Satya, la vérité du cœur

CHRONIQUE/ Satya est le deuxième yama ou observance morale faisant partie des Sutras de Patanjali (deuxième siècle) et se traduit par sincérité ou vérité.

Satya est la vérité du cœur et devrait être au centre de la vie et de notre pratique de yoga. Il est indissociable de la bienveillance, Ahimsa, qui influence tout autour d’elle.

Il est intéressant de savoir que tous les yamas font partie de notre vraie nature et, par le respect des autres, le bon sens et la modération, permet de nourrir la source de joie à l’intérieur de nous.

À part le fait de ne pas mentir, le sens profond de satya doit être compris par honnêteté, absence de jugement et par le fait d’être vrai, autant envers les autres qu’envers soi-même. Le principe de satya demande donc du courage, parce que nous n’avons plus rien à cacher. Dans cette optique, le chemin de satya mène à l’authenticité. C’est de se voir tels que nous sommes réellement.

Être vrai, c’est aussi s’attendre à ce que la vérité ou la réalité des autres soit différente de la nôtre. Satya sera alors un chemin vers l’écoute, l’ouverture et la tolérance.

Il ne faut pas oublier toutefois, que toute vérité n’est pas bonne à dire. Si cela nuit aux autres, nous ne sommes plus dans satya, mais dans himsa (nuire). Il sera alors préférable de se taire.

Être vrai demande d’être conscient à ce qui nous entoure. Attention à certains pièges de l’ego. Avons-nous tendance à embellir la réalité ou croire que nous sommes seuls à détenir la vérité? Est-ce que le seul moment où la vérité est accueillie c’est quand elle fait notre affaire?

Pour nous rapprocher de ce qui est juste, il sera inévitable de s’arrêter pour écouter ce qui est là, de ressentir, d’accéder à notre ressource intérieure, d’observer et de faire preuve d’humilité. Pratiquer une activité créatrice, allez marcher dans la nature, pratiquer la méditation et le yoga, aideront à y voir plus clair et à calmer la course folle du mental.

Dans notre pratique de yoga, il sera indispensable aussi de s’observer, de prendre un moment afin de ressentir où nous en sommes physiquement et mentalement. Cela permettra de nous ajuster et de ne pas trop s’éloigner de ce qui est juste pour nous.

Le grand maître de yoga, B.K.S. Iyengar, a souvent parlé de ce thème en utilisant l’expression «rester entre les rives de la posture». Telle la rivière qui coule entre ses rives et, idéalement n’en déborde pas, le corps doit rester entre les rives de la posture, ces rives étant la bienveillance et la vérité.

Être honnête face à soi-même n’est jamais facile. L’honnêteté n’élimine ni nos doutes ni nos peurs, mais permet d’accéder à cet espace de compassion et d’humanité si précieux à notre bonheur. Et cela, rien ni personne à part nous ne peut nous l’offrir en cadeau.

Namasté!