Catherine Robert et Maude Blondin se préparent pour un stage d’enseignement au Bénin avec treize autres étudiantes au baccalauréat en adaptation scolaire et sociale de l’Université de Sherbrooke.

Un stage loin des classes québécoises

Quinze étudiantes en adaptation scolaire et sociale de l’Université de Sherbrooke s’envoleront bientôt vers la Venise de l’Afrique pour y faire un stage d’enseignement. Cette expérience hors de l’ordinaire est le fruit de plus d’un an de travail et... de revers.

Les trois semaines de stage devaient d’abord être au Sénégal, en collaboration avec un organisme de Trois-Rivières, mais les plans ont changé en raison d’un manque de subventions. Le groupe s’est tourné récemment vers Horizon Cosmopolite, à Montréal, un choix qui leur a permis d’être mieux épaulé. Plutôt que le Sénégal, c’est au Bénin que les filles se dirigeront le 10 mai, plus précisément au village de Ganvié, surnommé la Venise de l’Afrique.

La Granbyenne Catherine Robert est l’organisatrice du projet, aidée des autres participantes qui devaient amasser des fonds, dans les derniers mois, pour aider à payer les frais reliés au stage.

Soupers spaghetti, spectacles-bénéfices, subventions et autres moyens de financement ont permis d’amasser 15 000 $ pour les quinze étudiantes, dont deux sont de Granby, soit Mme Robert et Maude Blondin. Cette somme est loin de couvrir tous les frais, mais elles doivent maintenant se concentrer sur leur stage dans la région et sur la suite de la préparation du voyage.

L’organisme HorizonCosmopolite organise plusieurs stages à travers le monde pour les groupes et les individus.

Matériel recherché
Parmi ces préparatifs, les participantes veulent apporter avec elles du matériel scolaire. La collecte est en cours pour des feuilles de cartable, des crayons ou autres articles scolaires qui ne prennent pas trop de place dans les valises et qui peuvent être utilisés comme matériel pédagogique.

Ce matériel sera offert aux classes visitées.

« On va être dans la même école de village pendant trois semaines, explique Mme Robert. On va chacune être attitrée à un enseignant. On voulait quand même créer un lien avec quelqu’un parce qu’un voyage comme celui-là est déstabilisant. Il va y avoir un partage avec les enseignants de là-bas. Ils nous ont demandé de montrer des façons de faire qu’ils ne connaissent pas nécessairement et d’apporter du matériel. Peut-être qu’ils ne prendront pas tout ça, c’est à eux de décider, mais on arrive là avec l’idée de discuter de pédagogie. Ça va même être plus bénéfique pour nous parce qu’on s’en va faire une belle expérience d’enseignement. Ça va être très formateur en tant qu’enseignantes en adaptation scolaire et sociale. »

Maude Blondin prévient que le but du voyage n’est pas de changer la façon d’enseigner au Bénin, même si certaines techniques plus punitives peuvent ébranler les jeunes femmes. Il s’agit plutôt d’apprendre et de retourner à l’essentiel, loin de la technologie aujourd’hui très présente dans les classes du Québec. « On va plus s’intégrer et donner un coup de main pour l’élève qui ne comprend pas dans la classe », assure-t-elle.

Les classes, formées de 60 à 70 élèves, sont sous forme de cours magistraux. Les élèves travaillent sur une ardoise à leur bureau, pour ceux qui ont la chance d’en avoir une, plutôt que dans des cahiers et sur des feuilles mobiles.

Immersion complète
Signe que le moment tant attendu approche, le groupe se réunira dans les prochaines semaines dans un chalet pour la formation pré départ et pour solidifier les liens entre les participantes, tout en échangeant sur leurs appréhensions. Elles veulent s’assurer de pouvoir compter les unes sur les autres en cas de besoin.

Parmi ces appréhensions mêlées d’enthousiasme, il y a bien sûr la nourriture béninoise. Catherine Robert et Maude Blondin ont fait leurs recherches et l’alimentation typique est à base de pâte de maïs, mais elle est aussi très variée.

Chacune des stagiaires sera hébergée par une famille d’accueil, rendant l’immersion encore plus complète. « C’est Horizon Cosmopolite qui a fait les démarches pour l’hébergement, indique Mme Robert. L’organisme nous épaule vraiment beaucoup et c’est vraiment très rassurant. »

La langue officielle au Bénin est le français, mais il est possible que les mères des familles parlent un des 56 dialectes béninois.

Bien sûr, elles s’attendent à devoir faire face à la pauvreté et y seront préparées durant la formation. 

Pour donner du matériel scolaire, vous pouvez contacter le groupe au projet.benin15@gmail.com