Les funérailles nationales de Bernard Landry.

2018 : une année de lourdes pertes

Quelle fierté patriotique je ressens en ce moment, suite aux nombreux et vibrants témoignages de sympathie offerts sur toutes les tribunes médiatiques pour l’homme politique « gigantesque » que fut l’ex-premier ministre Bernard Landry ! Et si peu de temps après d’autres funérailles nationales : celles de madame Lise Payette, autre personnage d’exception !

Dans un cas comme dans l’autre, les éloges n’ont pas manqué de souligner leur apport personnel dans les jalons du Parti québécois. Je ne sais si, comme pour moi, ces témoignages ont réveillé chez vous une « fibre nationaliste » endormie depuis quelques années… Les lourdes pertes qui se succèdent en ce moment nous ramènent forcément à l’époque des grandes convictions séparatistes maintenant révolues qui font encore vibrer les cordes sensibles d’appartenance qui furent les nôtres !

Puissent la probité et le dévouement pour une cause noble dont ont fait preuve monsieur Landry et madame Payette et leur ardeur au travail dans la simplicité — malgré le bagage intellectuel de l’un comme de l’autre — laisser une empreinte de sincérité d’engagement au cœur des politiciens de toutes allégeances. Les plus âgés d’entre nous n’oublieront jamais leurs accomplissements et les sacrifices que ceux-ci entraînent ! Pour les jeunes, puissent-ils incarner des modèles de résilience, jusque dans l’adversité. 

L’idée de débuter les funérailles de monsieur Landry par un Gilles Vigneault chantant Les gens de mon pays pendant que le cortège avançait dans la nef et de les terminer par À la claire fontaine était aussi émouvante que significative.

En tant que musicienne, cette dernière référence comme chant d’adieu me frappe de plein fouet ! Ce « Jamais je ne t’oublierai », nous l’utilisions, une amie et moi, chaque fois qu’il nous était donné de monter de petits spectacles auprès de gens malades. Que de fois avons-nous vu les yeux éteints de certaines personnes atteintes d’Alzheimer s’illuminer — pour un temps du moins — sur cette toute simple, mais combien signifiante mélodie. Comme quoi notre folklore demeure puissamment ancré dans le fond des cœurs…

M. Landry était, comme plusieurs d’entre nous, un assoiffé de la culture et un féru du français ! Ses longues funérailles furent remplies d’une dignité dont son épouse Chantal et sa famille, sa fille en particulier, ont fait largement état. Nous gardons de lui l’image d’un infatigable bâtisseur ! Il laisse un héritage immense au peuple québécois qu’il a chéri et qui lui voue à jamais une énorme reconnaissance !

Il faudrait cependant, en son nom, aviser les commentateurs des différents réseaux de télévision que le mot FUNÉRAILLES — comme obsèques — ne s’employant qu’au pluriel, on ne doit jamais dire une funéraille (erreur voulue) … 

Au revoir M. Landry et joyeuses retrouvailles avec tous ceux qui vous ont précédé là-haut ! Dieu protège notre éminent poète Gilles Vigneault, maintenant âgé de quatre-vingt-dix ans, car nous ne saurions digérer d’autres « funérailles nationales » pour le moment !


Jeannine Mailloux

Granby