Opinions

2018 ! Un vent d’espoir ?

Nous voici à l’aube d’une année nouvelle ! Comme d’habitude, on lui conférera le pouvoir de tout changer, on prendra des résolutions de toutes sortes, mais seront-elles tenues ? Voilà une autre affaire !

Les crises et les cataclysmes se multiplient partout dans le monde, les politiciens (et Dieu sait qu’on jasera politique au Québec cette année) peinent à trouver des solutions aux maux qui affligent le commun des mortels ! On se fait « Trump »er de toutes les façons possibles...

Et ce n’est pas, selon moi, la légalisation de la marijuana prévue pour juillet au Canada qui simplifiera la chose !

J’habite un immeuble de vingt-quatre logements où on répugne déjà à observer un règlement maison sur la fumée de cigarette, laquelle est réservée aux domiciles seulement et non aux lieux partagés comme les corridors, ascenseur, etc.. 

Si des gens ignorent déjà cette simple requête, on peut présumer de l’avenir pour qui est allergique au tabac, quand la marijuana fera son apparition partout... et même dans les parcs, avec la bénédiction de nos gouvernements respectifs. En fumerons-nous malgré nous ?

Et quels dommages subirons-nous en matière de santé, face à cette décision beaucoup trop hâtive, il me semble...

Le temps file ! Année après année, on espère voir la fin d’un tunnel de déceptions qui ruine nos vies et menace cette planète qu’on continue de négliger, voire de détruire !

Il n’est jamais trop tard pour renouer avec la simple gentillesse, la sollicitude et la générosité du cœur ! 

Bonne Année à tous et toutes !

Jeannine Mailloux

Granby

Opinions

Le pouvoir de la parole libérée

Crever un abcès, ça fait toujours du bien. Enlever la petite pierre dans sa chaussure, c’est la même chose. Mais ici, après 100 millions d’années, libérer l’humanité d’une mauvaise conception de la hiérarchie des humains entre eux, voilà tout un défi. Au milieu du 19e siècle, on a soulevé le problème de l’esclavage des Afro-Américains et de l’exploitation des travailleurs ; au début du 20e siècle, on a obtenu le droit des femmes à voter et à prendre place sur les bancs des universités ; au milieu du 20e siècle, on a parlé de l’égalité hommes/femmes et de l’accueil inconditionnel des membres de la communauté LGBT ; en ce début du 21e siècle, nous sommes confrontés aux problèmes de l’intimidation en milieu scolaire et de harcèlement sexuel en milieu de travail.

Dans tous les cas, la résistance au changement n’a utilisé qu’un seul argument : la peur. La question de la dignité humaine n’était pas prise en compte. On considérait que l’égalité réelle entre tous les êtres humains apporterait un lot important de pertes : pertes de pouvoir et perte de rentabilité. Les opposants au changement faisaient des projections de malheurs basées sur des principes réactionnaires et sur des faits inexistants. Le principal handicap dans ce genre de débats, c’est d’argumenter en l’absence d’une définition commune des mots et en l’absence de vérification des faits. On manifeste beaucoup de difficultés à comprendre que toutes les situations — et en particulier les relations humaines — ne sont pas simples, mais au contraire, qu’elles sont archi complexes. Par conséquent, le débat qui les concerne doit obligatoirement se dérouler avec l’extrême précision d’une opération chirurgicale.

Le mouvement du #MoiAussi et la lettre signée par une centaine de personnalités françaises permettent très heureusement de démontrer la complexité du débat et d’apporter d’importantes précisions. Ce débat comme les précédents permettra à toute l’humanité de faire un grand pas en avant. Celui-ci n’est possible que grâce à l’éducation populaire, moteur de l’évolution humaine. Nous sommes tous appelés à lire et à écouter les propos que l’on retrouve dans les médias. C’est toujours extraordinaire de constater combien les nombreuses opinions exprimées ont le pouvoir d’élargir notre vision des choses et de nous faire comprendre la complexité de la question. Par leurs textes d’analyse et de réflexion, les médias concrétisent leur mission fondamentale d’éveilleurs de conscience. C’est ainsi qu’ils donnent vie à leur rôle de quatrième pouvoir.

Par la suite, nous devrons nous positionner en tenant compte de toutes les subtilités et de toutes les nuances jugées utiles afin d’éviter toute forme de dérapage. Tenir des propos prudents et non timorés, audacieux et non téméraires. Ce que nous faisons sans le temps, le temps ne le respecte pas et dans la situation présente, accorder du temps à la réflexion est absolument impératif. Il faut insister : appuyons notre position sur des faits réels et sur la bonne définition des mots ; voilà un processus qui appartient en propre au monde de l’éducation. Éduquons-nous et sortons de nos silences confortables.

André Beauregard

Shefford

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Contrer l’intimidation par l’exemple

À la fin novembre, un adolescent de 15 ans s’est suicidé tragiquement. Selon ses parents, il aurait été victime d’intimidation à répétition, par plusieurs jeunes de son école primaire-, et au secondaire.

Mais comment contrer l’intimidation quand, dans les médias, jour après jour, on rapporte le dénigrement fait entre élus des divers partis politiques ? En voici quelques exemples.

Les 25 et 26 novembre, la CAQ et le PLQ étaient réunis, chacun de leur côté. La CAQ a annoncé vouloir hausser le taux de natalité au Québec, par voie d’un soutien aux patents d’un deuxième ou troisième enfant. Le premier ministre Couillard a réagi en blâmant la CAQ d’agir comme les curés d’autrefois « qui visitaient les femmes pour s’assurer qu’un enfant était en chemin ». Cette opinion libérale ne repose sur aucun fondement actuel ; elle ne sert qu’à dénigrer l’adversaire.

Autre exemple : le chef du PQ, Jean-François Lisée, met en garde le public lors d’une entrevue de presse. Il attaque autant le PLQ que la CAQ qui font la « bêtise » de s’échanger des propositions de programmes. Le réel motif du PQ serait qu’il est au plus bas dans les sondages. Attaquer le rend visible ! Québec solidaire ne fit pas mieux. Le 4 décembre, dans la presse, on y lit que le jeune « Nadeau-Dubois tire à boulets rouges sur Couillard et Legault », du PLQ et de la CAQ, les partis les plus en avance dans les sondages.

Pour un jeune qui lit ces passages politiques très médiatisés, il peut interpréter qu’intimider l’autre est une façon de se valoriser soi.

Pourquoi les partis politiques ne donneraient-ils pas l’exemple ? En cours de mandat, chaque parti pourrait enrichir les actions posées par le parti au pouvoir par son apport de données probantes vérifiées. Les réactions intimidantes, basées sur des émotions dominatrices ou des données de sondage, devraient être exclues. Seul le moment de la campagne électorale pourrait ouvrir à des débats contradictoires.

Ainsi, le citoyen cynique, écœuré de la politique au point de ne pas aller voter, réviserait sa position et les jeunes, qui pensent se valoriser en intimidant, seraient plutôt mal vus. Ils s’abstiendraient donc de blesser un jeune vulnérable à répétition. ESPOIR ! 

Luce S. Bérard

Granby

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Pluralisme religieux

On aborde la pluralité des convictions philosophiques ou religieuses en fonction de leurs doctrines ou rituels. J’attire l’attention sur une autre forme : le rapport entre les sujets et leurs convictions. Je m’appuierai sur certains travaux comme ceux de P. Gmünder et F. Oser sur la structure de la pensée religieuse en contexte chrétien pour indiquer la dominante de chaque approche. 

La première est celle de la toute-puissance : Dieu accomplit tout et l’être humain se soumet à sa volonté. La seconde approche est désignée par l’expression « l’influence réciproque » : la personne peut influencer Dieu au moyen de prières. En échange, elle accepte la volonté divine. « Chacun son domaine » caractérise la troisième approche : le sujet prend conscience de son libre arbitre. Le domaine numineux se borne alors aux rituels apportant un soutien et un réconfort.

La notion de « plan divin » constitue la spécificité d’un quatrième regard : si l’être humain se révèle autonome, la divinité demeure la garante des conditions dans lesquelles la liberté se déploie. Le sujet peut choisir ou non d’adhérer au « plan » qui se réalisera inexorablement. Un exemple l’illustre : « Afin d’accomplir son plan, Dieu m’a appelé pour une vocation : devenir une agente de pastorale, un prêtre ou un missionnaire pour annoncer l’idéal évangélique ».

Une cinquième approche est celle de « l’immanente transcendance » : si la divinité demeure la condition ultime de l’être, le rapport devient totalement intramondain. Le « plan » cède la place à la relation contextualisée à l’autre avec toutes les conséquences qui en résultent. Un énoncé l’exemplifie : « Ma vocation, celle d’agente de pastorale, de prêtre ou de missionnaire, correspond à mes aspirations profondes, aux événements survenus, à ma culture familiale, à mon éducation. C’est une voie possible, parmi d’autres, pour vivre l’idéal perçu dans l’évangile et de tenter de contribuer ainsi au monde ». Une dernière approche est celle de l’amour universel. Le sujet accueille et accepte complètement la condition humaine tant dans ses forces que ses difficultés. Cette sixième approche se remarque de façon extrêmement rare dans les milieux croyants. Des individus exceptionnels tels que Gandhi ou Martin Luther King jr ont intégré cette voie. Dans les communautés chrétiennes, ce sont les cinq premières approches qui sont les plus fréquemment observées.

L’attention accordée à une telle typologie nous incite à privilégier le respect face au développement psychoreligieux et spirituel. Cela n’évite-t-il pas d’associer indûment une approche à une unique normativité des convictions religieuses ou spirituelles ? Une telle dérive ne risque-t-elle pas de se manifester dans certains milieux affirmant qu’une seule approche correspond à ce qu’ils appellent une « belle foi » tout en rejetant les regards différents sur cette réalité ? Dans le contexte contemporain, n’importe-t-il pas d’apprendre à découvrir la richesse, dans le dialogue, du point de vue de l’autre ? Une telle dynamique aurait l’avantage de favoriser un accueil encore plus grand des personnes en ne dogmatisant pas une conception particulière face à une autre. 

Patrice Perreault

Granby

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Réflexion sur les abus de religieux

Je tiens à féliciter et à remercier monsieur Jean-François Guillet, journaliste à La Voix de l’Est, pour son excellent article paru dans l’édition du 25 novembre dernier de notre quotidien local, dans lequel il rapportait son entretien avec le docteur Hubert Van Gijseghem au sujet de la culture malsaine que l’on peut observer au sein de l’Église catholique et qui explique, en partie du moins, les abus perpétrés par des prêtres et des religieux dans des établissements d’enseignement.

Ce psychologue expert y dénonçait notamment, à juste titre, la mentalité tordue par laquelle les religieux concernés se déculpabilisaient de leurs gestes, avec la complaisance totale des autorités ecclésiastiques.

À cette analyse fort éclairante et très pertinente, j’ajouterais que l’Église catholique, du fait même de sa structure fortement hiérarchisée et de son clivage entre les « hommes de Dieu » et les « simples laïcs », a laissé se développer une culture d’abus au sens large, qui ne s’exprime pas seulement par des sévices d’ordre sexuel, mais aussi par bien d’autres formes d’exploitation. 

Cette culture d’abus, qui dérive de la loi du plus fort plutôt que de « l’esprit évangélique », semble malheureusement avoir attiré un type de personnalité pour qui « l’idéal chrétien » passe bien après l’assouvissement de leurs pulsions de domination, notamment à l’endroit des plus vulnérables. Ce qui est très dommage, puisque cela jette du discrédit sur les efforts de beaucoup de prêtres, religieux ou laïcs qui cherchent à concrétiser leurs valeurs humanistes dans un mode de vie empreint de simplicité et d’humilité, en cohérence avec leurs convictions profondes. 

Il est tout de même étonnant de constater à quel point peu de dirigeants au sein de l’Église osent se lever pour dénoncer tous ces agissements. C’est peut-être parce qu’ils se sont eux-mêmes confortablement installés dans cette culture d’abus. D’autres sans doute parce qu’ils convoitent bassement ce qui représente à leurs yeux comme étant un poste de « prestige » dans la hiérarchie catholique. 

On pourrait de toute façon s’interroger longuement sur les raisons pour lesquelles bien des ecclésiastiques préfèrent, face aux abus et à l’exploitation dans l’Église, « regarder et laisser faire ». Quoi qu’il en soit, on est en droit de se demander si les prêtres et les dirigeants catholiques très à l’aise dans cette logique d’abus sont réellement habités par une foi religieuse authentique et sincère, tant ils semblent avoir retenu peu de choses des Évangiles, à commencer par tout ce qu’on peut y lire sur le pharisaïsme et les « sépulcres blanchis ». 

Au point que lorsqu’ils prennent publiquement la parole sur des enjeux sociaux d’actualité, leurs propos ne peuvent faire autrement que de sonner aux oreilles de plusieurs comme du babillage ronflant de pharisien bien-pensant. 

Et pour cela, ces prêtres et dirigeants religieux n’ont qu’eux-mêmes à blâmer.

Jean-François Perreault

Granby

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Remplacer la Loi sur les hydrocarbures au Québec

Monsieur le Premier Ministre,

Au moment où il faudrait construire un véritable plan de sortie de l’ère des hydrocarbures, votre gouvernement met en place quatre règlements pour mettre en œuvre la loi sur les hydrocarbures adoptée sous le bâillon dans la nuit du 9 au 10 décembre 2016. Des règlements pour assurer le développement de l’industrie des hydrocarbures sur le territoire du Québec. Une telle loi qui donne le droit d’exproprier, au besoin, pour faire l’exploitation du sous-sol de votre résidence par une entreprise- privée- est inacceptable. 

Notre regroupement, Solidarité populaire Richelieu-Yamaska, est étonné, car le 14 avril 2016, lors du dévoilement de la nouvelle politique énergétique, votre gouvernement avait promis un « virage historique » « vers une économie forte, diversifiée et à faible empreinte carbone » d’ici 2030. Cette politique ambitionnait d’améliorer de 15 % l’efficacité énergétique, de réduire de 40 % les produits pétroliers consommés, d’éliminer le charbon thermique, d’augmenter de 25 % la part des énergies renouvelables dans la production totale d’énergie et d’augmenter de 50 % la production de bioénergie. C’était de belles cibles qui ne sont pas en cohérence avec votre politique qui regarde vers le haut, mais nous tire vers le bas.

Nous vous présentons, ci-joint, avec ses considérants la résolution- suivante de notre organisme : 

Nous demandons au gouvernement du Québec de retirer ses projets de règlements de mise en œuvre de la Loi sur les hydrocarbures, de remplacer la Loi sur les hydrocarbures par une loi empêchant l’établissement de la filière des hydrocarbures au Québec, y compris les projets pilotes, et de révoquer les permis d’exploration ainsi que les baux de production déjà accordés sur le territoire québécois.

Nous croyons que le Québec peut et doit faire mieux que cela. Investissons nos fonds publics et nos talents dans l’économie d’énergie, dans l’efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables. C’est ainsi que nous créerons aujourd’hui les emplois durables de l’avenir tout en préservant le capital naturel dont la planète nous a confié la garde pour nos enfants.

Nos salutations distinguées !

Jean-Paul St-Amand

Responsable des communications de Solidarité populaire Richelieu-Yamaska

Granby

Opinions

Pourquoi pas un arbre de Noël vivant?

La tradition d’un arbre de Noël dans la maison est bien enracinée pour la majorité des foyers canadiens. Du temps de mon enfance (dans les années 60), on allait à la campagne, munis d’une hache, chercher un sapin ; il y avait toujours quelqu’un dans la famille qui avait une terre avec des sapins sauvages (entendre : non cultivés). Les voitures étaient à l’époque suffisamment grandes pour qu’on l’attache sur le toit. Parfois, on revenait avec une épinette de Noël que mon père considérait plus fournie. Mais c’était avant que je ne saisisse la différence entre les deux essences. D’après mes photos des Noëls d’antan, on peut dire que je me suis fait passer une épinette quelques fois. Aujourd’hui, il suffit de se rendre à un coin de rue achalandé pour acheter l’arbre bien emballé comme un saucisson que l’on s’empresse, une fois placé dans la maison, de parer des plus beaux ornements.

Pourtant, cet arbre qui symbolise Noël (du latin Natalis), donc la naissance, c’est-à-dire la vie, est bel et bien mort ou à l’agonie. Sa dépouille se retrouvera dès janvier avec les poubelles près du chemin. 

Cette année, nous avons décidé de célébrer la vie avec un arbre tout bien vivant. Comme je le faisais jadis, je suis allé à la campagne avec mon père, maintenant âgé de 92 ans, mais cette fois sans hache. Nous nous sommes rendus dans une pépinière à Bromont pour chercher notre arbre de Noël avec ses racines enveloppées d’une toile. Comme l’intention est de le replanter au printemps, nous avons choisi une épinette dont la reprise est plus facile. 

Il a fallu user de toute notre ingéniosité pour hisser le mastodonte dans la maison. Une fois transféré de la voiture à un diable (de manutention), nous avons franchi les marches de l’entrée avec des 2x6 d’épinette puis, à l’aide d’une toile coriace étanche qui servira d’enveloppe à la motte de racines, nous avons réussi à le placer dans la maison sur une mini palette (sous laquelle nous avons collé des feutres pour prévenir les égratignures). Il faut éviter le contact direct avec le plancher dont l’humidité pourrait l’affecter. On l’arrosera toutes les semaines jusqu’à la remise en terre au printemps. 

C’est vrai que l’aventure a demandé plus d’organisation que l’arrivée d’un arbre coupé, mais l’effort est largement compensé par le plaisir que nous aurons de voir cet arbre de Noël 2017 grandir sur le terrain de la maison. 

Cette option est bien sûr difficilement accessible à celles et ceux qui habitent un logement, mais vous pouvez encourager vos proches, qui ont peut-être une maison, à adhérer au concept. 

Chez nous, la tradition de l’arbre de Noël est maintenant bien enracinée dans tous les sens du terme. 

François Simard, Alternatives-végétales

Bromont

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Les séances publiques, qu’ossa donne ?

Mercredi dernier, La Voix de l’Est nous apprenait que le conseiller Éric Duchesneau était insatisfait d’une décision du conseil de ville de Granby prise à peine quelques jours auparavant. Il n’est pas ici question de juger l’opinion de M. Duchesneau, mais d’essayer de comprendre pourquoi il n’a pas voté contre la décision, ou même seulement émis un commentaire durant le débat public.

Le fondement de la démo­cratie, c’est que tous peuvent participer aux décisions. Dans notre système en particulier, nous élisons des personnes pour nous représenter. Mais nous sommes censés avoir le droit d’être témoins de leurs travaux et de poser des questions à nos élus pour éclaircir certains points, ceci afin d’assurer la transparence du processus.

Les lois sont claires (et simples) pour assurer cette transparence : les séances doivent être publiques. Il doit y avoir des procès-verbaux. Les séances doivent être clairement annoncées et accessibles­. Simple.

Ces procédures sont respectées à la lettre par tous les conseils… à l’exception que plus personne ne parle durant les séances publiques !

Nous ne sommes plus témoins des débats ou des arguments présentés. Nous ne savons plus quelles sont les questions posées, à qui, par qui, dans quel contexte. Tout se fait dans une séance préparatoire à huis clos non régie par les lois. Les questions des citoyens en séance publique ne font souvent plus aucun sens puisqu’ils ne sont pas au courant des débats des conseillers.

Puis, les séances « citoyennes » sont apparues, là où le maire va expliquer son point de vue sur certains sujets et où il répond aux questions de ses citoyens. Deux choses que le maire est censé faire durant les séances publiques. Aucune loi ne régit ces séances, aucun procès-verbal n’est tenu, les autres membres du conseil ne sont pas tenus d’y assister et pourraient manquer une occasion de manifester leurs opinions.

Avec des sorties comme celle de M. Duchesneau, nous descendons à un niveau plus bas : les membres du conseil ne s’expriment carrément plus en séance publique, choisissant les journaux ou, pire encore, Facebook­. Pour exercer mes droits de citoyen, dois-je vraiment être membre de Facebook, une compagnie privée ? Comment est-ce que les autres membres du conseil peuvent répliquer à M. Duchesneau sans sombrer dans une confusion totale en dehors de séances régies par des règles de fonctionnement ? Il n’y a aucune trace légale des propos tenus en dehors des séances publiques­, non plus.

En dehors des séances publiques, le conseil n’existe plus. Ceci signifie que les membres du conseil ne devraient plus émettre de nouveaux commentaires ou arguments et éviter de répondre à de nouvelles questions concernant­ les affaires municipales.

Ils ne devraient même pas répondre en dehors des séances aux questions des journalistes, qui peuvent eux aussi utiliser la période de questions des citoyens (j’ai déjà vu le journaliste Michel Laliberté le faire et ça donne une tournure beaucoup plus sérieuse à la séance). La raison est que les questions devraient toujours s’adresser au conseil et non pas à un seul membre, comme le maire par exemple. Poser une question au conseil signifie que tous les membres peuvent en prendre note et y répondre. Ce n’est pas une assemblée d’individus, c’est UN conseil, solidaire.

Membres du conseil, cessez cette façon désinvolte d’exercer vos responsabilités. Personne ne vous considérera comme transparents si vous agissez en cachette ou au gré de vos émotions. Faites votre travail en séance publique­ comme il se doit.

Denny O’Breham

Granby

Opinions

Merci M. Laliberté

Merci, M. Laliberté, d’avoir relevé les propos inqualifiables de M. Bonin au sujet de M. Nappert. Ceux et celles qui admiraient aveuglément le leadership de leur superhéros, qu’en pensent-ils maintenant ? Il faudrait peut-être apprendre à faire la différence entre dictature et leadership.

Depuis de nombreuses années, le « trumpisme » est bien présent à Granby. On n’a qu’à se rappeler les critiques de bas étage auxquelles a dû faire face M. Richard Goulet (NDLR : l’ancien maire) durant ses mandats occupés par tant de projets visionnaires et audacieux.

Votre expression « des propos d’une autre époque » rejoint celle tenue par M. François­ Bonnardel­, le lendemain de son élection, quand il avait naïvement répété ce que les analystes politiques disent de Granby : « Granby est un village gaulois ».

Les propos prétentieux et méprisants du maire au sujet du caractère intellectuel de M. Nappert illustrent parfaitement cette analyse et confirment l’incompétence du maire au sujet de la culture, du patrimoine, du communautaire et de la protection de l’environnement. Et si les idées de M. Nappert ne passent pas au conseil municipal, cela voudrait-il dire que les autres membres du conseil municipal sont de la même race que celle du maire ? 

Mais pour les 25 000 citoyens de la banlieue de Granby, nous avons quand même eu une bonne nouvelle : le retour d’un préfet acceptable par l’ensemble de nos maires. Contrairement à M. Bonin qui s’était auto­proclamé préfet malgré le refus très majoritaire de ses collègues présents à la table de la MRC, M. Sarrazin a été élu par tous les maires.

La vie politique est ainsi faite : il y a des hauts et des bas. Grâce à Dieu, les Trump de ce monde ne sont pas éternels, mais hélas, ils ont toujours une solide base électorale. Encore quatre ans de bourdes et ensuite, espérons-le, Granby sortira de ce climat bassement populiste. Espérons aussi que les pseudo actions de M. Bonin issues de son incompétence ne marqueront pas trop son passage accidentel à la mairie de Granby. 

La locomotive de la MRC de la Haute-Yamaska, c’est Granby. Quand la locomotive déraille, c’est toute la MRC qui déraille. Ce qui se passe à Granby et les idées de son maire ont des conséquences sur tous les citoyens et citoyennes de la MRC. La démocratie ne se limite pas aux élections, la liberté de presse et la liberté de parole sont probablement les piliers les plus importants d’une démocratie en santé. Merci à La Voix de l’Est de favoriser parfois ces pans de la démocratie. 

André Beauregard

Shefford

Opinions

Réagissons ensemble face à la légalisation du cannabis

CARREFOUR DES LECTEURS / Depuis quelque temps, une pensée d’Albert Einstein hante ma réflexion sur la légalisation prochaine du cannabis : « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »

Dernièrement, le Pape François a pris la décision de cesser de vendre des cigarettes au Vatican alors que cette activité commerciale lui procurait une source de revenus de près de 10 millions d’euros par an. Le communiqué expliquant le motif du Saint-Père est « qu’aucun profit n’est légitime s’il met en danger la vie des personnes. »

Au cours des derniers mois, lors de la consultation publique sur ce sujet, notre maire Pascal Bonin a livré un témoignage personnel remarquable sur les conséquences néfastes à long terme de la consommation du cannabis. Plusieurs spécialistes de la santé, notamment des psychiatres, ont soulevé également plusieurs effets destructeurs sur le cerveau humain, plus spécifiquement sur les personnes qui n’ont pas atteint l’âge de 25 ans. 

Malgré tous ces avertissements, les gouvernements persistent à légaliser le cannabis dès l’âge de 18 ans. Il semble que l’appât du gain est tellement puissant que les préjudices susceptibles d’atteindre les nôtres importent peu. J’ai parfois l’impression que le législateur adopte les attitudes des « Hells Angels ».

Laisserons-nous faire ou réagirons-nous à cet enjeu de notre société ? Personnellement, je suggère un amendement important à la prochaine loi fédérale. 

Comme il semble établi scientifiquement que, dans certaines circonstances, la consom­mation du cannabis puisse procurer à des gens des effets bénéfiques, laissons aux médecins la possibilité de prescrire cette substance à leurs patients et patientes. 

Refusons catégoriquement la vente de cannabis avant l’âge de 25 ans. En somme, écoutons ceux qui possèdent l’expertise sur ce sujet. Les juges de nos tribunaux n’appuient-ils pas leurs sentences sur l’avis d’experts ? Et nos politiciens et politiciennes eux se sentent autorisés à faire la sourde oreille à leurs recommandations.

Je vous avoue que je prie plus particulièrement pour les parents qui auront à faire comprendre à leurs chéris que ce n’est pas parce que quelque chose est légal, que cette chose est pour autant bonne en soi.

Je rêve de m’associer au maire Bonin et de mobiliser nos citoyens et citoyennes en marchant jusqu’au bureau du député Breton afin d’exiger des amendements à cette loi, sinon tout comme le Pape l’a fait au Vatican­, Granby montrera l’exemple aux autres municipalités et interdira la vente libre de cannabis sur son territoire.


Claude Lamoureux, prêtre

Granby