Chers parents, citoyens et dirigeants

LA VOIX DES LECTEURS / Je vous ouvre mon cœur en tant qu’enseignante depuis quatre ans, qui a fait un retour aux études, mais aussi en tant que maman de deux enfants, inquiète du courant sur lequel l’avenir de notre société nous porte. Je vous lance un cri du cœur et je sollicite votre aide. Si nous voulons que nos enfants apprennent et développent leur plein potentiel dans un climat serein, calme, rempli d’amour, de bonheur et de confiance, ils doivent sentir que vous avez confiance en nous, les enseignants.

Les enfants sont des éponges à émotions et ce que vous ressentez, ils le ressentent. Sans le savoir, ils se présentent en classe imprégnés de vos émotions et de vos pensées dans leur petit subconscient souvent encore immature.

Ça se transpose très souvent dans leurs comportements, mais aussi dans leurs apprentissages. Une chose dont je suis certaine, c’est que vous ne serez pas toujours en accord avec les enseignants ni avec les moyens pédagogiques mis en place, mais la vie est ainsi faite. La capacité d’adaptation avec laquelle nous devons jongler chaque jour de notre vie est un apprentissage important. Si elle est bien développée, notre anxiété en sera diminuée.

Vous êtes des modèles pour vos enfants. Ils n’apprennent pas ce que vous leur dites, ils apprennent de vos gestes, de vos paroles et de vos façons d’agir.

L’apprentissage ne se résume pas qu’au français, aux mathématiques ou aux sciences. Nous voulons les petits capables de s’adapter, d’avoir une ouverture d’esprit, d’être respectueux, de s’entraider, d’avoir confiance en eux, d’être empathiques. Des qualités qui feront d’eux de bons citoyens et qui les aideront à faire leur chemin pour être heureux.

C’est donc de cette façon que nous devons agir si nous voulons être les racines qui leur serviront à être épanouis dans leur vie adulte. N’oubliez pas qu’en tant que parents, nous sommes leur premier modèle. C’est aussi de la façon dont nous devons agir envers nos médecins, nos infirmiers, nos vendeurs, nos concierges, nos amis et nos professeurs : avec confiance, capacité d’adaptation, ouverture d’esprit, empathie et respect.

Chacun fait son métier du mieux qu’il le peut. Nous devons faire confiance et les laisser faire leur travail si nous voulons qu’ils le fassent bien et avec leur cœur. Ce que nous démontrons à nos enfants en voulant prendre le contrôle de tous les métiers qui nous entourent, tout en se déresponsabilisant et en pelletant ce qui ne va pas bien dans la cour du voisin, c’est l’individualisme.

C’est un reflet de notre société pleine de nœuds et ce n’est pas ce qui nous aidera à unir nos forces pour oser se lever pour nos enfants. Nous devons nous rassembler et nous poser la question suivante : que voulons-nous leur inculquer comme valeurs?

Un jour nous ne serons plus là pour les tenir par la main. Quel cadeau veut-on leur faire? Ce n’est pas en travaillant chacun pour soi à vouloir performer, être le meilleur, le plus intelligent, et ce, le plus jeune possible que nous pourrons nous améliorer.

Je crois que nous devons être à l’écoute de nos enfants qui veulent nous faire réfléchir par leurs différents troubles et comportements, que la société ne va pas bien et que nous devons nous réveiller.

Nous avons besoin de vous comme vous avez besoin de nous et comme nous avons besoin de tous ceux qui nous entourent. Non, ce n’est pas la faute des autres, mais de chacun de nous. Soyons solidaires!

Marie-Ève Corriveau

Granby