La Voix des lecteurs

Une place pour la religion... Pourquoi ?

Tout le débat autour du projet de loi 21 sur la laïcité m’a amené à me poser la question suivante : pourquoi devrait-on accorder une place à la religion dans notre société ?

Quand la Charte canadienne des droits et libertés commence par : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit », je crois qu’on a déjà un problème !

Depuis des lunes, la religion a été un prétexte pour de très nombreuses guerres, pour placer les femmes dans un rôle de soumission, prétendre que l’homosexualité était contre nature, pour les religieux d’abuser sexuellement d’enfants, de violer des religieuses, et d’enrichir les dirigeants de plusieurs religions pour ne nommer que ces quelques exemples, car on pourrait remplir de milliers de pages d’exemples. Pourtant, le point commun de toutes les religions n’est-il pas de nous aimer et de nous entraider ?

Rendu à notre époque, avec les moyens de communication que nous possédons, chacun a la possibilité de s’informer auprès de diverses sources comme les journaux et les bulletins de nouvelles. Chacun peut se forger sa propre opinion, c’est ce qu’on appelle la liberté de conscience. 

Le point 2 de la Charte des droits et libertés dit que chacun a des libertés fondamentales, dont «la liberté de religion et de conscience», deux éléments contradictoires dans un même point ! La religion ne laisse que très peu de place à la liberté de conscience, elle dicte plutôt ce que le pratiquant doit croire.

Combien de fois nous avons entendu «la religion c’est mon identité», c’est inquiétant. Ça veut dire que tes croyances, et ici j’insiste sur le mot «croyance», dictent ta vie ! On est loin de la liberté de conscience, on te dit quoi penser. En plus, toutes les religions s’autoproclament comme étant «La Vraie». Chaque religion dit d’une autre qu’elle n’est pas bonne et c’est normal parce que nous revenons au mot «croyance».

Alors comme les religions sont des croyances et qu’elles ont démontré à travers les siècles qu’elles étaient souvent néfastes, je me demande pourquoi on devrait leur faire une place dans l’espace public. La religion demeure un choix et une croyance donc, elle devrait appartenir au domaine de la vie privée uniquement. 

J’ai été choquée par la déclaration de Manon Massé qui dresse un parallèle entre l’opposition au port des signes religieux et l’homophobie lorsqu’elle mentionne que dans les années 1970, on craignait qu’un enseignant gai influence l’orientation sexuelle des élèves et qu’aujourd’hui ce sont les enseignants qui portent un signe religieux qui pourraient influencer les élèves. 

Les groupes qui représentent les homosexuels se battent depuis des années pour dire que l’homosexualité c’est inné et que rien ne peut changer cela. Manon Massé vient de ramener le tout en arrière en disant finalement que l’homosexualité est un choix en faisant son parallèle. Les religions les traitent d’abominations, les oppriment, et les rejettent; et Québec solidaire voudrait vraiment défendre les gens qui désirent afficher leur religion !

La religion occupe déjà une trop grande place dans l’espace public et jouit d’écoles financées par les fonds publics, ce qui est en soit une aberration, car l’école est censée nous instruire afin de créer notre propre identité par notre liberté de conscience. Concernant les écoles hassidiques, le gouvernement paye pour que les élèves ne suivent pas le programme du ministère, qu’ils fassent l’école à la maison avec des cours donnés par leur mère qui n’a pas dépassé le secondaire (si elle s’est rendue jusque là). Chez les juifs et musulmans «radicaux», les filles ne s’instruisent pas. Il existe 84 écoles religieuses privées financées par l’État: 52 chrétiennes, 24 juives et 8 musulmanes.

Dans nos choix de carrières, nous sommes tous exposés, à un moment ou à un autre, à des obstacles. Comme c’est un «choix» de carrière, les choix que nous ferons décideront du parcours que nous poursuivrons. Comme certains veulent continuer d’afficher leur religion, ce sera un choix qu’ils feront. Sur les milliers de choix de carrières, j’aimerais bien connaître le pourcentage de carrières dont ils font le choix de se priver au nom de leur religion.

On demande à un professeur d’histoire ou de politique de ne pas afficher ses couleurs politiques afin de ne pas donner l’impression qu’il pourrait orienter son cours vers une idéologie politique plus qu’une autre. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les signes religieux ?

Le Québec est un endroit où il fait bon vivre justement parce que les religions n’occupent pas trop de place dans les sphères du pouvoir. Donnons-nous les moyens afin de ramener les religions au domaine de la vie privée et de pouvoir s’assurer de pouvoir continuer de vivre en paix.

Le projet de loi ne va pas assez loin, car dans ce projet de loi de neutralité de l’État, l’État ne devrait rien financer qui ait un côté religieux. C’est un peu contradictoire que l’État se proclame neutre et laïque alors qu’il finance des organismes religieux et des écoles confessionnelles !

Marie-Hélène Gagnon - Saint-Césaire

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Une autre option que l’euthanasie

La société québécoise n’est pas juste malade, elle est mourante dans ses choix d’avenir. Depuis quelques jours, on entend différentes demandes concernant l’aide médicale à mourir. On se croirait en plein cauchemar.

On demande de se faire tuer comme si c’était normal, car on a des souffrances, des douleurs et pour certains le mal de vivre, comme si c’était la seule solution pour les régler. On est maintenant dans une culture de mort à la carte. Comment avons-nous pu en arriver là ?

(...) Les politiciens ont leurs torts, mais les citoyens aussi. Où sommes-nous quand il est temps d’intervenir et mettre de la pression sur nos députés pour les réveiller et leur dire le gros bon sens? Notre silence fait mal. Où sont les personnes et les organismes qui devraient parler pour protéger les vies? Est-ce que l’argent achète leur silence? C’est un échec évident de notre société riche et moderne dans ses choix immoraux. Où arrêterons-nous ?

(...) Les personnes malades ou en perte d’autonomie et mourantes ont tant à nous apprendre, par leur exemple de vie. En les observant et les côtoyant, on voit souvent leur patience et leur courage. Ils ont surtout besoin d’amour et de notre présence. Il faut garder la solidarité pour la vie.

L’école de la vie, c’est des bonheurs, des joies, mais aussi des souffrances, des douleurs, des pertes d’autonomie. C’est ce qui nous fait grandir de l’intérieur pour devenir un meilleur monde. L’euthanasie ne fait pas cela.

Aurons-nous le courage de nous battre jusqu’au bout peu importe la situation, pour montrer l’exemple à nos enfants et leur laisser un monde meilleur ?

Sylvain Lamontagne - Valcourt

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Pas de chiens sur les pistes cyclables

Avis aux citoyens qui se promènent avec leur chien sur la piste cyclable, s’il vous plaît, allez jouer ailleurs, dégagez !

Il y a une raison pourquoi c’est interdit. Est-ce que les intervenants vont faire quelque chose pour ça ?

Quelqu’un du C.A.R.T.H.Y., de la police de Granby, de la SQ, de la MRC de Rouville et de la Route des champs ? Faudrait y voir !

Marco Boucher - Granby

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Le bal, la cerise sur le sundae

Pour bien des personnes qui ont passé à travers leur secondaire, le bal est la cerise sur le sundae d’une étape importante de leur jeune vie. C’est aussi un événement qui permet à plein de jeunes gens de s’exprimer par le biais de leur tenue et/ou du moyen de transport choisi pour l’occasion.

C’est un peu un concours de qui va flasher le plus. C’est pas toujours clair comme ça, mais secrètement, ou pas, bien des ados veulent être plus hot que quelqu’un qui leur en a fait baver pendant des années ou qu’une autre personne qui pognait plus. Certaines personnes veulent passer sous le radar et juste avoir du plaisir, assurément, mais d’autres tiennent à flasher et certaines personnes en profite pour sortir de leur zone de confort, de leur anonymat. Le bal, je pense que tu le sais, c’est presque un spectacle.

À LIRE AUSSI: Il voulait aller à son bal en robe

En 1998, c’était mon tour de faire mon show ! Je cherchais par tous les moyens à exprimer mon côté créatif qui m’avait valu la deuxième place des personnes les plus flyées dans l’album de finissant.e.s. En 1998, on était hyper influencé.e.s par le cinéma et je rivalisais avec une réplique quasi parfaite de la robe de bal jaune de Belle (La Belle et la bête), quelques garçons en kilt (Braveheart), un duo en fortrel bleu poudre et orange (La Cloche et l’idiot) et notre bon président qui s’était fait faire un habit sur mesure en tissu lamé argent (Ça, c’était juste lui).

Juste derrière la longue limousine noire de Monsieur le Président, arrivaient mes ami.e.s et moi-même dans un camion de pompier. C’est avec la chevelure de Leeloo Dallas (Cinquième élément) et un bouquet de ballons multicolores que j’ai interrompu son arrivée. En 1998, j’ai flashé pas à peu près. 

Si en 2019, c’est ton tour de mettre la cerise sur le sundae de ton adolescence, je parie que tu as le goût de fêter ça à la hauteur de ta personne. Je te souhaite d’avoir toute la liberté dont j’ai bénéficié pour exprimer l’étendue de ta créativité et de ta personnalité. Je te souhaite d’être entouré.e de gens bienveillants qui ne jugeront pas ta tenue, mais qui constateront à quel point tu rayonnes et as l’air épanoui.e.

Je te souhaite aussi de pouvoir y aller avec la personne de ton choix et EN la personne de ton choix, comme la personne que tu ressens au fin fond de toi-même. Je souhaite que, si tu as choisi le bal de finissant.e.s pour te révéler au monde, le monde te reçoive sans avoir peur de ton courage et de ta force. Je souhaite que tu sois entouré.e d’allié.e.s qui comprennent ta soif d’être toi.

En 2019, on comprend de plus en plus que les vêtements ne sont que du tissu et qu’ils n’appartiennent pas à un genre en particulier. En 2019, on comprend de plus en plus que le genre est un spectre et que l’expression de celui-ci n’a plus besoin d’être boulonnée dans des stéréotypes désuets. En 2019, on comprend que l’amour, c’est l’amour et que ça n’a rien à voir avec ce qui se cache dans le secret de nos sous-vêtements. 

Toi et moi, on comprend, mais il y en a pour qui c’est moins clair… ne les laisse pas voler la cerise sur ton sundae.

Bon bal mon ami.e.

Pal Green - Granby

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Modération ou discrimination…

Est-ce de l’intimidation sociale et de la discrimination lorsqu’il y a modération de certains comportements lors d’un événement familial et scolaire ? Est-ce qu’une prestation artistique hors contexte est plus importante que tout l’appui et l’amour reçus d’un milieu scolaire cinq années durant ?

À LIRE AUSSI: Il voulait aller à son bal en robe

Voici des faits réels à propos de l’école secondaire du Verbe Divin :

A) Depuis plusieurs années, des ateliers de lutte contre l’intimidation et l’homophobie sont donnés aux élèves dans leurs cours ;

B) Des intervenants du GRIS (homosexuels et bisexuels) viennent démystifier l’homosexualité dans toutes les classes de 3e secondaire ;

C) Le 17 mai, dans toute l’école, il y a distribution de bracelets aux couleurs de l’arc-en-ciel pour souligner la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie ;

D) L’organisme Divers-Gens a longtemps été présent à l’école pour offrir du soutien aux élèves de toutes les orientations sexuelles ; 

E) Des projets d’enseignants pour lutter contre l’homophobie ont été à maintes reprises étudiés par le concours GRIS-Fondation Simple Plan pour l’implication sociale positive de l’école auprès de la communauté LGBTQ2+ ;

F) Les romans jeunesse d’une enseignante de l’école ont gagné un prix littéraire pour le sujet traité : l’homosexualité féminine ;

G) Une élève gaie de l’école (respectée et aimée par les membres du personnel) a porté un habit (smoking) lors de son bal de finissants ;

H) Un garçon, qui le désire, a, dans les faits, le droit de porter une robe à son bal.

I) Aucun élève n’est exclu dans son identité de genre au Verbe Divin ;

J) Les élèves sont acceptés et accompagnés dans leur cheminement de vie, peu importe leur orientation sexuelle.

Question : quelle situation dénonce-t-on réellement ?

Kim Messier, enseignante de français (3e sec.) et auteure Éditions de Mortagne - Granby

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Racisme endémique

C’est le temps de l’année quand les parents se regroupent dans les auditoriums d’écoles secondaires pour assister aux spectacles de fin d’année. C’est justement où je me suis retrouvé la semaine dernière, essayant d’identifier les œuvres d’art de ma fille et me tortiller le cou pour la trouver pendant la prestation de danse.

Ensuite, c’était le moment des sketchs de théâtre, écrits par les étudiants eux-mêmes, dont un était un exemple parfait du racisme qui semble à continuer sans arrêt et sans honte dans notre société. Dans le sketch, un étudiant jouait le rôle d’un autochtone et un autre jouait le rôle d’un colon blanc. Quand le colon lui demanda de s’identifier, sa réponse s’est fait en frappant sa poitrine et d’hurler à maintes reprises d’un ton agressif « AU-TOCH-TONE ! »

Pire encore, après une course sur scène entre les deux personnages, l’autochtone est tombé mort et le colon l’a pris par la main et l’a trainé le long de la scène en disant: « Nous sommes les conquéreurs ». 

Trop de parents ont trouvé le sketch amusant. J’étais trop étonné pour remarquer si j’étais la seule à être si profondément offensée. Le sketch m’a rappelé les vieux films de cowboys des années 50 où les Indiens sont dépeints comme étant épais, sauvages et illettrés. 

Nous voilà en 2019 et rien n’a changé. Je tiens le professeur de théâtre responsable. Je tiens l’administratrice de l’école responsable. Je tiens surtout les parents responsables. 

J’avais envie de faire une scène, de déranger le spectacle et hurler « Non, mais ? Ça ne va pas ? » Mais, dans l’intérêt d’épargner l’embarras à ma fille adolescente, je me suis contrôlée. 

Sérieusement les amis, combien de générations d’enfants blancs demeureront ignorant du racisme endémique autour d’eux avant que nous, leurs parents, proclament « c’est assez ! »

Anne-Marie Cyr - Cantons-de-l’Est

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Il est temps que nos aînés prennent leur place

Y a-t-il un peuple, une province, un pays qui peuvent se permettre de se priver des connaissances, de l’expérience et du savoir-faire de ses aînés et de les enterrer en disant qu’ils nous ont coûté cher ?

Au Québec, 87 % des personnes aînées ne vivent pas dans un CHLSD ou dans une résidence pour personnes âgées, donc elles ne sont pas malades et voient à s’entretenir et souvent jusqu’à un âge avancé. Elles participent de fait pleinement à la société et à l’économie.

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Pas les bons papiers

Quel beau cas que celui de cette fausse infirmière au Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a consacré vingt ans de sa vie à soigner des malades et ça sans jamais faire de fautes professionnelles! Aujourd’hui, on la condamne en l’accusant presque de criminelle et on la congédie manu militari sans plus d’analyse, tout cela pour un diplôme qu’elle n’avait pas.

On doit peut-être voir là les failles de notre système d’éducation et également l’emprise et le contrôle des fonctionnaires, des syndicats et des ordres professionnels sur les travailleurs de notre société. Ces derniers rembourseront-ils cette dame pour toutes les cotisations qu’elle leur a versées ?

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De Marie-Anna Jarest à la Fondation Hermas

Dans les années 30, 40 et 50, à Bedford, il y avait la Pharmacie Jarest, dont la pharmacienne Marie-Anna Jarest était la propriétaire.

Petit bout de femme mesurant moins de 5 pieds, célibataire, n’ayant jamais eu d’automobile, toujours vêtue sobrement, l’œil vif, d’une chaleur humaine admirable et d’une simplicité exemplaire, elle a fait preuve d’une générosité exceptionnelle tout le long de sa vie.

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Fort, stoïque et indépendant : la façade de l’homme viril

Il y a environ trois milliards et demi d’hommes sur terre. Parmi ceux-ci, on retrouve votre père, votre frère, votre fils ou peut-être bien vous-même. Néanmoins, malgré la présence de toutes ces personnes dans nos vies, il peut être difficile de répondre à une question qui semble pourtant si simple : être un homme, qu’est-ce que ça veut dire ? La réponse à cette question varie grandement à travers l’Histoire. De nos jours, elle contient de nombreuses implications qui forment un danger réel pour l’homme contemporain.

Un «vrai» homme, c’est d’abord un jeune garçon souvent innocent et fragile qui, à force de longues années de travail acharné, apprend à développer des qualités essentielles, semble-t-il, à la personnalité masculine comme la force, le courage et l’indépendance. Être un «vrai» homme, c’est en quelque sorte le but ultime de la gent masculine. Pourtant, cette quête est loin d’avoir un impact positif sur les personnes qui la poursuivent.