Ginette Moreau présente son livre jeunesse Perdu dans la toundra, dont le lancement a lieu le samedi 13 avril, à l’hôtel de ville de Waterloo.

Une peluche parcourt 500 km pour retrouver son maître

Il y a 16 ans, le petit Vincent égarait sa peluche en jouant dans les rochers d’une île déserte au Nord du Québec. De bouche à oreille, de main en main et de village en village, Chat a parcouru 500 km, de Umiujaq jusqu’à Chisasibi, en passant par Kuujjuaraapi, pour retrouver les bras de son jeune maître. C’est ainsi que Ginette Moreau raconte l’histoire de la peluche de son fils, dans son nouveau livre pour enfants intitulé Perdu dans la toundra.

« On avait demandé à Bobby, un ami cri chasseur et pêcheur, de nous amener en canot à moteur pour assister à un pow-wow dans la Baie d’Hudson. Il faisait mauvais, alors on a été obligés de camper sur une île déserte, au Cap Jones. Les enfants s’étaient amusés à jouer à cache-cache. Le soir, mon fils Vincent était inquiet, car il ne retrouvait plus sa peluche. »

C’est ainsi que Ginette Moreau, ancienne conseillère municipale de Waterloo, raconte le moment originel qui a inspiré l’écriture de cette anecdote incroyable.

« Une famille inuite au Cap Jones a retrouvé Chat, puis a tout organisé pour le faire descendre jusqu’à Kuujjuaraapi. Là, on a appris par radio à ondes courtes que la peluche avait été retrouvée. On pensait devoir aller la chercher, mais des gens sont descendus en avion à Chisasibi et nous ont apporté le chat directement », raconte Ginette Moreau, orthothérapeute de formation.

« C’est une histoire pour raconter la bienveillance, la délicatesse du peuple autochtone. Je ne veux pas que cette histoire-là disparaisse; je veux qu’elle soit connue. »

Doux nord
Parce qu’elle n’a pas pu tout dire en mots, il était important pour Mme Moreau de trouver une illustratrice qui travaillerait à montrer le véritable paysage dans lequel s’est déroulée son histoire. Une collaboration qu’elle a dénichée en la personne de Brendy Woods. « Je voulais que ce soit une fenêtre sur le Nord, qu’on voit la taïga, affirme l’auteure de Waterloo. J’ai aussi tenu à ce qu’elle dessine le vrai visage de Bobby, pour lui rendre hommage. »

À travers les pages, on peut d’ailleurs y voir un chien husky, des peaux d’animaux qui sèchent au soleil et des maisons sur pilotis. Autant de traditions que de modernité, qui se veulent un miroir du mode de vie autochtone d’aujourd’hui.

« Je voulais aussi sensibiliser les enfants, leur donner le goût d’être plus gentils avec les gens d’autres cultures. C’était une façon de faire connaître les peuples autochtones autre que par les stéréotypes et les clichés », dit-elle.

Y ayant vécu une dizaine d’années, Ginette Moreau est « vraiment tombée amoureuse du Nord ».

« Tu sors du village et, à perte de vue, c’est la nature. La mousse, les lichens, les petits fruits, les épinettes, les roches, les oiseaux migrateurs, illustre-t-elle. C’est un havre de paix. »

De surcroît, elle confie être présentement à l’écriture d’un plus long récit, narrant cette fois ses années de vie dans ce coin méconnu de la province.

Lancement
Ginette Moreau invite la population à venir au lancement de Perdu dans la toundra, à l’hôtel de ville de Waterloo, le samedi 13 avril prochain, à 14 h. Non seulement il y aura quelques objets d’origine autochtone à découvrir, mais un invité d’honneur micmac, Gilles Francoeur, accompagné d’une poétesse, lira des textes de l’auteure crie Margaret Sam-Cromarty, qui traitent de nature et de bonté. Une projection de photos d’événements réels aura également lieu. On pourra ainsi voir les paysages nordiques, la famille de
Mme Moreau et la fameuse peluche en forme de chat dans les bras de Vincent. D’ailleurs, les enfants sont invités à apporter leur toutou préféré pour le présenter au public.

Charité voyageuse
Les âmes bienveillantes ayant participé au voyage de la peluche de son fils, leurs noms et leurs visages, demeurent toujours inconnus pour Ginette Moreau. « J’ai même écrit à Seconde Chance, pour espérer les retrouver ! L’émission ne m’a pas encore répondu... »

« Si un jour je les retrouve, j’aimerais leur dire que le geste qu’ils ont posé il y a 16 ans, par pure gentillesse, est maintenant connu partout au Canada.»

Ceux qui ne peuvent assister au lancement du 13 avril auront la chance de se procurer le livre Perdu dans la toundra dans deux librairies de Grany, Le Repère, rue Principale, et à la Papeterie Atlas, boulevard Pie-IX.