Avec pas d’casque

CHRONIQUE / Un couple d’amis revient tout juste d’un voyage en Grèce. Dix jours de rêve où ils ont découvert la Crête, Mykonos, Santorini et leurs merveilles. Ils sont revenus revigorés et la tête remplie de souvenirs bercés par les vents marins desquels émanent un doux parfum d’oliviers.

Leur périple, ils nous l’ont fait vivre en images lors d’un souper ce week-end. C’était comme si on y était. (Faut ramener les diapositives ! Pour une fille comme moi, qui ne sort pas du territoire couvert par La Voix de l’Est, ces soirées « découvertes » sont tellement intéressantes, instructives et dépaysantes.)

Tous deux avaient des étoiles dans les yeux en parlant des paysages dressés devant eux. Des chèvres des montagnes croisées en chemin. De la qualité des repas dégustés. De la beauté des plages et de l’hospitalité des gens... Même les portes des maisons valaient la peine qu’on s’y arrête !

Devant leur bonheur grec, j’ai donc réprimé un commentaire quand ils nous ont avoué avoir visité Mykonos à cheval sur un scooter… AVEC PAS DE CASQUE ! Ils n’avaient jamais conduit un tel engin de leur vie en plus !

Me semble que ça fait loin, une île de la mer Égée, pour se péter la gueule, non ?

En fait, c’est que leur escapade m’a fait penser au pire et à l’histoire de mon amie Isabelle. Cet hiver, Isa et sa tribu sont allées essayer le fat bike. Une fois sur place, oups, ils louaient les vélos aux roues surdimensionnées, mais pas les casques.

Pfffff, pas grave, on pédale dans la neige ! Il ne peut rien nous arriver. Anyway, des accidents, ça n’arrive qu’aux autres !

Je me dis que c’est sans doute ce qu’ils se sont dit...

Mais voyez-vous, Isa est tombée de sa monture et bang ! , elle est atterrie sur la tête. Sur la glace. Elle s’est relevée avec une sérieuse commotion cérébrale. Ça fait quatre mois qu’elle ne travaille pas, qu’elle évite les écrans et tout ce qui demande de la concentration.

Elle trouve ça loooooong.

Tout ça après une sortie de famille en vélo. L’hiver.

En voulez-vous une autre ?

Mon amie Judith enseigne au primaire. Un jour, alors qu’elle surveillait dans la cour d’école pendant une récré, boung ! elle a reçu un ballon sur la tête. Verdict : commotion cérébrale elle aussi. (Je sais, les cours d’école ne sont plus ce qu’elles étaient...)

Bon, mon but n’est pas de dire ici que les profs devraient se promener avec un full face pendant que les enfants jouent au ballon chasseur dans le gazon. Non. C’est juste que je veux montrer que, parfois, on prend des risques. Des risques qui peuvent nous hypothéquer pour un bout.

Judith, elle, n’a pris aucun risque. Des fois, le sort fait juste s’acharner. C’était juste pour vous montrer comment une commotion peut être si vite arrivée.

D’un autre côté, je sais très bien — ne m’écrivez donc pas en bloc — qu’on ne peut pas commencer à se freiner dans tout ou encore se mettre à avoir peur d’avoir peur. Il n’y a rien de pire pour avancer dans la vie.

Dans le fond, il faut juste être prudents.

Mais je comprends qu’en vacances, surtout dans des lieux où le blanc domine comme à Paros, Sérifos, Anafi, Ikaria, Samothrace, Pancréas ( !), Psara, Karpathos, Lucade, etc., entre une mer turquoise et des champs de coquelicots d’un rouge éclatant, on ne veuille pas s’encombrer d’un casque de moto odorant. Surtout quand tout le monde autour se promène le vent dans les cheveux, les babines dans les yeux...

La dernière fois que j’ai voulu me lancer dans la Rivière Aventure à l’Amazoo, je me suis pointée là-bas sans attache pour tenir mes lunettes en place et enduite d’une crème FPS 15 seulement.

C’est plus fort que nous. En vacances, vivre dangereusement devient, effectivement, très enivrant.