La comédienne Marie Tifo incarnera la Sainte-Vierge dans Le Testament de Marie.

Une rencontre entre le théâtre et la musique

La célèbre comédienne Marie Tifo prendra les traits de la Sainte-Vierge dans une représentation de la pièce Le Testament de Marie, qui sera présentée à l’église anglicane de Saint-Paul-d’Abbotsford, le dimanche 17 juin. Elle partagera la vedette avec l’orgue-harmonium de l’endroit, un instrument unique qui vibrera pour la toute première fois sous les mains de l’organiste en résidence de l’OSM, Jean-Willy Kunz.

Le facteur d’orgues, Robin Côté, a fait partie de l’équipe de Juget- Sinclair ayant restauré l’instrument en 2002. De fil en aiguille, il a tissé des liens avec la communauté de Saint-Paul-d’Abbotsford, si bien qu’il est désormais l’organiste «attitré» de l’orgue lors de certaines cérémonies.

Il connaît donc très bien l’instrument fabriqué vers 1860 à Montréal par Samuel Russel Warren, un organiste américain ayant immigré au Canada au début du XIXe siècle. Installé d’abord dans une résidence de la métropole, il est acquis par la paroisse anglicane de Saint-Paul-d’Abbotsford en 1873.

«C’est particulier comme instrument, surtout au niveau de la recherche musicologique. C’est un instrument hybride, qui compte deux claviers. Il y a un orgue à tuyau et des bouches d’harmonium, qui produisent des sonorités différentes et dont on peut jouer en même temps. C’est comme s’il y avait deux instruments qui cohabitaient», note M. Côté. À sa connaissance, il n’existe pas de pareil instrument au Canada ni en Amérique du Nord.

«C’est un peu comme un musée: quand on joue de cet instrument-là, on a la même sonorité qu’il y a 140 ans», relate-t-il.

Ambiance
Le Testament de Marie, une pièce de renommée mondiale écrite par l’Irlandais Colm Toibin, est un long monologue de Marie qui se souvient de la vie de son fils Jésus. Un texte empreint d’émotions et d’authenticité auquel l’accompagnement sonore de l’orgue saura donner une profondeur inouïe, soutient M. Côté. Le tout dans l’atmosphère intimiste de l’église.

«C’est un instrument très approprié pour accompagner une pièce de théâtre, puisqu’il est très théâtral lui-même, allègue le facteur d’orgues. Il offre une variété de sonorités. C’est un petit orchestre en soi. On peut vraiment aller chercher les couleurs qui correspondent à l’émotion qu’on veut mettre en valeur.»

Les orgues anciens nécessitent un entretien régulier en raison de leur constitution de bois, de cuir et de cuivre et de leur sensibilité à l’humidité, souligne M. Côté. «Ce sont des instruments capricieux, mais qui ont plein de belles choses à offrir.»

Le spectacle, dont les profits serviront à financer la mission de préservation du patrimoine local d’Héritage Abbotsford, aura lieu à 16h. Les billets sont en vente sur Eventbrite (https://bit.ly/2JWLt8H) au coût de 65$, dont 50$ sont déductibles d’impôt.