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La Voix des lecteurs

Je parle féministe !

LA VOIX DES LECTEURS / Une semaine a passé à la suite de la commémoration du 30e anniversaire du féminicide de Polytechnique. Il y a 30 ans, 14 femmes ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes. Étant donné ce chiffre rond, nous avons eu la chance de voir plusieurs ministres fédéraux défiler sur nos écrans de télévision abordant fièrement leur ruban blanc (symbole de l’intolérance face à la violence faite aux femmes).

Andréanne Larouche, députée de Shefford du Bloc Québécois, a partagé un discours inspirant qui implorait la Chambre des Communes d’effectuer des gestes concrets pour contrer la violence faite aux femmes. Ces actes de prise de position sont salués.

Il est primordial de parler d’événements comme celui-ci pour sensibiliser la population, mais il est d’autant plus important de parler des autres féminicides qui ont lieu chaque année et plusieurs fois dans l’année. En 2018, l’Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilisation a publié son rapport annuel rapportant qu’une fille ou une femme est tuée tous les 2,5 jours au Canada. Cela veut dire qu’un féminicide a lieu tous les 2,5 jours dans notre pays. C’est assez! Une seule victime, c’est déjà trop.

Même si on parle de plus en plus de la violence faite aux femmes, la menace est très présente et prend une ampleur telle qu’elle est encore méconnue à ce jour. Dans la manosphère (espace uniquement dédié aux hommes sur Internet), plusieurs mouvements misogynes s’enflamment afin d’inciter à la haine des femmes. L’une des communautés dangereuses créées dans cet espace est les «incels» (célibataires involontaires).

Se décrivant comme moins attirants que la moyenne des hommes, la base de leur haine part de l’inaccessibilité à obtenir des relations amoureuses ou sexuelles avec des femmes. Pour eux, elles sont intouchables étant donné qu’elles sont davantage attirées envers des hommes qui ne leur ressemblent pas et étant en haut de la pyramide de la masculinité hégémonique (des hommes beaux, grands, forts, virils et puissants).

Le mouvement des incels est considéré par plusieurs comme n’étant pas assez pris au sérieux, alors que le danger est réel. L’un des premiers cas recensés est justement celui de Marc Lépine. Plusieurs féminicides ont eu lieu parce qu’il y a une banalisation de la violence faite aux femmes. 

En tant que féministe, on se fait dire que nos luttes n’ont plus raison d’être, alors que nous devons faire face quotidiennement à des événements qui démontrent une dichotomie indéniable. Pensons à l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes, qui est actuellement de 3$, le processus d’embauche qui peut être fort différent (non, ce n’est pas normal et c’est même illégal de se faire demander «Prévoyez-vous entamer votre famille sous peu?»), la charge mentale, la conciliation travail-famille souvent difficile, la nette vulnérabilité à vivre des violences sexuelles ou toute autre forme de violence parce qu’on est une femme, etc. 

Le mouvement féministe lutte depuis des années contre ces injustices. Malgré qu’il est considéré par certains comme étant désuet, il a encore sa place, un rôle à jouer contre les inégalités sociales homme-femme. Les insultes, les injures et les appels à la haine n’ont pas leur place et doivent être dénoncés collectivement. Ne restons pas passifs. Soyons des témoins actifs. 

Affirmons: je parle féministe!

Isabelle Corbin - Intervenante et agente de prévention et de communication au CALACS de Granby

La Voix des lecteurs

L’UMQ en mouvement depuis 100 ans

LA VOIX DES LECTEURS / Le 15 décembre 1919, plus de 400 élus municipaux convergeaient vers l’hôtel de ville de Montréal pour y participer à une assemblée de deux jours, dont l’objectif était inédit : la création de l’ «Union des municipalités de la province de Québec». La toute première association québécoise – laïque de surcroît, à une époque où l’Église catholique était omniprésente – visant à rassembler et à représenter les municipalités de toutes tailles et de toutes les régions.

Alors que nous célébrons ces jours-ci le centenaire de l’UMQ, le moment est propice pour regarder d’où le milieu municipal est parti, d’en tirer des enseignements et de réfléchir à l’avenir de nos municipalités, aujourd’hui officiellement reconnues comme des gouvernements de proximité.

La fin de la Première Guerre mondiale a amené une vague de fond en faveur d’une industrialisation et d’une réforme urbaine au Québec. L’augmentation des populations dans les zones fortement peuplées exigeait des municipalités la planification de nouveaux services tels l’eau potable, le gaz, l’éclairage électrique, les égouts, le téléphone, le transport et des efforts financiers énormes pour supporter ce développement.

Face à ces défis de plus en plus nombreux, l’UMQ a su, dès sa fondation, rester à l’avant-garde et faire preuve d’un leadership fort face aux nouveaux enjeux avec lesquels les municipalités ont eu à composer. Pensons, par exemple, à la salubrité et à la sécurité des logements, à la municipalisation de l’électricité, au transport et à la mobilité, à la fiscalité, à la sécurité publique, à l’environnement, à l’immigration ou à la famille.

L’UMQ, les municipalités, mes collègues élues et élus et moi-même continuerons d’être à l’avant-garde, alors que le monde se complexifie et que de nouveaux enjeux émergent, dont l’adaptation de l’aménagement du territoire aux changements climatiques, le vieillissement démographique, la pénurie de main-d’œuvre et la transformation vers l’économie numérique.

Nous assumerons notre leadership. Bien entendu, comme toute organisation centenaire, l’UMQ sait aussi tirer des leçons du passé. Il faut valoriser et encourager davantage la démocratie locale et assurer la pleine participation des femmes à la vie politique municipale. C’est d’ailleurs pourquoi les membres de l’Union ont adopté, en mai dernier, la toute première politique d’égalité de l’histoire de l’organisation, pour montrer l’exemple et assurer la parité au sein de ses instances.

Si Télesphore-Damien Bouchard, Joseph Beaubien et les autres fondateurs de l’UMQ voyaient leur Union aujourd’hui, ils seraient sans doute fiers de réaliser tout le chemin parcouru, les luttes qu’elle a menées et les gains qu’elle a obtenus. Ils seraient certainement encore plus fiers de voir qu’elle est restée fidèle à ses principes, crédible, rigoureuse et innovante. Les municipalités ont réussi collectivement à passer de l’état de « créatures du gouvernement » à gouvernements de proximité.

Joyeux anniversaire et longue vie à notre Union et aux municipalités du Québec !

Suzanne Roy - Présidente intérimaire de l’UMQ et mairesse de Sainte-Julie

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Médicaments et aînés: soignons mieux !

LA VOIX DE l'EST / La ministre responsable des Aînés et des Proches Aidants vient de présenter son projet de transformation des services d’hébergement pour aînés, projet que nous saluons. Parmi les soins offerts à ces personnes vulnérables, la nécessité d’optimiser l’usage des médicaments se pose d’emblée.

Une étude publiée dans la revue Family Practice et menée par des chercheurs de l’Université Laval et de l’Université de Limoges concluait que près d’un Québécois sur deux de 66 ans et plus, atteint d’une maladie chronique ou à risque d’en développer une, prend au moins un médicament potentiellement inapproprié (MPI).

Parmi ceux-ci se trouvent des benzodiazépines et des antidépresseurs utilisés contre l’anxiété. Par ailleurs, un sondage de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) a révélé que les aînés en CHSLD prennent, en moyenne, 14 médicaments différents par jour (11 réguliers et trois au besoin). 

Or le risque d’interaction médicamenteuse est de 100% chez les patients qui consomment dix médicaments et plus.

Les pharmaciens des établissements de santé sont au cœur d’expériences positives qui optimisent la médication des aînés en CHSLD. Le PEPS (Projet d’évaluation de la personnalisation des soins infirmiers), médicaux et pharmaceutiques en soins de longue durée, réalisé au CIUSSS de la Capitale-Nationale et mené sous l’égide du département de pharmacie, a donné lieu à des résultats probants.

Le PEPS mise sur le plein exercice des compétences et l’expertise des professionnels. Ainsi, l’infirmière évalue les résidents, le médecin s’occupe des nouveaux diagnostics et des situations complexes, le pharmacien prescrit et effectue le suivi de la pharmacothérapie. Ce faisant, le PEPS contribue à éviter les chevauchements de tâches et optimise aussi le temps de travail des professionnels. 

En 12 mois, ce projet a permis de réduire de moitié la proportion de résidents recevant dix médicaments et plus dans les CHSLD ciblés. Le nombre moyen de MPI a diminué de 30%.

Autre expérience: la démarche Optimisation des pratiques, des usages, des soins et des services – Antipsychotiques (OPUS – AP) qui vise à réduire l’usage ou à déprescrire, si possible, des antipsychotiques chez les patients hébergés en CHSLD ayant des symptômes de démence. Au-delà des antipsychotiques, la médication globale de tous les aînés hébergés devrait être évaluée périodiquement pour que seuls les médicaments requis soient administrés, et ce, à la dose optimale.

Pour une évaluation approfondie de la médication de tous les aînés à leur admission en CHSLD et sa révision deux fois l’an, environ huit heures de soins pharmaceutiques par patient, par année, sont nécessaires. Actuellement, une moyenne de 4,8 heures seulement est allouée et le tiers des CHSLD fonctionnent sans soins pharmaceutiques. 

La clé pour dénouer cet enjeu réside dans l’ajout de postes de pharmaciens dans les milieux d’hébergement et de soins de longue durée et aux unités de soins aigus des hôpitaux. Parallèlement, des efforts continus pour former et recruter ces professionnels constituent un investissement dans la qualité et l’efficacité des soins. Il en résultera des équipes interdisciplinaires solides, où le rôle de chacun sera bien défini et où les médicaments pourront être employés à meilleur escient.

François Paradis et Linda Vaillant — Président et directrice générale de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec

La Voix des lecteurs

Offrons-nous un cadeau!

LA VOIX DES LECTEURS / À la suite de l’article paru dans La Voix de l’Est, mercredi, concernant le plan de consigne des bouteilles d’eau et de vin en 2020, que diriez-vous de déjà entamer une mobilisation?

Ainsi, tout un chacun, tout en limitant son usage, pourrait libérer un petit coin de son garage, placard ou sous-sol et conserver dès maintenant ces fameuses bouteilles, en vue de les rapporter dès le début de la consigne. 

Ceci ferait pression sur le gouvernement afin qu’il concrétise rapidement son projet et assurerait que sa mise en place soit une réussite environnementale.

En cette période des Fêtes, je nous souhaite une planète plus verte et gardons à l’esprit que la modération a bien meilleur goût!

Natalie LeBrun - Shefford

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Revoir la loi sur la santé et sécurité au travail

LA VOIX DES LECTEURS / Nous avons appris, la semaine dernière, que le ministre du Travail, Jean Boulet, reportait quelque part en début 2020 la réforme de la Loi sur la Santé et sécurité au travail, prévue initialement pour la fin de l’année 2019. Il est plus que temps de réformer cette loi qui, rappelons-le, a été adoptée il y a 40 ans sans être modernisée depuis.

Bien sûr, nous attendons le plus rapidement possible la modernisation de la loi afin qu’elle soit plus en phase avec les nouvelles réalités du monde du travail, mais surtout, qu’elle comprenne et mette réellement en place les outils et les moyens pour que se développe une véritable culture de prévention.

La loi actuelle, en plus d’accuser un décalage sur l’organisation du travail, n’a pas produit les résultats attendus en matière de prévention. Pensons simplement aux secteurs prioritaires. La loi prévoit des mécanismes de prévention dans six secteurs qui ont, à l’époque, été définis comme prioritaires. Pourtant, encore aujourd’hui, seulement deux sont déclarés prioritaires et bénéficient de tous les mécanismes de prévention prévus à la loi. 

Cela fait plusieurs années que nous attendons et ce report en est un de plus, mais s’il est motivé par la volonté de consulter les partenaires et qu’il permet un véritable exercice de dialogue social permettant de renverser le modèle actuel, nous pouvons l’accepter. L’enjeu est tellement grand que ce n’est pas quelques mois de plus qui y changeront grand-chose. Le ministre plaide régulièrement en faveur de la force de la consultation et de la recherche de consensus avec les partenaires. Il a l’occasion d’utiliser ce report pour passer de la parole aux actes. Il s’agit là d’un moment historique et, pour le ministre, une chance qu’il doit saisir. 

Pour la CSD, la priorité est d’étendre la loi et les mécanismes de prévention à tous les secteurs d’activité. La réalité qui prévalait dans les milieux de travail il y a 40 ans est, dans bien des cas, totalement différente de celle d’aujourd’hui. La défaillance où, souvent encore pire, la totale absence de mécanismes réels de prévention dans les milieux de travail, font en sorte que le constat est lamentable avec un accroissement continuel du nombre de lésions professionnelles et de décès. 

Avec le modèle en place, de l’ensemble des budgets accordés à la santé et sécurité au travail, 85 % des sommes servent à l’indemnisation et la réparation des lésions professionnelles, alors que seulement 15 % sont investies dans la prévention. Nous ne pouvons, comme société, accepter une telle situation. Il nous faut renverser radicalement cette tendance et, pour cela, il faut une révision en profondeur du régime pour faire en sorte qu’il soit axé bien davantage sur la prévention et pour donner aux acteurs du milieu de travail eux-mêmes les clés de leur prise en charge de la santé et sécurité au travail. C’est ainsi que l’on pourra créer une véritable culture de prévention au Québec. 

Luc Vachon - Président de la Centrale des syndicats démocratiques

Opinions

Notre électricité

LA VOIX DES LECTEURS / Le Québec, riche en électricité, aura du mal à vendre ses excès de production. Nous savons qu’il y a des échanges entre l’Ontario et le Québec, basés sur des demandes spécifiques de part et d’autre, que ce soit à cause de bris ou excès de demandes, mais ceci ne règle en rien la distribution à grande échelle et à long terme.

À mon avis, on fait face à deux problèmes. 

Premièrement, le Québec n’a pas pris les moyens pour engranger des pourparlers avec ses voisins de l’ouest, soit l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta. Nos positions concernant l’importation et l’utilisation des ressources pétrolières de l’ouest sont tellement arbitraires que ces provinces n’achèteront pas d’électricité.

Deuxièmement, un nouveau compétiteur s’amène, soit la compagnie ARC Nuclear Canada, qui fait la promotion de petits réacteurs de 100 MWe capables de fournir de l’énergie à environ 100 000 résidences. Ces réacteurs fabriqués au Canada pourront fournir de l’électricité de façon sécuritaire et compétitive. L’Ontario et le Nouveau-Brunswick ont déjà démontré un grand intérêt pour cette technologie. Alors si nous voulons faciliter nos exportations, nous devons promouvoir une politique de «Quid pro quo» (donnant-donnant). 

Suffit d’implanter un pipeline pour sécuriser notre approvisionnement et de développer un corridor énergétique pour l’acheminement de notre électricité. Ainsi, chacun pourra profiter de l’énergie canadienne, plus fiable, plus sécuritaire et avantageuse pour notre économie.

Michel Drapeau

Bromont

Opinions

Augmentation du coût d’un loyer

LA VOIX DES LECTEURS / Comment réagiriez-vous si votre propriétaire vous demandait une augmentation de 30 $, 40 $ ou 50 $ par mois pour votre loyer ? Vous trouveriez que c’est exagéré, n’est-ce pas ? Probablement que votre budget ne pourrait pas suffire et qu’il vous faudrait déménager.

C’est ce qui arrive à l’occasion dans des édifices à logements ou des résidences pour aînés construits récemment, puisque les propriétaires ont cinq ans pour augmenter leurs loyers sans que les locataires puissent avoir recours à la Régie du logement. Ce qui cause des surprises très désagréables.

Est-ce qu’on a pensé aux locataires ? Quand une personne aînée décide de quitter sa maison pour aller vivre en résidence privée pour personnes âgées, c’est qu’elle espère y finir ses jours sans tracas. 

Comme elle s’attend à une augmentation raisonnable, elle panique devant un tel montant. 

Que faire ? Elle se sent prise au piège.

Pour la très grande majorité, les moyens financiers ne sont pas là et la personne est obligée de trouver un autre endroit pour vivre selon ses moyens financiers, de déménager de nouveau et rapidement. Elle doit dire adieu aux personnes avec qui elle a établi des liens d’amitié. Quel stress ! Quel désappointement ! 

Les rêves s’envolent. Ce n’est pas bon pour le moral. C’est souvent même une cause de maladie.

Pour attirer la clientèle, c’est tentant pour les propriétaires de résidences neuves de demander un loyer plus bas, puisqu’ils savent qu’ils pourront l’augmenter rapidement durant cinq ans. Ce qui est un désastre pour les locataires. 

Pourquoi ce privilège ? 

La résidence est neuve, elle n’a donc pas besoin de réparations pendant quelques années. Il se peut qu’il faille faire des réajustements, mais cela devrait être minime.

Alors, pourquoi ne pas permettre aux locataires de se présenter à la Régie du logement dès la première année ? 

Si le propriétaire a de bonnes raisons d’augmenter les loyers, il le prouvera. Ainsi, le locataire en connaîtra les raisons et décidera pour son avenir en toutes connaissances.


Pauline Robert

Présidente de l’AQDR Granby

Opinions

Inflammation immobilière et pauvreté en région

LA VOIX DES LECTEURS / Le journaliste Gérald Fillion a fait un grand reportage sur RDI en novembre dernier, y décrivant la « fièvre immobilière » qui sévit au pays. On la retrouve à Vancouver, à Toronto, mais aussi à Montréal et sur la Rive-Sud. Granby n’y échappe pas avec sa hausse d’une valeur de 24 000 $ pour une maison moyenne, et sa hausse de taxes foncières de 12 % sur cinq ans, dont 2 % en 2020, nous annonça le dernier conseil municipal.

L’accès à la propriété en grande ville est quasi impossible pour les jeunes couples. Certains quittent Montréal pour venir s’établir en région et y acheter une première maison. D’autres familles vont se résigner à rester en ville et se loger dans un petit appartement. Une conséquence de cette inflation immobilière est la rareté des logements abordables qu’elle engendre pour les personnes moins nanties, dont des travailleurs au salaire minimum, des personnes sur l’aide sociale et des personnes vivant seules, dont maintes aînées.

Opinions

La guignolée, et puis après ?

LA VOIX DES LECTEURS / La traditionnelle guignolée des médias s’inscrit chaque année dans l’esprit des fêtes des Québécoises et Québécois. L’arrivée du temps froid et des préparatifs de Noël ramènent avec eux l’appel à la générosité et aux gestes de charité. Durant cette période, on s’émeut pour ces familles qui peineront à offrir des cadeaux à leurs enfants et à garnir leurs assiettes le soir de Noël. Encore une réussite cette année. La guignolée a déjà permis d’amasser près de 2 000 sacs d’épicerie qui seront distribués dans différents organismes venant en aide aux moins bien nantis.

Décembre et ses coutumes d’abondance donnent envie que tous puissent vivre ces mêmes moments de festivité, mais la réalité d’une famille en situation de vulnérabilité financière représente une souffrance quotidienne. Bien qu’un panier de Noël bien garni puisse aider des familles, les denrées qu’elles y retrouveront ne seront peut-être pas celles qu’elles auraient choisies. Si l’on peut se réchauffer le cœur en constatant que la population québécoise est encore une fois généreuse, on doit aussi porter attention au fait que ce sont 1,9 million de demandes d’aide alimentaire qui sont effectuées chaque mois au Québec. Les dons et le dépannage alimentaire sont, malheureusement, le résultat de l’échec de nos gouvernements à garantir le droit de vivre dans la dignité à tous les Québécois. 

Bien que nous vivions dans une société dite riche et progressiste, les programmes gouvernementaux restent largement insuffisants pour garantir le droit à l’alimentation pour tous; à preuve, un million d’enfants ne mangent pas à leur faim au Canada. 

Tandis que la guignolée des médias battait son plein, nous apprenions que le coût de notre panier d’épicerie augmenterait de 487$ par année en 2020, si on suit les recommandations du Guide alimentaire canadien. 

L’alimentation est, hélas, considérée comme une banale marchandise, subissant les lois de l’offre et de la demande, sans que les gouvernements n’interviennent. Ces derniers laissent plutôt les personnes en situation de pauvreté à la merci de la charité de leurs concitoyens.

Si les prix des produits frais les rendent de plus en plus inaccessibles, ils se retrouveront encore moins nombreux dans les comptoirs d’aide alimentaire. Principal témoin de l’inaction gouvernementale quant à l’application du droit à l’alimentation, le Regroupement des cuisines collectives du Québec et ses quelque 1300 membres à travers la province appellent aujourd’hui à la mobilisation et à la lutte pour le droit à une saine alimentation pour tous. 

Les actions de nos gouvernements doivent contribuer à bâtir une société dans laquelle la charité n’a plus sa raison d’être, et ce, même une fois Noël passé. 


Jocelyne Gamache

Coordonnatrice générale du Regroupement des cuisines collectives du Québec

La Voix des lecteurs

Où est passée la morale de Power Corporation ?

LA VOIX DES LECTEURS / Je suis un retraité de Groupe Capitales Médias. Comme un millier d’autres, je me retrouve le bec à l’eau et avec une coupure de 30 % de mes rentes.

Pendant 24 ans, j’ai travaillé à La Voix de l’Est de Granby, filiale de Gesca, propriété de Power Corporation. J’en étais heureux, presque fier. Parce que Power Corporation était une entreprise solide, dirigée par un homme, Paul Desmarais, qui avait la réputation de respecter ses contrats et ses employés, conscient sans doute, que ceux-ci participaient à son enrichissement.

C’est le passé. Cet héritage moral, sa succession a décidé de le refuser. On a le droit de refuser un héritage. Encore plus quand il est d’ordre moral. Par un tour de passe-passe, tout à fait légal, faut-il préciser, la Power Corporation nouvelle s’est débarrassée de ses journaux et d’une caisse retraite, sûrement jugée encombrante. Mission accomplie.

Cette caisse retraite a été administrée pendant des décennies par Power Corporation, beaucoup moins bien que ses affaires personnelles qui ne cessent jamais de croître.

Petite parenthèse: je suis loin d’être un spécialiste des choses économiques et administratives, mais il me paraît anormal qu’un fonds de retraite soit géré uniquement par l’employeur, même si cela semble être la règle. Fin de parenthèse.

L’écart entre riches et pauvres s’élargit, dit-on. On remerciera Power Corporation, ses millionnaires et ses quelques milliardaires d’y avoir apporté leur contribution.

La CSN a tenté une approche auprès de Power Corporation pour le soutien du régime de retraite de ses anciens employés. Réponse négative et un peu effrontée, si j’en crois une représentante syndicale. Et je la crois.

Power Corporation n’a aucune obligation légale à cet égard. L’obligation morale? Elle est disparue en même temps que son fondateur.

Richard Plante - Magog

Opinions

Des pas (encore) à faire

LA VOIX DES LECTEURS / Ce 6 décembre 2019 souligne le 30e anniversaire du féminicide de l’École polytechnique de Montréal. Certes, la reconnaissance de la violence, sous toutes ses formes, à l’endroit des femmes a progressé. Des initiatives comme #Moiaussi ou la déconstruction de certains stéréotypes genrés et binaires ont contribué à l’évolution des mœurs. Il convient de les saluer.

core longue afin que l’équité et l’égalité entre les genres soient pleinement accomplies. Hélas, le patriarcat ainsi que l’androcentrisme (regard porté, centré par et pour les hommes) ou l’hétérosexisme s’enracinent toujours au cœur des structures sociales avalisant maints stéréotypes. Ces schémas mentaux, le plus souvent à notre insu, façonnent notre rapport aux autres. 

Par exemple, pourquoi les femmes n’occupent-elles qu’une mince fraction des hautes sphères de la société ? 

Pourquoi les salaires des secteurs à forte valeur humaine ajoutée (où les femmes sont surreprésentées) comme l’éducation, la santé et le travail social font pâle figure comparés au domaine de la finance ? 

À long terme, laquelle de ces sphères apparaît la plus déterminante pour le devenir d’une civilisation ? Cantonner les femmes à ces secteurs en invoquant une prétendue dimension « féminine », ne revêt-il pas en soi un caractère insidieusement violent ? La révolution de paradigme amenant un changement rencontre toujours bien des contestations.

Traitant de résistance, il est légitime de se demander pourquoi 30 années se sont avérées nécessaires pour reconnaître officiellement le caractère antiféministe de la tuerie de Polytechnique ? 

Je me demande si cela ne touche pas une représentation idéalisée du Québec contemporain, c’est-à-dire l’égalité entre les genres ? En effet, nous ne cessons de nous gargariser publiquement avec l’atteinte de l’égalité tout en la déniant concrètement dans bien des aspects. Admettre un féminicide implique de reconnaître que l’égalité entre les femmes et les hommes est à parfaire et qu’elle ne constitue toujours pas une réalité factuelle (Martine Delvaux, 2019). Cela défait l’idée que le Québec, collectivement, se fait de lui-même d’où un possible rejet de cette notion de féminicide. Cela explique-t-il ce refus de reconnaître un attentat misogyne ? Peut-être.

Il importe donc de se rappeler de cette tragédie sexiste afin que le souvenir du martyr de ces 14 jeunes femmes contribue à l’avènement d’une société où : « une femme est libre : libre de porter un pantalon ou une minijupe, de sortir la nuit, d’aller dans les bars, d’être maquillée ou pas, épilée ou pas ; libre d’exprimer ses désirs, libre d’avoir des enfants ou non, libre de vivre avec les hommes ou de les éviter, de les séduire ou d’échapper à leurs regards, à leur avis, à leur contrôle, à leur morale. Libre d’outrepasser toutes les interdictions qu’on veut lui imposer au nom de la “nature” ; libre de parler au nom de tous les êtres humains ; libre de s’enraciner dans le particulier et d’incarner l’universel abstrait [à l’universel, je préfère une modalité du pluriversel] » (Jabloka 2019, p. 405)


Patrice Perreault

Granby

Opinions

Conservation du mont Foster

LA VOIX DES LECTEURS / Le projet de Corridor appalachien (ACA) pour la conservation du mont Foster est ce petit bijou qui vise la protection à perpétuité d’un bon 475 acres de terrain sensible au sommet du mont Foster à Bolton-Ouest et à Saint-Étienne-de-Bolton, tout en protégeant la source du bassin versant du lac. Il offre aussi l’accès public à la Tour des scouts et à un réseau de sentiers pour les générations à venir. ACA a cependant besoin de votre aide pour ramasser le dernier 150 000 $ du montant original de 1,2 million $ avant la fin du mois de décembre.

La réussite de ce projet a une plus grande portée qu’un simple bénéfice pour notre région. J’habite Bolton-Ouest et je suis propriétaire d’environ 200 acres de terrain protégé adjacent au projet de conservation du mont Foster. J’ai un intérêt à assurer que ce projet aille de l’avant parce qu’il implique plus que la protection de la montagne. Il assure la connexion entre mes 200 acres situés au sud-ouest du mont Foster à une autre parcelle de plus de 1000 acres située au nord-est de celui-ci, ce qui permettrait la libre circulation de la faune et la croissance de la flore dans un beaucoup plus vaste territoire. Nous faisons le lien entre les points le long du corridor des Appalaches et nous assurons la prospérité de la nature dans les années à venir.

Par cette lettre, je remercie humblement tous ceux qui ce sont opposés au projet de développement du mont Foster dans le passé pour des raisons de protection de l’environnement. Par votre opposition au projet dans sa forme originale, vous avez accompli une bonne chose. Il se présente aujourd’hui une tentative de conservation monumentale et inspirante. 

Nous pouvons faire notre part localement pour assister à la stabilisation du climat, la préservation de l’habitat naturel et la survie de la biodiversité en aidant Corridor appalachien à accomplir sa mission. 

S’il vous plaît, faites une contribution, ce qui vous est possible. 


Lisa Merovitz

Avocate à la retraite et ancienne élue de Bolton-Ouest

Opinions

Question à Sylvain Gaudreault

LA VOIX DES LECTEURS / À l’époque où je militais activement aux côtés de Marc-André Bédard dans Chicoutimi, j’ai vu arriver deux jeunes militants : Stéphane Bédard et son grand ami Sylvain Gaudreault.

Ce dernier nous apprend aujourd’hui qu’il souhaite devenir chef du Parti québécois. Il faut dire qu’il a fait beaucoup de chemin depuis. Je ne remets pas en question ses qualités qui peuvent l’amener à ce poste, mais ça m’a poussé à me poser une question.

En octobre 2015, j’avais dénoncé publiquement le geste de M. Péladeau, fraîchement élu chef, d’avoir remercié Stéphane Bédard de ses services comme intérimaire de façon cavalière. 

En retour, je reçois un appel téléphonique de Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, à peine sorti de l’hôpital, qui me suggérait à mots couverts de me taire — pour la cause qu’il disait, même si je savais très bien que c’était pour sa job de député. 

Même Bernard Landry m’a déjà proposé quelque chose de similaire, mais pas à mots couverts.

Je vais donc poser ma question à Sylvain, advenant qu’il soit élu chef du PQ et qu’il reçoit un jour une critique sur les gestes qu’il posera de la part d’un ancien militant souverainiste. Quelle suggestion claire fera-t-il à cette personne ?


Yvon Lavoie

Granby

Opinions

Anglicisation galopante

LA VOIX DES LECTEURS / On ne cesse de parler de la beauté de la langue française, de la fierté de parler français. C’est d’ailleurs la seule langue officielle du Québec. Mais, en pratique, quel soin portons-nous à cet extraordinaire legs de nos ancêtres ?

Il m’arrive d’ouvrir mon dictionnaire anglais pour comprendre ce que l’on dit dans certaines émissions à la radio et à la télévision.

Le domaine de la chanson est très éloquent. Aux Galeries de Granby, et un peu partout dans les lieux de commerce, l’anglais chante… chante très fort. Pourtant, plus de 90 % des clients de ces établissements sont francophones et nos amis anglophones comprennent majoritairement le français. Il en va de même de la télévision. On entend trop souvent des chanteurs et chanteuses de langue française qui ne chantent qu’en anglais ou presque. Une compositrice québécoise de chansons françaises disait, ces jours derniers, que depuis quelque temps, très peu de ses nouvelles compositions étaient choisies ; on leur préfère des tunes américaines. 

Et si l’on continue ainsi, de beaux mots français mourront. C’est un work in progress. Ainsi, queer pourrait remplacer une quinzaine de synonymes du mot « bizarre » : curieux, étrange, surprenant, insolite, etc.

J’ai sursauté, quand, la semaine dernière, à propos d’un grand prix littéraire, on parlait de littérature queer

Dans 15 ans, quelle langue parlera-t-on au Québec et à Paris ? 

Ce ne sont pas les anglophones qui nous anglicisent. Nous n’avons pas besoin de personne pour nous angliciser. Nous sommes capables de le faire nous-mêmes, et du côté français et du côté québécois. Le français se dégrade de l’intérieur. 


Émile Roberge

Granby

Opinions

Où sont les taxis à Bromont ?

LA VOIX DES LECTEURS / Je reviens tout juste d’un séjour dans votre belle région. Nous avons passé une journée au spa et dans un gîte à sept minutes d’un bon resto où nous sommes allés souper. C’était mon anniversaire. J’ai eu 60 ans et cette sortie était un cadeau de ma belle-fille. La journée a été merveilleuse. On a même fêté ça avec des bulles ! Nous sommes des gens prudents et responsables, alors il n’était pas question de conduire.

Notre gentille hôte nous a donc proposé de nous déposer au resto. Tout était parfait. Un excellent souper dans un très bon restaurant de Bromont. À la fin du repas, je demande gentiment au serveur de nous appeler un taxi. Sa réponse : « Il n’y en a plus à Bromont ! »

Ben voyons, c’est une blague ! ? 

Non. C’est la panique ! On fait quoi ? Notre hôte n’était pas disponible pour le retour. Faire du pouce ? Ben voyons donc ! La seule option qui s’offrait à nous était d’appeler un taxi de Granby. Mais, semble-t-il, ils refusent parfois... 

Guerre de territoires ? Histoire de licence ? On s’en fout pas mal ! Finalement, ils acceptent de nous conduire, mais ils doivent repasser par Granby pour « être en loi ». 

La course nous a coûté 30 $.

Citoyens de Bromont, que faites-vous si votre auto tombe en panne ? Que font ceux qui n’ont pas de voiture et qui doivent se rendre à des rendez-vous importants ailleurs qu’à Bromont ? 

J’espère que votre municipalité règlera ce problème le plus tôt possible. Nous aurions aimé répéter notre petite soirée de filles tous les ans. Croyez-moi que si le problème persiste, nous opterons pour une autre destination.

Bromont n’est pourtant pas une République de bananes. Ça ressemblait dangereusement à ça dimanche dernier... 


Sylvie Noël 

Salaberry-de-Valleyfield

Opinions

De l’économie à la stupidité

LA VOIX DES LECTEURS / Depuis quelque temps, je suis intriguée par une question qu’on nous pose sans cesse dans les magasins une fois à la caisse : voulez-vous votre facture, votre ticket ou votre reçu ?

Après la dépersonnalisation du genre, voici que dans la foulée de la sauvegarde planétaire, les commerçants, déjà bienheureux d’économiser sur les sacs en plastique, viennent d’inventer l’économie des rouleaux de papier!

Cette mode se répandant à grande vitesse, je suis allée faire mon épicerie récemment et on m’a posé la fameuse question. Quand j’ai demandé à la caissière comment je pourrai alors justifier mes achats en cas de contrôle, elle m’a répondu que c’est ce qu’on lui avait demandé de dire... avant de rigoler bêtement avec une autre cliente. 

Comment le consommateur pressé, et un peu stupide d’accepter cette situation qui s’impose malgré lui, va-t-il pouvoir se faire entendre si : il doit échanger un produit ? Disputer une charge sur sa carte de crédit ? Ou simplement prouver ce qu’il vient de payer en cas de contrôle ? 

Devinette. Quelle est ma réponse lorsque quelqu’un me demande si je veux la facture, le ticket ou le reçu : OUI JE LE VEUX !


Marie-Christine Hon

Granby

La Voix des lecteurs

Le 29 novembre, célébrez plutôt la Journée sans achat

LA VOIX DES LECTEURS / Tout le monde connaît, bien sûr, le Vendredi Fou, traduction française de l’expression «Black Friday». On ne peut ignorer cette tradition qui nous vient des États-Unis, puisque chaque année nous sommes bombardés de publicités à la fin du mois de novembre pour cet événement qui veut nous pousser à consommer. Mais saviez-vous que depuis plusieurs années, des citoyens ont décidé de faire contrepoids à cette course folle aux achats en célébrant plutôt une Journée sans achat ?

Cette Journée sans achat se veut un geste symbolique de résistance et nous invite à une réflexion sur nos habitudes de consommation et, malheureusement trop souvent, de surconsommation.

Les marchands sont infatigables à nous faire miroiter des aubaines supposément extraordinaires dont nous devons ABSOLUMENT profiter sur-le-champ.

WO minute! Prenons un temps d’arrêt pour nous questionner sur nos réels  besoins. Avons-nous vraiment besoin de tous ces objets que nous achetons, parfois de façon bien impulsive, sous l’emprise d’un marketing implacable?

Avec la planète qui s’épuise de plus en plus rapidement, chacun a le devoir de poser des gestes responsables. Saviez-vous que selon l’ONG Global Footprint Network, l’humanité utilise actuellement les ressources écologiques 1,75 fois plus vite que les capacités de régénération des écosystèmes?

En 2019, la journée de dépassement a été évaluée par cet organisme au 29 juillet. Cela veut dire qu’à cette date, nous avions déjà utilisé toutes les ressources naturelles que la Terre pouvait nous offrir. Et si la population mondiale consommait comme les Américains le font, c’est cinq planètes qu’il faudrait!

« Acheter, c’est voter », souligne Laure Waridel, écologiste bien connue. 

Notre pouvoir de consommateur est plus important que nous ne pourrions le croire. Devenons des consom-acteurs! Apprenons à faire des choix réfléchis et responsables. Évitons d’acheter ce dont nous n’avons pas besoin.

Organisons des échanges avec la famille, les amis ou les collègues de travail. Pensons à acheter usagé et le plus local possible: dans les friperies, au magasin général de SOS Dépannage, sur les sites Internet comme Kijiji, etc. 

Offrons des cadeaux plus personnalisés que nous confectionnerons nous-mêmes (une super recette de dessert, par exemple) ou encore offrons des services (comme du temps de gardiennage ou un massage) ou des activités (comme un spectacle ou une sortie) plutôt que des objets.

Je vous souhaite donc une Journée sans achat loin de la folie consumériste. 

Relaxez doucement en sirotant votre breuvage préféré, en vous offrant une pause solitaire ou en partageant un bon moment avec une personne qui vous est chère. 

Et prenez quelques instants pour réfléchir à ce qui est vraiment important et ce qui fait vraiment plaisir dans la vie. 

Lorraine Paquette

Shefford

La Voix des lecteurs

La sécurité des piétons, une priorité ?

LA VOIX DES LECTEURS / La Ville de Granby dit promouvoir la sécurité des piétons. Je me permets d’en douter.

L’an passé, j’ai fait une demande à mon conseiller municipal et ensuite au maire au sujet du déneigement du trottoir de la rue Simonds Sud à partir du boulevard Fortin, et ce, jusque de l’autre côté du pont.

Étant un endroit dangereux, surtout vis-à-vis la traverse de la piste cyclable qui réduit la chaussée, les piétons doivent partager la rue avec les automobilistes.

Alors quand la Ville se targue de vouloir protéger les piétons, on peut en douter parfois. C’est supposément une question de coût...

Claude Beauchemin

Granby

La Voix des lecteurs

Conciliation travail-famille: les entreprises doivent s’adapter

LA VOIX DES LECTEURS / Le plus récent portrait de l’Observatoire des tout-petits démontre que le niveau de stress observé chez les parents a considérablement augmenté depuis 2012. Près de 40% des mères de tout-petits présentent un niveau élevé de stress lié à la conciliation des obligations familiales et extrafamiliales.

Ce constat est préoccupant, dans la mesure où le stress parental peut avoir un impact important sur la qualité de vie des familles et, par conséquent, nuire au bon développement des petits. Par ailleurs, le stress peut aussi influencer la santé et la productivité de la main-d’œuvre. Repenser les mesures de conciliation travail-famille est donc devenu une nécessité pour toutes les entreprises.

De plus, ces mesures ne devraient pas être considérées comme des dépenses ou des contraintes pour les employeurs, mais plutôt comme un investissement et une solution viable à la pénurie de main-d’œuvre.

De nombreuses organisations à travers le monde ont déjà constaté les avantages concrets d’offrir des mesures de conciliation travail-famille, notamment à leurs jeunes travailleurs: rétention de la main d’œuvre, augmentation de la productivité, diminution des taux d’absentéisme, etc. À titre d’exemple, la Banque Royale du Canada a constaté que 70% de ses employés qui utilisent les arrangements flexibles de travail rapportaient un niveau de stress plus bas et que 65% d’entre eux avaient plus d’énergie.

À l’heure actuelle, près de la moitié des parents du Québec n’utilise que quelques fois par année ou moins les mesures de conciliation travail-famille qui leur sont offertes. Il faut nous montrer à l’écoute de nos employés, pour ainsi identifier les mesures qui répondent le mieux à leurs besoins. 

Il est aussi de notre responsabilité de favoriser la mise en place d’une culture de conciliation afin que les employés se sentent à l’aise de se prévaloir des mesures faites pour eux. En tant que gestionnaire ou dirigeant, il faut communiquer clairement aux employés les mesures et politiques de conciliation qui s’offrent à eux et donner l’exemple en les utilisant ouvertement. 

Pourquoi ne pas changer nos façons d’évaluer le travail afin de s’adapter à ce nouveau modèle? Dans le cadre de la Grande semaine des tout-petits, mobilisons-nous afin de sensibiliser le plus grand nombre d’entreprises possible à l’importance de mettre en place des mesures et une culture de conciliation travail-famille. Elles influencent à la fois la rentabilité des entreprises, la santé mentale des parents et le bien-être de nos tout-petits. Il est temps que la société québécoise aborde de front cette question, afin que l’équilibre travail-famille devienne une véritable norme sociale à la fois pour les travailleurs, les employeurs et les élus.

Yves-Thomas Dorval

Président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec

Maximilien Roy

Président-directeur général, Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec

Marie Rhéaume

Directrice générale, Réseau pour un Québec Famille

Manon Poirier

Directrice générale, Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

Opinions

Rendons grâce à notre Voix de l’Est !

LA VOIX DES LECTEURS / Consternée d’apprendre que notre plus petit quotidien nord-américain

Risquait de disparaître, éventuellement…

Je veux, avec ce slam abrégé,

Moi aussi faire ma petite part,

Pour témoigner de mes désirs et volontés:

Qu’il puisse survivre et rayonner encore longtemps!

Notre Voix de l’Est m’accompagne

M’informe, me suit et me précède

Depuis quarante ans ou presque que je vis ici,

Dans mes frasques et mes bons coups.

Dès 1982, on m’accordait déjà parfois des unes,

Avec de bonnes photos et reportages très fouillés, 

De Françoise Boutin à la formidable Francine Beaudoin,

De Caroline Boisclair à Isabelle Gaboriault la si fidèle, 

Je les aime toujours et les ai toutes aimées,

Et les suis en partie sur les réseaux sociaux.

Des Messieurs Crevier à Guy Granger, 

De Valère Audy à Benoît Lapierre et Michel Laliberté,

Des élections successives de dix maires au moins au référendum Miner,

De la protection de la nature à la promotion de notre culture,

Ils ont tous influencé l’histoire locale et provoqué certains revirements.

Les journalistes ont bien plus de pouvoir qu’on ne le pense 

Pour faire tourner le vent de l’actualité. 

Les titres-chocs et les bonnes photos aussi parlent fort, 

De Stéphane Champagne à
Janick Marois,

D’Alain Dion à son fiston, 

De la politique à l’environnement, 

Du sport (salut, M. Tassé!), aux faits divers,

Des petites annonces à la rubrique nécrologique,

Des actualités à la culture sous toutes ses formes,

Bravo et merci pour l’attention à l’artiste de l’année aussi,

Car nous avons besoin de savoir ce qui se passe dans notre coin, 

Avec notre monde, jour après jour, très localement,

Sans être forcément rivé à un cellulaire ou un écran.

Après Desmarais, Cauchon et GCM qui ont foiré,

Malgré les récents millions du gouvernement, 

Une coop localisée semble être la bonne solution,

Comme Feu Chef radio devenue M105, libre et autonome, 

La Voix de l’Est doit continuer et rester ici, proche de nous,

Et, si possible, perdurer en version papier aussi,

Avec des articles et des reportages de proximité 

Pour refléter les couleurs de nos proches réalités.

Commenter et nous aviser sur ce qui est important, 

Des événements passés aux rassemblements à venir,

Sans oublier les opinions citoyennes, 

Des plus articulées aux plus absurdes,

Car la démocratie, c’est la pluralité,

Et la réalité dépasse les opinions les plus tranchées.

Merci, chère Voix de l’Est, et tous tes protagonistes,

De continuer à refléter les faits dignes d’intérêt, 

De promouvoir les bons coups et de dénoncer les absurdités dans la communauté,

Et, surtout, de donner des tribunes, 

Des voix et des visages aux nôtres! 

Avec plus d’abonnements à la clé, 

Arrangez-vous pour durer 

Un autre demi-siècle au minimum de plus, promis, juré?


Anny Schneider

Waterloo

Opinions

Lettre au maire Leblond

LA VOIX DES LECTEURS / Monsieur le Maire, à la suite de la publication du texte « Des sinistrés mécontents », signé Marie-Ève Martel le 14 novembre dernier, expliquez-nous le processus d’un changement de zonage. Quel est le coût total des travaux sur le chemin des carrières ? Pourquoi nous ne recevons pas d’information par infolettre ? En quoi ces questions sont-elles intimidantes ou désobligeantes ?

Peut-être parce que vous n’avez pas de réponses intelligentes à nous donner. Après deux ans de mandat, ni le M. Leblond ni les conseillers de Stukely-Sud n’ont compris qu’ils étaient au service des résidants de la municipalité. 

Dans son dépliant de promotion préélectoral, M. Leblond disait vouloir impliquer les citoyens, être à leur écoute et vouloir travailler « ensemble ». Après deux ans de mandat, je constate que ce n’était que des vœux pieux. Des mensonges.

À LIRE AUSSI : Des citoyens ayant manqué d'électricité mécontents à Stukely-Sud

Pourquoi ne pas expliquer aux citoyens pourquoi vous avez demandé une rencontre avec le ministère pour « discuter des divers enjeux de la municipalité » ? Quels sont ces enjeux ? Est-ce que ce sont VOS enjeux et non ceux des résidants ? Avez-vous des intentions cachées, M. Leblond ? 

Dialoguer avec vos résidants, M. Leblond. Arrêtez de fermer les séances du conseil et de lever le ton devant les gens présents dans la salle. L’intimidation ne vient pas des personnes présentes. Elle vient de ceux qui se trouvent sur l’estrade.


Patrick Binckly

Stukely-Sud

Opinions

Pénurie de main-d’œuvre

LA VOIX DES LECTEIRS / Aujourd’hui, en 2019, le Québec doit faire face à un enjeu important, celui de la pénurie de main-d’œuvre qui risque de durer jusqu’en 2030 selon les analystes économiques. Effectivement, même si le problème existe depuis quelques années déjà, c’est depuis le mois de janvier que les entreprises québécoises essayent d’arrache-pied à pourvoir quelques dizaines de milliers de postes dans plusieurs secteurs : l’éducation, la santé, l’ingénierie, la restauration et plus encore.

Cette problématique est particulièrement due à un taux de chômage très bas, qui se rapproche de plus en plus du plein emploi. En effet, il se situe actuellement entre 2,3 % et 4,9 % en fonction des régions. Ce sont les taux de chômage les plus bas enregistrés au Québec depuis 43 ans.

La principale raison du faible taux de chômage est le vieillissement de la population avec les baby-boomers. Effectivement, avec le vieillissement de la population québécoise, les personnes en âge de travailler, c’est-à-dire ceux qui ont entre 15 ans et 64 ans, sont à l’étape de la retraite, donc cela les amène à quitter leur emploi. 

C’est spécifiquement les petites et moyennes entreprises qui sont les plus menacés et par conséquent, l’économie québécoise. Puisque la rétention et la rémunération du personnel sont les deux principaux enjeux des PME et que la compétition ne cesse de grandir au sein de ces entreprises, les employeurs ont tendance à bonifier les salaires. Donc, les dépenses des petites et moyennes entreprises accordées à la rémunération gonflent de plus en plus. C’est ce qu’on appelle l’inflation salariale basée sur la loi de l’offre et de la demande. Effectivement, il y a une rareté de main-d’œuvre et c’est pour cette raison que les salaires tendent à croître. Dans ce cas-ci, les entreprises — notamment les PME, qui sont les moins bien établies — sont les plus à risque quant à l’inflation salariale. 

Toutefois, plusieurs employeurs ont décidé de miser sur des conditions de travail avantageuses outre l’augmentation salariale : une meilleure couverture d’assurance collective incluant les soins dentaires, une meilleure flexibilité des horaires afin de faciliter l’équilibre travail-famille, l’accès à des activités sportives sur les lieux de travail.    

Plusieurs solutions ont déjà été mises en place par le gouvernement provincial : investissements dans l’embauche, rétention du personnel, immigration, etc. Maintenant, tous doivent contribuer à empêcher que la problématique de la pénurie ne perdure trop longtemps et ralentisse ainsi la croissance économique du Québec.


Élodie Thériault

Étudiante au Cégep de Granby en sciences humaines, profil administration et économie

Opinions

Équité pour les personnes mariées

LA VOIX DES LECTEURS / Avez-vous regardé l’émission La Facture du 5 novembre dernier ? Comment avez-vous réagi en entendant dire que la dame devait payer l’hébergement de son mari qu’elle a dû placer en CHSLD jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus que 2500$ dans ses avoirs ?

Résumons les faits. Madame X, ne pouvant plus donner les soins nécessaires à son conjoint, décide de le placer en CHSLD. Le coût de la pension est d’environ 1600 $ par mois, ce qui excède les revenus de monsieur (Sécurité de la vieillesse et Régime de rentes du Québec). Elle apprend qu’elle doit payer le surplus jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus que 2500 $ dans ses épargnes, y compris les FEER (Fonds enregistré de revenu de retraite). 

De plus, il ne faut pas que sa maison soit évaluée à plus de 40 000 $.

Dans quel monde vivons-nous? 

Qui peut prévoir l’avenir avec un montant aussi bas que 2500 $ dans ses avoirs? 

De nos jours, quel genre d’habitation coûte moins de 40 000 $? C’est contraindre la personne mieux portante à la pauvreté. C’est presque dire aux jeunes: ne vous mariez pas si vous ne voulez pas avoir des problèmes plus tard!

Pour la Sécurité de la vieillesse et le Régime des rentes du Québec, la population a demandé un meilleur partage de la richesse dans la société. Grâce à l’assurance maladie, une famille ne se met plus dans la dèche lorsqu’un des siens doit être hospitalisé. La dépense est répartie dans l’ensemble des contribuables par les taxes et les impôts. 

Pourquoi n’en serait-il pas ainsi pour les individus les plus vulnérables qui vivent dans les CHSLD? 

Chaque membre d’un couple a droit à la moitié du patrimoine, ce qui permet à chacun de vivre assez aisément. Pourquoi n’est-il pas ainsi quand une personne doit être placée en CHSLD ou dans un endroit similaire?

La personne hébergée paiera sa subsistance avec sa part du patrimoine, ce qui laisse l’autre personne vivre plus décemment.

C’est déjà assez difficile de prendre la décision de placer son époux ou son épouse, de s’en séparer après plusieurs années de vie commune. Doit-on forcer les couples à se divorcer pour que chaque membre ait sa juste part? 

Ce n’est pas ce qu’ils souhaitent, c’est cruel de les en obliger. 

Alors, pourquoi ne pas passer une législation pour qu’une personne hébergée en CHSLD paie sa pension avec ses revenus (Sécurité de la vieillesse, RRQ ou autres) et comble le déficit avec sa part du patrimoine? 

Ce qui permettrait à l’autre membre du couple de vivre plus décemment, de garder sa maison et son auto. De cette façon, chaque membre du couple garderait sa dignité. 

Réagissons, revendiquons une juste répartition!


Pauline Robert

Présidente de l’AQDR Granby


L’Association québécoise de défense collective de droits des personnes retraitées et préretraitées de Granby (l’AQDR) compte plus de 820 membres. Elle organise des conférences sur des sujets traitant des droits des aînés chaque 3e lundi du mois, à 13h30, au Carrefour Bingo, 94, rue Robinson Sud, à Granby

Opinions

Martine Ouellet à la tête du nouveau PQ ?

LA VOIX DES LECTEURS / Pour l’instant, la seule indépendantiste connue, convaincue et cohérente, c’est Martine Ouellet. Le Parti québécois l’a rejetée à deux reprises comme chef potentiel. Le Bloc l’a aussi rejetée comme dirigeante à cause de sa ferveur indépendantiste trop intense.

Ce faisant, ces deux partis excluaient le projet d’indépendance à titre de priorité nationale. En fin de semaine dernière, les 9 et 10 novembre, en congrès extraordinaire, le PQ a effectué un virage à 180 degrés. Dorénavant, il se consacrera à « la fondation d’un pays et non pas sur la gestion ordinaire d’une province », donnant ainsi, finalement, raison à Martine Ouellet. Mais sera-t-il conséquent et l’invitera-t-il à revenir ?

Il serait souhaitable qu’un certain nombre de députés l’invitent prochainement et qu’ils souhaitent même son couronnement à chefferie afin que le PQ prouve rapidement à l’opinion publique que sa refondation de la fin de semaine dernière n’équivaut pas qu’à retracer, encore une fois, une nouvelle ligne politique dans le sable. 

Si cette invitation lui est faite et qu’elle l’accepte, elle devra cependant prendre en compte la résolution adoptée en plénière dimanche comme stratégie devant mener à l’indépendance soit de « prendre chacune de nos décisions de façon à nous rapprocher de ce but ultime » et ainsi « rassembler tous les indépendantistes ». 

Il faudrait donc qu’elle abandonne l’idée qu’on lui connaît de tenir, coûte que coûte, un référendum dans le premier mandat suivant l’élection du Parti québécois. Et elle pourrait le faire en annonçant d’entrée de jeu qu’elle solidifiera plutôt cette refondation en la replaçant sur sa base historique, c’est-à-dire à la création du Parti québécois par René Lévesque, en 1968, et son rêve d’une souveraineté-association.

Et que pour ce faire, le Parti québécois proposera le plus rapidement possible à l’Assemblée nationale une motion offrant de signer la Constitution de 1982 à condition que les Canadiens acceptent qu’il y soit inscrite une Déclaration d’identité du peuple québécois explicite (les députés ont entre leurs mains ma proposition en ce sens...) comprenant la mention de pouvoirs souverains additionnels en matière de langue, de culture/information, d’immigration et d’environnement ? 

Une motion que ne saurait refuser le gouvernement nationaliste de la CAQ. 

C’est une approche qui rejoindrait beaucoup d’indépendantistes pas pressés, dont je suis, mais aussi beaucoup de Québécois. Surtout si elle était faite de bonne foi à la Lévesque avec sa vision généreuse du beau risque à l’égard du Canada qu’on lui connaît. 

Ainsi, peu importe la réponse, mais demandée avant 2022, l’histoire revivrait et toutes les générations seraient concernées et intéressées par les suites à cette réponse, soit une nouvelle Union Québec-Canada. Un beau défi, ou l’indépendance, un point final. 


Denis Forcier

Shefford

Opinions

Souvenirs amers

Jour de souvenir des deux dernières guerres,

Je médite sur leurs séquelles

Vécues par mes proches, disparus ou pas, 

Et m’interroge encore sur leurs conséquences. 

Celles plus récentes, d’Irak, du Congo, d’Israël ou de Syrie, 

Sans oublier la menace réelle d’un conflit 

Avec l’Iran, la Corée du Nord, la Chine ou la Russie, 

Avec nos voisins trop armés et un fou à la barre de l’État,

Nous rappelant que le pire peut survenir n’importe où et quand.

Mais quand faut-il aller à la rescousse de nos alliés ?

Quel prix faut-il payer pour se défendre,

Sauver l’honneur ou honorer les valeurs

De notre pays et d’une soi-disant démocratie ? 

En tant que fille, nièce et petite-fille de militaires forcés,

Je connais les efforts déployés pour notre pseudo-liberté,

Et réalise que nos sacrifices sont minimes à côté 

De ceux de nos mères et grands-mères, leurs époux et fils éplorés.

Dans mon village d’origine, notre ferme fut occupée par trois armées successives : allemande, française, américaine, 

Qui, tour à tour, ont pillé tout ce qu’il y avait de comestible, 

Sans oublier les souvenirs amers laissés dans la mémoire 

Si ce n’est dans la chair et le cœur, des trois filles de la maison,

Ma pauvre maman y compris.

Comme bien des Alsaciens, les hommes des deux clans de ma lignée,

Furent engagés de force dans l’armée allemande qui nous occupait, 

De ceux qu’on nommait « Les Malgré-nous ». 

Sept jeunes hommes sont partis, quatre en sont revenus vivants, mais ô combien abîmés...

Le plus jeune, Charles, poète blondinet de 17 ans, frère de maman, 

Qui est tombé dès les premiers jours au front russe, 

Chair à canon de première ligne, 

Un classique pour les minorités, Québécois en Normandie y compris...

Du côté de papa, ses frères Louis et Joseph, vingt et vingt-deux ans, 

Ont été zigouillés dès les premiers jours, 

On ne sait trop où, au front de l’Est, sans doute… 

Leur mère, veuve à quarante ans, d’un homme brisé déjà gazé à la Première Guerre 

A élevé dans la misère ses neuf enfants restants. 

Sort similaire pour le père de ma maman 

Louis, feu mon grand-père, fermier jadis prospère,

A fait les deux guerres et racontait cette anecdote vécue au front de 1914.

Son sergent lui a crié : « Tirez, mais tirez donc, Siegrist ! Vous ne voyez pas l’ennemi ? »

Sa réponse fut alors : « L’ennemi, mais quel ennemi ? Je ne vois que des pauv’types, qui comme moi, font dans leur culotte de trouille ! »

Quelle horreur et tristesse a généré la dernière Grande Guerre :

Soixante millions de morts en six ans, 

À cause d’un fou démoniaque qui voulait dominer le monde

Avec son idée revancharde et de pseudo race pure !

Haine crasse des juifs, des homos, des Tziganes et des intellos, 

De tous ceux qui réfléchissaient trop et protestaient

Comme ces trop lucides libres esprits marginaux…

Méfions-nous des pensées uniques et des pseudo-élus divins, 

Devenus trop vite trop puissants, 

Le peuple mouton avançant au pas de l’oie, bras en l’air ! 

Hé oui ! Quand les riches se font la guerre, 

Ce sont les pauvres qui meurent et les femmes qui pleurent… 

Ici, au Québec, la réalité était moins sanglante, 

Mais pas douce non plus, la grande dépression a stimulé la conscription,

Même si la production d’armes par les femmes fut très payante...

Bob, le grand-père québécois de mes enfants côté paternel, 

Issu d’une famille classique,

De quatorze rejetons de colons, élevés en Abitibi, 

Fut poussé, comme ses trois frères, à s’engager, 

Il fut un des soldats canadiens les plus décorés de la Dernière Guerre. 

Il est revenu au Québec avec une jolie Bretonne enceinte à son bras,

Puis, écoeuré par les horreurs vécues et la récupération des élites,

Est devenu indépendantiste, pacifiste et même yogi, 

Premier adepte et proche de Swami Shivananda à Val-Morin ! 

Moi, en visite ici quarante ans après, ai rencontré leur fils cadet, gentleman apiculteur en Estrie, avons engendré un joli couple d’enfants.

Mélanges de promenades, comme la plupart d’entre nous :

Amour, sang, histoires, religions et cultures mêlées,

Conscients de nos origines et des leçons des anciens, tant mieux !

Pacifiste, je suis, c’est sûr, mais contente tout de même, 

Que les Nord-Américains aient écrasé les nazis, 

Un peu tard faut avouer, 

Mais la faute à qui ? 

Des aveugles, des lâches et des profiteurs ? 

Tant de vies sacrifiées

Tout de même, merci aux alliés d’alors et à la démocratie !

Fasse le ciel que nos héritiers grandissent riches de ces leçons,

Sans jamais plus de guerres, ni de luttes assassines intestines, 

Hélas, pas si simple, batailles parfois nécessaires

Pour protéger nos valeurs et territoires, 

Et tenter de bâtir un monde enfin viable pour tous les vivants. 

Souvenons-nous, souviens-toi, remember !


Anny Schneider-Siegrist

herboriste-poète et nomade, Waterloo

La Voix des lecteurs

Nouveau pacte fiscal: des bénéfices pour tous

LA VOIX DES LECTEURS / Le 30 octobre, le gouvernement du Québec et ses partenaires municipaux sont arrivés à une entente en vue de bonifier les transferts gouvernementaux dédiés aux gouvernements de proximité. Résultat d’un travail sur plusieurs mois, la signature du « Partenariat 2020-2024 : pour des régions et des municipalités encore plus fortes » concrétise des gains importants pour toutes les municipalités, de toutes tailles et de toutes les régions, et représente l’initiative la plus franche des dernières années en faveur d’une révision en profondeur de la fiscalité municipale.

Le monde municipal a de quoi se réjouir. L’Union des municipalités du Québec (UMQ) et ses partenaires peuvent se féliciter que leur principale demande se trouve au cœur de l’entente: le transfert de la croissance d’un point de la taxe de vente du Québec (TVQ).

La Voix des lecteurs

La problématique de l’obésité recule. S’il vous plaît, choisissez d’avancer !

LA VOIX DES LECTEURS / Monsieur le Premier Ministre, d’entrée de jeu, j’aimerais vous féliciter pour votre réélection et saluer l’ensemble des élus formant le nouveau gouvernement. De grands défis vous attendent pour le prochain mandat. Parmi ceux-ci, la réduction de la problématique de l’obésité et des maladies chroniques évitables est certainement un enjeu majeur.

Pourtant, durant la campagne, il a été très peu question de la santé des Canadiens, l’une de nos plus inestimables ressources naturelles. J’espère que cela ne donnera pas le ton aux premiers mois de votre mandat, car le temps presse. 

S’il vous plaît, choisissez d’avancer.

Si vous n’avez pas eu la chance de le lire, un rapport de l’OCDE publié pendant la campagne, ce dernier souligne que, sans une intervention gouvernementale plus musclée, non seulement le taux d’obésité au Canada continuera de progresser, mais l’espérance de vie des générations futures diminuera. 

De plus, comme vous le savez, les maladies liées à l’alimentation coûtent plus de 27 milliards de dollars par année aux Canadiens, en plus d’engendrer des souffrances évitables. Le marketing de la malbouffe n’est pas étranger à ce fait désolant. Ainsi, il est urgent et important de reprendre et d’exécuter rapidement les travaux promis dans votre Stratégie canadienne en matière de saine alimentation. 

S’il vous plaît, choisissez d’avancer.

Au nom des 600 organisations et individus partenaires de la Coalition Poids, je vous prie de déposer prioritairement un nouveau projet de loi pour interdire la publicité destinée aux enfants du Canada. La mort au feuilleton du projet de loi S-228 en toute fin de processus législatif, après trois ans de travaux au Sénat et à la Chambre des communes, est une désolation et un gaspillage de fonds publics si cette pertinente mesure ne voit pas le jour. Cela d’autant plus que la majorité des partis d’opposition ont voté en faveur d’une telle loi au cours du dernier mandat. 

Dans la première année de votre mandat, il faut protéger les enfants et mettre fin à la publicité d’aliments riches en sucre, sel et gras saturés ciblant les enfants de moins de 13 ans. S’il vous plaît, choisissez d’avancer.

L’ajout d’un symbole interprétatif sur le devant de l’emballage des aliments à forte teneur en sucre, sel et gras saturé est une autre mesure prometteuse, promise et attendue. Considérant la rigueur et l’avancement des travaux déjà effectués, un tel symbole pourrait être rapidement instauré pour aider les Canadiens à faire de meilleurs choix alimentaires et inciter les industriels offrant des produits alimentaires peu intéressants à améliorer la qualité de leurs produits. 

S’il vous plaît, choisissez d’avancer.

À l’égard de cette mesure, permettez-moi une parenthèse et une mise en garde. Ne répétez pas l’erreur d’offrir des délais d’application complaisants à l’industrie au détriment des Canadiens. Ces délais ne font que repousser les gains potentiels des mesures. 

Je vous invite donc à prévoir des périodes de transition plus réalistes, car chaque mois qui passe, les maladies liées à l’alimentation nous coûtent plus de 2 milliards de dollars ! S’il vous plaît, choisissez d’avancer.

En plus de compléter les actions déjà entamées en matière de saine alimentation, une taxation des boissons sucrées, dont les sommes seraient réinvesties en prévention, devrait être priorisée. Une récente revue systématique et méta-analyse réitère son efficacité pour réduire l’achat et la consommation de ces bonbons liquides néfastes pour la santé. En plus de contribuer à l’obésité et à d’autres problématiques de santé (diabète, carie, maladies cardiovasculaires, etc.), les boissons sucrées sont aussi nuisibles pour l’environnement (emballages à usage unique, gaspillage d’eau, production et transport coûteux en GES). 

Il y a donc un double avantage à leur redonner une juste place dans notre alimentation. S’agissant de la principale source de sucres des Canadiens, il faut envoyer un signal très clair sur l’importance d’en diminuer la consommation en mettant en place des mesures pour réduire la consommation de boissons sucrées, dont la taxation. Si la taxe seule est utile, l’investissement des revenus en prévention multiplie son potentiel. Selon l’OCDE, chaque dollar investi dans la prévention de l’obésité amènerait jusqu’à six dollars de retombées. 

S’il vous plaît, choisissez d’avancer.

Enfin, Monsieur le Premier Ministre, vous devez vous assurer d’offrir des milieux de vie à tous les Canadiens où les choix sains sont plus faciles à faire et plus intéressants. S’il vous plaît, vous devez avancer.

Corinne Voyer - Directrice de la Coalition Poids

Opinions

Un nationalisme décomplexé !

LA VOIX DES LECTEURS / Depuis quelques années, le vieux discours nationaliste reprend du service dans un grand nombre de pays. Or, les raisons totalement irrationnelles de ce retour sont toujours les mêmes : ça va de la peur des autres à la haine des autres. On s’attache à des réalités qui n’existent plus comme la domination du christianisme sur l’ensemble du territoire et on refuse obstinément les nouvelles réalités, bien concrètes, d’un monde extrêmement cosmopolite et pluraliste.

Au Québec, la devise « Je me souviens » reprend vie et ouvre à nouveau la voie au nationalisme de Lionel Groulx et de Maurice Duplessis : la race canadienne-française de type caucasien, baragouinant le français et vivant sous le contrôle du catholicisme. Les élections fédérales 2019 auraient dû plonger tout le Québec dans un questionnement humain important. En effet, que signifie le slogan du Bloc québécois « Le Québec, c’est nous » ? Demandons-nous qui fait partie de ce « nous » ?

Opinions

C’est fini de réduire l’identité québécoise à une sous-identité canadienne ?

LA VOIX DES LECTEURS / Le résultat est tombé. Les Québécois ont fortement appuyé le Bloc.

Celui-ci avec Yves-François Blanchet à sa tête a défendu l’identité québécoise. Une identité laïque depuis l’adoption de la loi 21 par le gouvernement de la CAQ. Mais aussi une identité collective bafouée depuis le rapatriement de la Constitution en 1982 sans le consentement du Québec, et qui a eu pour résultat d’affaiblir les pouvoirs du Québec, principalement en matière de langue. Mais aussi dans la protection de son identité nationale en plaçant au cœur de cette Constitution une Charte des droits individuels comme fondement d’un nouvel État canadien « post-national », comme l’a rappelé en entrevue au New York Times Justin Trudeau après l’élection de 2015. Il y mentionnait explicitement que « le Canada n’a pas d’identité profonde, d’identité commune... »

Le multiculturalisme qui en résulte réduit notre nation à une sous-identité canadienne. La campagne électorale l’a clairement démontré. 

En effet, aucun des chefs fédéralistes n’a appuyé ouvertement la loi 21, le premier ministre Trudeau allant jusqu’à déclarer qu’il ne la contesterait pas, pour l’instant. C’est tout dire, et les Québécois l’ont bien compris en donnant un appui massif au Bloc. 

C’est Philippe Couillard, cependant, avec sa loi 62 sur la neutralité religieuse de l’État adoptée le 18 octobre 2017, qui avait mis le couteau dans la plaie identitaire des Québécois. Il a même, dans cette loi, osé faire disparaître le concept même de laïcité en ne mentionnant même pas le mot. Plus cruellement encore, il s’en est pris à cette valeur québécoise au cœur de la Révolution tranquille, qui dans les faits a amené une séparation entre l’État et les religions. Il a surtout permis d’affranchir la société québécoise de la religion catholique.

D’ailleurs, cette funeste loi aussitôt adoptée, François Legault, de la CAQ, a promis de la déchirer une fois élu. Les Québécois lui ont fait confiance le 1er octobre 2018 en élisant la CAQ avec une forte majorité. Depuis, il a réussi à faire adopter la loi 21 sur la laïcité, laquelle est appuyée à 70 % par les Québécois. Yves-François Blanchet, pour le Bloc, a repris le flambeau de sa défense dans le cadre de cette élection fédérale. Le Québec, c’est nous ! C’est-à-dire les Québécois qui ne se retrouvent plus, mais plus du tout, au plan identitaire, dans les partis traditionnellement fédéralistes. 

Au lendemain de cette élection, ce pays est profondément divisé sur le plan de l’urgence d’agir au plan environnemental certes, mais plus profondément encore au plan constitutionnel, car c’est cette Constitution de 82 à laquelle Trudeau père a fait inclure une Charte des droits individuels comme seule assise et fondement de la société canadienne qui, aujourd’hui, risque, avec les prochains jugements de la cour, de prévaloir sur la volonté collective des Québécois de définir eux-mêmes ce qui est juste pour leur société. 

En conséquence, la mission du Bloc à Ottawa, au-delà de la protection des intérêts immédiats du Québec, ne devrait-elle pas être de faire modifier cette Constitution afin que le Québec puisse légiférer librement pour tout ce qui relève de son identité nationale ?

Pour cela, il a besoin d’un outil de revendication constitutionnelle que devrait lui fournir rapidement le gouvernement Legault, soit une offre faite aux Canadiens par l’Assemblée nationale de signer la Constitution de 82, si celle-ci comprend une Déclaration d’identité du peuple québécois qui serait doté de pouvoirs souverains en matière de langue, de culture/communication, d’immigration et d’environnement.

Cet outil, fourni au Bloc, serait la meilleure garantie pour le fidéliser à l’endroit de la CAQ. Sinon, devant le mur constitutionnel canadien, surtout si les jugements des tribunaux invalident en totalité ou en partie la loi 21, le Bloc n’aura pas d’autre choix que de revenir à sa première option, soit l’indépendance du Québec. À moins que ce soit aussi le choix et l’option secrète de François Legault pour en finir définitivement avec un Canada qui nous considère comme une sous-identité canadienne, alors que nous sommes le peuple fondateur de ce pays. 


Denis Forcier

Shefford

Opinions

Qui peut agir pour le climat ?

LA VOIX DES LECTEURS / Le 27 septembre dernier, plus de 500 000 personnes nous ont signifié dans les rues du Québec qu’il est temps de passer aux solutions. Même si 20 compagnies pétrolières sont responsables de 30% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), chacun de nous peut commencer par agir dans son quotidien.

C’est simple: réduire notre consommation de pétrole et de gaz naturel par de nombreux petits gestes de tous les jours pour réduire la demande. C’est une question de prise de conscience, de choix responsables et d’un peu de discipline.  

 «Acheter c’est voter!», comme le dit l’écologiste Laure Waridel. Acheter local est toujours le meilleur choix, car une grande partie des objets qu’on nous propose sont transportés par cargo ou par avion à grands frais de production de GES. Cela va des fraises de la Californie, des raisins du Chili aux produits venus d’Asie. Acheter moins en résistant à l’attrait du modèle dernier cri. Changer d’auto ou de cellulaire aux deux ans est ridicule. Réparons tout ce qui peut l’être. Le recyclage n’est pas une solution dans l’état actuel des choses, surtout si on expédie nos matières recyclées à l’autre bout du monde. Réduire à la source est beaucoup plus efficace.

La deuxième manière de contribuer à la réduction des GES est de poser des gestes qui protègent nos forêts et nos boisés de la dégradation. Plus les forêts sont saines et vastes, plus elles vont capter ces fameux GES. «Nos» forêts, cela inclut les grandes forêts du monde, en particulier les forêts tropicales si importantes pour le climat et la biodiversité de notre planète. 

Par exemple, les feux de forêt en Amazonie vont nous affecter tous de différentes manières. On doit réduire le gaspillage de papier et, surtout, cesser d’acheter des aliments qui contiennent de l’huile de palme dont la production est la plus grande cause mondiale de déforestation des forêts tropicales. Il faut réduire sa consommation de viande rouge, qui contribue au déboisement. La construction de nos maisons, souvent démesurées, et le choix de matériaux exotiques et l’étalement urbain qui empiète sur les milieux naturels sont à remettre en question. 

La troisième façon de contribuer au contrôle du climat est notre participation citoyenne aux décisions politiques à tous les niveaux de gouvernement. Nous devons exiger des mesures concrètes pour que les gouvernements s’engagent dans la révolution énergétique. Ils doivent mettre en place un plan et des incitatifs financiers pour nous aider à transformer nos habitudes de vie, investir dans les énergies vertes et renoncer à subventionner les pollueurs. 

Pour être un citoyen engagé dans son milieu, il est essentiel de s’informer auprès de sources sûres et de partager l’information autour de nous. Il faut être solidaires avec les jeunes qui manifestent dans les rues pour un préserver leur futur. Et, surtout, il faut voter en pensant à l’intérêt commun et au futur de nos enfants. Car nous allons tous être affectés pendant des générations par les bouleversements climatiques.


Jean-Thomas Bédard

Saint-Joachim-de-Sheffod