Vanessa Tétreault, qui enseigne la danse chez Tendanse, offrira cet hiver un cours de hip-hop adapté aux enfants ayant une déficience physique ou intellectuelle.

Vers du hip-hop adapté

Danser est bon pour la santé. Peu importe le style, la danse transforme le corps, en dedans comme en dehors. Elle agit sur le cœur comme sur la mémoire. Elle est bénéfique autant pour les muscles que l’estime de soi. Tout ça, sans faire de discrimination. Dans cette optique, Tendanse lancera un cours unique cet hiver : du hip-hop adapté. En collaboration avec les propriétaires de Nala & Ciboulette répit, l’école invite les enfants vivant avec une déficience physique ou intellectuelle à entrer dans la danse.

Les portes de Tendanse ont toujours été ouvertes aux enfants différents. Depuis le printemps dernier toutefois, l’idée de mettre sur pied un cours de hip-hop fait sur mesure pour eux a fait son chemin.

« C’était en mai, à (la compétition) Hit de Floor, à Lévis, raconte Vanessa Tétreault, qui enseigne chez Tendanse depuis 12 ans. On était en coulisses et juste avant nous, une troupe composée de jeunes avec une déficience présentait sa choré. De les voir sur scène, c’était juste trop beau. Ge (Geneviève Gallant, directrice de l’école) et moi, on pleurait et je lui ai dit : ‘Faut faire ça ! On n’a pas le choix ! ’ »

Vanessa a déjà l’expérience de côtoyer des enfants à besoins particuliers. Dans son cours de hip-hop régulier pour petits, elle accueille Milann Dubois, un petit garçon trisomique. « L’école est très ouverte, se réjouit celle qui travaille comme éducatrice à l’enfance. Milann est parti de loin. Au début, ses parents faisaient les mouvements avec lui. Au printemps, il a participé seul au spectacle ! C’est fou de voir l’évolution et les résultats. Les amis en prennent soin. Il est adorable ! »

Par l’entremise de Karine Lévesque, une enseignante chez Tendanse qui accueille, de son côté, une petite fille atteinte d’une maladie rare dans son cours parents-enfants, Vanessa a rencontré Caroline Laramée et Elsa Labrie Desroches, propriétaires de Nala & Ciboulette répit. Caroline étudie présentement en ergothérapie. Elsa, elle, est éducatrice spécialisée auprès d’enfants à besoins particuliers. Ensemble, elles offrent des services de répit de groupe et individuels aux familles d’enfants différents.

Ensemble, les trois jeunes femmes ont pensé le cours de hip-hop adapté. « Les filles ont déjà leur clientèle et la confiance des parents, souligne Vanessa. On combine donc nos deux passions. Et, chaque cours, une des deux sera présente avec moi. » Le cours hip-hop adapté accueillera des enfants de tous âges.

« À la base, on a toujours été pro-intégration et pro-développement, souligne Caroline Laramée, de Nala & Ciboulette répit. On se dit que tout le monde peut faire ce qu’il veut dans la vie. L’idée de Vanessa s’est présentée dans le parfait ! »

Permettre aux enfants ayant une déficience physique ou intellectuelle de participer à un cours de danse aura un impact positif sur différentes sphères de leur vie, indique Caroline.

« C’est valorisant pour eux, dit-elle. Ça développe leur sentiment d’appartenance. Ils vont se faire de nouveaux amis. Ils vont bouger. »

Une approche qui rejoint complètement les valeurs mises de l’avant chez Nala & Ciboulette répit. « Le potentiel est grand, poursuit-elle. Par exemple, en travaillant la motricité globale, on va avoir un impact sur la motricité fine. Ça va être ludique. Tout ça correspond à ma thérapie mise de l’avant en tant que future ergo ! »

Caroline Laramée et Elsa Labrie Desroches, de Nala & Ciboulette répit, se joignent à Vanessa Tétreault, chez Tendanse, pour accompagner les enfants à besoins particuliers au cours de danse qui leur sera destiné.

Dans ce cours, l’accent ne sera pas mis sur la performance, assure d’ailleurs Vanessa. Tout se fera au rythme des enfants inscrits. « On va y aller selon le bagage de chacun, insiste Vanessa. Le but est de s’amuser sans qu’ils ne s’aperçoivent qu’ils travaillent ! Comme en physio ou en ergo. »

Pour ce faire, l’enseignante utilisera divers jeux psychomoteurs.

« On peut faire plusieurs apprentissages de la vie quotidienne dans un cours de danse », se réjouit l’enseignante, qui danse depuis l’âge de deux ans et demi.

« C’est vraiment extraordinaire, souligne de son côté Geneviève Gallant, en parlant du cours que Vanessa et ses camarades de Nala & Ciboulette répit se préparent à offrir dans son école. Et si ça peut donner l’idée à d’autres studios, c’est super. »

Déjà deux écoles l’ont jointe pour en savoir plus sur son approche. « Nous, ça s’est toujours fait naturellement, dit-elle. On ne s’est jamais posé de questions. Et les parents sont contents, car ils sentent que leurs enfants sont bien accueillis. »

Doublement accueillis. En sachant que Caroline et Elsa, de Nala & Ciboulette répit sont étroitement liées au cours, les parents d’enfants à besoins particuliers peuvent les laisser le temps du cours et partir l’esprit tranquille.

« Bien sûr, 95 % des parents qui inscrivent leurs enfants nous connaissent, fait remarquer Caroline. De savoir qu’on est là, sur place, ça les sécurise. Et les enfants aussi, car on représente une base solide dans leur vie. Ils vont vite être à l’aise. »

La future ergothérapeute tient toutefois à spécifier que tous les enfants ayant une déficience physique ou intellectuelle peuvent s’inscrire au cours de hip-hop adapté du samedi matin. Pas seulement ceux dont les parents font appel à leurs services de répit.

Aussi, elle ne cache pas espérer que ce partenariat avec Tendanse fasse des petits, éventuellement. « Là, ça va ouvrir le bal, dit-elle, joyeuse. On n’est pas fermée à l’idée de vivre d’autres partenariats du genre. On va voir la réception des parents. Ce sera un tremplin pour une autre forme d’accompagnement aux activités de tous les jours.»

Le cours de hip-hop adapté, d’une durée d’une heure, commencera le samedi 17 février. Il est encore temps de s’inscrire en se rendant à l’adresse suivante : info@ecoletendanse.com ou au 450-372-7744.