Pierre Ménard était l'un des propriétaires de la boutique ésotérique Trésors d'énergie de Granby.

Trésors d'énergie: le propriétaire Pierre Ménard s’éteint

Très peu de commerces peuvent se réjouir de toujours exister après 25 ans. Dans le domaine de la spiritualité, ils sont encore moins nombreux. C’est pourtant le tour de force qu’a réussi la famille propriétaire des Trésors d’énergie, présent à Granby depuis un quart de siècle. Malgré le vide que vient de créer le décès du patron de la boutique, celle-ci entend rester enracinée encore longtemps et souhaite poursuivre sa mission, celle d’aider les autres.

Pierre Ménard, sa femme et leur fils opèrent les Trésors d’énergie aux Halles de Granby depuis 25 ans. Dans le temps des Fêtes, M. Ménard a toutefois succombé à un virulent cancer de l’œsophage. Il s’est éteint le 28 décembre dernier à l’âge de 70 ans.

«Partir n’était pas quelque chose qui lui faisait peur, raconte son fils, Michaël. Il avait la foi.»

«Il disait que mourir, c’était de retourner chez lui», ajoute Louise, qui a partagé sa vie pendant 43 ans. Le couple a toujours été uni dans la vie comme en affaires. Il a eu deux enfants.

Si la boutique, à l’origine un magasin de farces et attrapes et d’artisanat, a pris un virage plus spirituel au fil du temps, c’est justement, à cause d’un choc vécu il y a plusieurs années par Pierre Ménard. Organisateur politique de l’ex-député bloquiste de Brome-Missisquoi, Gaston Péloquin, M. Ménard s’est mis à poser un tout autre regard sur la mort quand l’homme politique est décédé subitement dans un accident de la route en 1994.

À ses yeux, la mort est devenue un passage. C’est à ce moment que la vocation ésotérique du commerce a tranquillement pris forme.

Pierre Ménard était d’ailleurs d’une bonne écoute pour ceux et celles qui, éprouvés, se présentaient dans sa boutique.

«Il en a aidé du monde, insiste Michaël, qui souhaitait rendre hommage à son père. Des gens endeuillés ou avec des idées suicidaires. Il leur donnait confiance, espoir. Des fois, ça prend juste une parole.»

«Ici, on ne vend pas de magie, tenait-il à ajouter. Les gens viennent ici chercher quelque chose qui va leur donner une force, de la confiance ou de l’énergie pour continuer, aller plus loin, foncer. Ça va être une pierre, un livre, de la musique, etc.»

Dans une entrevue accordée à La Voix de l’Est en 2011, M. Ménard disait d’ailleurs ceci: «Les gens fréquentent beaucoup moins les églises. Ils cherchent du réconfort quelque part quand ça va un peu moins bien dans leur vie.» Il était donc souvent celui à qui les gens aimaient se confier. Une oreille attentive et un bon sens de l’humour lui permettaient souvent de changer les idées de ses clients. Il aura d’ailleurs été drôle jusqu’à la fin, note sa femme. À l’hôpital, où il a poussé son dernier souffle, il est toujours resté farceur.

Louise Lacasse et son fils tiennent d’ailleurs à remercier le personnel du Centre hospitalier de Granby pour les bons soins prodigués à M. Ménard.

Aucune cérémonie n’a encore eu lieu pour souligner le départ de Pierre Ménard. Comme il souhaitait que celle-ci soit joyeuse et célébrée à l’extérieur, elle sera organisée quelque part en mai, à Cowansville.

«Il ne voulait rien savoir d’une salle sombre et triste, rapporte Michaël. Il souhaitait une fête. Pas une célébration dans la tristesse. C’est ce qu’il va avoir.»