur responsabilité professionnelle en cas de poursuite ou plainte déontologique.

À l’heure actuelle, je crois que la meilleure solution pour protéger la sécurité publique est un travail d’équipe entre vétérinaires et collaborateurs.

Que les autorités proposent des solutions créatives et durables, je le souhaite ardemment. Pour ce faire, elles devront aussi assurer la qualité du service et être capables de justifier leur choix d’expert en cas de contestation juridique.

Caroline Kilsdonk

Médecin vétérinaire, M.A. (maîtrise en bioéthique)