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La Voix des lecteurs

Vive le changement ! Quel changement ?

L’austérité néolibérale du gouvernement libéral de 2003 avec Jean Charest jusqu’à Philippe Couillard en 2018 connaît maintenant son effet boomerang. Voilà que la CAQ et le PLQ viennent de découvrir l’importance de l’environnement, de l’éducation et de la santé et promettent non pas de « dépenser mais d’investir » dans ces piliers de l’économie. Évitons de nous laisser prendre au piège comme de vulgaires souris. La trappe qui tue tient sa force de notre naïveté et de notre crédulité.

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À propos du Lab-École de Shefford

Hier soir, ma gentille petite voisine est venue me voir pour me demander ce que je pensais de la nouvelle du jour : on va construire un Lab-École à Shefford, un projet de MM. Ricardo et cie.

C’est difficile d’être rabat-joie quand on apprend qu’un investissement de 15 000 000 $ est prévu pour notre région… Mais je me permets quand même de protester doucement et de partager avec vous quelques réflexions.

Comment se fait-il que ce soit à Shefford qu’ils aient décidé d’aller installer un tel projet ? Il doit y avoir des promoteurs immobiliers qui se frottent les mains ! Combien de petites familles vont choisir d’aller s’y installer afin que leurs enfants profitent d’un milieu de vie stimulant et intéressant ? Plusieurs parents bien intentionnés et bienveillants vont choisir d’aller s’établir à Shefford, et on ne peut pas leur en vouloir. 

Plutôt que de choisir Granby par exemple, ils iront favoriser l’étalement urbain puisque le ministère lui-même l’encourage.

 Il s’agit ici de parents qui veulent offrir ce qu’il y a de mieux à leurs enfants et on peut tous comprendre ça. 

Mais dans le HLM près de chez moi, là aussi il y a des parents qui veulent offrir le meilleur à leurs petits ; ils ont même choisi de quitter leur pays pour le faire… Mais ils n’auront jamais les moyens de déménager à Shefford. 

Comment se fait-il que ce n’est pas au cœur de Granby qu’ils ont choisi de construire une école aussi vivifiante ? J’enseigne dans une école du centre-ville de Granby où, hier encore, on nous annonçait une baisse de 27 000 $ pour le budget de l’année scolaire qui vient, une augmentation du nombre d’élèves et une baisse du temps d’aide de la psychoéducatrice et de la technicienne en éducation spécialisée. 

Vous comprendrez que c’est difficile d’applaudir l’investissement de 15 M$ à Shefford quand on nous annonce qu’on va couper dans la mienne. Et laissez-moi vous dire qu’on ne coupe plus dans le gras. On est rendu à l’os ! 

Et ne voyez pas mes propos comme des plaintes égocentriques. Avec l’expérience que j’ai comme enseignante, je n’aurai sans doute pas beaucoup de problèmes à changer d’école et à choisir un poste dans cette superbe école. 

Mais je ne ferai pas ça. 

Les enfants de Shefford ont déjà la chance d’être nés dans des familles bienveillantes et leurs parents leur offriront tout ce dont ils ont besoin, et même plus. C’est ici, au centre-ville de Granby, que je peux faire une différence. C’est ici que les enfants ont besoin d’une école bienveillante qui tente de leur offrir une éducation de qualité dans un environnement que l’on tente, mes collègues et moi, de garder stimulant avec les bouts de chandelles qu’on nous offre. 

Alors à ma gentille petite voisine, j’ai répondu : 

- J’aurais bien aimé avoir Ricardo dans ma cuisine, et ça n’aurait pas été pour le mettre au chaudron… Je lui aurais dit : « Assieds-toi mon Ricardo, on va jaser ! »

Chantal Beauchemin, enseignante

Granby

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Le Complexe sportif Artopex partenaire des associations sportives de la région

L’annonce récente de la transformation du Complexe sportif Artopex en organisme à but non lucratif est une nouvelle positive pour les associations sportives de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi à bien des égards.

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Le rôle important joué par le journal La Voix de l’Est

Granby est la plus petite ville québécoise ayant un journal quotidien. Nous sommes choyés. En effet, c’est depuis 1945 que La Voix de l’Est est à notre porte chaque matin. Mais de nos jours, les sites d’information électroniques grugent de plus en plus le territoire de la presse écrite et une lutte s’est engagée pour la survie des journaux régionaux (quotidiens et hebdomadaires). Le conseil général de la FTQ affirmait dernièrement que la disparition des journaux régionaux serait « une catastrophe » pour la démocratie au Québec.

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Et si les jardins m’étaient racontés...

Avec l’arrivée du printemps, le beau temps s’installe. Dans plusieurs villes du Québec, des citoyens se regroupent pour l’entretien des jardins collectifs ou communautaires. Une activité rassembleuse où chacun apporte bénévolement sa contribution dans une atmosphère conviviale, où les classes sociales n’existent pas et où il n’y a pas d’experts pour faire des remontrances à des citoyens parfois maladroits, mais tellement pleins de bon vouloir.

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L’aveuglement volontaire a des limites !

Cette année scolaire, nous avons beaucoup entendu parler de la pénurie de suppléants dans les commissions scolaires. Savez-vous que des enseignants malades, de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) ont reçu des appels les informant qu’il n’y avait personne pour les remplacer ? On leur faisait sentir qu’il serait préférable qu’ils viennent à l’école s’occuper de leurs élèves, même s’ils avaient avisé qu’ils seraient absents pour maladie. Ne plus avoir le droit d’être malade, sans culpabiliser, considérez-vous qu’il s’agit des bonnes conditions pour se sentir mieux ? Considérez-vous que ce soit là une bonne manière d’agir si on a à cœur le bien collectif ?

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La société de Frankenstein

La vie est un perpétuel combat. C’est en jetant un regard sur le parcours de l’évolution de la matière jusqu’à l’arrivée de la conscience humaine que nous découvrons très facilement la confirmation de cette idée. Il y a un perpétuel combat entre la vie et la matière, entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, entre l’empathie et l’indifférence, entre la connaissance et l’ignorance, entre la solidarité et la cupidité. À court terme, il est parfois difficile de voir le progrès, mais, à très long terme, cela devrait être encourageant. Est-ce réellement le cas ?

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Hommage à l’abbé Léo Lemay

C’est avec tristesse que j’ai appris que monsieur l’abbé Léo Lemay, curé de la paroisse Saint-Alphonse et Saint-Ange-Gardien, s’est éteint le 6 mars dernier. 

J’ai eu la chance de le côtoyer à maintes occasions. Je souhaiterais dire un mot sur ce pasteur qui, comme bien des personnes de sa génération, s’inscrit dans les transformations progressistes opérées par le concile Vatican II. 

Je peux témoigner que monsieur l’abbé Lemay a toujours manifesté une curiosité et un regard bienveillant face à la société québécoise. Il se renseignait constamment sur des approches récentes, tant sur le plan social qu’ecclésial. 

Pour lui, l’attention portée à la pluralité des approches constituait le cœur d’une véritable recherche d’un sens à la vie et d’un parcours spirituel incarné.

Il a toujours encouragé, en phase avec l’esprit du Vatican II, l’exploration des voies spirituelles adaptées à l’évolution de la société québécoise. En cela, il prônait des positions personnelles d’ouverture, d’accueil et de confiance en la vie. Sur le plan théologique, il affichait des options qualifiées en Europe de « libérales ». C’est pourquoi l’abbé Lemay considérait la société québécoise comme un lieu primordial de manifestation de la divinité. Il y lisait « les signes des temps » selon l’expression consacrée. Pour lui, l’Église se devait d’être au service de la société québécoise. Un service qui devenait l’expression de l’amour divin.

Sur le plan pastoral, il se souciait du bien-être de chaque personne qu’il croisait sur sa route. Une de ses préoccupations foncières se centrait sur ses paroissiennes et paroissiens. 

La rencontre avec les gens, dans leur réalité de la vie quotidienne, l’inspirait grandement. Il s’est toujours montré attentif aux difficultés, mais également aux joies des communautés dont il avait la responsabilité.

L’abbé Lemay nous manquera très certainement. Je le remercie grandement pour le travail accompli, son dévouement, son oreille attentive et son soutien. Il entre désormais dans un repos bien mérité. Merci Léo !

Patrice Perreault

Granby

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Évitons que les archives ne partent en fumée

Les aspirations du Regroupement des services d’archives privées agréés du Québec (RSAPAQ) sont loin d’être comblées malgré que Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) se soit vue consentir un montant supplémentaire de 420 000 $, pour les deux prochaines années, par la ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit.

Au lendemain de la Commission de la Culture et de l’éducation, nous sommes toujours inquiets. La ministre de la Culture, Mme Marie Montpetit, fait mention de la « protection du patrimoine », de sa promotion et de sa diffusion sans jamais se préoccuper de la conservation de ce dernier. L’un de leurs grands défis est que « la culture soit accessible partout ». 

On réfère souvent aux musées et aux différentes institutions culturelles en laissant les services d’archives sur le banc de touche. Mais comment ces institutions arrivent-elles à créer des contenus sans les sources mêmes de l’histoire ? 

Il serait naïf de croire qu’à force de couper dans le milieu archivistique, il n’y ait pas de conséquences, avec des répercussions encore plus dramatiques dans les années à venir au niveau muséal, artistique, éducationnel, voire sociétal.

C’est pourquoi le RSAPAQ compte poursuivre la sensibilisation du public et des élus à ses revendications. Le RSAPAQ a opté pour une campagne Facebook impliquant la participation volontaire de chaque service d’archives privées agréé à travers le Québec.

C’est depuis des décennies que les programmes d’aide financière de BAnQ peinent à combler les aspirations du secteur des archives privées au Québec ; un secteur de la culture dont les exigences de performance sont pourtant toujours plus élevées.

Chaque année, des milliers de chercheurs de toute provenance viennent, pour des raisons diverses, consulter ces trésors de familles, des documents historiques d’importance capitale ou de petites perles témoignant de l’histoire sociale. Les 42 services d’archives privées actuellement agréés sont à pied d’œuvre à travers le Québec pour acquérir, classer et diffuser ces archives historiques.

Les sommes prévues pour la période 2018-2020 restent encore insuffisantes. Elles ne permettront pas de soutenir tous les agréés. 

Rien ne laisse présager d’un avenir meilleur puisque cette augmentation ne sera pas récurrente, faisant en sorte que tout sera à recommencer dans deux ans. 

Or, l’enjeu est de taille : la perte du patrimoine régional, notre mémoire collective.

Ensemble, visons un meilleur investissement de l’État dans les archives.

Appuyez et partagez la campagne Facebook du RSAPAQ.

Karine Savary

Présidente du Regroupement des services d’archives privées agréés du Québec dont fait partie la Société d’histoire de la Haute-Yamaska