À propos de « la nouvelle image de Granby », on a procédé secrètement et opté pour surprendre les citoyens et il semble même que les conseillers aient eu la consigne du secret, estime Émile Roberge.

Bien représenter les citoyens

Les prochaines élections municipales nous donneront l'occasion de réfléchir sur le fonctionnement de la démocratie dans notre milieu et d'élire les meilleures personnes­ pour l'exercer.
Nous disons volontiers que nous vivons dans une démocratie. Et c'est vrai, même si parfois des relents d'autocratie nous font éternuer. Nous sommes loin des régimes dictatoriaux d'une multitude de pays, mais il arrive que nos dirigeants soient tentés de gouverner sans tenir compte des opinions des citoyens qu'ils représentent. Démosthène, initiateur de la démocratie grecque, pouvait, à juste titre, proclamer les décisions de l'État par ces mots : « Le peuple des Athéniens a décidé que... ». On ne rappellera jamais assez que, dans une démocratie, c'est le peuple qui gouverne. Un élu doit administrer selon les désirs du peuple. Les citoyens, ce sont les patrons. Ils délèguent leurs responsabilités, mais ne sacrifient­ pas leur rôle. 
Chez nous, les premiers ministres et les maires ont tellement d'importance qu'ils nous semblent gouverner seuls. Certains de nos conseillers municipaux nous apparaissent alors comme des figurants et certains, comme des poupées qui disent oui, oui, oui. Les citoyens d'un quartier veulent que leur conseiller soit indépendant et ils s'attendent à ce que les votes de leur élu reflètent leurs opinions et ils aiment connaître les raisons qui ont motivé le vote de leur conseiller. À Granby, pouvons-nous toujours dire : « Les citoyens de Granby­ ont décidé que... » ? 
Dans le cas du réaménagement de la rue Léger, une bonne consultation et surtout une bonne écoute des citoyens concernés auraient évité le conflit auquel on a assisté. Quelqu'un a dit qu'on les avait « consultés deux fois plutôt qu'une » ... Ce n'est pas exact : après leur mobilisation contre le projet tel que ficelé, on les a informés des décisions prises et, après ces deux rencontres, aucune des propositions de citoyens de la rue Léger ne fut retenue. Même leur représentante à l'hôtel de ville - qu'ils venaient d'élire - a ignoré leurs revendications. 
À propos de « la nouvelle image de Granby », autre dossier important, on a procédé secrètement et opté pour surprendre les citoyens et il semble même que les conseillers aient eu la consigne du secret. Ce n'est sûrement pas une bonne manière de procéder dans une démocratie. Ici encore, ce qui a manqué, c'est une vraie consultation. On a même dit que l'on ne tiendrait pas compte des critiques dans la décision de parsemer Granby de bêtes géantes monochromes. A-t-on consulté les gens du Palace avant de leur flanquer un monstre bleu encombrant à l'entrée ? Il semble que non. Il faut souligner que trois conseillers, tenant compte des opinions des leurs, se sont abstenus de voter pour ce projet, disant que « ce n'est pas une priorité pour les citoyens en ce moment » et que c'est une aventure trop coûteuse. 
Thomas Sankara, grand leader au Burkina Faso, disait : « Nous préférons un pas avec le peuple que dix sans le peuple ».
 
Émile Roberge
Granby