Après les mamours, la politique

Point de vue

Après les mamours, la politique

Yves-François Blanchet
Yves-François Blanchet
Chef du Bloc québécois
POINT DE VUE / Dans le respect de la forme parfois étonnante et des règles parlementaires, le Bloc Québécois a proposé ce lundi une modification au discours du Trône qui réitérait la juridiction exclusive du Québec et des provinces en santé, sollicitait que soient augmentés les transferts à cet égard comme elles l’ont unanimement demandé, et soulignait la nécessité de hausser sans discrimination d’âge la pension aux aînés.

« Nous regrettons que votre gouvernement n’ait pas entendu la demande unanime des premiers ministres du Québec, des provinces et des territoires demandant d’augmenter sans condition le Transfert canadien en matière de santé pour qu’il représente 35 % des dépenses en santé au Québec, dans les provinces et dans les territoires; 

- Nous regrettons aussi que votre gouvernement crée deux classes d’aînés en proposant d’augmenter la pension de la vieillesse seulement pour les personnes âgées de 75 ans et plus; 

- Nous regrettons que votre gouvernement ne respecte pas les juridictions constitutionnelles en ne permettant pas au Québec et aux provinces de se retirer sans condition et avec pleine compensation des programmes mis en place par le fédéral dans leurs champs de compétences; ».

Tous les partis canadiens, libéral, conservateur et NPD, ont voté contre.

Pourtant, avant le discours du Trône, Justin Trudeau avait suggéré qu’il allait se montrer ouvert et respecter les juridictions du Québec. Le discours inaugural, suite au choix exceptionnel de proroger le Parlement et repartir en neuf avec un message solennel à la nation, s’est avéré une redite de promesses non remplies et une agression inédite sous Trudeau-fils contre les compétences du Québec et des provinces.

Les Conservateurs ont passé les premières semaines suivant la nomination de leur nouveau chef à envoyer des fleurs et des chocolats au premier ministre Legault : ils allaient être du côté du Québec! Pourtant, les Conservateurs ont voté contre la proposition du Bloc Québécois qui demandait tout juste ça, comme le souhaitait l’Assemblée nationale.


Le NPD s’est fait l’accessoire des Libéraux depuis plusieurs semaines, improvisant des prétextes à l’avenant pour justifier son appui au gouvernement contre le Québec. Le seul député du NPD élu au Québec a voté avec le Bloc et expliqué son appui aux revendications légitimes du Québec. Pourtant, révélant ainsi la vraie nature du NPD, son caucus et son chef ont voté contre l’amendement du Bloc Québécois.

La politique doit être davantage qu’une affaire de mots trop souvent creux. Les partis canadiens, et au moins les Conservateurs et le NPD, avaient ici une occasion de créer un consensus sur le respect des juridictions du Québec. C’est lors des votes, c’est lorsqu’un élu doit, même virtuellement, se lever et montrer ses vraies couleurs, qu’on voit où logent les partis, quelles positions ils soutiennent et ce que sont leurs valeurs. Les mots d’amour, s’ils sont suivis de gestes contraires, sont insultants.

Il n’y en a qu’un seul parti résolument engagé en faveur des compétences du Québec, du besoin urgent et légitime d’une hausse sans condition des transferts en santé pour soutenir les victimes directes et indirectes de la COVID-19, et les aînés. C’est le Bloc Québécois. Encore cette fois, il est clair que le Québec ne gagne rien à confier son présent et son avenir à une autre nation ou à un pays où il n’est qu’une minorité nationale et linguistique en recul. Au moins, et tout de suite, nous devons tous appuyer la demande unanime de l’Assemblée nationale pour que soient augmentés les moyens du Québec en matière de santé, de prévention face à la pandémie et de protection des aînés.

J’ai horreur de me faire prendre en charge

La Voix des lecteurs

J’ai horreur de me faire prendre en charge

LA VOIX DES LECTEURS / «Nous allons vous prendre en charge…» C’est la phrase que le médecin de l’hôpital Sainte-Justine nous a dite à mon conjoint et moi après nous avoir annoncé que notre fils avait un cancer agressif et qu’il fallait agir rapidement. Il y a de ces moments qui restent marqués à vie dans notre tête et notre cœur, même des dizaines d’années plus tard. Je me souviens m’être levée et lui avoir dit : «S’il y a une chose que j’ai en horreur, c’est de me faire prendre en charge!»

À cette époque j’étais vice-présidente aux finances d’une compagnie prospère, rien ne me faisait peur, je pouvais affronter le diable pour réussir et il était très rare que je ne trouvais pas de solutions aux milliers de problèmes qui se trouvaient sur mon chemin. Benjamine d’une famille de 12 enfants, j’ai appris très jeune qu’il ne fallait que compter sur soi-même pour survivre, et ce, coûte que coûte.

L’agriculture québécoise s’autocannibalise bêtement...

La Voix des lecteurs

L’agriculture québécoise s’autocannibalise bêtement...

LA VOIX DES LECTEURS / L’intervention du premier ministre Legault concernant une exclusion de la zone agricole pour relocaliser à Saint-Hyacinthe une usine de transformation de poulet de la coopérative Exceldor a créé un certain émoi. Elle est malvenue. Ce précédent pourrait entraîner une cascade de décrets pour divers projets ciblés (ex. réseau routier) par le nouveau projet de loi 66 (qui remplace le 61), au lieu du processus décisionnel de la CPTAQ.

Mais le milieu agricole est également à blâmer dans le dossier Exceldor. Les parties prenantes sont toutes reliées à l’UPA. Pourquoi un tel pugilat? Il faut savoir que l’UPA réunit deux types d’affiliés.

Chiens dangereux : la sécurité du public doit être priorisée

La Voix des lecteurs

Chiens dangereux : la sécurité du public doit être priorisée

LA VOIX DES LECTEURS / En réponse à l’article Chiens dangereux : «Les gens n’ont jamais été si peu en sécurité», je souhaite apporter un éclairage sur la situation telle qu’elle est présentée dans l’article, en tant que citoyenne, médecin vétérinaire et éthicienne.

La loi et son règlement demandent que les évaluations de dangerosité soient effectuées par des médecins vétérinaires. Il est indéniable que le Québec compte présentement peu de médecins vétérinaires disponibles pour les faire, mais revenir à la situation antérieure où les villes pouvaient mandater toute personne de leur choix n’est pas une option justifiable devant le public, et encore moins devant les victimes.

Affronter la deuxième vague sans revivre une deuxième crise économique

Points de vue

Affronter la deuxième vague sans revivre une deuxième crise économique

Charles Milliard, MBA
Charles Milliard, MBA
Président-directeur général, Fédération des chambres de commerce du Québec
POINT DE VUE / Alors qu’on amorçait résolument la relance économique, le Québec replonge malheureusement dans une deuxième vague de COVID-19. Nos entrepreneurs qui commençaient à peine à sortir la tête de l’eau ont de quoi s’inquiéter.

Les leçons tirées de ce premier épisode et certaines mesures déjà annoncées permettront certainement d’amoindrir les impacts économiques, mais d’autres gestes devraient également être posés rapidement par nos gouvernements.

La première vague avait frappé de façon très différente les régions du Québec. Certaines régions étaient au cœur de l’épidémie, alors que d’autres étaient relativement épargnées. Néanmoins, le confinement généralisé à tout le Québec qui avait été décrété a porté un dur coup à l’ensemble de l’économie. Le système d’alerte du gouvernement du Québec et son code de couleurs allant du vert au rouge permettent la mise en place de mesures sanitaires ciblées sans pénaliser l’ensemble des régions. C’est un élément important qui permet d’assurer une plus grande prévisibilité aux entreprises, notamment pour la gestion de leur personnel et de leur chaîne d’approvisionnement.

Le projet de loi 66 présenté cette semaine sera un élément essentiel pour relancer notre économie et s’assurer que nous serons bien outillés pour traverser les secousses de cette deuxième vague. Les projets d’infrastructures et la réduction des délais de réalisation, ainsi que l’ajout de mesures d’allègements réglementaires aux bénéfices des entreprises, demeurent des facteurs clés pour stimuler l’économie du Québec et de ses régions. Ajoutons à cela l’importance à accorder au financement mixte privé-public, afin d’encourager le secteur privé à accélérer la mise en œuvre de projets grâce à des prises de participation par le gouvernement.

La recette du succès ne pourra cependant pas se limiter à des investissements en infrastructures, comme le soulignent d’ailleurs de plus en plus d’économistes. Il faut également investir de façon importante en formation afin de permettre la requalification et l’augmentation des compétences des travailleurs. Les milieux de travail ont changé, le tissu industriel aura été modifié, et le bassin de main-d’œuvre disponible doit pouvoir suivre cette transition. Il faut également rehausser la collaboration entre les milieux d’enseignements et les milieux de travail.

Même si certains ont vu dans l’augmentation temporaire du taux de chômage causé par la pandémie une occasion d’abaisser le niveau d’immigration, nous croyons au contraire qu’il faut maintenir et même accélérer le rehaussement des seuils d’immigration. Malgré la crise, la population vieillissante du Québec nous ramènera rapidement dans une situation de rareté de main-d’œuvre pour les années à venir.

Les mesures pour favoriser la transition énergétique sont une autre avenue incontournable pour soutenir des entreprises de l’ensemble des secteurs d’activités. Le dépôt cet automne du Plan pour une économie verte est une occasion à ne pas manquer pour le gouvernement du Québec, qui aura de grandes décisions à prendre en matière de développement durable. Les contrats publics auront ici aussi un rôle à jouer pour stimuler l’innovation ainsi que pour favoriser une relance verte.

Enfin, malgré la reprise des activités cet été, on constate que les milieux du tourisme, de la restauration ou de la culture demeurent particulièrement vulnérables et subiront probablement encore davantage les contrecoups des nouvelles mesures sanitaires. Des programmes d’aide ciblés pour les entreprises de ces secteurs sont donc plus que jamais nécessaires, autant en région que dans les grands centres.

Si malheureusement la deuxième vague semble inévitable, il faut s’assurer de mettre en œuvre tous les éléments afin de ne pas revivre une deuxième crise économique et poursuivre sur la relance économique entamée il y a quelques mois déjà.

Faire plus que mettre un<em> plaster</em> sur le bobo

La Voix des lecteurs

Faire plus que mettre un plaster sur le bobo

LA VOIX DES LECTEURS / Je suis une ancienne préposée aux bénéficiaires et depuis 18 ans je suis auxiliaire aux services de santé et sociaux à l’aide et au soutien à domicile. J’avais entendu l’appel du gouvernement et animée par le besoin d’aider ma communauté, je suis allée volontairement prêter main-forte dans un CHSLD privé puis dans deux résidences privées les soirs au plus fort de la première vague.

Je tiens à saluer mes collègues du réseau de la santé et des services sociaux qui sont au front face à la pandémie depuis des mois. Je pense souvent à toutes les personnes touchées de près ou de loin par cette pandémie et je salue la mémoire des personnes qui y ont laissé leur vie.

Conjuguer égalité et éducation, un défi de société

La Voix des lecteurs

Conjuguer égalité et éducation, un défi de société

LA VOIX DES LECTEURS / La rentrée scolaire qui a tant fait jaser est maintenant derrière nous. Tous les yeux sont désormais rivés sur cette 2e vague de la Covid-19 qui fait craindre le pire en matière de santé publique. Mais ce serait une erreur de croire que pour nos jeunes et leur parcours scolaire, tout va bien aller.

Alors que la crise a fragilisé notre système scolaire déjà bien inégalitaire, il est plus que temps de secouer le monde de l’éducation, de repenser collectivement nos pratiques et de remettre le cap sur l’égalité. De dire fermement NON à l’échec scolaire.

Bravo les filles!

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Bravo les filles!

LA VOIX DES LECTEURS / Le soccer est souvent un sport au masculin. Dans notre région, plusieurs clubs féminins sont mis de côté, même s’ils méritent pleinement leur place sur le podium. La saison 2020 fut très particulière pour tous, en ne sachant pas si nous pourrions jouer.

Notre équipe U12 Montagnards filles, nouvellement constituée depuis janvier, a terminé première avec 12 victoires et deux matchs nuls.

Une lueur d’espoir

La Voix des lecteurs

Une lueur d’espoir

LA VOIX DES LECTEURS / En ce XXIe siècle, personne n’aurait cru que les croyances les plus absurdes et les plus irrationnelles auraient contaminé un pourcentage aussi important de la population; que la signification des mots et des concepts aurait été si déformée et même méprisée. Les mots démocratie, vérité, liberté, tout dépendant de ceux et celles qui les utilisent, peuvent signifier aussi bien leur véritable sens que leur contraire. La complexité des situations est remplacée par le simplisme des explications, les nuances par les propos radicaux, l’effort à vouloir comprendre par la négation pure et simple des faits.

Une partie importante de l’humanité retourne dans la grotte de Platon; elle s’enferme dans une bulle de non-recevoir; elle se bouche les yeux et les oreilles; elle n’écoute plus rien qui soit raisonnable. L’Histoire nous rappelle que, trop souvent, ce sont les catastrophes et les tragédies qui ouvrent les yeux du monde, des événements qui auraient pu facilement être évités. Il semblerait que l’Humanité vit toujours sur le Titanic avec la même insouciance, la même attitude irresponsable et probablement, les mêmes conséquences dramatiques.

Assurer la survie de la profession de psychologue dans le réseau public 

La Voix des lecteurs

Assurer la survie de la profession de psychologue dans le réseau public 

LA VOIX DES LECTEURS / Un article de la journaliste Lia Lévesque de La Presse canadienne, publié la semaine dernière dans un grand quotidien du Québec, faisait état de l’inquiétude des syndicats du secteur public au sujet de la reconduction des primes accordées aux psychologues dans les réseaux de la santé et de l’éducation.

Sans vouloir s’immiscer dans la négociation du renouvellement des conventions collectives des employés de l’État, l’Association des psychologues du Québec (APQ) et la Coalition des psychologues du réseau public québécois se disent concernées par la pénurie de psychologues dans le secteur public de la Santé et des Services sociaux et dans celui de l’Éducation.

Cette situation de pénurie, dénoncée et bien documentée depuis plus d’une décennie, se dégrade sérieusement et cause préjudice à la population. Selon les estimations du Ministère de la Santé et des Services sociaux (2018), il faudra recruter presque 900 psychologues d’ici 2023 pour combler les besoins du réseau, compenser les départs à la retraite et l’exode des psychologues qui choisissent d’exercer au privé.

Seuil de pauvreté: le gouvernement québécois respectera-t-il ses engagements?

La Voix des lecteurs

Seuil de pauvreté: le gouvernement québécois respectera-t-il ses engagements?

LA VOIX DES LECTEURS / Statistique Canada vient d’officialiser sa révision des seuils de pauvreté. Ces seuils ayant augmenté, le gouvernement du Québec devra impérativement augmenter les prestations d’assistance sociale s’il veut respecter les engagements de son dernier Plan d’action en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

En juin 2019, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur la réduction de la pauvreté dans laquelle il reconnaît la Mesure du panier de consommation (MPC) comme le seuil officiel de pauvreté au Canada. Rappelons que la MPC indique le revenu nécessaire pour qu’une personne ou une famille puisse se procurer un panier de biens et de services déterminés, censé représenter ce qu’il faut pour couvrir ses besoins essentiels.

«Passage piétons — priorité aux piétons»

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«Passage piétons — priorité aux piétons»

LA VOIX DES LECTEURSPar ce beau dimanche 6 septembre, à partir de Shefford, je me dirige en voiture vers Granby. Je ralentis évidemment à la vue de la limite de 50 km/h, affichée depuis quelque temps, ce qui est déjà une amélioration. En m’approchant donc de la piste cyclable l’Estriade, je vois beaucoup de cyclistes qui, sur leur vélo, traversent joyeusement, dans un sens comme dans l’autre.

Comme les suivants remarquent que je m’apprête à m’immobiliser, une bonne dizaine ne prennent pas la peine eux non plus de s’arrêter. Bref, aucun cycliste, sur une bonne trentaine au total, n’a «piétonné» en respect des indications sur le panneau électronique que lisent les automobilistes avant d’arriver à la traverse, et qu’on retrouve en titre de ce texte.

Le masque comme métaphore

La Voix des Lecteurs

Le masque comme métaphore

LA VOIX DES LECTEURS / Depuis quelques semaines, un affrontement se déroule devant une société médusée : certains groupes affichent leur opposition au port du masque, alors que d’autres revendiquent l’inverse. Au-delà de cette opposition, serait-ce possible que le conflit autour du couvre-visage dévoile des représentations sociétales différentes s’affrontant depuis des années?

Ce différend s’inscrit dans une compréhension d’un rapport particulier à la dignité, à la liberté et à la collectivité. Rappelons que pour la majeure partie de l’histoire humaine, la notion de sujet individuel libre et digne n’existe tout simplement pas. À l’époque, seul importait le groupe. La communauté et la solidarité s’avéraient absolument nécessaires pour survivre. Sans appartenance à une collectivité, les chances de survie d’une personne s’amenuisaient comme peau de chagrin.

La taxe de l’exploitation

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La taxe de l’exploitation

LA VOIX DES LECTEURS / Juste avant la pandémie, j’adressais une lettre à M. Bonin au sujet de la taxe de bienvenue appelée aussi droit de mutation. Suite aux commentaires reçus et aux témoignages exprimés, et compte tenu du retour du maire Bonin, je me permets aujourd’hui de vous redonner l’essentiel de cette lettre.

J’ai pu constater que je ne suis pas le seul à penser que dans certains cas, cette taxe nous paraît injuste et inappropriée. J’espère que M. Bonin fera sienne la demande qui suit, pas seulement comme représentant de nombreux propriétaires et futurs propriétaires, mais aussi comme consommateur.

Mégaporcherie : 10 propositions citoyennes à la veille de la consultation publique

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Mégaporcherie : 10 propositions citoyennes à la veille de la consultation publique

LA VOIX DES LECTEURS / À la suite de la mobilisation citoyenne, la MRC du Val-Saint-François a accepté d’organiser une consultation publique concernant le projet de mégaporcherie dans la municipalité du Canton de Valcourt. Cette rencontre se tiendra le mercredi 9 septembre et sera l’occasion d’approfondir les échanges que la consultation écrite préalablement organisée ne permettait pas. À la veille de cette séance, voici nos préoccupations, nos attentes et nos propositions.

Alors que les promoteurs du projet pourraient aisément nous dénigrer en affirmant que notre opposition ne repose que sur le désagrément d’une odeur normale en milieu rural, nous répondons ceci: Nous sommes nous aussi des ruraux qui reconnaissons le dur labeur des agriculteurs. Nous sommes toutefois favorables à une agriculture de proximité orientée vers la consommation locale et respectueuse des écosystèmes. Le monde agricole n’est pas homogène tel que l’ont montré par le passé les nombreuses critiques envers l’UPA.

Qui a fait un coup fumant?

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Qui a fait un coup fumant?

LA VOIX DES LECTEURS / Récemment, la Ville de Granby annonçait avec fierté l’acquisition d’un terrain au Mont-Sacré-Coeur. «C’est un des coups les plus fumants qu’un conseil de Ville n’a pas faits depuis longtemps», déclarait d’ailleurs le maire Bonin.

Acquis au prix réel de 2,75 millions $ (la Ville nous dit 2,27 millions), le terrain d’une superficie de moins de 19 hectares (la Ville parle de 35,96 hectares) a été payé trop cher. Même beaucoup trop cher.

Remettre la statue en place, mais privée de sa tête

La Voix des lecteurs

Remettre la statue en place, mais privée de sa tête

LA VOIX DES LECTEURS / Peut-être faut-il réinstaller, en effet, cette statue de John A. Macdonald, mais sans sa tête, après avoir remisé celle-ci dans un musée pour qu’elle trouve enfin la sécurité. Puis inscrire au bas de cette statue étêtée ceci : Macdonald a été honoré ici depuis 1895 à titre de premier premier ministre du Canada, mais en 2020, des antiracistes de ce pays lui ont arraché la tête. Où va maintenant le Canada  ?

C’est ma façon de répondre à Valérie Plante, mairesse de Montréal, tout comme au premier ministre canadien, Justin Trudeau, lesquels ont invité à la réflexion à la suite de ce geste de vandalisme contre ce monument appartenant au patrimoine de Montréal et du Canada afin de juger du sort qu’il conviendrait de réserver maintenant à cette statue.

Le moment est arrivé dans notre histoire de prendre conscience que celle-ci est entachée d’inhumanités de toutes sortes qu’il faut, bien sûr, rappeler et dénoncer, en fait, à l’égard des Autochtones, mais aussi des Canadiens français et autres... Mais à cause de ces tristes taches , notre histoire doit-elle être assombrie davantage par des gestes de colère et de vengeance  comme l’illustre ce vandalisme à l’égard de cette statue ? 

Oui, une réflexion s’impose, et de remettre cette statue même en place tel que je le propose, est-ce que cela ne permettrait pas, pour un certain temps, de prolonger et d’approfondir cette réflexion, lui donnant ainsi une importance tout historique et porteuse, peut-être, de solutions équitables et plus justes à long terme pour l’avenir de ce pays et de tous ces citoyens ? 

Denis Forcier,
Shefford

Il faut être patient en politique

La Voix des Lecteurs

Il faut être patient en politique

LA VOIX DES LECTEURS / En écrivant cet article, je vous entends déjà dire ou penser : encore un autre gérant d’estrade! Je crois quand même que j’ai le droit de vous donner mon opinion sur ce qui se passe dans les deux grands partis souverainistes que sont le Parti québécois et le Bloc.

Pour avoir militer activement plus de deux décennies aux côtés de M. Lévesque, M. Parizeau, Pierre-Marc Johnson, Lucien Bouchard, Gilles Duceppe ainsi que ceux et celle qui leur ont succédé, j’ose dire ce qui suit aux chefs actuels et futurs chefs de ces partis.

Tous les poulets du Québec face au colonel Sanders d’Ottawa

La Voix des Lecteurs

Tous les poulets du Québec face au colonel Sanders d’Ottawa

LA VOIX DES LECTEURS / Le premier débat à la chefferie du Parti québécois s’est tenu à Granby le 26 août presque dans la clandestinité, COVID oblige. Les quelques commentaires de journalistes qui ont suivi, pour rendre compte de l’actualité, ont fait état à la fois des positions respectives des quatre candidats quant à la tenue d’un prochain référendum sur l’indépendance, mais aussi d’une certaine atmosphère de chicane due à des attaques personnelles que les uns ont réservées aux autres.

Ces positions, qui auraient dû être centrales et bénéficier d’une certaine hauteur démocratique, sont à l’effet que Paul St-Pierre Plamondon, Sylvain Gaudreault et Guy Nantel s’engagent, une fois le Parti québécois élu, à tenir un référendum dans un premier mandat, mais chacun selon des modalités un peu différentes.

Et que pour sa part, Frédéric Bastien tenterait plutôt de forcer l’ouverture de la Constitution canadienne afin de protéger la loi 21 pour « éviter une job de bras » comme ce fut le cas pour la loi 101, a-t-il dit, et obtenir des pouvoirs supplémentaires en immigration, réservant donc le référendum pour un 2e mandat seulement, s’il est élu chef du Parti québécois.

La plate province

Opinions

La plate province

Jonathan Gagnon
Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est
LA VOIX DES LECTEURS / Nos plaques d’immatriculation , on ne s’en souvient presque plus, ont porté le slogan «La Belle province» de 1963 à 1978, lequel a été remplacé par notre devise, le «Je me souviens», à l’apparence moins coloniale selon son promoteur Denis Vaugeois, alors ministre de la Culture dans le premier gouvernement Lévesque. Le «Je me souviens» fait référence aux héros de notre histoire.

Depuis la perte du référendum de 95, nos héros de l’heure sont devenus fatigués ou ont pris leur retraite. Les Yvon Deschamps , Lucien Bouchard, en particulier, eux, ont dit ouvertement après cette défaite qu’ils ne croyaient plus que la souveraineté du Québec adviendrait de leur vivant. Ce fut la cerise sur le sundae. Parce qu’il s’en était suivi d’abord une grande déception et tristesse pour les 60 % de francophones qui avaient opté pour le «Oui».

Dossier rue de Verchères: qui est gagnant?

La Voix des Lecteurs

Dossier rue de Verchères: qui est gagnant?

LA VOIX DES LECTEURS / Selon ce que rapportait La Voix de l’Est mardi, le dossier du déboisement illégal sur la rue de Verchères serait réglé pour la Ville puisqu’une entente est signée et sera enregistrée légalement.

Cela veut donc dire que Jonesco admet sa culpabilité et évite les poursuites, un éventuel procès ainsi que les délais que cela représente.

En mémoire d’une grande féministe québécoise

La Voix des Lecteurs

En mémoire d’une grande féministe québécoise

LA VOIX DES LECTEURS / Présidente de Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec), Diane Guilbault est décédée à son domicile, le 21 août 2020, à l’âge de 65 ans.

Merci, Mme Guilbault, d’avoir défendu avec autant de sensibilité et d’intelligence la dignité et les droits des femmes de toutes origines au Québec.

Utopie ou caricature ?

La Voix des Lecteurs

Utopie ou caricature ?

LA VOIX DES LECTEURS / C’est toujours très détendant de lire les lettres de M. Forcier comme celle intitulée La nation québécoise à bout de souffle.

Un mélange de demies-vérité accompagnées de propos grandiloquents pour exprimer son attachement à l’identité québécoise depuis longtemps disparue. Bien sûr, lire correctement la réalité québécoise actuelle et faire évoluer sa vision des choses n’est pas facile pour personne.

La nation québécoise à bout de souffle

La Voix des Lecteurs

La nation québécoise à bout de souffle

LA VOIX DES LECTEURS / Le sauve-qui-peut est peut-être en train de devenir un trait caractéristique du Québec actuel.

La pandémie l’illustre particulièrement. Parce que les frontières terrestres et aériennes n’ont pu être fermées à temps, leur contrôle appartenant au fédéral, le gouvernement du Québec a dû faire au mieux dans les circonstances pour actualiser un confinement plus qu’urgent. Mais trop tard, le virus avait pris de l’avance. Il s’était même introduit malicieusement dans les CHLSD profitant, sauf exception, de la mauvaise gestion de ces établissements qui ont été trop lents à prendre les mesures nécessaires, faute d’équipement et de personnel stable, bien dirigé, mais surtout payé à la hauteur de l’importance de leur tâche sur le plan du maintien de la santé de nos personnes les plus vulnérables.

Le droit de travailler en français doit être renforcé

La Voix des lecteurs

Le droit de travailler en français doit être renforcé

LA VOIX DES LECTEURS / Le ministre Simon Jolin-Barrette a récemment annoncé son intention de redonner ses lettres de noblesse à la Charte de la langue française, malmenée et devenue chevrotante. Il a non seulement l’intention de mieux encadrer la langue de travail, mais il vise aussi à inclure dans la loi les entreprises sous compétence fédérale. La CSN ne peut que saluer et encourager ces intentions !

Les dernières décennies libérales ont fait mal à la protection de la langue française. La reconnaissance des comités de francisation dans les grandes entreprises a perdu des plumes, l’État se bilinguise et les tribunaux ont laissé tomber les travailleuses et les travailleurs qui tentaient de faire respecter leur droit de travailler en français. Souvenons-nous que l’ancien premier ministre libéral Philippe Couillard a déjà appelé les ouvrières et les ouvriers à apprendre l’anglais « si un cadre anglophone passait par là ». Cette idéologie malheureusement répandue a contribué à un refroidissement de la défense de la langue française dans un total déni de l’anglicisation du Grand Montréal.

Conspirations et pandémie

La Voix des lecteurs

Conspirations et pandémie

LA VOIX DES LECTEURS / La société québécoise parachève son processus de sécularisation. Celle-ci est définie «par la chute de la pratique religieuse et la disparition de la centralité du religieux dans la vie sociale et la culture » selon l’auteur Olivier Roy. Autrement dit, les religions ne structurent plus normativement la société. Néanmoins, cette mutation sociale n’implique aucunement la disparition de toutes les formes de pensée religieuse. Celles-ci s’enracinent paradoxalement au cœur même d’une vision laïque et sécularisée. Elle peut prendre la forme des théories conspirationnistes.

Ces dernières ont en commun quelques traits :

La somme des efforts communs

Opinions

La somme des efforts communs

L’auteure de cette lettre d’opinion est Caroline Duchaine, professeure titulaire au département de biochimie, microbiologie et bio-informatique de l’Université Laval.

OPINIONS / Le port du masque communautaire est un sujet chaud, qui enflamme les esprits et met en exergue les peurs et craintes de certains membres des communautés face à un contrôle abusif des autorités gouvernementales. Les débats font émerger autant d’hypothèses, de croyances, de craintes et de suspicion qu’il y a de courants de pensées disponibles sur les médias. Et chacun y va de son interprétation, nourrit la bête des amalgames et fait naître dans certains groupes une crainte exprimée sur fond de révolte. Mais qu’en est-il du fameux masque communautaire ? Quelles preuves scientifiques supportent ce choix de porter le couvre-visage en communauté ? Est-ce vraiment un outil significativement puissant contre la COVID-19 pour que nous acceptions de nous attirailler de la sorte ? Je joins ma voix à celle de Trisha Greenhalgh, professeure britannique de soins de santé primaire et chercheure à l’Institut National de recherche en Santé. Cette chercheure, membre du Center for Evidence-Based Medicine, a publié plusieurs articles, depuis le début de la pandémie de COVID-19. Elle a écrit plusieurs articles scientifiques et éditoriaux qui ont permis de forger mon opinion sur cet épineux sujet. Un de ces articles s’intitule (traduction libre) : «Nous ne pouvons pas être sûrs à 100 % que les masques faciaux fonctionnent - mais cela ne devrait pas nous empêcher de les porter».

Protéger le français, une urgence plus qu’urgente

La Voix des lecteurs

Protéger le français, une urgence plus qu’urgente

LA VOIX DES LECTEURS / Le Devoir du 11 août faisait état des résultats d’une enquête menée par l’Institut de la statistique du Québec à la demande de l’Office québécois de la langue française. Ces résultats sont choquants après plus de quarante ans d’existence de la loi 101, laquelle par son article 46 interdisait aux entreprises d’exiger pour l’accès à un emploi ou à un poste la «connaissance spécifique d’une langue autre que la langue officielle à moins que l’accomplissement de la tâche ne nécessite une telle connaissance».

Et bien on apprend que 40% des entreprises au Québec et près de 63% de celles-ci dans la grande région de Montréal ne respectent pas la loi, contribuant ainsi à affaiblir le statut de la langue française au Québec, et du coup, précarisant le droit absolu des francophones de pouvoir gagner leur vie dans leur langue officielle, le français.

Tarification au Parc des sommets: révisons les calculs

La Voix des lecteurs

Tarification au Parc des sommets: révisons les calculs

LA VOIX DES LECTEURS / L’acquisition du Parc des sommets au coût de 8,3 M $ à Bromont a été financée en très grande partie (5,5 M $) par nos deux paliers de gouvernement. La Ville de Bromont a injecté près de 2 M $ et une campagne de sociofinancement a permis d’amasser environ 1 M $. De nombreux citoyens non-résidents de Bromont ont contribué à cette campagne de financement croyant que l’accès aux sentiers serait abordable. Plusieurs ont été surpris en réalisant qu’ils devraient maintenant payer très cher leur droit d’accès s’ils n’habitent pas à Bromont.

Pour calculer sa tarification, la Ville de Bromont ne semble pas avoir considéré les sommes publiques investies pour l’achat du Parc des sommets. Certains tentent également d’établir un parallèle avec l’usage d’infrastructures municipales comme une piscine, un aréna ou une bibliothèque. Toutefois, il s’agit ici d’un immense territoire naturel de plusieurs centaines d’acres. Ce n’est pas comparable.

Aux côtés de tous les francophones

Point de vue

Aux côtés de tous les francophones

Mélanie Joly
Ministre du Développement économique et des Langues officielles
POINT DE VUE / Cette année, nos confrères et nos consoeurs de l’Acadie célébreront le 15 août de façon différente. Habituellement, les Acadiens et leurs alliés sortent dans les rues en faisant du bruit, question de célébrer la beauté et la richesse de la culture acadienne dans le cadre du Tintamarre. Toutefois, confrontés aujourd’hui à la COVID-19, nous devrons festoyer autrement.

Le Tintamarre est une belle célébration, mais aussi une réflexion sur l’identité acadienne. Les Acadiens sont bien enracinés dans leur milieu, fiers de la langue française et résilients devant l’adversité au fil des siècles. En tant que Québécois, c’est l’occasion de réfléchir tous ensemble aux épreuves que les Acadiens et l’ensemble des francophones minoritaires au pays ont dû surmonter et de célébrer leurs victoires. C’est ainsi que le fait français demeure bien vivant et fort.