Attention au plancher collant

Depuis les années 60, les femmes ont troqué leur tablier pour un accès à l'éducation. Elles se sont longuement battues pour pouvoir atteindre les études supérieures et le marché du travail. Maintenant, en 2016, qu'en est-il des femmes ? Peut-on dire qu'elles ont atteint une égalité avec les hommes ? J'aimerais vous dire qu'il n'y a plus de travail à faire et que notre indépendance passe par l'égalité économique, mais malheureusement, il reste encore du chemin à faire.
Le plafond de verre, vous connaissez ? C'est une expression d'origine américaine, née dans les années 70, pour désigner les difficultés rencontrées dans les postes de haute direction. Les femmes sont encore celles qui doivent jongler entre la famille et le travail et faire face aux préjugés, encore en 2016.
Comment se fait-il que nous soyons à la fine pointe de la technologie, que nous ayons le désir d'organiser des voyages sur Mars, mais que l'égalité entre les hommes et les femmes soit encore un problème à résoudre ? En tant que femme qui atteindra le marché du travail après mes études, je me le demande. Je ne comprends pas comment un changement de mentalité peut être si long. Je sais bien évidemment que la culture organisationnelle y est pour beaucoup, car plusieurs organisations ont hérité d'un modèle conçu pour et par les hommes lorsque les femmes étaient encore minoritaires sur le marché du travail. Par contre, mon incompréhension réside dans le fait que cette culture était présente il y a trente ans, lorsque peu de femmes étaient éduquées et que personne ne se préoccupait de leur cause. Aujourd'hui, c'est tout autrement. Les femmes sont plus diplômées que les hommes, elles ont de meilleurs rendements scolaires et pourtant, lorsqu'elles arrivent en emploi dans les plus hautes sphères administratives, elles hésitent encore à faire partie des boys club.
Le gouvernement a mis sur pied le plan d'action gouvernemental qui s'intitule « Pour que l'égalité de droit devienne une égalité de fait 2011-2015 ». On y retrouve plusieurs orientations qui impliquent une égalité économique entre les hommes et les femmes ou la promotion de modèles et de comportements égalitaires. Tout ça est bien beau, mais concrètement, la situation des femmes sur le marché du travail est bien loin d'être la priorité du gouvernement ! Pourtant, elle devrait l'être; en 2012, les travailleuses avaient un salaire horaire moyen de 10 % inférieur à celui des hommes, donc pour le même travail, une femme est moins bien rémunérée qu'un homme. Je pense que les intentions sont bonnes, mais il faudrait d'abord que les dirigeants à la tête de notre gouvernement provincial soient un exemple pour la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes...
Les générations changent, les plus jeunes arrivent sur le marché du travail et n'ont pas la même vision que les quinquagénaires déjà en poste. Nous sommes de plus en plus éduqués, le gouvernement met en place plusieurs programmes pour l'avancement des femmes au travail. Tout est en place pour que les femmes puissent bénéficier de postes d'importance sans compromis. Qu'attendons-nous pour changer notre mentalité ?
Laurence Brassard
Cowansville