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Défis et enjeux pour les musées: manque de financement et problématique de main-d’œuvre

Bien que l’achalandage des institutions muséales en 2017 soit très encourageant, les quelque 400 établissements doivent composer avec des enjeux importants: un manque de financement et de main-d’œuvre.

Pour ce qui est du financement, la majorité des musées doivent composer avec les revenus générés par les entrées. Ces revenus autonomes ne sont souvent pas suffisants pour assurer la rentabilité. «On sent un désengagement des gouvernements dans le financement de nos institutions. Les subventions sont à la baisse. C’est plus difficile pour les petites institutions de quelques employés. Ils doivent passer beaucoup de temps dans la recherche de financement gouvernemental, privé ou philan­thropique. Ça demande beaucoup d’énergie et, pendant ce temps, le directeur ou l’équipe ne ­travaille pas au développement du musée et de nouvelles ­expositions», expose Stéphane Chagnon, directeur général de la Société des musées du Québec.

On compte environ une centaine d’institutions muséales dans la province, qui reçoit un budget de fonctionnement de la part du ministère de la Culture du Québec, dont les grands musées d’État. 

Stéphane Chagnon, directeur général de la Société des musées du Québec

Main-d’œuvre

La problématique la plus criante qui touche les musées comme plusieurs secteurs économiques au Québec est la pénurie de main-d’œuvre. Les employés sont durs à dénicher mais, surtout, difficiles à garder à cause de la faiblesse des salaires.

«Nos institutions ne sont pas en mesure d’offrir des salaires concurrentiels à comparer à d’autres secteurs. La main-­d’œuvre est qualifiée, mais la rémunération n’est pas à la hauteur et souvent au salaire minimum. La rétention est très difficile en région, car il y a une concurrence avec les sites touristiques et autres employeurs qui peuvent payer plus. Aussi, il n’y a pas de sécurité d’emploi. C’est très inquiétant. C’est une situation qui nous préoccupe beaucoup, soulève Stéphane Chagnon. Ce qui est décourageant pour certains dirigeants, ce sont les répercussions du ­roulement de main-d’œuvre. Il faut continuellement ­former de  ­nouveaux employés, ce qui est très exigeant.» 

Pourtant, la formation ne fait pas défaut dans le domaine. On retrouve sept programmes de formation en muséologie de niveaux collégial et universitaire au Québec. Les finissants ne manquent pas d’offres d’emploi et ont tendance à se diriger vers les musées d’État qui offrent une rémunération plus concurrentielle.