Nicolas Luppens, coordonnateur, Groupe actions solutions pauvreté (GASP).

Budget: maigres avancées

Le Groupe actions solutions pauvreté (GASP) se dit déçu du budget provincial 2017-2018 qui s'inscrit toujours dans une logique de rigueur budgétaire. Les quelques réinvestissements en éducation et en santé sont loin de réparer les dégâts causés par les compressions majeures ayant affecté les plus démunis.
Ce budget marque le retour des investissements en logement social coupés de moitié depuis deux ans. Ainsi, le gouvernement entend construire 3000 nouvelles unités par année à travers la province. Bien qu'il s'agisse d'une nouvelle encourageante, il est difficile de s'en réjouir puisque ce nombre est largement insuffisant pour combler les besoins les plus criants en la matière. Le GASP rappelle que Granby fait piètre figure dans son offre en logements sociaux disponibles par habitant et que 29 % des locataires granbyens consacrent plus de 30 % de leur revenu au logement. La Ville de Granby soutient le logement social, dont un projet important de 96 unités au centre-ville de Granby, mais, à ce stade-ci, sa réalisation dépend de la volonté gouvernementale.
Les investissements supplémentaires de 7 millions $ prévus d'ici 2020-2021 au Plan d'action interministériel en itinérance sont également un petit pas dans la bonne direction. Cependant, la hausse moyenne se chiffrant à environ 2,3 millions par année devra être rehaussée de manière substantielle les prochaines années pour permettre un réel déploiement de ce plan d'action dans les différentes régions. Seulement en Haute-Yamaska, les cinq besoins prioritaires en itinérance sont chiffrés à environ 1,4 million $ par année. Nous sommes donc très loin des attentes du milieu pour réduire efficacement l'itinérance.
Le GASP se désole de voir le plan de lutte contre la pauvreté reporté à l'automne. Avec ce report, les plus pauvres devront encore attendre pour recevoir de l'aide supplémentaire. Le ministre Blais a annoncé récemment un plan amélioré pour sortir pas moins de 100 000 personnes de la pauvreté. La réorientation majeure du 3e plan d'action vise à mieux soutenir le revenu des personnes seules désirant faire un retour au travail. Cette cible ne permettra pas aux personnes exclues du marché du travail d'améliorer leur situation. En voulant aider ceux et celles qui ont le plus de facilité à intégrer le marché du travail, le gouvernement s'éloigne de l'aide aux plus démunis et de la cible prioritaire- à atteindre.
Les 80 millions $ sur cinq ans, dont 10 millions accordés cette année, au Programme de soutien des organismes communautaires (PSOC) sont également un début, mais l'enveloppe demeure largement insuffisante par rapport aux 335 millions réclamés annuellement par les groupes communautaires. Avec une indexation des dépenses de 0,7 % cette année, comparativement au 4,2 % consenti en santé, le GASP se désole du manque de reconnaissance envers le milieu communautaire. Pourtant, ce sont ces mêmes organismes qui répondent aux besoins de la population fragilisée par les compressions majeures dans les services aux plus démunis ces dernières années.
Par ailleurs, bien que les 20 millions annoncés récemment pour les groupes «famille» soient bienvenus, le GASP déplore que cette enveloppe ne soit effective que pour les deux prochaines années.
Ce budget démontre qu'il y a encore bien du chemin à faire afin que les personnes vivant en situation de pauvreté soient considérées à juste titre dans les choix du gouvernement.
Nicolas Luppens, coordonnateur, Groupe actions solutions pauvreté (GASP)