Un regard neuf sur le TDAH

Le Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité a très peu de secrets pour la neuropsychologue Johanne Lévesque et le psychologue sportif Sylvain Guimond. Pourtant, le TDAH est entré dans leur vie parallèlement à leur carrière respective dans l’univers de la psychologie humaine. De leur rencontre est né un livre et de ce livre, une conférence. Le mardi 20 mars, ils seront les invités de Se relier au coeur du monde, à Saint-Césaire, pour parler d’espoir.

Johanne Lévesque est neuropsychologue. En 2002, elle a instauré le neurofeedback au Québec, une technique américaine qui permet de mesurer l’activité électrique du cerveau et de traiter divers troubles neurologiques. Cette approche, elle l’a découverte en tentant de trouver une aternative au Ritalin quand son fils a reçu un diagnostic de TDAH avec impulsivité. Il avait neuf ans. Histoire de pousser ses recherches au maximum, elle a fait son stage postdoctoral en neuropsychologie sur cette technique auprès d’enfants ayant reçu un diagnostic de TDAH. Son fils a d’ailleurs fait partie de son étude.

Johanne Lévesque est neuropsychologue. Mère d’un fils ayant un diagnostic du TDAH, elle a, après sa rencontre avec Sylvain Guimond, proposé d’écrire un livre sur le sujet.

Sa rencontre avec Sylvain Guimond, elle, a eu lieu il y a environ deux ans alors que le psychologue sportif offrait une conférence. «Comme je suis une maniaque de sports, je suivais ce qu’il faisait sur RDS et je trouvais très intéressante son approche de la biomécanique, raconte Mme Lévesque, avec énergie. Je me disais que lui et moi, on pourrait être amis!»

Au fil des rencontres, l’amitié a fait place à l’amour. «Elle a probablement discerné certains comportements qui l’étonnaient en m’a demandé si je consentais à passer quelques tests, écrit Sylvain Guimond avec ouverture dans TDAH Pourquoi être ordinaire si on peut être spécial?, publié aux Éditions Un Monde Différent. J’ai, bien sûr, accepté sa proposition avec enthousiasme. Pour simplifier, disons que ces examens dessinent un portrait de mon être.»

Sylvain Guimond, psychologue sportif, auteur et conférencier. Il y a deux ans, il a appris qu’il était atteint du trouble déficitaire de l’attention avec hyper-activité. Une annonce qui lui a donné envie de partager son histoire.

C’est à ce moment que le diagnostic est tombé: trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité.

«J’ai été extrêmement surpris, dit-il. Je pleurais tellement quand je l’ai su. Ça amenait des réponses aux nombreuses questions que j’avais. Je me suis senti libéré. Je le savais que je n’étais pas fou!»

Rappelons que Sylvain Guimond est docteur en psychologie du sport, éducateur physique et ostéopathe. Il est spécialiste de la posture, a écrit des best-sellers et participe à de nombreuses émissions de télévision liées au sport. Il a évalué plusieurs athlètes d’élite en plus d’agir à titre de consultant pour la LNH, la NBA, la NFL, pour les Alouettes et pour le Canadien de Montréal.

«Il a deux doctorats!, lance Mme Lévesque en riant. Il n’est pas supposé avoir fait tout ce qu’il a fait! Sylvain est la preuve vivante que TOUT est possible pour quelqu’un qui a un TDAH.»

Partager leur histoire
C’est donc en jasant de leur expérience respective et dans un désir de partager leur histoire pour aider autant les enfants que les adultes diagnostiqués, les parents ou les intervenants qui les côtoient chaque jour, qu’ils ont décidé d’écrire un livre sur le sujet. «On voulait dire qu’il était possible d’avoir des rêves, explique M. Guimond. Oui, ça va demander plus d’efforts et d’aide. Ça va être plus ardu, mais c’est possible. On souhaitait transmettre un message d’espoir.»

D’ailleurs, l’auteur est catégorique. «La phrase la plus puissante du livre est celle qui dit que le TDAH n’est pas une condamnation, mais une constatation. Le travail de Johanne a été colossal. Tout est là!»

Dans sa pratique, la neuropsychologue dit avoir vu le phénomène évoluer, mais négativement. «Les gens s’en font beaucoup, regrette-t-elle. Il y a aussi beaucoup d’intolérance au niveau de la performance. On était tannés de tout ça.»

Bien sûr, son expérience de mère a aussi pesé dans la balance quand l’idée d’écrire un bouquin s’est présentée. Spécialiste des fonctions cognitives, elle avoue ouvertement ne pas avoir su reconnaître les signes du TDAH de son garçon. Comme elle s’est sentie à la fois coupable et responsable, elle a jugé qu’elle devait partager son expérience avec les autres parents.

Savoir ce qui nous arrive ou ce qui arrive à un proche permet de mieux réagir, écrit d’ailleurs le couple dont le but est d’informer, de renseigner et d’en apprendre plus aux gens sur le TDAH par le biais de son livre et de la conférence qu’il viendra présentée à Saint-Césaire le mardi 20 mars prochain.

Celle-ci aura lieu à 19h, à l’auditorium de l’école P.-G.-Ostiguy. Johanne Lévesque et Sylvain Guimond parleront, entre autres, des fonctions du cerveau. «Nous allons expliquer le TDAH, le dédramatiser et amener les gens à ne pas avoir peur d’en parler, insiste M. Guimond. On pense souvent être seuls avec un TDAH, mais on est loin de l’être.»

De la chimie qui existe entre les deux auteurs devrait naître un deuxième ouvrage cet automne. Celui-ci portera sur l’anxiété.

Pour des billets: Léon-Maurice Lavoie au 450-469-0728 ou au www.serelieraucoeurdumonde.com