Brigham et la liberté de polluer

LA VOIX DES LECTEURS / À Brigham on peut polluer, et ce n’est pas gênant. À Brigham on peut tout faire. À Brigham, durant l’hiver, on peut retrouver des milliers de petits morceaux de plastique multicolores dans nos rues. À Brigham, c’est festif et coloré!

À Brigham, la firme responsable du déneigement épand du substrat rempli de morceaux de plastique sur nos routes, au lieu d’utiliser du sable ou du sel.

Non, mais, quelle bonne idée!

Prendre une marche relaxe et découvrir que nos rues sont maintenant inondées de couleurs chatoyantes, n’est-ce pas assez pour ajouter au bonheur de l’esprit des Fêtes ?

C’est vrai que nous sommes maintenant en 2020 et que la cause environnementale n’est pas d’actualité. C’est vrai que Brigham n’est pas une jolie petite municipalité que l’on se doit de protéger par tous les moyens. C’est vrai que le plastique n’est pas si dommageable pour la nature. Il tue les océans, pousse à l’extinction de plusieurs espèces animales, mais dans le fond, ça ne doit pas être si toxique. La pluie qui tombera sur notre jolie campagne, au printemps, ne va sans doute pas propulser tous ces polluants dans notre rivière...

Suis-je sarcastique ? Évidemment !

Mais plus encore, je suis profondément en colère et indignée, parce qu’une fois de plus, pour une foutue question d’argent, on prend la liberté de polluer sans scrupule.

Recycler, composter, acheter local... pourquoi se donner tout ce mal si des compagnies viennent « garrocher », et sans notre consentement, des milliers de morceaux de plastique dans nos rues ?

Marie-Claude Decelles

Brigham