La sécurité alimentaire et une saine alimentation peuvent représenter des défis chez les personnes à faible revenu.

Avoir 628$ par mois, ça change pas le monde sauf que...

Le saviez-vous ? Du 8 au 12 mai s'est tenue la Semaine de la dignité des personnes assistées sociales. Malgré tous les préjugés qui persistent, la question demeure.
Je me rappelle il y a quelques années, en tant qu'attachée politique, avoir participé à une activité de sensibilisation... tombée sur l'aide sociale... Une expérience qui m'a marquée... Car que pouvez-vous faire avec un si faible montant ? Cette semaine est peut-être terminée, mais les besoins demeurent bien présents à l'année.
La Table de la sécurité alimentaire de la Corporation de développement communautaire de Brome-Missisquoi a décidé de faire des liens entre la sécurité alimentaire et la dignité, car oui, il y en a un. Il est beaucoup plus difficile qu'on pense de bien se nourrir pour les gens qui ont de faibles revenus. 
Pour François, interrogé dans les locaux de l'organisme Action Plus à Farnham, recevoir un appel d'un centre d'action bénévole pour aider à distribuer de la nourriture dans l'immeuble est une véritable chance. « Je sais qu'un projet de banque alimentaire à Farnham est dans l'air, et ça serait le bienvenu », ajoute-t-il.
Une autre membre de l'organisme avoue qu'elle ne pourra pas participer au groupe d'achats ce mois-ci. « Je n'ai pas l'énergie et la force pour contribuer en ce moment, alors, je ne pourrai pas bénéficier des avantages que procure le groupe d'achats », ajoute-t-elle. 
François remarque que les épiceries mettraient les spéciaux seulement pendant la 3e semaine du mois, alors que les gens sur l'aide sociale n'ont plus d'argent. « Les bons produits comme les fruits, les légumes et la viande n'arrêtent pas d'augmenter. Quand tu as de la difficulté à payer tes comptes, c'est sûr que ça joue sur ta dignité », déplore-t-il.
Nos deux personnes interrogées souhaitent que la sécurité alimentaire et les défis d'une saine alimentation chez les personnes à faible revenu soient mieux comprises par la population et que le mot sécurité alimentaire soit mieux décortiqué dans la population en général. « Manger convenablement, équilibré et sain, ce n'est pas évident, la qualité­ coûte plus cher », résume François.
Malgré tout, des alternatives existent, comme des cuisines éducatives et une diversification de l'offre. « Toute la question de la proximité et de la diversité des épiceries dans une communauté, ça a un impact. »
Les groupes d'achats seraient aussi un moyen pour les personnes à faible revenu de pouvoir encourager les produits locaux et de manger des produits de qualité, surtout que le panier moyen serait d'environ 100 $ par semaine par personne. Ça ne laisse pas beaucoup d'argent pour le reste. « Il est donc impossible de manger des légumes plus qu'une fois par jour... »
La question de la conservation est un véritable enjeu. Les activités des cuisines collectives permettraient de congeler des plats et de développer des alternatives au dépannage­ alimentaire. 
Les restaurants ? Un luxe que les personnes assistées sociales ne peuvent se payer que très rarement. 
Des périodes plus difficiles ? Ça peut arriver à tout le monde ! « À un moment, tu embarques dans un engrenage », ajoute François. Mais au-delà de la situation des personnes assistées sociales, les problématiques se diversifient et les visages changent. Il y a encore beaucoup trop de préjugés face à l'aide de dernier recours. Les enfants à l'école, les étudiants, les personnes travaillant 40 heures au salaire minimum, personne ne devrait avoir faim... C'est une question de fierté, mais surtout de survie !
Andréanne Larouche
Table de sécurité alimentaire de Brome-Missisquoi