Le groupe était composé de 15 élèves, des deux organisateurs et de deux parents accompagnateurs, Catherine Daoust et Michel Valiquette.

Se surpasser, des skis de fond aux pieds

Le repos n’a pas fait partie du concept de relâche pour 15 élèves du collège Mont-Sacré-Coeur de Granby cette année. Le groupe, chaussé de skis de fond, a fait la Traversée de Charlevoix. Un parcours de 105 kilomètres qu’il a franchi dans des conditions qui, par moment, rappelaient la Sibérie !

L’activité a été organisée par deux enseignants du collège Mont-Sacré-Coeur ; Céline Paradis, qui enseigne l’éducation physique, et Guillaume Boucher, professeur de mathématiques. Au total, ils ont rassemblé 15 étudiants de 15 à 17 ans. Deux parents accompagnateurs se sont aussi joints au groupe.

« La plupart des jeunes n’avaient jamais fait de ski de fond de leur vie. Ils se sont retrouvés dans des conditions où ils devaient être complètement autonomes », explique Mme Paradis. Par moment, le premier skieur de la file devait ouvrir la piste alors que tous avaient de la neige aux cuisses !

Pas épargnés
Les randonneurs ont dû faire face à plusieurs épreuves. Dans la semaine, une énorme tempête a frappé la région de Charlevoix, les laissant dans des conditions climatiques très difficiles. Plus de 50 centimètres de neige se sont abattus sur eux, ralentissant leur rythme. « Ce jour-là, ça nous a pris dix heures avant d’atteindre notre refuge, raconte Céline Paradis. Lorsqu’on est arrivés au chalet, il faisait complètement nuit. Plusieurs se sont étonnés de voir à quel point leur corps pouvait travailler fort ! »

Ces jeunes ont plongé dans cette aventure sans vraiment savoir à quoi s’attendre, témoigne l’enseignante, qui n’en était pas à sa première Traversée de Charlevoix. « Ils m’ont fait confiance et je leur ai fait confiance en retour, dit-elle. Je savais qu’ils étaient capables. Ils ont pu grandir et se dépasser à travers cette expérience. »

Guillaume Boucher et Céline Paradis ont organisé la Traversée de Charlevoix pour les élèves du Mont-Sacré-Coeur.

Au fil de leur parcours, les aventuriers ont bien sûr vécu une montagne russe d’émotions. « Certains tombaient, d’autres étaient découragés, rapporte Mme Paradis, mais la motivation revenait toujours. Chose certaine, à la fin, tout le monde était tout sourire et fier. »

RETOUR AUX SOURCES
Tout le séjour, ni l’eau ni l’électricité et le chauffage n’étaient accessibles aux fondeurs. Chaque membre du groupe devait donc traîner son sac à dos contenant sa nourriture et le matériel nécessaire pour survivre. Le travail quotidien ne s’arrêtait pas qu’aux efforts physiques. En plus de la fatigue accumulée au fil des jours, l’équipe devait se garder de l’énergie en fin de parcours pour faire fondre la neige pour avoir de l’eau potable ou chauffer le chalet où elle allait passer la nuit.

Chaque jour, l’objectif était de rejoindre le prochain refuge. En tout, le groupe en a croisé six, certains séparés par une distance pouvant aller jusqu’à 20 kilomètres.

Aucun moyen de communication n’était accessible lors de ce périple. « Nous étions totalement coupés du reste du monde, confie la monitrice-organisatrice. Il fallait vraiment travailler en équipe pour survivre. Même si certains avaient voulu quitter la forêt, ça aurait été presque impossible. »

Les mesures de sécurité ont été expliquées à tous sur place. Il n’y avait pas de prérequis physiques pour participer à l’activité, mais l’enseignante confie qu’elle a sélectionné un groupe d’étudiants qu’elle savait en excellente forme.

Les fondeurs en pleine action dans un décor à couper le souffle.

Mme Paradis n’a pas perdu son intérêt pour le ski de fond lors de cette excursion. Au contraire. Elle a déjà en tête l’idée d’organiser un relais de 160 kilomètres de ski de fond qui se déroulerait sur le terrain du golf Les Cèdres de Granby l’an prochain.

Avis aux intéressés !