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À force de ne rien faire, on finit par ne rien faire

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LA VOIX DES LECTEURS / Lorsque j’ai lu la lettre ouverte de M. McDonald dans La Voix de l’Est du 30 mars dernier à propos de la Politique de conservation des milieux naturels, adoptée récemment par la Ville de Granby, et que j’y ai décelé son insatisfaction, j’ai immédiatement constaté qu’il y manquait des faits importants pour cerner l’ensemble de la question et que certaines données étaient mal interprétées.

J’en profite donc pour apporter ici des précisions qui renseigneront mieux les lectrices et les lecteurs de La Voix de l’Est ainsi que toute personne préoccupée par la préservation des milieux naturels à Granby.

La Politique constitue la première étape d’un processus qui va mener à l’adoption du Plan de conservation des milieux naturels dans une année environ. Contrairement à ce que certains affirment, la Politique se base sur une analyse multicritère des milieux naturels du territoire, qui apporte déjà des éléments d’évaluation de leur qualité et de leur richesse.

Notons d’emblée que la Politique cible une protection de 29 % des milieux naturels sur l’ensemble du territoire de la ville de Granby, une cible des plus ambitieuses au Québec.

C’est une action concrète pour lutter contre les changements climatiques qui fait suite à la signature de la Déclaration d’urgence climatique par la Ville. Environnement Canada recommande d’ailleurs la protection d’au moins 30 % des milieux naturels.

Par la suite, le Plan de conservation des milieux naturels tiendra compte de l’étude des corridors écologiques et de l’inventaire des milieux humides. Ce document nous apportera des éléments supplémentaires pour encore mieux protéger nos milieux naturels et par conséquent pour renforcer leur degré de préservation.

Parallèlement, le plan de densification du cadre bâti, dont les orientations ont été adoptées simultanément à la Politique de conservation des milieux naturels, sera un élément qui permettra à la Ville de réduire l’étalement urbain ainsi que la pression exercée par le développement résidentiel à la périphérie du périmètre urbain.

Actuellement, nous savons que la pression est très forte sur les milieux naturels qui se trouvent en zone constructible, puisque la demande pour de nouveaux logements augmente à Granby. Ce qui veut dire qu’à tout moment, un promoteur peut déposer à la Ville un projet d’ensemble résidentiel.

Cependant, l’adoption de la Politique de conservation des milieux naturels vient diminuer la superficie disponible pour l’implantation des habitations. Auparavant, la réglementation ne protégeait qu’un maximum de 10 % du terrain, tandis que maintenant, grâce à la Politique, la superficie protégée est d’au moins 50 %. C’est cinq fois plus. L’adoption de la Politique s’est donc faite à point nommé.

Même si le résultat n’est pas forcément celui que certaines personnes espéraient, il faut reconnaître qu’il nous rapproche beaucoup plus de l’objectif que si nous n’avions posé aucun geste. La Politique encadre dans une optique de développement durable, pour les 15 à 20 prochaines années, le développement résidentiel dans six grands secteurs encore disponibles à la construction. On peut parler de long terme. Pour ce faire, la Ville a choisi d’utiliser des plans d’aménagement d’ensemble, des outils urbanistiques flexibles qui pourront être adaptés à la réalité de chacun des secteurs visés, en fonction des milieux humides, des zones d’intérêt écologiques et des corridors fauniques existants, pour préserver l’équilibre et assurer la pérennité de ces écosystèmes.

En tant que responsable des dossiers environnementaux, je me fais un devoir de les faire avancer pour offrir un meilleur milieu de vie à l’ensemble des citoyennes et des citoyens de Granby. Je considère qu’il est important de prendre le temps de s’informer pour saisir tous les aspects d’un sujet. Je suis donc toujours disponible pour apporter des précisions et des renseignements complémentaires à toute personne qui souhaite soulever une problématique de façon globale et pas uniquement d’un point de vue unique.

Catherine Baudin

Conseillère municipale responsable des dossiers environnementaux à la Ville de Granby