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Le Centre d’interprétation des mammifères marins
Le Centre d’interprétation des mammifères marins

Notre été sur la Côte-Nord

Steeve Paradis
Steeve Paradis
Collaboration spéciale
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Secret passablement bien gardé jusqu’à l’an dernier, la Côte-Nord a été «découverte» par bien des Québécois lors de la première année de la pandémie. Vaste terrain de jeu naturel qui s’étend sur plus de 350 000 km2, soit le cinquième de tout le Québec, la Côte-Nord ne demande qu’à être découverte et saura charmer ceux et celles qui ne craindront pas de s’y aventurer. La distance n’est vraiment pas une bonne excuse!

Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent

Probablement l’un des meilleurs endroits au monde pour observer les baleines, avec pas moins d’une douzaine d’espèces observables, le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, dont le principal accès se trouve à Tadoussac, est un site unique, à la jonction de l’estuaire du Saint-Laurent et du fjord du Saguenay. Découvrez-le en excursion, que ce soit en bateau, en zodiac ou encore mieux, en kayak. Ces excursions peuvent aussi devenir un excellent moyen de faire des connaissances, car les Européens sont habituellement nombreux à Tadoussac. Les sentiers le long des rives sont aussi à voir.

182, rue de l’Église, Tadoussac parcmarin.qc.ca

Une baleine dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent

Fermont

Dans votre road trip en solitaire, faire de la route ne vous fait pas peur? Alors, la découverte de Fermont, à près de 600 kilomètres au nord de Baie-Comeau par la route 389, est pour vous! La ville minière est notamment connue pour son mur-écran, long de 1,3 kilomètre, conçu pour protéger la ville des vents dominants du nord. Outre 350 logements, on retrouve dans le mur l’aréna, le centre commercial, l’hôpital et l’ensemble des services communautaires et municipaux. On peut tout faire sans jamais en sortir!

Mais Fermont, qui se trouve à la frontière avec le Labrador, c’est plus que le mur. La beauté et l’immensité du paysage vous saisiront. À partir du mois d’août, les aurores boréales sont nombreuses!

Les communautés innues

Deuxième nation autochtone la plus populeuse au Québec, les Innus font partie intégrante de la découverte de la Côte-Nord. D’ailleurs, huit des neuf villages innus du Québec se trouvent dans la région. Peuple fier de son passé et accueillant envers le visiteur, les Innus sauront vous ramener aux racines par leur culture, leur artisanat, leurs nombreuses légendes et sans oublier leur musique, dont Florent Vollant est sûrement l’ambassadeur le plus connu, mais loin d’être le seul.

Réparties tout au long de la 138, et même au-delà, les communautés innues de la Côte-Nord vous assurent un certain dépaysement. Chacune d’entre elles a aussi un endroit où on peut se procurer de l’artisanat innu. À ce chapitre, la Maison de la culture innue d’Ekuanitshit vaut particulièrement le détour!

34, rue Nashipetimit, Longue-Pointe-de-Mingan, www.ekuanitshit.com/maison-de-la-culture

Découvrez les communautés innues

Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM)

Établi à Québec et au Centre d’interprétation des mammifères marins (CIMM) de Tadoussac, le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) est voué à la recherche scientifique sur les baleines du Saint-Laurent et à l’éducation pour la conservation du milieu marin. On retrouve notamment au CIMM la plus grande collection de squelettes de baleines en exposition au Canada.

Depuis 35 ans, le GREMM tente de percer les mystères des grands cétacés, qui ont des interactions sociales complexes et une longévité comparable à celle des humains. L’organisme se consacre aussi à la protection des baleines, qui doivent faire face à de nombreuses menaces pour leur survie.

108, rue de la Cale Sèche, Tadoussac, gremm.org

Station Uapishka

Fleuron d’un territoire exceptionnel, qui fait désormais partie du patrimoine mondial de l’UNESCO, la Station Uapishka a été créée en 2002 par le Conseil des Innus de Pessamit et la Réserve mondiale de biosphère Manicouagan-Uapishka pour devenir à la fois un lieu d’hébergement, un camp de base pour les activités touristiques, un lieu d’accueil pour la recherche scientifique et un tremplin professionnel pour la jeunesse autochtone. On peut notamment y voir l’astroblème de Manicouagan, maintenant mieux connu dans sa fonction de réservoir au barrage Daniel-Johnson, l’un des plus grands cratères visibles sur la planète. Il paraît que cet impact aurait provoqué un cataclysme planétaire!

Espèces fauniques en péril, intégrité des écosystèmes nordiques, forêt boréale et changements climatiques ne sont que quelques-uns des champs d’action scientifiques de la station, qui se penche également sur l’occupation et l’utilisation du territoire par les Innus. La Station Uapishka se trouve à 300 kilomètres au nord de Baie-Comeau.

Km 336, route 389, TNO Rivière-aux-Outardes, stationuapishka.com

Parc national de l’Archipel-de-Mingan

Évidemment, certains diront ici que la réserve du parc national de l’Archipel-de-Mingan se retrouve dans tous les guides touristiques de la Côte-Nord, mais l’endroit est si exceptionnel qu’il est impossible de ne pas y aller au moins une fois. Ces falaises et ces monolithes géants faits de calcaire, façonnés par le vent, les marées et le climat, en font un site envoûtant.

On ne peut pas accéder à toutes, mais le parc compte une vingtaine d’îles. L’archipel s’étend sur 150 kilomètres entre Longue-Pointe-de-Mingan et Aguanish, territoire où on trouve aussi Havre-Saint-Pierre, Baie-Johan-Beetz et la communauté innue d’Ekuanitshit. Le parc se trouve face à l’île d’Anticosti, autre endroit mythique de la Côte-Nord. Outre la géologie exceptionnelle des lieux, le scientifique en herbe et celui plus aguerri pourra notamment en découvrir plus sur l’occupation du territoire, qui remonte à 2000 ans, sur la faune, dont le macareux moine, emblème du parc, et aussi la flore, bien différente de celle qu’on retrouve sur le continent.

Le parc national de l’Archipel-de-Mingan.

Les Îlets Jérémie

À Colombier, près de Forestville, se trouve un des nombreux trésors cachés de la Côte-Nord. Le secteur des Îlets Jérémie surprendra le visiteur avec ses nombreux habitats fauniques et sa vie marine plutôt abondante. Un poste de traite afin de commercer avec les Innus de l’ouest du territoire a été érigé sur les lieux autour de 1660 et durera pas moins de deux siècles.

Vers 1735, une première chapelle est élevée afin notamment, comme c’était la coutume à l’époque, d’évangéliser les autochtones et également pour leur apprendre à lire et à écrire. Cette première chapelle disparaîtra en 1900 et renaîtra sous sa forme actuelle en 1939, sous le modèle de la chapelle de Tadoussac. Aujourd’hui, l’endroit est le théâtre d’une importante neuvaine dédiée à Sainte-Anne, à laquelle plusieurs Innus vouent une forte dévotion.

155, chemin des Îlets Jérémie, Colombier

La chapelle des Îlets Jérémie, à Colombier.

Parc Nature de Pointe-aux-Outardes

Le Parc Nature de Pointe-aux-Outardes, à quelques kilomètres de Baie-Comeau, est un lieu de ressourcement garanti. On peut notamment y marcher 10 kilomètres de sentiers, variant de paysages forestiers jusqu’au vaste marais salé. Les oiseaux, nombreux, ont même leur propre jardin. Plusieurs activités permettent de bien goûter à la diversité de ce site.

On retrouve également au Parc Nature des visites guidées thématiques, de la mise en scène des débuts du village de Pointe-aux-Outardes en passant par Wabush, qui raconte la culture des Innus par la cuisine, les légendes et la spiritualité, entre autres.

Tant qu’à passer par le Parc Nature en couple, un séjour dans un des nichoirs géants est incontournable pour les tourtereaux. Le parc a en effet aménagé cinq petits chalets prêts-à-camper inspirés des nichoirs des différentes espèces d’oiseaux présentes. Sur le site, motorisés, petites roulottes et autres Westfalia ont aussi droit à sept emplacements sur le stationnement principal, en bordure du Saint-Laurent. Tout près, dans un secteur un peu plus boisé, il y a 10 emplacements pour le camping rustique.

4, rue Labrie, Pointe-aux-Outardes, parcnature.com

Baie-Comeau, D’aventure et de culture

Connaissez-vous l’histoire de Baie-Comeau? Une excellente façon de la découvrir est assurément d’assister au spectacle Baie-Comeau, D’aventure et de culture, présenté du 23 juillet au 14 août au Centre des arts de l’endroit. À travers chansons, musique, danses et archives vidéo, on y revit l’évolution de Baie-Comeau, du milieu des années 30 jusqu’à aujourd’hui. Cette année, la mise en scène a été confiée à Joël Legendre, qui a indiqué avoir resserré le spectacle afin de le rendre plus intéressant pour les touristes. Vous voilà avisés!

300, boulevard Lasalle, Baie-Comeau, bcaventureetculture.com

Le spectacle Baie-Comeau, D’aventure et de culture.

Natashquan

Terre natale du grand Gilles Vigneault, fondée au milieu des années 1800 par des gens qui préféraient fuir les Îles-de-la-Madeleine, le nom de Natashquan est connu d’à peu près tous les Québécois, mais ceux et celles qui y sont allés sont beaucoup moins nombreux. Un arrêt devant le site les Galets de Natashquan est de mise. Classés bien culturel par le gouvernement, les galets font référence à la fois à l’île de pierre et aux hangars de pêcheurs qui s’y trouvent depuis 150 ans. L’attrait fait revivre l’époque où la pêche à la morue était un gagne-pain et un mode de vie, quand le village était le centre de pêche le plus actif de la région. À votre arrivée, ne ratez pas le bureau d’accueil, d’une facture plutôt moderne, où des artistes du coin exposent chaque été.

Chez Mathilde

Dès votre arrivée sur la Côte-Nord, à Tadoussac, vous pouvez vous arrêter Chez Mathilde, un restaurant qui s’inscrit parmi les endroits incontournables de la région. La cuisine inventive du chef Jean-Sébastien Sicard met bien sûr en vedette les produits de la mer et le terroir nord-côtier. En fait, le chef et sa conjointe Mireille Perron, maître d’hôtel de l’établissement, ont en fait comme vision de faire découvrir un panorama culinaire de la Côte-Nord et de faire de Chez Mathilde une des grandes tables de la région.

227, rue des Pionniers, Tadoussac, chezmathildebistro.com

La Cache d’Amélie

Depuis maintenant 25 ans, la Cache d’Amélie s’est imposée comme la table gastronomique de Baie-Comeau. Pour plusieurs, le chef Glenn Forbes est celui qui a apporté la gastronomie française sur la Côte-Nord. Nichée dans l’ancien presbytère de l’église Sainte-Amélie, dotée d’une superbe vue sur le fleuve, la Cache d’Amélie propose une cuisine à la fois délicate et gourmande, inspirée des traditions françaises, mais où les produits régionaux ont une belle place. De plus, le chef Forbes n’hésite pas à participer à toutes les tribunes où il peut promouvoir la gastronomie régionale et mettre la Côte-Nord sur la map touristique du Québec.

37, avenue Marquette, Baie-Comeau, www.lacachedamelie.com

La Cache d’Amélie.

Poissonnerie Fortier

Si, à Rome, on doit faire comme les Romains, à Sept-Îles vous devez faire comme les Sept-Îliens et vous rendre à la poissonnerie Fortier, tout près du site du Vieux-Quai. Ouvert depuis 1930, l’établissement a fait sa renommée avec la crevette en écaille, préférablement dégustée assis sur le bord de l’imposante baie de Sept-Îles. La poissonnerie est également distributeur exclusif du pétoncle de Minganie, différent de celui qu’on retrouve en épicerie. Son goût est plus prononcé et sa couleur peut aller jusqu’à l’orangé. Quand il est frais, c’est un délice de le déguster cru. Entreprise familiale durant ses 85 premières années d’existence, la poissonnerie est depuis 2015 propriété de la communauté innue d’Ekuanitshit.

1, rue Père Divet, Sept-Îles, www.poissonneriefortier.ca/fr

La Maison de la chicoutai

Un passage sur la Côte-Nord sans découvrir le petit fruit typique de l’est du territoire, la chicoutai, c’est comme rater quelque chose. À Rivière-au-Tonnerre, la Maison de la chicoutai se consacre à la promotion de ce petit fruit sauvage doré ou orangé qui abonde dans les tourbières. Par sa forme, elle ressemble à une framboise et son goût est acidulé. Aussi connue sous le nom de plaquebière, la chicoutai est ici préparée en tisane, coulis, gelée, confiture, tartinade, vinaigrette et beurre. La microbrasserie St-Pancrace de Baie-Comeau en fait même une bière, la Fleur de feu, car chicoutai signifie feu en innu. Tant qu’à être sur place, ne ratez pas l’église de bois de Rivière-au-Tonnerre, située tout près. Construite entre 1908 et 1912, elle est notamment décorée d’une soixantaine de sculptures taillées au couteau de poche.

468, route Jacques-Cartier, Rivière-au-Tonnerre, www.chicoutai.com

La Maison de la Chicoutai.

Du vélo à Anticosti

L’immense, fabuleuse et quasi mythique île d’Anticosti est bien sûr archiconnue pour la pêche au saumon et la chasse au cerf de Virginie. Mais, dans l’ancien domaine du chocolatier Henri Menier, on peut également vivre de superbes expériences en vélo. Si on évite la Transanticostienne, route de gravier de 220 kilomètres recélant peu d’attraits pour les cyclistes, on peut aisément pratiquer le bikepacking, une manière de pédaler sur des distances considérables en autonomie, hors des sentiers battus. Ça tombe bien, car Anticosti compterait pas moins de 10 000 kilomètres de sentiers et de chemins forestiers, selon les estimations. Et pas obligé de se limiter aux sentiers. Sur les centaines de kilomètres de littoral de l’île, les beaux espaces pour rouler en toute quiétude ne manquent pas. Voilà une façon bien particulière de découvrir Anticosti.

Du bikepacking à l’île d’Anticosti

Les monts Uapishka

Aussi connus sous l’appellation monts Groulx, les monts Uapishka à environ 200 kilomètres au nord de Baie-Comeau, sont une source garantie de dépaysement et de ressourcement. Le sportif en bonne forme voudra sûrement s’attaquer à la traversée des monts, une randonnée de quatre jours en autonomie. Paysages à couper le souffle sont au rendez-vous. On peut également se rabattre sur la randonnée du mont Harfang, un peu plus accessible.

L’endroit est aussi tout désigné pour des sorties guidées en rabaska et en kayak de mer sur le réservoir Manicouagan et sa forme caractéristique d’impact de cratère. Si vous avez moins le goût de pagayer, la balade en zodiac est solution. Et question de vivre une expérience particulière, on ne peut rater le forfait retraite de yoga et plein air, qui a pour objectif de faire goûter la nordicité d’une autre façon. Activités, repas gastronomiques et ateliers autochtones sont notamment au rendez-vous.

Descente de la rivière Magpie

Les amateurs de sensations fortes ne seront sûrement pas déçus d’affronter les puissants rapides de la rivière Magpie, près de Havre-Saint-Pierre. Classée parmi les 10 meilleures rivières au monde pour le rafting, la Muteshekau shipu, de son nom autochtone, s’étire sur 300 kilomètres et propose des rapides de classe III, IV et même IV+! Tenez votre pagaie bien serrée! Que vous soyez adeptes de kayak ou de rafting, il y aura sûrement moyen de vous satisfaire. Plusieurs entreprises offrent des forfaits allant d’une journée à 10 jours là-bas, avec possibilité de taquiner le poisson dans les passages plus calmes. Vous pourrez aussi découvrir un territoire quasiment vierge. Fait à souligner, la rivière Magpie est la première au Canada à être reconnue comme «personne juridique» par l’Observatoire international des droits de la nature, la protégeant ainsi contre un développement non désiré par le milieu.

Cette liste de lecture vous permettra de vous mettre dans l'ambiance lors de votre escapade. Elle est composée de chansons qui évoquent la région ou d'artistes qui en sont originaires.

Trame musicale préparée par Zacharie Couture et Clémence Tessier.