Attention à l’environnement, mais...

LA VOIX DES LECTEURS / Madame Marie-Ève Martel, j’ai lu votre article intitulé Ainsi fond, fond, fond où vous nous parlez du réchauffement climatique en jouant sur la corde sensible de la nostalgie.

Je vais vous en parler de la nostalgie.

Je suis né en 1948 dans un petit village au nord de Chicoutimi sur une petite ferme où les hivers duraient en moyenne huit mois dans une maison non isolée. Puis-je vous dire que vous avez hâte que votre père allume le poêle à bois les matins d’hiver! Quand vous devez vous rendre à la petite école de rang située à un mille avec vos petites bottes de caoutchouc à - 45 degrés Celsius, vous avez hâte d’arriver. Certains hivers, on pouvait marcher sur la tête des poteaux avec une accumulation de neige au sol de 12 pieds.

J’ai même connu, étant très jeune, une époque où on pouvait traverser le Saguenay, entre Chicoutimi et Chicoutimi-Nord, à pied sur un pont de glace.

Vous nous parlez de la Gaspésie. Je me rappelle être allé voir mes beaux-parents à Gaspé pour Pâques. J’ai dû laisser la voiture le long de la route 132, car les falaises étaient d’une hauteur de dix pieds, ce qui obstruait toutes les entrées de maisons, et ceci, il y a seulement 50 ans.

Pendant 35 ans, j’ai demeuré à Chicoutimi où les hivers ne sont pas plus courts qu’à ma naissance, mais ma maison était isolée. Quand, pendant deux mois, le thermomètre ne monte jamais en haut de - 25 Celsius, on dit qu’il fait frette et on n’oublie pas de connecter la voiture à une borne électrique ! Je n’insisterai pas sur le sport régional qui est de pelleter presque tous les matins pour aller travailler.

J’ai eu la chance de voyager beaucoup et j’en ai vu des pays pauvres, que ce soit en Afrique, en Asie et, plus récemment, en Inde.

Là-bas les gens ne pitonnent pas sur un cellulaire en marchant. Ils doivent regarder où ils mettent les pieds, car les déchets sont partout avec en plus de ce que laissent les les vaches, les porcs et les chiens en liberté. La population de ce pays étant d’un milliard trois cents millions, vous pouvez imaginer ce qu’ils génèrent comme déchets...

Je suis d’accord pour que nous fassions attention à l’environnement, mais je trouve un peu simplistes les petites campagnes menées à ce sujet vu la population peu nombreuse ici, au Canada.

Par contre, dites-vous que je n’ai aucune nostalgie concernant les hivers d’il y a 70 ans et que j’aime grandement que les étés soient un peu plus longs qu’autrefois. Surtout ici, dans le sud du Québec.

Yvon Lavoie

Granby