Les vins du Douro: des vins élégants, alliant habilement le fruit et la vigueur tannique.

(Re)découvrir le Douro

Dans mes souvenirs, les vins de table du Douro étaient opaques, puissants et explosifs, rappelant justement le goût — sans le sucre — du porto, vin emblématique de cette région du nord du Portugal. Or, en dégustant tout récemment une trentaine de vins du Douro, j’ai plutôt découvert des vins élégants, alliant habilement le fruit et la vigueur tannique. Une mise à jour nécessaire et révélatrice.

L’histoire rapporte que le Douro fut la première région au monde à être délimitée et enregistrée en 1756. La création de cette délimitation, qui tenait compte de la composition des sols de schiste et de granite, garantissait la qualité du produit, favorisant ainsi le commerce du célèbre vin de Porto vers les marchés étrangers. Il faudra toutefois attendre en 1982, soit un peu plus de deux siècles, pour que les vins non fortifiés de la région du Douro bénéficient, eux aussi, d’une Dénomination d’Origine Contrôlée (équivalent de l’A.O.C. du système français).

L’une des forces des vins du Douro réside dans l’emploi de plusieurs cépages. L’appellation en autorise d’ailleurs plus de cinquante ! Alors que tant de pays se tournaient vers les cépages internationaux (cabernet sauvignon, merlot, chardonnay, etc.), le Portugal est toujours resté attaché à ses cépages locaux. Ne cherchez donc pas de cabernet sauvignon dans l’élaboration d’un vin du Douro. Appréciez plutôt la singularité des touriga nacional (cépage emblématique du porto), tinta roriz (appelé tempranillo en Espagne), touriga franca et autres variétés rouges qui donnent leur étoffe aux portos et aux vins de table de cette région aux terrasses vertigineuses. Et puisque c’est l’été, profitez-en pour explorer les vins blancs du Douro qui sont dotés d’un grand potentiel à table et qui misent eux aussi sur les cépages autochtones tels que le rabigato, le viosinho ou le gouveio.

Ces variétés locales, intimement liées à la riche histoire du Douro, contribuent à l’originalité des vins de la région et s’inscrivent parfaitement dans la nouvelle vague des vins de terroir.

Envie de les découvrir ? Voici mes suggestions, toutes vendues sous la barre des 20 $ :

Douro 2016, La Rosa blanc, Quinta da Rosa (Code SAQ : 13 566 214 ; 19,25 $)

Oubliez le « vin de piscine », cette cuvée sera parfaite pour consommer à l’heure du repas avec un burger de volaille grillée à la salsa de pêche. Viosinho, rabigato, gouveio et côdega composent l’assemblage de ce vin aromatique aux notes fumées, herbacées et de fruits exotiques. En fraîcheur, ample et mûre, la bouche est structurée et présente une touche d’amertume en finale, lui conférant une belle complexité.

Douro 2015, Moinho do Gato, Quinta do Romeu (Code SAQ : 13 630 749 ; 17,30 $)

Issu de l’agriculture biologique, ce vin offre un nez délicat au profil herbacé, fruité et sauvage. Élevée en cuve de ciment, inutile de chercher le bois, ce qui nous permet d’apprécier plutôt la fraîcheur, l’équilibre et la souplesse du vin, sans pour autant être dépourvu d’une mâche tannique compacte. La finale révèle des saveurs de framboise. À boire sans attendre autour d’un plateau de tapas.

Douro 2015, Duorum (Code SAQ : 11 510 102 ; 18,80 $)

D’une robe violacée profonde et présentant un bouquet aromatique de cassis et de fleurs, ce vin est composé des trois cépages rouges les plus plantés du Douro : touriga franca, touriga nacional, tinta roriz. La texture en bouche est soyeuse et les tanins se resserrent en finale. L’ensemble est élégant et rassasiant. Voici un bel exemple du fin potentiel dont le Douro est capable.