Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet

Après les mamours, la politique

Yves-François Blanchet
Yves-François Blanchet
Chef du Bloc québécois
POINT DE VUE / Dans le respect de la forme parfois étonnante et des règles parlementaires, le Bloc Québécois a proposé ce lundi une modification au discours du Trône qui réitérait la juridiction exclusive du Québec et des provinces en santé, sollicitait que soient augmentés les transferts à cet égard comme elles l’ont unanimement demandé, et soulignait la nécessité de hausser sans discrimination d’âge la pension aux aînés.

« Nous regrettons que votre gouvernement n’ait pas entendu la demande unanime des premiers ministres du Québec, des provinces et des territoires demandant d’augmenter sans condition le Transfert canadien en matière de santé pour qu’il représente 35 % des dépenses en santé au Québec, dans les provinces et dans les territoires; 

- Nous regrettons aussi que votre gouvernement crée deux classes d’aînés en proposant d’augmenter la pension de la vieillesse seulement pour les personnes âgées de 75 ans et plus; 

- Nous regrettons que votre gouvernement ne respecte pas les juridictions constitutionnelles en ne permettant pas au Québec et aux provinces de se retirer sans condition et avec pleine compensation des programmes mis en place par le fédéral dans leurs champs de compétences; ».

Tous les partis canadiens, libéral, conservateur et NPD, ont voté contre.

Pourtant, avant le discours du Trône, Justin Trudeau avait suggéré qu’il allait se montrer ouvert et respecter les juridictions du Québec. Le discours inaugural, suite au choix exceptionnel de proroger le Parlement et repartir en neuf avec un message solennel à la nation, s’est avéré une redite de promesses non remplies et une agression inédite sous Trudeau-fils contre les compétences du Québec et des provinces.

Les Conservateurs ont passé les premières semaines suivant la nomination de leur nouveau chef à envoyer des fleurs et des chocolats au premier ministre Legault : ils allaient être du côté du Québec! Pourtant, les Conservateurs ont voté contre la proposition du Bloc Québécois qui demandait tout juste ça, comme le souhaitait l’Assemblée nationale.


Le NPD s’est fait l’accessoire des Libéraux depuis plusieurs semaines, improvisant des prétextes à l’avenant pour justifier son appui au gouvernement contre le Québec. Le seul député du NPD élu au Québec a voté avec le Bloc et expliqué son appui aux revendications légitimes du Québec. Pourtant, révélant ainsi la vraie nature du NPD, son caucus et son chef ont voté contre l’amendement du Bloc Québécois.

La politique doit être davantage qu’une affaire de mots trop souvent creux. Les partis canadiens, et au moins les Conservateurs et le NPD, avaient ici une occasion de créer un consensus sur le respect des juridictions du Québec. C’est lors des votes, c’est lorsqu’un élu doit, même virtuellement, se lever et montrer ses vraies couleurs, qu’on voit où logent les partis, quelles positions ils soutiennent et ce que sont leurs valeurs. Les mots d’amour, s’ils sont suivis de gestes contraires, sont insultants.

Il n’y en a qu’un seul parti résolument engagé en faveur des compétences du Québec, du besoin urgent et légitime d’une hausse sans condition des transferts en santé pour soutenir les victimes directes et indirectes de la COVID-19, et les aînés. C’est le Bloc Québécois. Encore cette fois, il est clair que le Québec ne gagne rien à confier son présent et son avenir à une autre nation ou à un pays où il n’est qu’une minorité nationale et linguistique en recul. Au moins, et tout de suite, nous devons tous appuyer la demande unanime de l’Assemblée nationale pour que soient augmentés les moyens du Québec en matière de santé, de prévention face à la pandémie et de protection des aînés.