Maryline Morneau a usé de patience pour donner vie à son arbre. Un arbre «un peu croche» comme le chemin de sa vie, souligne celle qui a participé au projet SAM’Enracine, du Sac à Mots.

S’enraciner en s’exprimant

Quand l’art allie l’alphabétisation à l’inclusion sociale, on obtient le projet SAM’Enracine, du Sac à Mots de Cowansville. Les participants ont présenté leurs œuvres toutes personnelles lors d’un vernissage, jeudi dernier.

Maryline Morneau a usé de « beaucoup, beaucoup de patience – tellement de patience! », alors qu’elle entortillait des fils électriques pour former les branches d’un arbre, avant d’y ajouter des pierres et des pièces de bois pyrogravées.

Cet arbre, elle l’a réalisé dans le cadre du projet SAM’Enracine, nommé ainsi pour intégrer l’acronyme Sac à Mots à la métaphore de l’arbre présentée aux participants.

«J’ai eu une enfance très dure. J’ai poussé dans une terre pas trop belle. C’est pour ça que mon arbre à moi est un peu croche, [un peu comme] le chemin de ma vie», illustre Mme Morneau.

Celle qui est originaire de Rimouski indique cependant que son arbre « refleurit » depuis qu’elle s’est établie à Cowansville et qu’elle a entrepris différentes démarches pour s’aider.

Dominique Lequin, formateur en alphabétisation populaire, complète la métaphore. «Même si [les analphabètes] se pensent complètement en dehors de la société, ils font partie de cette belle grande forêt!»

M. Lequin se souvient de la surprise et de la satisfaction des participants au projet au courant du processus. Ils étaient étonnés de leur capacité d’introspection et de la voix que leur donnait leur création.

Différents ateliers ont aussi permis à chacun d’explorer de nouvelles pratiques d’écriture et de lecture, en plus de découvrir le plaisir de travailler en équipe.

«Ça vaut vraiment la peine d’aller au Sac à Mots! C’est enrichissant pour nous, et c’est très encourageant pour notre vie future!», tenait à souligner Mme Morneau.