En attendant l'implantation du bac brun, prévue pour 2019, la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie devra se doter des installations nécessaires au traitement de ces résidus.

Bac brun, prise 2

En janvier dernier, j'avais écrit dans cette section un texte concernant mon scepticisme au sujet de la grosseur du bac brun (240 L) choisi par la MRC Haute-Yamaska et de la réponse peu satisfaisante à mon avis pour justifier ce choix.
Mercredi dernier, le 26 avril, il y a eu une soirée d'information sur la collecte des matières organiques. Après l'allocution d'Ariane Coupal, chef de projet de la MRC pour les matières organiques, qui a pu répondre à la plupart de nos interrogations, il y a eu la période de questions. À ma grande surprise, aucun citoyen n'a fait allusion à la grosseur du bac, même en voyant le bac de 240 L qui était sur l'estrade. 
Considérant qu'une partie de l'auditoire était composé de baby-boomers, donc seulement deux personnes par ménage, il me semblait évident que ce bac était beaucoup trop volumineux. Je me suis présenté au micro pour défendre ma cause en mentionnant que je produisais mon propre compost et qu'un bac de 80 L serait plus approprié. J'ai demandé si, comme dans plusieurs villes au Québec, j'aurais éventuellement la possibilité de commander un bac de ce format. Mme Coupal m'a donné une réponse des plus inattendues. Le bac de 240 L a été choisi à cause du vent, vous avez bien lu, c'est le seul bac qui est stable en cas de vent violent. Avis à toutes les autres villes qui ont opté pour les bacs de 80 L et 120 L : soyez sur vos gardes lors des grands vents. M. Bonin a pris la parole pour donner un complément d'information en comparant le bac brun avec le bleu en mentionnant que plusieurs citoyens ont grossi leur bac bleu à cause d'une quantité plus volumineuse de matières recyclables avec le temps, donc la MRC a été prévoyante en commandant des bacs bruns de 240 L. 
Cet argument ne tient pas la route. Le bac bleu contient du papier et des produits d'emballage. Plus tu consommes des biens, plus tu produis de la matière recyclable, c'est logique. Pour ce qui est du bac brun, si j'ai une famille, à titre d'exemple, qui consomme environ 10 kg de produits périssables et en jette plus ou moins 1 kg par semaine, il y a de fortes chances que cette famille consomme ce 10 kg semaine après semaine. À moins que celle-ci devienne boulimique, la production de matières organiques sera stable. Par contre, si cette même famille décide de faire son propre compost, il y aura moins de matières organiques dans le bac brun. M Bonin, l'effet contraire se produit avec le bac brun versus le bac bleu.
Pour conclure, mon choix pour des bacs bruns de 80 L et 120 L est d'ordre pratique, mais aussi écologique et financier. Les bacs sont fabriqués à partir du pétrole. Si on choisit des bacs plus petits, on consomme 2 à 3 fois moins de ce produit fossile. En étant moins volumineux, on en transporte plus par camion, on évite des allers-retours chez le distributeur, donc économie sur la facture du transport et de l'essence. Moins de transport égale moins de gaz à effet de serre. Plus petit bac veut dire coût de revient moins élevé. À titre d'exemple, la MRC de la Haute-Yamaska a fait l'achat de 1200 bacs de 240 L pour une facture de 82 000 $. Supposons qu'elle avait opté pour l'achat de 1000 bacs de 120 L et 200 de 80 L. La facture aurait été d'environ 46 000 $, une économie de 36 000 $ juste pour la zone 9. Si on applique la même chose dans toutes les zones desservies à Granby, plus les 7 autres villes de la MRC, pouvez-vous imaginer les centaines de milliers de dollars qu'on pourrait économiser ? Ceci est un détail, on est portés à croire que les citoyens ont des poches pas de fonds.
Comme il semble que je fasse de ce dossier un sujet personnel, je vais remiser mon bac brun de 240 L derrière mon cabanon, à l'abri du vent, en attendant qu'on me procure un bac brun de 80 L, c'est mon droit en tant que payeur de taxes.
Richard Dubé, citoyen de la zone 9
Granby