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Opinions

Lettre au maire Pascal Bonin

LA VOIX DES LECTEURS / Récemment, nous avons assisté à une montée aux barricades du maire Pascal Bonin quant à sa place au sein du conseil de la Ville de Granby. Je croyais revoir un vieux film d’Ulysse, qui après un long voyage, veut regagner sa place dans son royaume auprès de Pénélope. 

Ce que je propose au maire
Bonin dès son retour, c’est de porter et défendre une cause, qui actuellement me paraît injuste, et je parle de ce que l’on appelle la « taxe de bienvenue. »

J’accepte facilement que les municipalités aient besoin de percevoir différentes taxes pour assumer leur rôle de fournir plusieurs services aux citoyens et citoyennes de leur ville ou village. Je comprends également que cette surtaxe est un grand apport financier supplémentaire à cette mission, mais là où j’accroche, c’est dans son application.

Que cette taxe soit obligatoire à l’achat d’une maison neuve ou pour tous ceux et celles qui font l’acquisition d’une première maison, j’en suis, mais que cette taxe soit systématique dans tous les achats de résidences, je trouve que c’est exagéré. 

Où est la logique dans le fait qu’une maison qui change plusieurs fois de propriétaire cette taxe soit appliquée chaque fois ? 

Avez-vous pensé qu’elle est parfois un frein à l’achat d’une résidence chez des acheteurs potentiels ? On ose l’appeler taxe de bienvenue, je l’appellerais plutôt « la taxe répulsive », surtout que certaines municipalités offrent parfois des crédits ou exonérations de taxes foncières à ceux qui s’installe chez eux.

Accepteriez-vous, M. Bonin, d’être un leader et un porte-parole afin de faire modifier la réglementation de cette législation ? Personnellement, je serai bientôt le propriétaire d’une troisième maison, dont deux ici à Granby, et je trouve que de me faire souhaiter la bienvenue à répétition à coup de milliers de dollars, je m’en passerais très bien.


Yvon Lavoie

Granby

Opinions

Mon cher Jocelyn

LA VOIX DES LECTEURS / Jocelyn Lemoine est un homme juste et droit. Il sait bien ce qu’il veut. Il s’agit, à n’en pas douter, d’un leader rassembleur. J’apprenais récemment que l’heure de la retraite avait sonné. 

Toi qui, sans arrêt, avais une multitude d’idées et de projets en chantier. 

Comme tu le sais fort bien, j’ai eu le privilège d’œuvrer avec toi pendant plusieurs années. Grâce à toi, j’ai grandement appris. Par les voyages effectués dans le cadre de l’organisme que tu dirigeais, j’ai eu l’occasion de t’accompagner dans des villes comme Victoriaville ou Drummondville. Cela me permettait de découvrir des facettes insoupçonnées des lieux que nous visitions. J’en ressortais toujours enrichi.

Je profite de l’opportunité de l’annonce du départ de ton poste de directeur du Palace de Granby pour te remercier chaleureusement de ton aide précieuse, de ta compréhension et de ta contribution inestimable à notre milieu culturel. 

Je te souhaite, de tout cœur, une excellente retraite remplie de joie, d’amitiés, de projets et d’amour. La porte de ma résidence sera toujours ouverte pour toi; un être exceptionnel qui m’a tant apporté. 

En toute amitié,


Laurent-Guy Morin

Granby

Opinions

Le projet de loi 40, un devoir bâclé

LA VOIX DES LECTEURS / Le gouvernement de la CAQ vient de compter des points auprès de sa base électorale en abolissant les commissions scolaires. L’adoption du projet de loi 40 est ainsi venue mettre fin à un palier démocratique qui était en place depuis la première moitié du XIXe siècle (1841).

Le faible taux de participation et le peu d’intérêt que suscitaient les élections scolaires témoignaient d’une problématique réelle. Néanmoins, il y aurait eu lieu d’envisager de nouvelles avenues sans balayer du revers de la main cette structure démocratique. 

Nous voilà au lendemain d’une nouvelle loi votée sous le bâillon et dont les zones d’ombre sont nombreuses. Ce brassage de structures n’augure rien de bon. Il suffit de voir les réactions suscitées chez les différents acteurs pour comprendre que rien n’ira de soi. Les tensions suscitées par ce changement avaient été minimisées et mal évaluées. 

Il importe de se souvenir que le dernier changement lié aux structures scolaires fut la fusion des commissions scolaires en 1998. Les économies d’échelle ainsi créées allaient être réinjectées en services à l’élève, nous avait-on promis. Qu’en a-t-il été vraiment ? On ne le saura jamais. 

Les pouvoirs que s’arroge le ministre ont tôt fait de nous rappeler la réforme Barrette, chaos dont ce réseau peine à se remettre. 

Il est étonnant de constater le même paradoxe où l’on vante les vertus de la décentralisation tout en ramenant des pouvoirs vers le haut de la pyramide. 

Les fédérations de directions d’établissement se réjouissent, puisqu’elles souhaitaient depuis longtemps une école plus autonome, moins redevable envers la commission scolaire. Reste à voir si l’enthousiasme demeurera. 

Vaut-il mieux être redevable à un organisme central dont les préoccupations sont locales ou plutôt à un ministre dont les préoccupations sont nationales ? Le soutien suivra-t-il afin de faire face aux responsabilités accrues ? 

Ces gestionnaires sont submergés par des tâches administratives. Les redditions de compte ont pris des proportions démesurées. Précisons que les commandes à cet effet ne parvenaient pas des commissions scolaires comme on le laisse croire très souvent, mais bien du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). Quel sera le lien hiérarchique entre les directions d’établissement et la direction générale des centres de services ? 

D’un point de vue syndical, on craint le pire. L’affaiblissement de la structure centrale devient la source de complications quant à l’exercice de leur rôle. Il sera nettement plus difficile de transiger avec chacune des écoles qu’avec un pouvoir central. Ce seul constat, alors que débutent les négociations pour le renouvellement des conventions collectives, laisse présager des moments difficiles pour le milieu scolaire. D’autant plus que les offres faméliques de la partie patronale tiennent littéralement de la provocation. Alors que sévit une pénurie de personnel sans précédent dans le milieu scolaire, la CAQ a considéré qu’il valait mieux s’attaquer à la gouvernance. 

Le système était loin d’être gangrené, comme on le laisse sous-entendre. Les scandales montés en épingle afin de démoniser les commissaires tiennent de la démagogie. Ceci étant, le milieu scolaire n’a d’autres choix que de composer et de tenter de faire du mieux qu’il peut. Il y a peu à craindre, puisque les enseignants, les professionnels et le personnel de soutien vont poursuivre leur travail auprès des enfants avec le même dévouement et la même passion, et ce, même si le moral vient d’en prendre pour son rhume. Ce sont eux qui portent véritablement le système scolaire. 

Il est tout de même étonnant de constater un tel cafouillage de la part d’un gouvernement qui se targue de faire de l’éducation une priorité nationale.


Daniel Leblanc, directeur d’établissement retraité, chargé de cours et superviseur de stage

Rougemont

La Voix des lecteurs

Chers parents, citoyens et dirigeants

LA VOIX DES LECTEURS / Je vous ouvre mon cœur en tant qu’enseignante depuis quatre ans, qui a fait un retour aux études, mais aussi en tant que maman de deux enfants, inquiète du courant sur lequel l’avenir de notre société nous porte. Je vous lance un cri du cœur et je sollicite votre aide. Si nous voulons que nos enfants apprennent et développent leur plein potentiel dans un climat serein, calme, rempli d’amour, de bonheur et de confiance, ils doivent sentir que vous avez confiance en nous, les enseignants.

Les enfants sont des éponges à émotions et ce que vous ressentez, ils le ressentent. Sans le savoir, ils se présentent en classe imprégnés de vos émotions et de vos pensées dans leur petit subconscient souvent encore immature.

Ça se transpose très souvent dans leurs comportements, mais aussi dans leurs apprentissages. Une chose dont je suis certaine, c’est que vous ne serez pas toujours en accord avec les enseignants ni avec les moyens pédagogiques mis en place, mais la vie est ainsi faite. La capacité d’adaptation avec laquelle nous devons jongler chaque jour de notre vie est un apprentissage important. Si elle est bien développée, notre anxiété en sera diminuée.

Vous êtes des modèles pour vos enfants. Ils n’apprennent pas ce que vous leur dites, ils apprennent de vos gestes, de vos paroles et de vos façons d’agir.

L’apprentissage ne se résume pas qu’au français, aux mathématiques ou aux sciences. Nous voulons les petits capables de s’adapter, d’avoir une ouverture d’esprit, d’être respectueux, de s’entraider, d’avoir confiance en eux, d’être empathiques. Des qualités qui feront d’eux de bons citoyens et qui les aideront à faire leur chemin pour être heureux.

C’est donc de cette façon que nous devons agir si nous voulons être les racines qui leur serviront à être épanouis dans leur vie adulte. N’oubliez pas qu’en tant que parents, nous sommes leur premier modèle. C’est aussi de la façon dont nous devons agir envers nos médecins, nos infirmiers, nos vendeurs, nos concierges, nos amis et nos professeurs : avec confiance, capacité d’adaptation, ouverture d’esprit, empathie et respect.

Chacun fait son métier du mieux qu’il le peut. Nous devons faire confiance et les laisser faire leur travail si nous voulons qu’ils le fassent bien et avec leur cœur. Ce que nous démontrons à nos enfants en voulant prendre le contrôle de tous les métiers qui nous entourent, tout en se déresponsabilisant et en pelletant ce qui ne va pas bien dans la cour du voisin, c’est l’individualisme.

C’est un reflet de notre société pleine de nœuds et ce n’est pas ce qui nous aidera à unir nos forces pour oser se lever pour nos enfants. Nous devons nous rassembler et nous poser la question suivante : que voulons-nous leur inculquer comme valeurs?

Un jour nous ne serons plus là pour les tenir par la main. Quel cadeau veut-on leur faire? Ce n’est pas en travaillant chacun pour soi à vouloir performer, être le meilleur, le plus intelligent, et ce, le plus jeune possible que nous pourrons nous améliorer.

Je crois que nous devons être à l’écoute de nos enfants qui veulent nous faire réfléchir par leurs différents troubles et comportements, que la société ne va pas bien et que nous devons nous réveiller.

Nous avons besoin de vous comme vous avez besoin de nous et comme nous avons besoin de tous ceux qui nous entourent. Non, ce n’est pas la faute des autres, mais de chacun de nous. Soyons solidaires!

Marie-Ève Corriveau

Granby

La Voix des lecteurs

Une piste vers une souveraineté-association 2.0

LA VOIX DES LECTEURS / La venue de Guy Nantel sur les rangs de ceux qui se disputeront la chefferie du PQ est une excellente nouvelle. D’autant plus qu’il se réclame de René Lévesque et de sa vision pour le Québec d’une souveraineté-association. Mais celle-ci ayant été rejetée au référendum de 1980, il aurait avantage à en proposer une formule plus évoluée, disons 2.0. Et pourquoi pas une cosouveraineté-association?

Pour y arriver, je lui suggère d’endosser publiquement la Déclaration qui suit, et que s’il est élu chef, histoire de tester le terrain canadien, de s’engager à ce que le Parti québécois, dès son élection, propose la motion suivante à l’Assemblée nationale :  

«Au nom du peuple québécois, et pour faire suite à l’offre de dialogue constitutionnel Couillard-Fournier faite au Canada le 1er juin 2017, mais laissée sans réponse positive, nous offrons à nouveau au Fédéral et aux Canadiens de signer la Constitution de 1982. Mais à la condition que celle-ci comporte intégralement le texte suivant comme fil conducteur  d’un nouveau partenariat constitutionnel. Ce nouveau partenariat visant une cosouveraineté-association négociée et consentie mutuellement entre notre nation interculturelle et votre post-nation multiculturelle doit cependant être accepté, en principe, de la part de vous, Canadiens, avant la fin de 2020 pour  ensuite faire l’objet de négociation dès les premiers mois de 2021.»

Et d’y aller d’une déclaration d’identité du peuple québécois:

«Depuis près de 500 ans, à force d’espérance et de persévérance, notre peuple, en plus de fonder le Canada, en même temps que Québec en 1608, et ce, avec harmonie en terre autochtone, s’est imposé au monde en tant que, le Québec, non seulement comme une terre commune de paix et d’accueil, mais aussi de créativité et de productivité. Dans nos cœurs et  nos vies, depuis très longtemps, c’est en effet la terre de chez-nous et la langue française qui nous lient tous et toutes, et nous lierons toujours nous, « gens du pays», aussi, dans ce vaste Canada de toutes les audaces et de toutes les ouvertures. Notre révolution tranquille nous a donné la liberté pour nourrir nos actions, la fidélité aussi, pour ne jamais oublier nos racines multiples et le partage pour assurer, à tous et toutes, un avenir juste, un avenir que nous voulons, par la présente déclaration, retisser avec le peuple canadien. Ce triple trésor de valeurs communes auquel s’ajoute la richesse de nos valeurs fondamentales, en particulier, l’égalité de l’homme et de la femme +LGBTQ+, la laïcité à notre manière et la neutralité de l’État, nous obligent comme peuple, d’une rare humanité, tellement plein d’humour et, qui aime bien manger, à défendre et à accroître, autant que nécessaire, les pouvoirs qui protègent et favorisent notre singularité d’abord chez nous, au Canada, mais aussi en Amérique du  Nord et dans le monde entier.  

Prenant à témoin la Constitution canadienne,(...) par la présente déclaration d’identité, nous nous voulons fédérateurs, mais aussi reconnaissants envers le Canada de consentir pour nous, avec les outils financiers appropriés, des pouvoirs souverains additionnels et exclusifs, en matière de langue, de culture/communication, d’immigration et d’environnement. Ces nouveaux pouvoirs ainsi reconnus au Québec protègent son identité francophone, tout en rappelant son rôle de foyer principal de la francophonie canadienne, assurant ainsi  une  protection constitutionnelle accrue de ses droits linguistiques. Aussi, dans ce Canada postnational depuis 1982, par la présente déclaration, le Québec se reconnaît la responsabilité en tant que peuple, et peuple de nations, de veiller au respect et au développement de nos communautés autochtones, ici depuis plus de 15 000 ans, de notre communauté anglophone d’origine britannique, ici depuis au moins 260 ans, de nos nouveaux arrivants ici depuis longtemps, aussi, ceux d’ hier et d’avant-hier, et ce, sans oublier tous nos francophones d’Amérique.»

Si Guy Nantel acceptait publiquement cette piste de travail, et pour être cohérent avec l’annonce faite au moment de sa mise en candidature à la chefferie, il devrait préciser que ce référendum qu’il promet, à mi-mandat d’un gouvernement péquiste en 2022, portera, ou bien sur la réponse du Canada à une telle offre de notre Assemblée nationale, ou bien en l’absence de réponse, ou pire, advenant une réponse négative, directement  sur l’indépendance du Québec. Merci bonjour!

Et qu’il en serait de même si le gouvernement Legault refusait d’appuyer cette motion du Parti québécois lançant ainsi le message qu’il est impossible de faire confiance au Canada pour l’établissement d’un nouveau régime fédéral.

Denis Forcier 

Shefford

La Voix des lecteurs

Un rond-point en deuil

LA VOIX DES LECTEURS / En prenant le rond-point pour entrer sur le boulevard Bromont cette semaine, j’ai constaté que ce dernier était dénudé, vide, triste et plate... En fait, il était en deuil de son magnifique cheval, Le Fougueux.

Depuis quelques années, voyant ce cheval et tournant autour, j’en étais venu à l’associer à l’identité de Bromont. Je trouvais que c’était une idée de génie de l’avoir logé à cet endroit comme emblème de l’importance des sports équestres pour cette localité. Aussi, de lui avoir donné ce nom à l’image de toute la fougue des gens qui y habitent et qui, de toutes les manières, ont osé et investi, au fil des ans, pour en faire une municipalité  d’exception.

Mais cette semaine, j’ai constaté que dans le rond-point, au lieu de l’entrain et de la vie dégagés alors par ce cheval, c’est bel et bien une impression de désolation, sinon de  mort, qui s’y dégage désormais.

Et, plus loin, en ralentissant aux lumières avant de tourner à droite la rue Shefford, j’ai revu Le Fougueux sur ma gauche. Il était loin dans un champ vague et sa couleur se confondait un peu avec la neige. Il avait l’air perdu et désemparé.  Bref, en y portant plus attention sur le chemin du retour, il m’a semblé éteint, bien qu’il fut reconnaissable grâce à la beauté artistique de cette œuvre d’art. À cet endroit, il n’étincelle plus. Alors qu’au centre du rond-point c’était le cas très souvent, car en tournant autour, tout à coup, il arrivait que le soleil le transfigure grâce au métal ajouré et cela lui donnait vie.

Le soir ou la nuit, tournant dans ce rond-point, les faisceaux lumineux des voitures l’atteignaient et lui redonnaient encore cette vie. Le spectacle  était donc, jour et nuit, magnifique à cette entrée de Bromont.

Pour une fois qu’un rond-point avait une valeur artistique autre qu’utilitaire... Je comprends donc tout à fait son deuil. Est-il possible d’espérer que son ami Le Fougueux y revienne? 

Si oui, ce serait d’abord une bonne nouvelle pour ce cheval de fer de pouvoir reprendre vie et de continuer à prendre une part active dans l’histoire et la mythologie de Bromont. Et une bonne nouvelle aussi pour tous ceux et celles qui empruntent ce rond-point pour aller dans cette ville pourtant de prestige. 

Denis Forcier

Shefford

La Voix des lecteurs

Nous ne sommes pas comme ça!

LA VOIX DES LECTEURS / Un vieux principe affirme qu’il est difficile d’être juge de sa propre cause.  À chaque dérapage touchant la société québécoise, des voix s’élèvent pour nuancer et relativiser les faits. On aime dire et redire que les propos haineux et les actes violents présents un peu partout sur le territoire québécois sont le lot d’une infime minorité qui serait extrêmement discrète et fort bien cachée dans la majorité silencieuse.

Et pourtant, sous le couvert de l’anonymat, cette infime minorité inonde les réseaux sociaux de ses commentaires anti tout : anti-réduction des GES, anti-vaccins, anti-orientations sexuelles autres qu’hétérosexuelles, anti-égalité homme-femme, anti-immigrants, anti toute forme d’expression religieuse. Cette façon de penser et de parler n’est-elle pas le lot de beaucoup de québécois de notre entourage ?

Ne faudrait-il pas commencer par nous inquiéter du fait que les populistes de tout acabit qui se targuent de leur proximité avec la population reçoivent tant d’appuis un peu partout sur la planète? Comme le rappelait Boucar Diouf : « La tortue juchée sur un piquet n’a pas grimpé là toute seule! » 

Par qui sont élus les dirigeants qui flattent les bas instincts de leurs partisans et les inondent de mensonges?  Dans tous les pays du monde, y compris le Québec, le pourcentage de la population qui applaudit les discours et les lois rétrogrades augmente de façon fort inquiétante tel un tsunami détruisant tout sur son passage. 

Nos éducateurs ont réussi durant un certain temps à faire évoluer nos sociétés au point où il était devenu inacceptable de tenir certains propos mensongers et antisociaux. Il devenait politiquement incorrect d’en faire mention publiquement. La conscience humaine, comme les Jeux olympiques, visait plus haut, plus loin. La réflexion de grands penseurs tels Platon et bien d’autres a toujours cherché à sortir l’Humanité de la grotte de l’obscurantisme. Cette démarche a-t-elle gagné son pari ?

Or, notre époque est teintée par un obscurantisme encore plus grave : la malhonnêteté intellectuelle. Elle est en train de corrompre non seulement certains politiciens, mais aussi des universitaires et certains chroniqueurs présents dans les grands journaux et les grands canaux télévisuels. Concernant des enjeux tels les droits humains et la démocratie, leurs discours démontrent une telle indifférence et une telle insouciance que nous sommes en droit de nous demander si l’Humanité sera détruite par les conséquences du réchauffement climatique ou par la corruption des cerveaux.

Personne ne veut l’admettre, mais le dangereux discours nationaliste que l’on retrouve dans presque tous les pays, y compris le Québec, sème à tout vent son lot de préjugés et ouvre la porte à la discrimination qualifiée trop souvent de modérée. Ce même discours nationaliste gruge régulièrement le cœur de la démocratie en méprisant ouvertement les systèmes de justice et les chartes des droits humains. 

Maintenant, tout doit se régler dans la rue par le vote populaire noyauté par l’ignorance, la peur et la hargne : une forme de lynchage public. La malhonnêteté intellectuelle se permet d’appliquer la morale de la fable du loup et de l’agneau : « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». 

En d’autres mots : vive la dictature de la majorité!

André Beauregard

Shefford

La Voix des lecteurs

Recyclage du verre : quel bac?

LA VOIX DES LECTEURS / Nous sommes bombardés d’informations concernant le recyclage. Ce qui semble clair, c’est que le verre ramassé dans les bacs de récupération cause des problèmes aux équipements de triage. Il contamine les autres matériaux (papier, carton, plastique) et, à la fin, il est rendu tellement inutilisable que plus des deux tiers servent à recouvrir les sites d’enfouissement.

Aussi bien dire que la grande majorité du verre mis dans le bac bleu s’en va directement à l’enfouissement.

Pendant ce temps, des pays nous retournent des conteneurs pleins de matières récupérées, parce qu’elles sont trop contaminées. Sortons le verre des bacs bleus! Envoyons le verre directement à l’enfouissement et cessons de tout contaminer.

Attendre la consigne des bouteilles de vin qui viendra dans plus de deux ans et qui ne règlera qu’un peu plus de la moitié des problèmes de verre n’est pas une solution.

Les initiatives de certaines municipalités de mettre des conteneurs de récupération du verre à la disposition des citoyens représentent une solution à court et à long terme beaucoup plus intelligente pour l’environnement.

Claude Desautels

Eastman

La Voix des lecteurs

Lettre au député François Bonnardel

LA VOIX DES LECTEURS / Tout d’abord, merci de prendre le temps de lire ce mot, puisque j’ai aussi pris de mon précieux temps, avec mon fils, pour pouvoir souligner l’incohérence de la situation dans les services de garde de notre région. J’arrive maintenant à la fin de mon congé de parentalité et j’ai la chance d’avoir une place pour mon petit garçon dans une magnifique garderie subventionnée en milieu familial.

Oui, une éducatrice hors pair accueille mon garçon avec la plus grande douceur et le plus beau des sourires chaque matin. Pour un cœur de mère, cela vaut beaucoup. Cependant, un nuage gris plane au-dessus de nos têtes : la grève des responsables des services éducatifs en milieu familial (RSE).

C’est avec le cœur gros que cette précieuse éducatrice nous sensibilise à sa situation. Lorsque nous ne sommes pas collés à cette réalité, nous n’en avons aucunement conscience, mais lorsque l’on s’arrête et que l’on se questionne, nous comprenons que la situation des RSE au Québec est inacceptable.

On parle souvent de sujets comme la conciliation travail- famille, la place des femmes sur le marché du travail et l’avenir de nos enfants. Ce sont tous des sujets qui nous tiennent à cœur et pour lesquels on se doit d’apporter des changements si l’on veut que ça reste des priorités dans notre société.

Les RSE vous parlent et vous demandent d’apporter des  changements dans leurs conditions et, par le fait même, dans les conditions de nos tout-petits. Ce sont des héros, oui des héros, parce qu’on leur demande d’offrir la sécurité, la stabilité et le développement de nos enfants sans leur dire merci ou bravo pour leur excellent travail. Un salaire équivalent à 12,42 l’heure est inacceptable. Ils vous demandent de l’aide pour offrir le meilleur. On dit aux jeunes de demander de l’aide, de parler, et voilà que leur modèle (leur premier modèle dans la vie) le fait et on ne l’écoute pas. On dit aussi que les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus mettre d’efforts lorsque ça va mal. «Ils préfèrent laisser tomber et recommencer autre chose», paraît-il. 

Ne serait-ce pas ce qui arrive avec les places en service de garde? Il en manque pour accueillir nos petits. Mais au lieu de valoriser ce que nous avons actuellement, on pense à la maternelle 4 ans…

Laissez les enfants être des enfants. Il y a plus de 8000 places non utilisées en milieu familial au Québec! Pourquoi? Parce que l’on refuse de valoriser le métier de responsables des services éducatifs en milieu familial (RSE)! Plusieurs d’entre eux pensent même à quitter leurs fonctions si les conditions ne changent pas.

Mon retour au travail se fera dans l’inquiétude et nous devrons jongler avec la grève jusqu’à ce que les choses changent. Il est temps que les choses changent et qu’on écoute les RSE.

Merci de remplir votre promesse et de bien représenter votre circonscription.

Cassandra Rouleau

Granby

La Voix des lecteurs

Un mois, c’est bien, mais 365 jours, ce serait mieux !

LA VOIX DES LECTEURS / De mon vivant, j’aurai vu Barack Obama devenir le tout premier président noir des États-Unis. De mon vivant, j’aurai vu PK Subban devenir le meilleur défenseur de la LNH, un sport dominé par l’Homme blanc. De mon vivant, j’aurai vu les paroles de Martin Luther King se réaliser.

De mon vivant, j’aurai vu des hommes comme Kobe Bryant, Lebron James, Michael Jordan. De mon vivant, j’aurai vu une équipe des Noirs gagner la coupe du monde de soccer en 2018 (France). De mon vivant, j’aurai connu l’histoire de Rose Parks, symbole de tous ces Noirs qui refusent d’être enfermés dans des cages.

Tous ces Noirs qui refusent de vivre dans des stéréotypes imposés par l’Homme blanc. Se dire que « je peux » ou se dire que « je peux y arriver », signe d’un Homme libre.

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy ne pourrait pas dire que « l’Homme noir n’est pas assez entré dans l’Histoire », à moins qu’il vive en région.

Le mois de février est le Mois de l’histoire des Noirs. Ce n’est pas juste un événement du mois. C’est une période de l’année où chacun est invité à réfléchir et à faire de l’introspection vis-à-vis son rapport aux personnes issues de la diversité culturelle.

Surtout, il ne faut pas oublier que l’Histoire de l’humanité n’a pas été construite par une seule race ou une seule ethnie. Avant de poser un regard de jugement basé sur la couleur de la peau, faites une rupture épistémologique en reconnaissant qu’au final, entre vous et moi, la seule différence qui nous sépare est le fait que vous, on vous donne des opportunités pour vous réaliser dans la vie et moi, étant Noir, je dois travailler deux fois plus pour avoir le tiers de vos opportunités.

L’important est que vous reconnaissiez vos privilèges et que vous aidiez les autres à se réaliser dans leur vie. Reconnaissez que j’existe et vous aurez mon sourire. Mais, surtout, n’oubliez pas que personne ne nait noir ou blanc. Avant d’être Noir, je suis avant tout un humain et je mérite votre respect et d’être traité à ma juste valeur.

De mon vivant, j’espère voir un premier (e) ministre noir au Québec ou au Canada. De mon vivant, j’espère que la communauté internationale se rendra compte que l’Ebola, avec un taux de 62 % de décès touche en moyenne plus de 50 000 personnes en Afrique, comparé au coronavirus qui a un taux de 2 % de décès dans le monde.

J’espère que la communauté réalisera que l’Afrique australe vit la pire crise de la faim jamais vue. Que les changements climatiques sont responsables de millions de morts.

À toi, mon frère, ma sœur qui va me lire, le seul conseil que je peux te donner c’est soit fier de tes origines. Être Noir est une fierté que tu dois exposer au monde entier. Ne vis pas dans les stéréotypes. Au contraire : vis ta vie et fais valoir tes droits. Exige le respect de tous ceux ou celles qui les réprimeront. N’oubliez pas que des hommes comme Nelson Mandela, Obama, Martin Luther King ou Malcolm X se sont sacrifiés pour que nous nous puissions être considérés en tant qu’Humain.

L’histoire des Noirs m’a appris l’importance de persévérer, mais surtout, l’important de croire en soi et à la vie. Ne sois pas tous ces gens qui te diront que tu n’y arriveras pas. Le ciel est la seule limite qui peut entraver tes objectifs. Alors, fonce et deviens celui que tu as toujours voulu être.

Un sage m’a dit un jour qu’on est toujours l’étranger de quelqu’un. Ainsi, apprendre à vivre ensemble, c’est la manière la plus efficace de lutter contre le racisme. Autrement dit, Blanc sans « N », ça fait Blac. Comme quoi sans la haine, au final, on est tous égaux.

Joyeux mois de février des Noirs à tous et à toutes et en tant que société, soyez fiers de notre diversité culturelle.

Faustin Mugisha

Granbyen, étudiant en Travail social à l’Université du Québec en Outaouais

La Voix des lecteurs

Décès du Dr Louis Roberge

LA VOIX DES LECTEURS / Né à Amos, Louis Roberge a d’abord été médecin à Val-d’Or (1967-1982). Pendant toutes ces années, il travailla à améliorer les soins médicaux de la région. Ainsi, il créa le Fonds du cœur Roberge-Val-d’Or afin de doter l’hôpital de l’endroit d’équipements cardiologiques adéquats et sera président honoraire de la Fondation des maladies du cœur.

Il fut aussi directeur de la Fondation des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens du Québec (CMDPQ), président de l’Association de la Sclérose en plaques de Vald’Or, puis président honoraire de la Société canadienne du cancer. Il fut également l’un des fondateurs du Club optimiste de Val-d’Or et de celui de Senneterre. Pour sa contribution à la promotion et à l’amélioration de la qualité de vie dans son milieu, le ministère fédéral de la Santé lui décerna, en 1980, la médaille Vraie-Vie.

En 1982, le docteur Roberge et sa famille s’installent à Granby. Il y sera membre associé du Centre médical Robinson. Il fut un médecin très apprécié, tant pour son dévouement que pour sa compétence. En 1994, il a choisi de terminer sa carrière aux Îles-de-la-Madeleine (1994-97). À sa retraite, il continuera à offrir ses services comme « dépanneur », soit à Terre-Neuve, soit dans les régions éloignées du Québec. Il sera président d’honneur de la fondation CHSLD Horace-Boivin. Et que de voyages et séjours en Europe il effectuera avec Micheline, son épouse, et des membres des familles Tremblay et Roberge.

Il faut aussi signaler sa participation à l’association Québec-France dont il fut co-président. Il a alors été responsable de la campagne de financement en vue d’installer la sculpture du Phare, de Daudelin, sur la rive du lac Boivin. Projet qui lui tenait à cœur. Projet réalisé avec la participation de la Ville, de la Caisse populaire et d’autres généreux donateurs. Il fut aussi président du conseil d’administration du Cégep de Granby. 

Louis a toujours manifesté son attachement à Micheline, ses deux enfants François et Karine, et à tous les siens. Aussi, sa longue maladie nous a tous profondément attristés. Il a traversé avec un courage remarquable neuf années de souffrance. Jamais une plainte. Il est demeuré jusqu’à son dernier jour l’homme fort que nous avons apprécié.

Émile Roberge

Granby

Opinions

Réflexion sur les droits de la personne et la loi 21

LA VOIX DES LECTEURS / Les droits de la personne (égalité, liberté, etc.) sont d’abord des notions d’ordre éthique avant d’être des notions d’ordre juridique (lorsqu’insérées dans une loi ou une charte). Il convient donc de les analyser de ces deux points de vue. Deux questions fondamentales se posent à chaque niveau : leur amplitude et l’autorité décisionnelle.

Point de vue éthique

Du point de vue éthique, les droits de la personne ne sont pas des absolus. Chaque droit d’une personne est limité par ceux des autres, par le bien commun, par les droits collectifs. Chaque droit implique un devoir corrélatif.

Qui doit alors déterminer ces limites ? En éthique, c’est fondamentalement à chacun de le faire, d’établir le fondement et les exigences de son éthique, laquelle doit tenir compte de l’aspect social de la personne. En espérant que l’éducation morale soit faite consciencieusement par la famille, l’école et poursuivie par chacun toute sa vie en tenant compte notamment de l’évolution de la culture.

Point de vue juridique

Du point de vue juridique, la limite des droits individuels est encore plus évidente. Cela est illustré par la prédominance des lois sur les individus, entre autres le Code criminel, qui m’interdit de faire tout ce que je veux, tout ce que je considère personnellement comme acceptable (du point de vue éthique, voire religieux). L’idée est clairement exprimée dans les chartes des droits, par exemple dans la Charte canadienne, qui indique clairement : tout droit admet des limites dans une société juste et démocratique. Qui établit alors ces limites ? Deux instances se partagent ce rôle : le législateur et les tribunaux. Le plus souvent, leur autorité se complète. Mais, il y a parfois divergence de vue et donc conflit. Qui donc doit l’emporter ? On peut penser que le législateur est souvent porté par des soucis électoralistes ; mais les juges ont eux aussi leurs limites : leur philosophie personnelle et leur plus ou moins grande connaissance du sujet discuté. Toujours est-il que les chartes canadienne et québécoise indiquent que le législateur peut soustraire une loi à l’interprétation des tribunaux en faisant appel à la clause dérogatoire.

Je voudrais approfondir ce point en signalant quelques affirmations de la Cour suprême du Canada.

Compte tenu en particulier de l’article 27 de la Charte fédérale sur le multiculturalisme, les tribunaux et particulièrement la Cour suprême donnent souvent (ou la plupart du temps) une interprétation individualiste, néo-libérale, illimitée, des droits de la personne (notamment de la liberté religieuse) en protégeant ainsi les minorités ethniques ou religieuses et en disqualifiant par le fait même les droits collectifs et notamment le droit du Québec à la protection de sa culture et de son identité. 

Mais la Cour a déjà pris des décisions et émis des affirmations générales qui méritent d’être retenues. Par exemple, l’énoncé de la Cour suprême du Canada dans son jugement sur la Loi sur la possession de marijuana pour usage personnel, en 2003. Dans la confrontation entre le Parlement et les tribunaux, explique le jugement, la clause « nonobstant » assure la primauté du premier sur le second. Dans l’ensemble de la vie civique, notamment dans les conflits entre individus et dans l’évaluation de la responsabilité criminelle, les juges jouent un rôle indispensable. Il n’est pas question de minimiser leur rôle ni leur compétence. Mais cela n’est pas nécessairement vrai pour les questions d’intérêt général, pour des sujets hautement délicats qui appellent une solution de sagesse politique plutôt que théorique (par exemple, connaissance précise du milieu, reconnaissance des droits collectifs, protection de la paix sociale, conséquences pour la société). Et la Cour de conclure : « Les députés sont élus pour prendre de telles décisions et ils ont accès à un plus large éventail de données, à un plus grand nombre de points de vue et à des moyens d’enquête plus souples que les tribunaux ».

Même attitude de la Cour suprême, en 2004, quand elle a débouté un groupe de parents de la Colombie-Britannique qui voulaient que leur gouvernement provincial soit tenu de payer les coûts d’un traitement pédiatrique pour leurs enfants autistiques. La Cour a infirmé les jugements des tribunaux inférieurs en précisant que c’est au gouvernement de la Colombie-Britannique (et non aux juges) de décider s’il doit ou non payer ces traitements coûteux (60 000 $ par année) même s’ils pouvaient donner d’excellents résultats.


Guy Durand

Dunham

Opinions

Si on passait au brun ?

LA VOIX DES LECTEURS / Cher papier de toilette. Qui a décidé que tu devais être blanc ? Ta couleur immaculée fait en sorte que les papetières de la planète doivent utiliser beaucoup, mais alors là, beaucoup de produits chimiques pour procéder à ton blanchiment. Pourtant, cher papier de toilette, on ne se fera pas de cachotteries, tout le monde sait où tu termineras ta vie…

Encore une fois, récemment, la presse écrite rapportait que nos centres de tri québécois avaient de la difficulté à se départir de leurs ballots de papier et de carton parce que des pays émergents n’en veulent plus. Et nous, chers Québécois, que faisons-nous devant cette situation ? Nous coupons des arbres pour utiliser de la matière première neuve afin qu’elle puisse être blanchie adéquatement dans le but d’essuyer nos postérieurs. 

Pourtant, l’usage de papier recyclé serait totalement envisageable pour effectuer cette tâche ingrate. Mais il y a un mais : nous devrions accepter que notre papier de toilette soit BRUN ! 

« CALAMITÉ ! », scanderont certains. « AUX ARMES ! », crieront d’autres. Tout ça simplement parce que nous sommes réfractaires au changement (c’est dans notre nature). Pensez-y. Nous nous essuyons déjà les mains avec du papier brun depuis longtemps et AUCUN décès n’a été constaté. 

Les papetières sont prêtes à nous offrir du papier de toilette brun ayant la même douceur et la même rigidité que le papier blanc. La compagnie Cascades a même déjà une gamme de produits toute prête nommée Moka, mais elle hésite à la lancer en magasin puisqu’elle a connu un revers commercial avec un produit similaire à la fin des années 1990. Cela dit, bien des choses ont changé en 20 ans. Parlez-en à Blockbuster...

Je m’adresse donc aux dirigeants de papetières québécoises telles Cascades et Kruger. Des centaines de milliers de personnes ont marché pour le climat dans les rues du Québec l’automne dernier. Je crois que ces « marcheurs » sont aussi des consommateurs cibles tout désignés (et heureux de l’être !) pour votre éventuel papier de toilette brun entièrement fait de papier recyclé. 

Si vous commercialisez ce produit, non seulement je suis certain que vous écoulerez vos stocks, mais en plus, vous donnerez un sérieux coup de pouce à l’industrie québécoise du recyclage.

Merci d’avance pour votre considération.

Enfin, cher papier de toilette, lors de ton prochain party de famille, pourrais-je te demander de poser ma question initiale à tes cousins les mouchoirs et les essuie-tout ? 


Marc-Antoine Bazinet

Waterloo

Opinions

Pouvons-nous manger ce qui nous plaît ?

LA VOIX DES LECTEURS / Ce message s’adresse aux personnes qui ne mangent pas de viande.

’admire votre mode de nutrition et je le respecte, mais, de grâce, ayez du respect envers les personnes qui ne sont pas comme vous et qui consomment des mets qui en contiennent.

Je porte régulièrement attention aux infos. Ça m’agace au plus haut point de voir les adeptes de légumes et autres mets qui ne contiennent pas de viande s’acharner et s’en prendre aux restaurateurs, par exemple, en entrant dans un restaurant pour déranger le propriétaire et sa clientèle, qui servent des mets à base de viande. 

Dans La Voix de l’Est récemment, j’ai lu un article de La Presse signé Daphné Cameron, qui écrivait ceci : « Un restaurateur a découvert que les serrures de son restaurant étaient enduites de colle durant le service du souper. »

Très déplorable ! À ce que je sache, nous sommes dans un pays libre et chaque personne a droit à ses choix.

Les restaurateurs qui servent de la viande ont le droit de bien gagner leur vie. Et la clientèle qui se présente dans ces restaurants, de manger ce qu’elle désire. J’ajouterais à ça les agriculteurs. Ils ont le droit, eux aussi, de gagner leur vie. Ils ont une famille à nourrir. C’est tout à fait normal de retrouver leurs produits dans nos restaurants et nos épiceries.

Quand vous mangez vos plats favoris à base de légumes ou d’autres aliments qui ne contiennent pas de viande, personne ne vous manque de respect ou ne vient vous déranger.

Pouvons-nous, justement, passer de beaux moments en bonne compagnie et en toute convivialité à manger la nourriture qui nous plaît ?


Réjean Chabot

Granby

Opinions

Des solutions autres que le « dépôt de garantie »

LA VOIX DES LECTEURS / Le gouvernement du Québec a adopté, le 5 décembre dernier, le projet de loi 16, qui révise différentes lois ayant trait à l’habitation. Cette nouvelle loi entrait en vigueur le 10 janvier, sauf exception de certains règlements à suivre.

Le concept de « dépôt de garantie » n’apparaît pas dans le texte de cette nouvelle loi 16. Cette dernière apporte cependant des solutions pour résoudre les conflits entre locataire et propriétaire. Certains propriétaires qui espéraient disposer d’un mois de loyer en garantie, selon le concept du « dépôt de garantie » fait par le locataire à son arrivée dans le logement, sont déçus. 

La nouvelle loi 16 apporte cependant des solutions pour résoudre les conflits entre locataire et locateur. 

Le législateur a transformé la Régie du logement en Tribunal administratif du logement. Il a remplacé l’ancien article 31 de la Loi sur la Régie du logement, en un nouvel énoncé qui se décline en sept paragraphes, où on y décrit le processus de conciliation mis en place. 

De plus, la Loi sur la Société d’habitation du Québec prévoit, à l’article 114 de la loi 16, que tout administrateur ou dirigeant d’un organisme d’habitation ne peut intimider, harceler ou maltraiter aucun des occupants d’un logement. 

À l’été 2019, j’avais écrit à la ministre de l’Habitation, Mme Andrée Laforest, afin de former un « fonds d’assurance spécifique », en remplacement du concept de « dépôt de garantie ». Ce fonds aurait permis de régler plus objectivement les différents entre propriétaires locateurs et leurs locataires, là où les dommages à la propriété sont causés 1) par le locataire lui-même, ou 2) par le propriétaire négligent à entretenir ou rénover. 

Les cas de locataires accumulateurs compulsifs pathologiques pourraient ainsi être encadrés par une ressource professionnelle compétente en troubles compulsifs à partir du dit fonds.

En novembre 2019, plusieurs groupes communautaires soucieux du respect des droits des locataires, dont le FRAPRU, le RCLAQ et l’ACEF, ont exprimé leur opposition au « dépôt de garantie ».

Selon moi, la solution à implanter est celle de s’entendre à l’amiable, dans le respect des parties en cause, et avec pleine considération des personnes moins nanties. À l’heure où il y a rareté de logements disponibles, et encore moins de logements accessibles financièrement aux plus pauvres, il nous appartient à tous d’avoir envers eux un regard bienveillant.


Luce S. Bérard

Granby

Opinions

Se mettre la tête dans le sable

LA VOIX DES LECTEURS / À l’annonce d’un grand danger, bon nombre de citoyens ont le réflexe de se mettre la tête dans le sable. Ils zappent vers des propos supposément plus nuancés. La vérité n’est pas toujours facile à entendre et certains en profitent pour rappeler que toute vérité n’est pas bonne à dire...

Apparemment, selon de pseudo-sages, il faut surtout éviter d’alarmer les âmes sensibles. Mais comment réagir devant non pas de fausses nouvelles, mais devant de graves événements que vivent des millions d’êtres humains depuis deux ou trois décennies ? Devant ces tristes réalités qui en obligent certains à quitter leur coin de pays après avoir perdu tous leurs biens ? 

L’Australie brûle ! La Californie brûle ! Avons-nous le droit de le dire, de le crier comme l’ont fait et le font encore aujourd’hui des milliers de jeunes ?

La question est toujours la même : quels gestes individuels et collectifs avons-nous l’obligation de faire aujourd’hui pour réduire la cause de ces catastrophes ? 

Parce que, croyez-le ou non, nous connaissons la cause de ces désastres. Ces actions positives sont nombreuses ; des milliers de citoyens les posent déjà, mais beaucoup d’autres hésitent à s’engager. On ne parle pas ici des climatosceptiques ; ils sont irrécupérables. Les faits et les énoncées scientifiques ont peu d’influence sur leurs opinions. 

De façon plus constructive, les plans d’action s’adressent à ceux et celles pour qui la vie et la santé de chaque être humain sont importantes : les gens d’ici. Les gens ailleurs, les générations actuelles, les générations futures. C’est une question d’éthique fondamentale et de solidarité élémentaire.

Madame Lorraine Paquette rapportait dans une lettre parue le 15 janvier dernier dans La Voix de l’Est que « . . . de 1990 à 2015, si l’accroissement du nombre d’automobiles au Québec a été de 17 %, celui des camions légers (fourgonnettes, camionnettes et VUS) a, quant à lui, été de 215 % ! Les VUS émettent 1,44 fois plus de GES qu’une automobile ? Avons-nous vraiment besoin de ces gros véhicules énergivores et polluants pour nos déplacements quotidiens ? », demandait-elle. 

Contrairement à ce que rétorque Jacques Fournier dans sa lettre parue le 24 janvier, ces statistiques ne sont pas grossières, elles sont bien réelles. 

Les nuances apportées par M. Fournier ne changent rien à la réalité des statistiques. Par contre, croire que le bannissement de ces véhicules pourrait générer le décrochage de bon nombre de personnes, ce n’est pas une nouveauté, c’est déjà la réalité, du moins au Québec. 

Malgré les inondations des dernières années, les verglas des derniers hivers, l’arrivée de moustiques porteurs de maladies et les canicules des derniers étés, les Québécois ont augmenté l’achat de fourgonnettes, de camionnettes et VUS.

Le feu est pris et on continue à jeter de l’huile sur le brasier. 


André Beauregard 

Shefford

Opinions

Le cours ÉCR: réflexions pour le relancer

LA VOIX DES LECTEURS / Malgré toutes les critiques dont il est victime, le cours d’éthique et culture religieuse garde sa pertinence et son importance. Il n’y a pas lieu de l’abolir ni de déplacer le volet « culture religieuse » dans le cours d’histoire. Mais, il est urgent de préciser certains aspects du programme et corriger plusieurs manuels. Voici quatre raisons de garder le cours.

1. Un changement global de structure exigera des déplacements d’enseignants, polarisera les énergies pendant des années, sans s’intéresser aux questions de fond. Sans compter que la formation des enseignants pour le projet du cours proposé (juxtaposition de huit secteurs, dont l’éducation sexuelle) demandera une formation exigeante, quasi impossible pour les enseignants en exercice.

2. La religion fait partie de l’univers social actuel des élèves. La culture religieuse ne se réduit pas à connaître l’histoire des religions. Elle concerne aussi, et surtout, la connaissance de l’autre autour de soi, le lien entre éthique et religion, la question du sens de la vie, la place des religions dans une société laïque. Ce qui exige — selon l’âge des élèves et les exigences d’une bonne pédagogie — de signaler divers courants de pensée dans les religions, voire en critiquer certains (dont ceux qui vont à l’encontre des droits de la personne, du code criminel et autres lois du pays) ; de montrer comment une religion saine peut aider à fonder l’éthique ; d’expliquer que la religion peut offrir un sens à la vie au même titre que l’athéisme et l’agnosticisme et, finalement d’ouvrir à la recherche d’une spiritualité enrichissante.

3. La culture religieuse participe à un enjeu majeur de notre civilisation et peut y jouer un rôle positif. Plusieurs observateurs de la société, comme la théologienne Solange Lefebvre, notent les effets malheureux du « désenchantement du monde », du vide moral laissé par le retrait des Églises, de l’anomie sociale qui se généralise ; et ils cherchent comment on pourrait pallier ce problème sans pour autant tomber dans les excès passés de religiosité ou d’asservissement.

4. Il faut reconnaître, enfin, les aspects positifs du cours. Je déplore que les médias parlent davantage des faiblesses du programme et des erreurs de certains enseignants. Le programme, en effet, contient plusieurs éléments positifs, dont les objectifs signalés, une certaine progression des contenus, certains repères éthiques comme les chartes des droits, le respect du bien commun, les valeurs d’égalité, tolérance, justice. Il a donné lieu à des expériences pédagogiques exceptionnelles, une créativité multiforme de certains enseignants. Il a contribué à la formation de nombreux jeunes. Il a permis à plusieurs de se confier à leurs enseignants et de recevoir d’eux une aide psychologique précieuse. 

Mais la nécessité de garder le cours dans sa structure actuelle n’enlève pas le besoin d’améliorer certains points, notamment préciser les objectifs et les notions de base (éthique, droits de la personne, droits collectifs, rapport religion-éthique, religion et société, etc.) ; augmenter la place de l’athéisme et de la spiritualité ; évoquer les risques et dangers de l’instrumentation des religions ; préparer des manuels adéquats ou corriger certains manuels actuels ; améliorer la formation initiale et la formation continue des enseignants ; refuser clairement qu’un enseignant donne le cours pour compléter sa tâche. Et ces modifications devraient se faire en collaboration étroite avec l’Association des enseignants et enseignantes en ÉCR. 


Guy Durand

Professeur émérite de l’UdeM

Dunham

Opinions

Que d’émotions au concert d’Alexandra Stréliski au Palace !

LA VOIX DES LECTEURS / Vendredi, nous étions 900 personnes au Palace à encourager une merveilleuse artiste québécoise. Cette pianiste a conquis son auditoire en nous emmenant dans son univers musical.

Ce fut extraordinaire ! Elle nous a aussi adressé la parole avec quelques brins d’humour. Elle est sensible, vit et partage ses émotions à travers sa musique. Sa personnalité est attachante et sa musique très accessible.

Opinions

«VUS vs véhicules électriques»: des nuances nécessaires

LA VOIX DES LECTEURS / Madame Lorraine Paquette, j’ai lu avec attention votre lettre ouverte publiée mercredi dernier dans La Voix de l’Est. J’aimerais y apporter un peu de nuances.

Votre plaidoyer pour l’« auto » électrique est très louable et je l’appuie et la supporte, quoique je préférerais parler de « véhicules » électriques, appellation qui donne plus de latitude dans son application.

Ceci m’amène à la démonétisation des VUS que vous abordez dans votre texte. L’utilisation de statistiques grossières comme celles employées crée une déformation de la réalité. 

Même si la grande majorité des VUS sont plus énergivores, le bannissement global d’une catégorie populaire de véhicules ne sert pas la cause de l’environnement, car il peut générer un décrochage de bon nombre de personnes. 

Certains VUS ne consomment pas plus que certaines « autos », surtout en tenant compte du fait que les fabricants automobiles utilisent aussi l’appellation VUS pour des véhicules plutôt légers et peu énergivores.

Je crois qu’il faudrait surtout sensibiliser les automobilistes à faire des choix qui diminuent la consommation de carburant : utiliser au minimum les véhicules individuels en planifiant efficacement leurs déplacements et en utilisant d’autres options (transport actif ou transport collectif) lorsque possible. Quand le temps est venu d’acheter un nouveau véhicules, il choisir un véhicule le moins énergivore qui répond à nos besoins réels réguliers et trouver d’autres solutions pour les besoins exceptionnels.

L’option du véhicule totalement électrique est l’idéal, je le crois aussi, et les déclinaisons hybride rechargeable ou simplement hybride sont avantageuses au niveau consommation de carburant. Il faut cependant se dire qu’un automobiliste roulant moins de 12 000 km par an, par exemple, ne peut choisir rationnellement de changer son véhicule actuel pour un véhicule électrique. Il faut espérer que la croissance du marché du véhicule électrique fera en sorte que leur prix diminue et que le marché du véhicule électrique usagé devienne un bon choix
potentiel. 

Amicalement,

Jacques Fournier

Granby

Opinions

Je vis avec l’Alzheimer

LA VOIX DES LECTEURS / Ma mère a reçu un diagnostic de maladie cognitive en 2017. Elle avait 86 ans. C’est moi qui ai pris soin d’elle. Ses symptômes se sont manifestés graduellement bien avant la tombée du diagnostic.

Bien qu’elle ait entendu ses médecins parler de ses problèmes, elle n’a pas vraiment compris la situation dans laquelle elle se trouvait. Un jour, elle m’a dit être distraite et oublier des choses. Je lui ai demandé si elle était inquiète. Si elle voulait en parler. Après quelques secondes, elle a répondu « non ». Pendant les deux années qui ont précédé notre rencontre à la clinique de la mémoire, beaucoup de signes indiquaient que quelque chose n’allait pas : des problèmes financiers, des réunions reportées, une mauvaise alimentation, un manque de soins, de mauvaises prises de médicament, un état de dépression et le désengagement à l’égard des activités auxquelles elle participait auparavant.

La Voix des lecteurs

Voitures électriques vs VUS

LA VOIX DES LECTEURS / Les feux sans précédent qui font présentement rage en Australie nous confrontent une fois de plus à la réalité bien avérée des changements climatiques. Le lien entre ce type de catastrophes naturelles qui surviennent partout sur la planète et l’augmentation des gaz à effet de serre (GES) n’est plus à démontrer. Les scientifiques sont unanimes à déclarer que nous devons maintenir le réchauffement du climat en deçà du seuil critique de 1.5°C si nous voulons éviter un désastre généralisé à long terme.

Pour atteindre cet objectif, il faut réduire drastiquement nos émissions de CO2, soit de 85 à 90% d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990, selon les dernières cibles fixées par le Groupe intergouvernemental sur le climat (GIEC).

Selon les données du ministère du Développement durable, de l’Environnement et le la Lutte contre les changements climatiques, au Québec, le secteur des transports représente la principale source de GES avec 43,3% des émissions totales de GES (données de 2017).

C’est aussi le secteur qui a connu la plus forte hausse d’émissions de 1990 à 2017, soit une augmentation de 23%. Bien sûr, on peut penser aux nombreux camions de marchandises qui circulent sur nos routes. Mais nos 5 millions de véhicules personnels contribuent également à ces émissions. Nous avons donc notre part de responsabilité à ce niveau et nous avons la possibilité de faire des choix plus écologiques.

J’ai été très étonnée d’apprendre que de 1990 à 2015, si l’accroissement du nombre d’automobiles au Québec a été de 17%, celui des camions légers (fourgonnettes, camionnettes et véhicules utilitaires sport) a, quant à lui, été de 215%!

Or, saviez-vous que les véhicules utilitaires sport (VUS) émettent 1,44 fois plus de GES qu’une automobile? Avons-nous vraiment besoin de ces gros véhicules énergivores et polluants pour nos déplacements quotidiens? N’est-il pas urgent de se tourner vers des solutions plus vertes?

Les voitures électriques gagnent en popularité au Québec, mais leur nombre n’atteint pas encore 1% du parc automobile. Et, selon l’Agence internationale de l’Énergie, « l’impact négatif des VUS sur le CO2 a été cinq fois plus important au cours de la période 2010-2018 que l’impact positif des voitures électriques. » 

Pourtant l’auto électrique représente une alternative de plus en plus intéressante avec une autonomie qui s’accroît et des prix de vente qui continuent à devenir plus abordables. Si on considère les subventions à l’achat accordées par les deux paliers de gouvernement et les économies réalisées sur l’essence et les coûts d’entretien à long terme, l’acquisition d’une auto électrique devient même aussi avantageuse financièrement que celle d’une automobile à combustion.

On se demande souvent ce qu’on peut faire individuellement face à l’urgence climatique. Si vous pensez à vous acheter un nouveau véhicule en 2020, pourquoi ne pas considérer une voiture électrique? C’est un geste parmi d’autres, mais il est urgent que chacun d’entre nous agisse à sa mesure. Il faut dorénavant placer tous nos choix dans la perspective de réduire le plus possible notre empreinte écologique.

Lorraine Paquette

Comité Ultimatum Granby

La Voix des lecteurs

Un total de 25 000$ pour tenir la main du conseil à Stukely-Sud

LA VOIX DES LECTEURS / Le 16 janvier dernier, La Voix de l’Est rapportait, sous la plume de Marie-Ève Martel, l’inconfort des citoyens et citoyennes de Stukely-Sud face à l’imposition par le conseil municipal de la présence systématique d’un avocat lors des assemblées publiques.

En tant que citoyenne de Stukely-Sud, je suis estomaquée de lire que le maire, Patrick Leblond, et nos élus estiment que cette décision s’inscrit en réponse au «climat houleux» des derniers mois lors des assemblées publiques.

Je me permets de rappeler au maire que la grogne ambiante découle de son attitude arrogante, intimidante et de son refus de répondre aux questions légitimes de ses concitoyens durant ces mêmes derniers mois.

Que les élus aient besoin de conseils juridiques ponctuels pour encadrer leur travail, passe encore. Mais que la présence d’un avocat chaque assemblée soit jugée essentielle pour éviter que monsieur Leblond ne fasse d’impairs ou sorte de ses gonds, il y a une sacrée marge!

Deux experts en gouvernance publique ont déjà exprimé clairement à la journaliste Marie-Ève Martel, qu’un : «climat malsain n’est jamais de la faute des citoyens»; Michel Filion, (La Voix de l’Est, 17 août 2019) et que, concernant la présence systématique d’un avocat lors des assemblées publiques «Je dirais que dans ce cas-là, pour les contribuables, ce n’est pas nécessaire.»; Michel Nadeau, (La Voix de l’Est, 18 janvier 2020).

À cet inconfort de principe s’ajoute la colère des citoyens face à la dépense frisant 1 000$ par mois qui pourrait donc approcher un total de 25 000$ d’ici la fin du mandat du conseil actuel. De l’avis de plusieurs, ce montant serait bien mieux employé à réaliser des projets au service de la population du village.

Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant de constater le nombre important de maisons à vendre. Avec la mauvaise presse que nous attire le maire, cela peut contribuer au désintérêt de certains acheteurs et au départ de citoyens établis.

Isabelle Marissal 

Citoyenne de Stukely-Sud

La Voix des lecteurs

Le Québec en action contre la pauvreté

LA VOIX DES LECTEURS / L’économie québécoise roule présentement à plein régime. Le taux de chômage est au plus bas et les salaires augmentent. Le taux d’assistance sociale atteint un creux historique, alors que seulement 5,3 % de la population bénéficie des programmes d’assistance sociale. Mais malgré cela, la pauvreté demeure une dure réalité contre laquelle nous devons continuer de lutter.

Nous devons continuer de resserrer le filet social qui nous distingue et qui fait notre force. Nous devons continuer de faire ce que les Québécois font de mieux: se serrer les coudes. 

Sortir de la pauvreté 

La pauvreté revêt plusieurs visages et ses causes sont multiples. Pensons aux personnes qui vivent en situation d’itinérance ou de dépendance ou celles aux prises avec des problèmes de santé mentale. Encore aujourd’hui, plus de 8,9 % des enfants vivent sous le seuil de la pauvreté. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant cette réalité.

Opinions

Vivre avec l’Alzheimer

LA VOIX DES LECTEURS / Mon histoire d’amour avec Bella est longue et se poursuit à ce jour malgré les changements provoqués par la maladie d’Alzheimer. Nous nous sommes mariés le 4 septembre 1972. Nous sommes les parents de deux incroyables filles et de trois magnifiques petits-enfants. Ensemble, nous avons bâti une entreprise dans laquelle nous avons travaillé toute notre vie. Nous avons toujours traversé la vie en équipe : au travail, à la maison, pour les enfants, dans nos sorties… et à travers la maladie.

La maladie a changé beaucoup de choses, mais le cœur est identique : la mémoire du cœur n’oublie jamais. Les émotions restent en nous à tout jamais. En mars 2016, Bella a été heurtée par une voiture alors qu’elle traversait la rue. Ayant subi un traumatisme, elle a passé quatre jours à l’hôpital. Après son rétablissement, elle a rencontré son médecin de famille. Après une brève discussion et divers examens, elle a été orientée vers un spécialiste de la mémoire. En septembre 2016, elle recevait un diagnostic de maladie cognitive. Elle avait 68 ans. 

Il y a eu des larmes et des inquiétudes, et ce, même si on soupçonnait que quelque chose n’allait pas avec Bella. La confirmation a été pour nous un choc. Les émotions étaient fortes, mais je n’ai pas eu l’impression de vivre une catastrophe. Cette force me vient de mon travail de bénévole que je mène auprès de personnes atteintes du cancer. Le désir d’aide et d’empathie est dans ma nature. 

Bella a dû quitter son travail à l’entreprise que nous avons bâtie ensemble. Une période de dépression s’en est suivie. L’image qu’elle avait d’elle-même a changé. Ayant toujours géré le côté administratif des affaires, elle s’est tout à coup retrouvée incapable d’effectuer les tâches avant si simples pour elle. 

Après avoir lu un article dans le journal et avoir découvert l’aide offerte, nous nous sommes rendus au bureau de la Société Alzheimer locale. Nous y avons reçu un accueil chaleureux. Un facilitateur nous a clairement expliqué les services offerts par l’organisme. Bella était un peu réticente au départ. Il lui a été difficile de trouver sa place, mais avec les activités, une meilleure qualité de vie, où la personne atteinte et le proche aidant sont ensemble, elle s’est sentie de plus en plus à l’aise. Maintenant, elle est toujours heureuse de participer aux activités et de socialiser avec les membres, par exemple, des Joyeux troubadours. Les gens qui la connaissaient ont réagi à son diagnostic avec tristesse, mais ils ont aussi été respectueux en montrant qu’ils se souciaient d’elle. 

Nos filles lui donnent un grand coup de main avec l’entreprise familiale, qu’elles gèrent dorénavant. Leur soutien m’est essentiel. L’attitude du grand public à l’égard des personnes atteintes d’une maladie cognitive semble s’améliorer, mais il faut encore diffuser beaucoup d’information pour l’aider à comprendre et à accepter les personnes atteintes. Il faut en parler. 

La Société Alzheimer aide à éduquer le public et offre divers programmes aux personnes atteintes et à leurs proches aidants. Il est toujours possible de mener une vie heureuse malgré la maladie. Il est inutile de se concentrer sur ce que la personne ne peut plus faire. Il faut tout simplement changer ses habitudes et se concentrer sur ce qu’elle est encore capable de faire. Profitez de chaque journée : la joie se cache parfois dans de petits moments anodins. Par exemple, Bella s’est découvert une nouvelle passion pour le mandala, une configuration géométrique de cercles. Elle adore passer des heures à colorier ces cercles virtuellement infinis et, parfois, lorsqu’elle entend des chansons anciennes, son sourire vaut mille mots.

Aidez la Société Alzheimer. Personne ne sait si un jour vos proches en seront atteints. 


Gilles Bernier

proche aidant et co-porte-parole régional de la Société Alzheimer Granby et région

Opinions

Laïcité et liberté religieuse

LA VOIX DES LECTEURS / Le gouvernement québécois veut revoir le cours d’enseignement éthique et religieux. Peut-être que nos écoles devraient-elles plutôt enseigner les compétences psychosociales, mais laisser l’opportunité aux groupes religieux de faire leur propre enseignement religieux.

La laïcité est définie comme le « principe de séparation dans l’État de la société civile et de la société religieuse » et « d’impartialité ou de neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses ». 

L’évangile selon St-Luc (20-25) écrit que Jésus a dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Évangile de Luc 20-25). 

Cette phrase peut être interprétée comme l’établissement d’une séparation entre les domaines spirituel et civil. Mais pourquoi est-ce que les institutions gouvernementales, notamment les écoles, interdisent-elles que les Églises annoncent leurs programmes de catéchèse ?

Selon le philosophe et écrivain français Henri Peña-Ruiz, la laïcité conjugue la liberté de conscience, qui permet aux options spirituelles de s’affirmer sans s’imposer, l’égalité de droits de tous les humains sans distinction d’option spirituelle, et la définition d’une loi commune à tous visant le seul intérêt général, universellement partageable. (Henri Peña-Ruiz, Histoire de la laïcité, genèse d’un idéal, Gallimard, coll. « Découvertes/Histoire », 2005)

En ce sens, la laïcité soutient les droits et libertés. La Charte canadienne des droits et libertés, qui fait partie de la constitution, énonce dans son préambule que le Canada « est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit ». 

La liberté religieuse est également garantie. Le Québec a également sa Charte des droits et libertés garantissant les libertés fondamentales de religion et de conscience et l’égalité des droits pour tous. 

Alors pourquoi est-ce que notre gouvernement québécois est si frileux lorsqu’il s’agit de religion ?

Nos écoles ont le devoir d’apprendre à nos jeunes comment devenir de bons citoyens pour une société paisible. 

Cependant, les religions donnent un sens à la vie, répondent aux questions existentielles selon la liberté de conscience de chaque individu.

L’interdiction d’annoncer, d’informer des programmes de catéchèse catholique, en occurrence, est nuisible à ce besoin et au développement de la personne.

Je réclame donc le droit de liberté religieuse et de pouvoir l’afficher, de pouvoir s’affirmer sans imposer. Ce serait peut-être un remède à notre société « anxieuse ».


Madeleine Ferland

Chargée de catéchèse à Cowansville

Opinions

Éthique et culture religieuse : pourquoi tant de controverses ?

LA VOIX DES LECTEURS / Avant de tracer l’historique de ce programme, voici le point de vue d’élèves de 4e et 5e secondaire.

« Ce cours est une occasion de me charger d’énergie positive et de me recentrer sur les valeurs qui me tiennent à cœur. Merci d’avoir été ces ailes qui nous ont retenues quand nous n’arrivions plus à voler. » Angélique 

« Aux yeux de plusieurs, le cours ÉCR semble moins important qu’un cours de maths ou de français. Pourtant, il l’est tout autant ! J’ai beaucoup grandi intérieurement, je me suis ouverte sur le monde, j’ai appris sur d’autres cultures. C’est toujours un plaisir d’aller au cours d’ÉCR. » Anne-Marie 

« Je veux voyager, plus tard. J’ai tellement appris sur les lieux de pèlerinage dans le monde avec Mme Annie. Ce sont des lieux importants à respecter, même si je ne suis pas croyante. » Catherine 

« Seul cours qui parle de l’être humain ; j’ai beaucoup appris sur moi. Il nous ouvre les yeux sur le monde et sur nos préjugés. Il est indispensable pour nous aider à devenir meilleurs ! » Alex 

« J’ai appris pourquoi les Témoins de Jéhovah cognent à notre porte. J’ai appris aussi à faire la différence entre des groupes religieux et des vraies sectes pour ne pas me faire avoir. Merci ! » Frédéric 

« Je me rends compte à quel point votre cours m’a changé pour devenir une personne meilleure. Grâce à ce cours, j’ai mis fin à une relation malsaine, car vous avez réussi à m’ouvrir les yeux et à prendre soin de moi maintenant. » Maude 

« Ce cours nous aide dans notre cheminement de vie. Si je suis l’homme que je serai plus tard, ce sera en partie grâce à mes apprentissages faits dans le cours ÉCR. » Maxime 

« J’ai appris comment du monde se radicalise. Vraiment pas drôle ! Il faut faire attention. Je comprends maintenant la différence entre un musulman et un islamiste. » Élaine 

Historique d’un programme méprisé

En septembre 2008, le gouvernement du Parti libéral du Québec implantait le cours ÉCR dans toutes les écoles du Québec. Ce changement historique était une suite logique de l’évolution de la province concernant la place de la religion à l’école (Proulx, 1999). Mais ce projet d’envergure ne pouvait se réaliser sans que le gouvernement procède à des changements constitutionnels. 

En 2005, le gouvernement en place a mis sur pied une commission parlementaire pour consulter des experts d’adopter des changements. Étrangement, l’Association québécoise des professeurs de morale et de religion, dont les membres enseigneraient le futur programme, n’a pas été invitée. Ce faisant, toute la « réalité terrain » de notre champ disciplinaire a été évacuée du processus décisionnel. Ce choix est encore, aujourd’hui, lourd de conséquences pour les enseignants en ÉCR. 

En tant que présidente de cette association, qui comptait alors plus de 400 membres, j’ai insisté pour que les responsables de l’implantation informent les parents de leurs décisions. Stratégiquement parlant, nous estimions qu’il fallait créer les conditions les plus favorables pour l’implantation de ce programme, et ne pas rater l’occasion d’en faire connaître la pertinence. Juin 2005, le ministre de l’Éducation adoptait rapidement le projet de loi 95 modifiant la Loi de l’instruction publique, limitant le choix des parents de choisir entre un enseignement moral et un enseignement religieux catholique pour une période de trois ans seulement. Malheureusement, les parents ne furent pas informés de cette décision. Puis, l’article 41 de la Charte des droits et libertés de la personne a été modifié, article permettant aux parents d’obtenir une éducation religieuse pour leur enfant au sein des établissements scolaires du Québec. Encore une fois, les parents n’ont pas été informés. 

Malheureusement, les parents du Québec ont connu l’existence de ce programme après son implantation, à l’automne 2008, par un simple dépliant explicatif. Leur réaction a été celle que nous appréhendions : plusieurs regroupements de parents, dont la Coalition pour la liberté en éducation (CLE), ont vivement réagi, jusqu’en Cour suprême. 

Selon nous, la plainte aurait dû porter sur la modification de l’article 41 de la Charte qui concernait les parents, et non pas sur l’atteinte à la liberté de conscience et de religion. 

Presque 12 ans plus tard, la controverse soulevée lors de l’implantation a encore des incidences non négligeables et nuit à sa crédibilité. (Bergeron, 2012). Le programme ÉCR est stigmatisé depuis son implantation par des directions d’école, des enseignants d’autres disciplines et des parents. Seuls les enseignants en ÉCR voient leurs heures d’enseignement amputées au profit d’autres programmes jugés plus pertinents par les directions. Ces décisions administratives bouleversent les tâches des enseignants. De plus, la qualité de l’enseignement est entachée, parce que de nouveaux enseignants sans formation adéquate ni soutien pédagogique acceptent des tâches en ÉCR. 

En février 2013, le responsable du programme ÉCR au ministère, Jacques Pettigrew, faisait état des multiples problématiques de la mise en œuvre du programme. Le plan du MELS (ancienne appellation du MEES) était alors de valoriser le programme et non de l’éliminer. 

Au lieu d’annoncer publiquement ce chantier majeur, le ministre Roberge, lui-même ex-enseignant, aurait pu demander l’expertise d’enseignants en ÉCR par le biais de l’AQÉCR afin d’élaborer avec eux une stratégie organisationnelle visant à bonifier le programme et à améliorer les conditions d’enseignement. À titre d’exemple, pourquoi ne pas ajouter les thématiques proposées dans la consultation aux élèves de 3e secondaire qui ne reçoivent présentement aucun contenu disciplinaire en développement personnel ? 


Claire Bergeron

Enseignante en ÉCR au secondaire, M.A. en éducation Université de Sherbrooke

Opinions

Elle voulait danser sur Port-au-Prince !

LA VOIX DES LECTEURS / La journée était splendide, une fraîche brise balayait Port-au-Prince. On avait levé des tentes, accroché quelques guirlandes ici et là en ville.

Elle avait tressé ses beaux cheveux noirs, debout devant un vieux miroir craquelé de la petite pièce de la maison. Debout, parce qu’elle ne tenait plus en place, bougeant un peu les hanches tout en agitant les bras le long de son corps de jeune femme. Tout le matin, elle avait répété les mêmes gestes, préparé judicieusement tous ses élans, ses sauts et ses pas.

Vêtue d’une petite jupe de toile, les pieds nus elle portait un petit collier de pierres grises que lui avait donné son grand-père lorsqu’elle était toute petite. C’est qu’il sera là, avec ses yeux pétillants de bonheur et sa joie de vivre qui jaillissait de lui. 

Le fameux « pépé » qui a toujours fait figure de légende, voire de prophète dans la famille. Tous y seront faut dire. C’est qu’il était tricoté serré ce fameux clan familial. Pauvres, mais unis et fraternels.

En ce 12 janvier 2010, le soleil était radieux sur Port-au-Prince. Une lumière paisible couvrait le décor de cette ville qui se faisait belle avant le début de la fête.

Elle n’en pouvait plus d’attendre à la fraîche, comme lui avait recommandé sa professeure de danse. « Tu te reposeras le matin du spectacle. Ne t’agite pas. Refais les nouveaux pas que je t’ai montrés. Et le regard. Tout est dans le regard, tu sais. Il faut qu’il soit vivant, expressif et évocateur. La danse, ça passe par les pieds, ça oui. Mais le regard, ma fille, il faut qu’il communique avec les spectateurs, qu’il communie ! Quand tu danses, il faut que ton âme s’exprime à travers le moindre de tes gestes, pour qu’ils soient porteurs de sens. »

La jeune femme avait bien retenu la leçon. Elle savait que ce fameux spectacle serait déterminant pour elle et pour sa famille. Des représentants de la Troupe nationale de danse d’Haïti seraient là en dépistage, à la recherche de nouveaux talents. Elle en rêvait depuis l’âge de 11 ans. Elle en avait 18 maintenant. 

Belle, grande, gracieuse et humaine, qui plus est. Elle était à elle seule ce qui restait d’espoir au cœur de sa famille. Elle faisait l’envie de ses jeunes sœurs, qui reconnaissaient en elle, cette part de bonté et de générosité qu’elle avait toujours su répandre chez ses semblables.

Elle se souvenait encore de ces quelques mots que son grand-père lui avait dits. « Un jour, mon enfant, tu danseras sous le soleil, tu seras grande devant notre monde. Une ode à toi seule. Une bénédiction des dieux. Tu seras de joie et tu voudras changer le cours de la vie, la rendre équitable, belle et fraternelle. Ton regard sera un baume posé sur nous. Une lumière qui chassera la noirceur. »

C’est que le « pépé » a toujours eu une âme de poète. Alors ces mots lui venaient souvent avant d’exécuter ses pas de danse. Ils la rendaient fière et lui donnaient du courage et nourrissaient son talent. Alors elle les murmura et cela la calma dans l’attente du spectacle qui se déroulerait sur une grande scène extérieure située au cœur de Port- au-Prince.

Cet enfant du pays se savait privilégiée, elle qui serait le point de mire de tous les regards. Sa photo et celles de ses amies danseuses réunies se retrouvaient dans le grand journal de la ville. La fierté n’en était que plus grande pour sa jeune mère, qui avait mis au monde sa fille à l’âge de 17 ans. Le père était là aussi, au bras de l’épouse, ému, mais inébranlable, gardant sous les apparences de sa robustesse, une tendresse sans faille.

Fébrile, derrière la scène, cachée par une grande toile de couleur terre, la petite troupe de danse attendait que les présentations d’usage du maître de cérémonie s’achèvent avant d’entrer sur la scène. Lors de cette présentation, une légère secousse se fit sentir et agita quelque peu la scène. C’est qu’il y en avait souvent de ces petites agitations de la terre sous les pieds des Haïtiens. 

Le présentateur fit une blague disant que la terre avait hâte que ça bouge sur la scène et qu’elle y mettait du sien. Ce qui fit sourire la foule de spectateurs assemblée. Le grand-père ne vit pas les choses de la même façon. Il se leva d’un seul coup, l’air inquiet, en se dirigeant fébrilement vers l’arrière-scène pour aller à la rencontre de sa petite fille chérie.

Soudain, une immense rumeur se fit entendre, un grand craquement de terre fit un bruit sourd sur toute la ville. Devant la scène, l’espace de quelques secondes, le sol se disloqua et le mur d’un bâtiment s’abattit sur les spectateurs présents. En l’espace d’une minute, le ciel s’écroula sur Port-au-Prince et le rêve d’une jeune danseuse d’ Haïti prit soudain une tournure tragique.

Les yeux en larmes, le corps figé d’effroi devant ce qui venait de se passer et entourée des autres danseuses, que le tremblement de terre avait épargnées, elle aura vu une dernière fois son grand-père avant que ce dernier ne soit enseveli sous les décombres.

Elle resta debout au milieu des ruines, en quelques secondes, elle venait de tout perdre. Il lui resterait bien la danse, mais pour l’heure, elle venait d’apprendre que désormais, elle danserait sur l’éphémère. Son regard deviendrait un baume posé sur ses proches disparus. Elle resterait blessée, mais grande devant notre monde.


Yvan Giguère

Saguenay

Opinions

Sois courageux Valentin, tu n’es pas seul !

LA VOIX DES LECTEURS / J’ai assez bien connu Valentin Auclair, « ce monsieur de 38 ans », comme disait l’autre.

Il y a moins de dix ans, une ou deux fois par semaine, nous allions ensemble dans une assemblée religieuse. Je le voyageais et il nous est arrivé de prendre un café et de discuter ensemble. J’aimais bien sa présence et je crois bien que c’était réciproque.

Valentin est un gars très réservé, même refermé sur lui-même. Il semble gêné, pas sûr de lui, et peu volubile. Cependant, lorsqu’un climat de confiance s’installe, Valentin demeure réservé, mais il aime te rencontrer et savoir que tu t’intéresses à lui.

Valentin est beaucoup plus qu’un « nowhere ». Plus qu’un « nobody ». Sous sa carapace se cache un être doux et intelligent. Il aime apprendre.

Valentin ne l’a pas facile. Il est difffférent, rejeté et isolé. 

C’est durant la période que nous avons marché ensemble qu’il a travaillé à la bibliothèque du Cégep de Granby. Un stage d’intégration d’environ un an. Comme il était fier. C’était très valorisant. Il pouvait faire plus que seulement entrer des adresses dans un ordinateur. Pendant cette période, il faisait beaucoup de recherche sur Internet. Il aimait connaître.

Valentin avait une vie hors norme et il était laissé à lui-même.

Il y a plus de cinq ans, nos chemins se sont éloignés. De mon côté, j’avais une belle famille et une vie active. Je n’ai pas su de quel côté il a poursuivi sa route… jusqu’à ce lundi lorsque j’ai vu son visage dans La Voix de l’Est avec le titre : « Arrestation d’un Granbyen pronazi ».

Une chance que j’étais assis, sinon je serais tombé à la renverse ! QUOI ! IMPOSSIBLE ! QU’EST-IL ARRIVÉ POUR QUE VALENTIN SOIT DANS UNE TELLE SITUATION ? 

J’ai rapidement lu l’article, sans aller aux références. Oui, il est fort possible que Valentin soit obnubilé, obsédé par des sujets de lecture. Oui, il est aussi fort possible que ces lectures l’aient dirigé vers un quelconque extrémisme. Il passait déjà beaucoup de temps à faire des recherches sur Internet. Et du temps, il en avait. 

Oui, c’est extrêmement malheureux qu’il exprime son mal-être en tenant des propos ignobles et décadents. Mais jamais le Valentin que j’ai connu n’userait de violence physique pour exprimer un mal-être ou une frustration, une conviction ou quoi que ce soit. 

Moi aussi, tel qu’il l’a dit, je crois qu’il ne craint pas la justice, mais le regard des autres. 

Je ne crois pas davantage qu’il soit un dangereux terroriste. Selon ce que je connais bien de lui, il est dans une spirale de rejet. Il est isolé et sans soutien. Il a cherché à combler son vide en puisant au fanatisme attirant et facilement accessible pour lui : par les réseaux sociaux.

Pauvre Valentin, on te piétine… on te met en première page et on te décrit comme un terroriste au nom de vouloir éviter des situations extrêmes visant les minorités rejetées… 

Tu es un « rejeté ». Oui, il faut chercher à prévenir les malheureux attentats. Mais faut-il le faire en sacrifiant un mal-aimé au passage ?
Pourquoi ne pas chercher à connaître la vie, le milieu, les alentours de la personne avant de la décrire comme un voleur et de la traîner en justice menottes aux poignets. 

Qu’avez-vous fait ? Pauvre Valentin ! Non, tu n’es pas seul ! Pas tout à fait seul…

Ton ami, Michel Laurin.

Michel Laurin

Granby

Opinions

Le triomphe de William, Liam et Logan

LA VOIX DES LECTEURS / Chaque année, le site de Retraite Québec et l’Institut de la statistique du Québec recensent les prénoms les plus populaires dans la province.

Déjà, 2018 a fait sursauter. Côté garçons, William, Logan et Liam triomphaient. Trois prénoms courants en anglais. Côté féminin : Emma et Olivia trônaient au sommet, tout comme Alice, courant dans les deux langues. Quand on élargit aux 50 ou 100 prénoms les plus populaires, la tendance se maintient.

La Voix des lecteurs

Fermeture de l'écocentre municipal à Sutton

LA VOIX DES LECTEURS / Membres du conseil municipal de Sutton: le 19 décembre dernier, votre administration annonçait sur son site Internet qu’on allait fermer notre écocentre. Cette décision a été prise il y a un bon bout de temps, puisque le calendrier municipal en fait état.

Mais elle nous a été transmise le plus discrètement possible, presque en catimini, en pleine période des Fêtes, alors que tout le monde a l’esprit ailleurs.

Je vous l’avoue tout de go, je suis, et j’ai été, un usager assidu du centre pour avoir fait, ces derniers mois, le grand ménage de ma remise et de ses alentours. Ce faisant, je crois avoir soustrait à l’enfouissement plusieurs kilos et mètres cubes de bois, métal, plastique et autres détritus. Et j’ai, par la même occasion, constaté l’achalandage de notre écocentre; certains samedis, la file d’attente s’étendait même le long de la route 139.

Dites-moi, s’il vous plaît, ce que vous faites des responsabilités environnementales de Sutton? De vos responsabilités d’élus. La fermeture de l’écocentre vient saper les assises de la consommation responsable et du renouveau écologique que sont les 3R : récupération, recyclage et réutilisation. Les arguments avancés à l’appui de cette fermeture ne convainquent personne. Pas moi en tout cas.

Vous dites que l’existence de deux services parallèles (Ville et MRC) crée de la confusion. À ça je réponds qu’il n’y a aucune confusion possible chez l’usager quand on lui demande de parcourir plus de 30 kilomètres (60 à l’aller-retour) pour profiter d’un service.

C’est avec de pareils arguments que vous encouragerez le laisser-aller et l’immobilisme en matière de respect de l’environnement.

L’objectif d’une récupération profitable à l’environnement n’est pas rencontré (sic).

Comment en êtes-vous arrivés à une telle conclusion? Quels étaient vos critères? Sur qu’elle étude cette affirmation est-elle basée? Les citoyens peuvent-ils la consulter?

Vous affirmez aussi qu’il est devenu impossible de trouver le personnel nécessaire. Faites-vous ici le constat de l’impossibilité, pour la Ville, d’assigner des tâches aux employés des travaux publics? Et de recruter? Cela entre dans le cadre de la politique de réduction des coûts…  Mais l’atteinte des objectifs des 3R n’est malheureusement pas encore économiquement rentable, pas plus que la réduction des gaz de serre (GES), d’ailleurs.

On veut économiser, dites-vous? L’économiste Nicholas Stern a établi, il y a quelques années déjà, que le report de chaque mesure de réduction de la pollution allait coûter de 20 à 50% plus cher aux générations futures. J’aimerais croire qu’il est fini, à Sutton, le temps de la comptabilité à courte vue.

Je considère que la fermeture de notre écocentre municipal est une grave erreur.

Tout un chacun d’entre nous avons des responsabilités en matière de pollution, d’empreinte écologique. Les coûts du centre sont minimes comparés à ce qu’ils seront demain. Cessons de ne planifier qu’à courte vue. Nous avons suffisamment perdu de temps.

Michel Guibord

Sutton