Dominique Viau et Guylaine Goulet souhaitent lancer, cet été, le centre de santé Atypicoeur, offrant une multitude de services spécialisés sous un même toit, notamment pour les personnes à besoins particuliers.

Un projet qui sort du cadre

Avoir des enfants ou des proches ayant des besoins particuliers n’est pas une sinécure. À quelle porte cogner pour avoir de l’aide ? À qui faire confiance ? Oeuvrant dans le domaine de la santé, Guylaine Goulet et Dominique Viau veulent se démarquer en lançant un centre regroupant une panoplie de spécialistes pour accroître l’accessibilité et la cohésion de leurs services.

« J’ai travaillé toute ma vie avec des personnes différentes, et j’ai prôné cette différence. Je me bats depuis des années pour faire une place à ces gens qui se sentent trop souvent exclus dans la société », a confié d’entrée de jeu Dominique Viau. Et ce combat, elle ne le livre pas uniquement pour les autres. Son fils, un jeune homme de 24 ans, vit avec les symptômes du Trouble du spectre de l’autisme (TSA) et du déficit de l’attention (TDA). Il est aussi atteint de dyslexie et de dysphasie, entre autres. « Je suis moi-même éducatrice spécialisée et je me suis cogné le nez à bien des portes pour avoir du soutien. Avec Atypicoeur, je veux faire en sorte que les parents ne vivent plus ces émotions en montagnes russes. »

En fait, le projet du centre multiservice a pris naissance en 2016. Dominique et Guylaine terminaient alors leur formation comme massothérapeutes spécialisées pour les enfants à besoins particuliers (MEBP). « Ça a été le déclic. On a tout de suite compris qu’on avait un but commun. Que l’on devait unir nos forces pour créer un centre unique en son genre », a lancé Guylaine, mère de quatre enfants, dont la petite dernière est trisomique et a plusieurs problèmes comportementaux.

« L’entraide avec un grand E »
Avoir une idée est une chose. Faire en sorte qu’elle se concrétise en est une autre. Question de garder le cap avec leur objectif, les deux entrepreneures ont fait appel au CLD Brome- Missisquoi pour peaufiner leur plan d’affaires. De cette étape cruciale a émergé un canevas bien ficelé. « On veut avant tout aider les gens. On vise l’entraide avec un grand E, a imagé Dominique. Et pour ça, il faut s’allier à des gens qui ont la même vision que nous. Ce sera en quelque sorte ce qui nous permettra de sortir du lot. D’offrir quelque chose d’unique, de spécifique à chaque personne, en un seul endroit. »

Le duo a déjà un local en vue à l’angle des rues Saint-Hubert et Lafontaine à Granby.

« C’est un point central. Près de l’hôpital, du CLSC et d’une foule d’autres établissements [connexes] », a indiqué Guylaine.

Si tout se déroule comme prévu, Atypicoeur devrait ouvrir ses portes cet été. Les deux femmes souhaitent que l’on retrouve sous un même toit plusieurs spécialistes : orthophonistes, neuropsychologues, nutritionnistes, travailleurs sociaux, ergothérapeutes, physiothérapeutes et massothérapeutes, notamment.

Les deux collègues veulent favoriser l’accès aux services spécialisés pour les parents à plus faibles revenus.

« Pour réduire les coûts, on veut créer une fiducie. Tout l’argent des [collectes de fonds] irait là. La facture pourrait aussi être moindre si des parents sont prêts à nous donner un coup de main en faisant diverses tâches. Mais ça reste à définir », a mentionné Dominique.

Outils de pointe et airs de jazz

L’offre de services d’Atypicoeur s’articulera autour de deux outils de premier plan. Le premier est une chambre hyperbare. On y pratique l’oxygénothérapie, une technologie qui consiste à administrer de l’oxygène à haute densité à l’intérieur d’un caisson où la pression atmosphérique est plus élevée que celle de l’air ambiant. Cet équipement est entre autres utilisé chez les autistes, ainsi que les gens atteints de Parkinson, d’Alzheimer et de fibromyalgie. Le tandem mise sur une salle multisensorielle (Snoezelen) ou salle blanche. Malgré son apparente complexité, le concept est simple : on y stimule les sens des personnes qui s’y trouvent pour les apaiser. On peut retrouver une panoplie de choses dans cette salle capitonnée à l’éclairage modulable, allant des écrans interactifs aux animaux en peluche, puis aux chaises-hamacs.


Selon Dominique Viau et Guylaine Goulet, l’achat d’une chambre hyperbare et la construction d’une salle Snoezelen représentent une enveloppe avoisinant 100 000 $. Après avoir entendu parler de son projet, un client de Dominique, Mario Valois, a décidé de lui donner un coup de main en organisant un spectacle. Ainsi, les amateurs de jazz, de blues et de célèbres crooners à travers les époques ont rendez-vous le samedi 14 avril à l’auditorium de l’école Joseph-Hermas-Leclerc, qui dispose de près de 500 places. L’événement sera présenté sous la direction musicale de Jean Wiedrick. Pour de plus amples renseignements à propos du spectacle ou sur l’entreprise, consultez la page Facebook Atypicoeur.