Impliquée dans son milieu pendant de longues années, sœur Marguerite Dubois célèbrera un siècle d’existence le 31 mai. Une fête sera préparée en son honneur le 14 juin.

Une bâtisseuse fête ses 100 ans

« Mon secret, c’est d’accepter, jour après jour, ce qui vient et de le faire dans la joie. » Les souvenirs de sœur Marguerite Dubois, qui célèbrera son 100e anniversaire le 31 mai, sur ses 30 ans d’enseignement et de philanthropie à Bromont, sont toujours aussi clairs.

Lors du 40e anniversaire de Bromont, sœur Marguerite avait été reconnue membre des bâtisseurs de la municipalité pour son implication sociale, souligne l’ancienne mairesse et enseignante à la retraite, Pauline Quinlan. Elle a joué un rôle important à Bromont, notamment en fondant le Centre de dépannage qui porte aujourd’hui son nom.

Originaire de Fugèreville, au Témiscamingue, une paroisse fondée par ses parents, la jeune Marguerite Dubois a quitté la maison familiale à 17 ans pour rejoindre la congrégation des sœurs de Saint-Joseph. Une vie qu’elle a aimée et qu’elle aime toujours, raconte-t-elle.

C’est en 1969 qu’elle est envoyée à Bromont pour y enseigner à l’école Saint-François-Xavier, plus tard rebaptisée l’école Pierre Aube. « J’ai enseigné dans la joie, lance la vigoureuse centenaire. J’ai beaucoup aimé l’enseignement.»

Les sœurs de Saint-Joseph étaient présentes à Bromont depuis plusieurs années. Elles enseignaient dans un couvent qui a été démoli après la construction, dans les années 50, de l’école de la rue Compton, elle aussi disparue au début du XXIe siècle, ajoute Mme Quinlan, qui connait sœur Marguerite depuis 45 ans.

Au service des autres
Sœur Marguerite a été marquante pour les enfants de l’époque qui se présentaient à l’école le ventre vide. « Ça arrivait souvent, se souvient la principale intéressée. Une professeure avait vu une enfant prendre à manger dans une boîte à lunch qui ne lui appartenait pas à l’heure de la collation et elle est venue me le dire. Au lieu de la réprimander, je lui ai demandé pourquoi elle avait fait ça. La petite m’a dit qu’elle avait faim et qu’elle n’avait qu’une soupe claire. Je lui ai dit qu’à présent, quand la récréation allait sonner, elle pouvait venir me voir dans ma classe. J’avais une grosse boîte de biscuits. Ça a été très heureux, parce que les élèves en ont gardé un bon souvenir. »

Il s’agissait là d’une prémisse à ce qui allait suivre après sa carrière d’enseignante.

Quand l’heure de la retraite a sonné, sœur Marguerite s’est vu offrir de devenir animatrice à la pastorale par sa commission scolaire. Ce qu’elle a vite accepté. Ensuite, elle s’est lancée avec vigueur dans la guignolée et l’aide alimentaire.

« Je gardais un endroit dans l’école pour les denrées. Et ça s’est multiplié. » Le Centre de dépannage est né en 1997.

«Ça a commencé de façon plus légère», raconte l’ancienne mairesse.

«Maintenant, poursuit-elle, on sait que cette collecte est extraordinaire. Elle avait un système pour aider les familles dans le besoin. Ce qu’on peut dire d’elle, c’est qu’elle a consacré sa vie au service des autres et à l’enseignement.»

Ça se fête
Son implication à Bromont explique facilement pourquoi son 100e anniversaire y sera célébré. La Ville de Bromont et le Centre de dépannage Marguerite-Dubois lui préparent une grande fête. « La cérémonie sera courte et structurée, parce que quand on a 100 ans, on ne peut pas faire le party toute la journée », indique Pauline Quinlan, un sourire dans la voix.

Bien sûr, la fêtée se déplacera de Saint-Hyacinthe, où elle habite maintenant avec ses consœurs. Elle marche toujours et possède tous ses esprits. Elle a entendu dire que Mgr Christian Rodembourg serait là, « mais je crois que c’est un secret», a-t-elle glissé avec humour.

Ce n’est pas un secret, l’évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe a confirmé sa présence.

L’événement n’aura pas un caractère religieux, précise toutefois Mme Quinlan.

La fête se passera sous le gazebo de l’église Saint-François-Xavier, le jeudi 14 juin, de 13h à 14h30.