Caroline Grimard (soins esthétiques) et Katherine Feeley, massothérapeute spécialisée en massages pour enfants autistes, anxieux et hyperactifs.

Une douce façon d’apaiser l’anxiété

Qu’ils soient autistes, hyperactifs, ayant des troubles de l’attention ou anxieux, de nombreux enfants se trouvent aux prises avec un feu intérieur qui les anime. À Granby, Katherine Feeley offre aux parents en manque de répit un nouvel outil : des massages pour enfants à besoins particuliers (MEBP).

Au sol, un futon de shiatsu. Contre le mur, des points de repère visuels détaillant les étapes du massage et un minuteur, pour rassurer l’enfant anxieux. Les jeunes patients gardent leurs vêtements, comme dans le cas d’un massage shiatsu, qui constitue la base de la technique MEBP, indique Mme Feeley.

Les supports visuels expliquant la routine sont très importants, car les enfants autistes aiment anticiper ce qui s’en vient et angoissent devant les imprévus.

« Ce sont des pressions profondes, qui stimulent le système proprioceptif, explique Mme Feeley. L’enfant se sent ancré dans le sol. Il peut alors vraiment s’apaiser et baisser son niveau d’anxiété. »

Les bienfaits ne s’arrêtent pas là. « Au niveau cérébral, la technique MEBP vient libérer de la dopamine et de la sérotonine, ce qui entraîne un effet calmant dans le corps », explique-t-elle.

Rare dans la région

Mme Feeley est l’une des trois spécialistes de la région à offrir cette technique de massage MEBP*. Ils sont autour de 80 massothérapeutes à l’échelle du Québec, souligne Mélissa Boulanger, créatrice de cette technique particulière (lire encadré).

La jeune trentenaire n’opère cependant pas seule dans son coin. Elle partage les locaux de son entreprise — qui porte le nom Zen et sublime — avec sa partenaire d’affaires et amie Caroline Grimard, technicienne en pose d’ongles et de cils, ainsi qu’avec l’ostéopathe Cynthia Lemieux-Leduc.

Katherine Feeley recommande que ces enfants à besoins particuliers reçoivent ces massages à un rythme bihebdomadaire. « À certaines périodes de l’année particulièrement stressantes, comme celle des examens d’école, l’enfant peut même venir chaque semaine pour réussir à passer à travers cette période plus difficile. »

Si la jeune femme dispose de son local sur la rue Brignon à Granby depuis seulement deux mois, les résultats se font déjà sentir. « Par exemple, une de mes clientes m’a dit qu’elle avait vu une différence chez son enfant tout de suite après le premier massage, souligne-t-elle. Elle m’a dit qu’il était beaucoup plus à l’écoute et plus réceptif aux consignes. »

* Rendez-vous sur site web www.techniquesmebp.com pour localiser les massothérapeutes certifiés MEBP.

Mélissa Boulanger, précurseur

Mère de deux garçons autistes de 11 et 14 ans, l’ancienne informaticienne Mélissa Boulanger a pris les grands moyens pour améliorer leur qualité de vie. En 2015, elle a créé la technique de massage pour enfants à besoins particuliers MEBP. « Moi, j’ai toujours aimé masser mes enfants », explique-t-elle. 

Cependant, la maman ne trouvait pas de massage qui leur permettait de relaxer profondément. En les amenant chez l’ergothérapeute, elle remarque alors qu’ils sont très réceptifs aux pressions profondes. « Ça les aidait beaucoup », se souvient-elle. 

Ni une ni deux, elle décide alors de créer ce qui n’existait pas. « J’ai réorienté ma carrière, et comme je ne trouvais pas de massothérapeute pour les enfants à besoins particuliers, j’en suis devenue une et j’ai créé la technique MEBP ! »

La formation de 60 heures permet autant d’acquérir des techniques que de comprendre les enfants autistes et leurs besoins sensoriels.

Aujourd’hui, elle exporte sa technique à base de thérapie shiatsu et de routine visuelle. Elle a déjà formé plusieurs spécialistes en France et en Suisse. « En matière d’autisme, on est en avance d’une vingtaine d’années sur eux. » La technique MEBP fait actuellement l’objet d’une étude universitaire dirigée par la professeure de psychologie de l’UQAM, Nathalie Poirier. « Elle est une sommité en autisme au Québec », souligne Mme Boulanger. Les résultats seront connus au printemps. Jérôme Savary