Opinions

Réflexion sur les abus de religieux

Je tiens à féliciter et à remercier monsieur Jean-François Guillet, journaliste à La Voix de l’Est, pour son excellent article paru dans l’édition du 25 novembre dernier de notre quotidien local, dans lequel il rapportait son entretien avec le docteur Hubert Van Gijseghem au sujet de la culture malsaine que l’on peut observer au sein de l’Église catholique et qui explique, en partie du moins, les abus perpétrés par des prêtres et des religieux dans des établissements d’enseignement.

Ce psychologue expert y dénonçait notamment, à juste titre, la mentalité tordue par laquelle les religieux concernés se déculpabilisaient de leurs gestes, avec la complaisance totale des autorités ecclésiastiques.

À cette analyse fort éclairante et très pertinente, j’ajouterais que l’Église catholique, du fait même de sa structure fortement hiérarchisée et de son clivage entre les « hommes de Dieu » et les « simples laïcs », a laissé se développer une culture d’abus au sens large, qui ne s’exprime pas seulement par des sévices d’ordre sexuel, mais aussi par bien d’autres formes d’exploitation. 

Cette culture d’abus, qui dérive de la loi du plus fort plutôt que de « l’esprit évangélique », semble malheureusement avoir attiré un type de personnalité pour qui « l’idéal chrétien » passe bien après l’assouvissement de leurs pulsions de domination, notamment à l’endroit des plus vulnérables. Ce qui est très dommage, puisque cela jette du discrédit sur les efforts de beaucoup de prêtres, religieux ou laïcs qui cherchent à concrétiser leurs valeurs humanistes dans un mode de vie empreint de simplicité et d’humilité, en cohérence avec leurs convictions profondes. 

Il est tout de même étonnant de constater à quel point peu de dirigeants au sein de l’Église osent se lever pour dénoncer tous ces agissements. C’est peut-être parce qu’ils se sont eux-mêmes confortablement installés dans cette culture d’abus. D’autres sans doute parce qu’ils convoitent bassement ce qui représente à leurs yeux comme étant un poste de « prestige » dans la hiérarchie catholique. 

On pourrait de toute façon s’interroger longuement sur les raisons pour lesquelles bien des ecclésiastiques préfèrent, face aux abus et à l’exploitation dans l’Église, « regarder et laisser faire ». Quoi qu’il en soit, on est en droit de se demander si les prêtres et les dirigeants catholiques très à l’aise dans cette logique d’abus sont réellement habités par une foi religieuse authentique et sincère, tant ils semblent avoir retenu peu de choses des Évangiles, à commencer par tout ce qu’on peut y lire sur le pharisaïsme et les « sépulcres blanchis ». 

Au point que lorsqu’ils prennent publiquement la parole sur des enjeux sociaux d’actualité, leurs propos ne peuvent faire autrement que de sonner aux oreilles de plusieurs comme du babillage ronflant de pharisien bien-pensant. 

Et pour cela, ces prêtres et dirigeants religieux n’ont qu’eux-mêmes à blâmer.

Jean-François Perreault

Granby

Opinions

Bravo Sydney!

Je vous écris parce que je voudrais partager quelque chose que je considère important pour cette jeune rappeuse. Je viens d’avoir 67 ans et je n’ai jamais apprécié les chanteurs de rap. Toutefois quand j’ai vu Sydney préformer à la télévision, j’ai mis sur pause et demandé à mon épouse de venir voir ce phénomène. Je dois admettre que je ne comprends rien des paroles, mais son rythme et son énergie m’ont attiré. Les rappeurs ont souvent un air agressif, mais pas elle. Je savais dès lors qu’elle gagnerait, même si j’ai trouvé que sa compétition était de haut niveau. J’ai été très touché quand je la voyais « protéger » son amie non voyante. C’était tout simplement dans sa nature et je lui lève mon chapeau. Qu’elle fasse l’effort à risque de chanter en français, ça montre qu’elle veut rejoindre le cœur de tous les Québécois. Je lui souhaite une belle carrière que je vais suivre.

Jean-Pierre Boisvert

Sutton

Opinions

Parc des sommets : saviez-vous que ?

Nous voulons partager avec les citoyens nos inquiétudes quant à la demande de subvention qui a été déposée par la Ville de Bromont, auprès du ministère du Tourisme du Québec d’une somme de 2 750 000 $ pour l’acquisition de terrains et la mise en place d’infrastructures touristiques dans le Parc des sommets.

Cette demande s’appuie sur un plan d’affaires visant un achalandage de plus de 500 000 visiteurs en 2021. Voici les infrastructures décrites : 

Cabane à sucre d’autrefois, pavillon d’accueil de 1600 p.car., stationnement, circuit critérium enneigé de ski de fond, forfaits d’aventure équestre, caillebotis aux mille marches, service de navettes, nouveaux sentiers.

Nous sommes également très étonnés et désappointés que des organismes dont la mission est de protéger et de conserver la nature tels que Protégeons Bromont, la Société de conservation du mont Brome et Les Amis des sentiers s’associent à cette demande de subvention qui vise à créer des activités touristiques supplémentaires sur le futur Parc des sommets. La logique ne tient plus, la pression sur le territoire et les écosystèmes déjà fragiles ne fera qu’augmenter.

Nous croyons que cette complicité met en péril l’objectif visé de conservation et protection que la population de Bromont et des environs veut se donner et qu’elle appuie en participant à la campagne de financement populaire.

Le riche potentiel environnemental de ce territoire a largement été mis en valeur au cours des dernières années tant par les organismes cités plus haut que par Conservation Nature Canada et Corridor appalachien et ne fait aucun doute à nos yeux, protégeons et conservons, mais pas à n’importe quel compromis…

Camil Poulin et Chantal Vanstechelman

Bromont

Opinions

Remplacer la Loi sur les hydrocarbures au Québec

Monsieur le Premier Ministre,

Au moment où il faudrait construire un véritable plan de sortie de l’ère des hydrocarbures, votre gouvernement met en place quatre règlements pour mettre en œuvre la loi sur les hydrocarbures adoptée sous le bâillon dans la nuit du 9 au 10 décembre 2016. Des règlements pour assurer le développement de l’industrie des hydrocarbures sur le territoire du Québec. Une telle loi qui donne le droit d’exproprier, au besoin, pour faire l’exploitation du sous-sol de votre résidence par une entreprise- privée- est inacceptable. 

Notre regroupement, Solidarité populaire Richelieu-Yamaska, est étonné, car le 14 avril 2016, lors du dévoilement de la nouvelle politique énergétique, votre gouvernement avait promis un « virage historique » « vers une économie forte, diversifiée et à faible empreinte carbone » d’ici 2030. Cette politique ambitionnait d’améliorer de 15 % l’efficacité énergétique, de réduire de 40 % les produits pétroliers consommés, d’éliminer le charbon thermique, d’augmenter de 25 % la part des énergies renouvelables dans la production totale d’énergie et d’augmenter de 50 % la production de bioénergie. C’était de belles cibles qui ne sont pas en cohérence avec votre politique qui regarde vers le haut, mais nous tire vers le bas.

Nous vous présentons, ci-joint, avec ses considérants la résolution- suivante de notre organisme : 

Nous demandons au gouvernement du Québec de retirer ses projets de règlements de mise en œuvre de la Loi sur les hydrocarbures, de remplacer la Loi sur les hydrocarbures par une loi empêchant l’établissement de la filière des hydrocarbures au Québec, y compris les projets pilotes, et de révoquer les permis d’exploration ainsi que les baux de production déjà accordés sur le territoire québécois.

Nous croyons que le Québec peut et doit faire mieux que cela. Investissons nos fonds publics et nos talents dans l’économie d’énergie, dans l’efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables. C’est ainsi que nous créerons aujourd’hui les emplois durables de l’avenir tout en préservant le capital naturel dont la planète nous a confié la garde pour nos enfants.

Nos salutations distinguées !

Jean-Paul St-Amand

Responsable des communications de Solidarité populaire Richelieu-Yamaska

Granby

Opinions

Les séances publiques, qu’ossa donne ?

Mercredi dernier, La Voix de l’Est nous apprenait que le conseiller Éric Duchesneau était insatisfait d’une décision du conseil de ville de Granby prise à peine quelques jours auparavant. Il n’est pas ici question de juger l’opinion de M. Duchesneau, mais d’essayer de comprendre pourquoi il n’a pas voté contre la décision, ou même seulement émis un commentaire durant le débat public.

Le fondement de la démo­cratie, c’est que tous peuvent participer aux décisions. Dans notre système en particulier, nous élisons des personnes pour nous représenter. Mais nous sommes censés avoir le droit d’être témoins de leurs travaux et de poser des questions à nos élus pour éclaircir certains points, ceci afin d’assurer la transparence du processus.

Les lois sont claires (et simples) pour assurer cette transparence : les séances doivent être publiques. Il doit y avoir des procès-verbaux. Les séances doivent être clairement annoncées et accessibles­. Simple.

Ces procédures sont respectées à la lettre par tous les conseils… à l’exception que plus personne ne parle durant les séances publiques !

Nous ne sommes plus témoins des débats ou des arguments présentés. Nous ne savons plus quelles sont les questions posées, à qui, par qui, dans quel contexte. Tout se fait dans une séance préparatoire à huis clos non régie par les lois. Les questions des citoyens en séance publique ne font souvent plus aucun sens puisqu’ils ne sont pas au courant des débats des conseillers.

Puis, les séances « citoyennes » sont apparues, là où le maire va expliquer son point de vue sur certains sujets et où il répond aux questions de ses citoyens. Deux choses que le maire est censé faire durant les séances publiques. Aucune loi ne régit ces séances, aucun procès-verbal n’est tenu, les autres membres du conseil ne sont pas tenus d’y assister et pourraient manquer une occasion de manifester leurs opinions.

Avec des sorties comme celle de M. Duchesneau, nous descendons à un niveau plus bas : les membres du conseil ne s’expriment carrément plus en séance publique, choisissant les journaux ou, pire encore, Facebook­. Pour exercer mes droits de citoyen, dois-je vraiment être membre de Facebook, une compagnie privée ? Comment est-ce que les autres membres du conseil peuvent répliquer à M. Duchesneau sans sombrer dans une confusion totale en dehors de séances régies par des règles de fonctionnement ? Il n’y a aucune trace légale des propos tenus en dehors des séances publiques­, non plus.

En dehors des séances publiques, le conseil n’existe plus. Ceci signifie que les membres du conseil ne devraient plus émettre de nouveaux commentaires ou arguments et éviter de répondre à de nouvelles questions concernant­ les affaires municipales.

Ils ne devraient même pas répondre en dehors des séances aux questions des journalistes, qui peuvent eux aussi utiliser la période de questions des citoyens (j’ai déjà vu le journaliste Michel Laliberté le faire et ça donne une tournure beaucoup plus sérieuse à la séance). La raison est que les questions devraient toujours s’adresser au conseil et non pas à un seul membre, comme le maire par exemple. Poser une question au conseil signifie que tous les membres peuvent en prendre note et y répondre. Ce n’est pas une assemblée d’individus, c’est UN conseil, solidaire.

Membres du conseil, cessez cette façon désinvolte d’exercer vos responsabilités. Personne ne vous considérera comme transparents si vous agissez en cachette ou au gré de vos émotions. Faites votre travail en séance publique­ comme il se doit.

Denny O’Breham

Granby

Opinions

Merci M. Laliberté

Merci, M. Laliberté, d’avoir relevé les propos inqualifiables de M. Bonin au sujet de M. Nappert. Ceux et celles qui admiraient aveuglément le leadership de leur superhéros, qu’en pensent-ils maintenant ? Il faudrait peut-être apprendre à faire la différence entre dictature et leadership.

Depuis de nombreuses années, le « trumpisme » est bien présent à Granby. On n’a qu’à se rappeler les critiques de bas étage auxquelles a dû faire face M. Richard Goulet (NDLR : l’ancien maire) durant ses mandats occupés par tant de projets visionnaires et audacieux.

Votre expression « des propos d’une autre époque » rejoint celle tenue par M. François­ Bonnardel­, le lendemain de son élection, quand il avait naïvement répété ce que les analystes politiques disent de Granby : « Granby est un village gaulois ».

Les propos prétentieux et méprisants du maire au sujet du caractère intellectuel de M. Nappert illustrent parfaitement cette analyse et confirment l’incompétence du maire au sujet de la culture, du patrimoine, du communautaire et de la protection de l’environnement. Et si les idées de M. Nappert ne passent pas au conseil municipal, cela voudrait-il dire que les autres membres du conseil municipal sont de la même race que celle du maire ? 

Mais pour les 25 000 citoyens de la banlieue de Granby, nous avons quand même eu une bonne nouvelle : le retour d’un préfet acceptable par l’ensemble de nos maires. Contrairement à M. Bonin qui s’était auto­proclamé préfet malgré le refus très majoritaire de ses collègues présents à la table de la MRC, M. Sarrazin a été élu par tous les maires.

La vie politique est ainsi faite : il y a des hauts et des bas. Grâce à Dieu, les Trump de ce monde ne sont pas éternels, mais hélas, ils ont toujours une solide base électorale. Encore quatre ans de bourdes et ensuite, espérons-le, Granby sortira de ce climat bassement populiste. Espérons aussi que les pseudo actions de M. Bonin issues de son incompétence ne marqueront pas trop son passage accidentel à la mairie de Granby. 

La locomotive de la MRC de la Haute-Yamaska, c’est Granby. Quand la locomotive déraille, c’est toute la MRC qui déraille. Ce qui se passe à Granby et les idées de son maire ont des conséquences sur tous les citoyens et citoyennes de la MRC. La démocratie ne se limite pas aux élections, la liberté de presse et la liberté de parole sont probablement les piliers les plus importants d’une démocratie en santé. Merci à La Voix de l’Est de favoriser parfois ces pans de la démocratie. 

André Beauregard

Shefford

Opinions

L’intimidation sévit encore dans nos écoles

La semaine dernière, Claude (nom fictif), élève de l’école secondaire l’Envolée, a reçu un message texte anonyme lui proférant la menace de se faire battre à l’école. Naturellement, Claude réagit très mal à ces menaces. Le cerveau de ces messages est Camille (nom fictif), élève de l’école secondaire, prétendant protéger son alter ego qui est en amour avec Claude. L’élève décide d’aller plus loin et interpelle Claude sur d’autres plateformes de communication, transformant l’intimidation en harcèlement. Craignant pour sa sécurité, l’enfant ne se lève pas pour aller à l’école et manque deux examens.

Les parents de Claude, au vu et au su de la situation, montent un dossier et décident d’aller voir l’aide psychosociale de l’école. Arrivés à l’école, les parents sont en stupéfaction : la personne au secrétariat ne sait pas à qui les référer. C’est finalement une personne qui occupe la surveillance à ce moment-là, qui agit aussi à titre de technologue en éducation spécialisée, qui les prend en charge.

Celle-ci rencontre Claude et Camille. Résultat : Camille et Claude doivent tous deux écrire une lettre d’excuse à l’autre pour avoir tenu des « propos désagréables », faisant fi de toute intimidation. Au final, Camille n’apprend pas du geste d’intimidation commis, et Claude reste, de son côté, solitaire, humilié et doit vivre avec un individu intimidateur aucunement pris en charge.

Hier, c’était l’histoire de Maxime, aujourd’hui c’est celle de Claude et demain ce sera celle de Dominique. Les personnes intimidatrices ne sont pas prises en charge de manière proactive et le fardeau des victimes est doublé, d’abord par la personne commettant l’intimidation et ensuite par le système qui lui inflige une conséquence.

Double victimisation

Selon le psychosociologue Yann Le Brossé, la notion de double victimisation réfère aux « situations dans lesquelles les personnes concernées doivent faire face à une forme plus ou moins ouverte d’hostilité de la part du corps professoral chargé de les aider en plus d’être aux prises avec les difficultés propres à leur situation. »

Dans bien des cas, afin de réduire le fardeau de la personne intimidatrice, on trouve des coquilles pour blâmer la victime qui d’abord subit de l’intimidation puis se fait ensuite juger pour « propos désagréables » en réponse à certains actes d’intimidation ou encore s’excuser pour s’être défendu physiquement.

La présence d’une double victimisation aggrave les conséquences vécues par les victimes. Elle entraîne notamment des comportements d’isolement ou une diminution de la participation sociale. De plus, elle décourage la victime ou les futures victimes à dénoncer l’intimidation puisqu’elles perdent espoir face au système.

Manque de ressources

Le gouvernement du Québec nous martèle à coups de publicités télévisées l’importance de dénoncer l’intimidation et lorsqu’on la dénonce, aucune intervention digne de ce nom montre un réel désir de la direction à enrayer définitivement la situation.

Ce n’est pas étonnant considérant les 265 postes de spécialistes de l’éducation dans le réseau scolaire québécois qui ont été coupés pour la seule année de 2015. Ce sont des dizaines de travailleurs sociaux et de travailleuses sociales, de psychoéducateurs et de psychoéducatrices, de conseillers et conseillères pédagogiques, de psychologues, d’orthopédagogues et d’autres professions qui n’œuvrent plus dans les 72 commissions scolaires du Québec.

Lors de la mise en place des mesures dites de rigueur budgétaire, les directions ont dû retrancher les budgets alloués aux services sociaux pour compenser les compressions imposées, et ce, malgré la loi de 2012 forçant les écoles à se doter d’un plan de lutte efficace contre l’intimidation.

Malheureusement, c’est souvent le corps enseignant, déjà surmené par la charge des cours, qui est en première ligne, et ce, avec peu de ressources. En outre, le corps enseignant n’est pas à blâmer pour ces cas où des élèves passent entre les mailles du filet. Ce sont les directions obligées d’amputer leur budget dans les services psychosociaux et les mesures exposées plus haut, notamment celles de rigueur budgétaire, qui en sont responsables. Il est clair que le résultat de telles mesures et actions entrave le but premier de nos filets de sécurité dans nos écoles, soit d’encadrer et soutenir nos enfants vers l’entière réalisation de leurs capacités.

L’intimidation et le harcèlement : qu’est-ce que c’est ?

Selon le gouvernement du Québec, l’intimidation constitue l’ensemble des paroles, gestes ou comportements qui blessent, humilient, excluent ou qui ont pour effet de faire perdre l’estime d’une victime. Il y a généralement un rapport de force entre une personne intimidatrice et la victime.

Pour ce qui est du harcèlement, il se caractérise par l’enchaînement d’agissements hostiles à répétition de manière à faire craindre pour la sécurité d’une victime. Le harcèlement se traduit régulièrement par des actes d’intimidation.

D’ailleurs, selon l’article 423 (1) du Code criminel, l’intimidation est un acte criminel qui s’applique dès l’âge de douze ans. De plus, toujours selon le Code criminel, l’article 264 (1) stipule qu’il est formellement interdit de « communiquer de façon répétée, même indirectement, avec une [victime]. »

Dans le même ordre d’idées, le domaine juridique juge un cas par l’intention du coupable. À la lueur de ces propos, il semble complètement aberrant que Claude ait eu la même conséquence que Camille et que ce dernier n’ait été aucunement pris en charge pour qu’il comprenne la portée de ses actes.

Sans pour autant le punir, il faut tout d’abord reconnaître la gravité des actes répréhensibles.

Ensuite, il faut lui expliquer le tort causé et l’accompagner dans un apprentissage écartant la dynamique de l’intimidation. Trop souvent, les intimidateurs et intimidatrices subissent une rupture sociale et se recluent dans l’intimidation. Il serait peut-être temps d’encadrer et d’outiller les jeunes pour qu’ils aient des interactions sociales saines.

Prévention du suicide

L’intimidation cause bien souvent plusieurs problèmes chez les jeunes, notamment le développement d’anxiété, la hausse d’absentéisme et génère parfois la dépression. Parmi les répercussions, il peut y avoir une marginalisation engendrée par les proches de la personne intimidatrice ou encore la pression des pairs qui étiquette la victime comme telle. Pour les victimes, certains effets se font sentir jusqu’à l’âge adulte.

De plus, les jeunes victimes sont cinq fois plus susceptibles d’avoir des idées suicidaires selon une étude menée par l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. L’intimidation est donc un vecteur reconnu qui augmente les risques de suicide. Au cours des douze derniers mois, une personne sur cinq, entre 12 et 17 ans, a envisagé le suicide. Ne serait-il pas le temps d’investir davantage en ressources humaines ?

L’Envolée est un exemple où les services sociaux peinent à agir concrètement. Les intimidateurs sont souvent eux aussi victimes d’intimidation. Il est insensé de ne voir aucune intervention à long terme visant à freiner l’usage de violence. Au lieu de régler le problème aux racines, on éteint simplement le feu.

Agissons ensemble pour dire non à l’intimidation !

Une société qui laisse mourir ses enfants est vouée à l’extinction. Il faut que le gouvernement du Québec, la commission scolaire du Val-des-Cerfs ainsi que l’école l’Envolée agissent ensemble pour mieux encadrer les personnes intimidatrices et les mener vers des méthodes de communication et d’interaction plus respectueuses.

Seuls, nous allons plus vite, mais ensemble, nous allons plus loin.

Si vous êtes victime d’intimidation, contactez la ligne d’écoute de Tel-Jeunes au 1-800-263-2266.


Dardan Isufi

Véronique Larouche

Sandrine Khuon

Cédric Champagne

Charlotte Lessard

Étudiant(e)s engagé(e)s de Granby

Actualités

Cela presse d’aider la presse écrite

En réaction à la lettre intitulée « La presse écrite en péril : le gouvernement Trudeau doit agir », signée par plusieurs personnalités et organismes et publiée dans notre édition du 20 novembre dernier.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, exhorte le gouvernement canadien à faire preuve de vigilance relativement à la cyberguerre que mènent les Russes actuellement. Dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, a-t-il précisé, les États doivent se défendre contre les tentatives étrangères de faire basculer l’opinion publique, non seulement à l’étranger, mais également au sein de leur propre population, et c’est en rapportant les faits que la vérité l’emporte. Le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, a rappelé quant à lui que la bataille de l’information a depuis longtemps été un outil dans les conflits mondiaux, mais qu’Internet fournit aujourd’hui à ces tactiques une plus large portée.

Les préoccupations du gouvernement Trudeau relatives à la sécurité nationale devraient l’inciter tout particulièrement à subventionner la presse écrite d’ici, qui vit actuellement la plus grande crise de son histoire, du fait de la guerre déloyale que lui mènent les Google et les Facebook de ce monde, qui se fichent de la vérité comme de leur première culotte. Ils sont nombreux à estimer que des blogueurs russes rétribués par Moscou auraient concouru, à coup de fausses nouvelles et de contre-vérités, à faire gagner Donald Trump face à Hillary Clinton aux dernières présidentielles états-uniennes. Si la désinformation politique gagnait à son tour le Canada, Justin Trudeau pourrait en payer le prix aux élections de 2019 (les Russes détestent tout particulièrement la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui a pris le parti de l’Ukraine contre la Russie).

Comme le rappelle pertinemment le texte collectif « La presse écrite en péril : le gouvernement Trudeau doit agir » : « En cette ère de fausses nouvelles et de propagande, le meilleur rempart contre cette tendance inquiétante demeure la collecte rigoureuse d’informations et les véritables enquêtes journalistiques. (…) Nos médias écrits sont le fer de lance de l’information partout au Canada et des éveilleurs de conscience indispensables. »

Si le libéral Justin Trudeau ne lève pas le petit doigt pour venir en aide à la presse écrite, nous aurons la preuve qu’il est au fond de la même eau que le conservateur Stephen Harper, qui la craignait comme la peste.

Sylvio Le Blanc

Montréal

Opinions

Logements abordables sans fumée : vers une plus grande équité

Depuis 20 ans, d’énormes progrès ont été réalisés en matière de protection de la population contre la fumée de tabac secondaire (FTS) dans les lieux publics et les milieux de travail au Québec. Ces progrès ont transformé les normes sociales à l’égard du tabagisme et ont provoqué un effet d’entraînement dans le secteur résidentiel où de plus en plus de ménages ne permettent plus de fumer à l’intérieur de leur maison.

Au Québec, de plus en plus de propriétaires d’immeubles résidentiels du secteur privé ne permettent plus de fumer dans leurs logements. Les administrateurs d’immeubles de logements abordables commencent également à manifester de l’intérêt pour trouver des solutions afin de mieux protéger leurs locataires contre la FTS. Malheureusement, de telles interventions ne font pas l’unanimité. On craint qu’elles viennent accentuer les inégalités sociales en imposant des contraintes additionnelles aux fumeurs démunis désireux d’accéder à un logement abordable. À notre avis, il importe de recadrer le sujet dans un contexte d’équité en santé.

« L’équité en santé correspond au principe selon lequel tous les gens devraient pouvoir aspirer à un état de santé optimal et ne devraient pas être limités à cet égard en raison... de leur situation socioéconomique ou de tout autre attribut social. » Le logement abordable vient déjà jouer un rôle important au niveau de l’équité en santé en permettant aux plus démunis de pouvoir obtenir un lieu de résidence.

Or, les sondages montrent que les taux de tabagisme sont généralement plus élevés parmi ce groupe socio­économique, ce qui signifie une présence plus abondante de FTS dans les immeubles de logements abordables. Malheureusement, on mentionne trop peu que les logements abordables abritent aussi une clientèle avec un taux plus élevé d’invalidité et de maladies chroniques comme l’asthme ou le diabète, des conditions qui la rendent plus vulnérable à toute exposition de FTS.

Il s’agit déjà d’un défi pour tout occupant d’un immeuble résidentiel du secteur privé de se relocaliser si toutes ses autres options pour se prémunir contre des infiltrations de FTS sont épuisées. (...) On peut donc s’attendre à ce qu’une personne défavorisée qui parvient à obtenir un logement abordable soit beaucoup moins encline à s’en départir si elle subit un inconvénient à cause de la FTS. (...) Le fait d’offrir un environnement sans fumée dans les immeubles de logements abordables assurerait ainsi une plus grande équité en santé pour cette clientèle.

Les préoccupations à l’égard des fumeurs ne doivent pas être ignorées pour autant. Il faut toutefois préciser que l’enjeu ici consiste à éliminer la présence de FTS dans les immeubles résidentiels et non à empêcher un fumeur d’accéder ou de rester dans un logement abordable ou encore de le forcer à cesser­ de fumer. (...) 

François Damphousse, directeur, bureau du Québec, Association pour les droits des non-fumeurs

Sylvain Boily, directeur général, Office municipal d’habitation de Longueuil

Mario Champagne, agent de planification, de programmation et de recherche, Direction de santé publique

Dre Claire Jutras, médecin-conseil, Direction de santé publique - Prévention/Promotion, CISSS des Laurentides

Dr Fernand Turcotte, professeur émérite, Université Laval

Opinions

Lutte contre la pauvreté : pourquoi un tel manque d’ambition ?

La mise à jour économique de mardi devrait nous donner une idée des grandes lignes du troisième plan d’action gouvernemental en matière de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale que nous prépare le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François­ Blais. Après avoir reconnu l’échec des deux premiers plans, adoptés en 2004 et en 2010, le ministre promet que le prochain­ sera « ambitieux ».

Toutefois, tout ce qu’il en a dit jusqu’à maintenant semble manquer cruellement d’ambition et paver la voie à un nouvel échec.

Le ministre Blais promet de faire sortir 100 000 personnes de la pauvreté en amenant leur revenu jusqu’au montant de la Mesure du panier de consommation (MPC), soit 17 716 $ pour l’année de référence 2016. Or, la MPC représente le montant nécessaire à la couverture des besoins de base reconnus (logement, habillement, alimentation, transport et autres). Et la seule couverture de ces besoins est loin d’être synonyme de sortie de la pauvreté.

Par ailleurs, l’objectif de 100 000 est à la fois arbitraire et fort timide. Les dernières données disponibles indiquent que 760 000 personnes n’atteignaient pas le seuil de la MPC en 2014. Le ministre trouve-t-il vraiment ambitieux de promettre de laisser les 660 000 autres personnes dans la grande pauvreté ?

Le ministre Blais a déjà annoncé que le prochain plan de lutte à la pauvreté sera axé sur l’incitation au travail. On sait qu’il compte privilégier l’augmentation de la Prime au travail pour hausser le revenu des travailleurs et travailleuses au bas de l’échelle.

Dans cet esprit, le ministre compte serrer davantage la vis aux personnes assistées sociales pour les pousser vers le marché du travail, comme en fait foi le programme Objectif emploi. Rappelons qu’à compter du mois d’avril, les personnes faisant une première demande d’aide sociale devront obligatoirement participer à ce programme sous peine de voir leur prestation amputée d’un montant pouvant aller jusqu’à 224 $ par mois.

Cela relève de l’indécence quand on sait qu’avec la prestation de base mensuelle de 628 $, les personnes seules arrivent actuellement à couvrir seulement 52 % des besoins de base reconnus. Comment le fait de pénaliser des personnes qui sont déjà en situation de survie pourrait-il être compatible avec un plan de lutte à la pauvreté « ambitieux » ?

Il n’existe pas de solution simple pour faire disparaître la pauvreté dans l’horizon de cinq ans d’un plan d’action. Mais pour le moment, le principal obstacle à contourner est le manque flagrant d’ambition et de volonté politique du gouvernement. Quoi qu’il en dise, la lutte à la pauvreté constitue la dernière de ses priorités. À lui de nous démontrer le contraire !

Serge Petitclerc et Virginie Larivière

Collectif pour un Québec sans pauvreté