Qu’est-ce que la gestion de l’offre?

CHRONIQUE/ À tout bout de champ, dans les médias, on entend parler de la gestion de l’offre. Ça semble être un gros dossier dans les négociations avec les États-Unis. Un gros dossier pour les producteurs agricoles. Un gros dossier pour les élections... Mais c’est quoi la gestion de l’offre?

Le principe est quand même simple. C’est un système implanté au Canada (entre autres!) pour gérer l’offre et la demande afin qu’il n’y a pas de manque ni de surplus de production, d’un bien particulier et, surtout, pour en stabiliser les prix.

Celui-ci permet une stabilité de production pour les entreprises québécoises, ainsi qu’un revenu régulier. Pour les consommateurs, il permet d’avoir toujours un prix fixe pour un bien. Les quotas dont on entend parler aux nouvelles, ça arrive où dans l’équation?

En fait, pour que la gestion de l’offre fonctionne, elle doit être basée sur un système de « quotas ». Ces quotas sont vendus par le gouvernement canadien aux producteurs agricoles pour donner un permis de production. Ils sont distribués à travers les provinces par rapport à la demande et sont limités pour que l’offre soit ajustée à la demande. Ce système fait en sorte que nos produits canadiens restent au Canada, les importations/exportations étant limitées. On produit donc pour nous, pas plus, pas moins!

Quelles productions sont touchées par la gestion de l’offre?

Elle ne s’applique pas à tous les produits à l’épicerie. Seulement au lait (et ses produits dérivés), aux œufs d’incubation, aux œufs de consommation, au poulet et au dindon. Ces cinq productions sont donc réglementées. Ne se lance pas qui veut dans ces domaines: ça prend des quotas!

Quels sont les avantages de ce système?

Une stabilité des prix, autant pour le producteur que pour le consommateur. On encourage également les produits canadiens, en limitant les produits internationaux d’entrer au pays. On peut ainsi mieux contrôler la qualité de nos productions. On encourage les plus petits producteurs à rester viables.

C’est quoi le rapport des petites entreprises?

Les petites à moyennes entreprises sont de moins en moins présentes, mais quelques-unes sont encore existantes et viables. Si on décide d’ouvrir nos frontières, on décide d’importer des produits de fermes de très grosses dimensions qui peuvent se permettre de baisser leur prix. Le fait d’avoir des produits meilleur marché (mais pas nécessairement de meilleure qualité) qui rentreraient au Canada mettrait une pression énorme sur les plus petites entreprises d’ici qui, inévitablement, fermeraient sans doute leurs portes. Moins d’entreprises locales, moins de produits locaux, donc moins d’économie locale…

Reste que le système de la gestion de l’offre n’est pas parfait. Plusieurs veulent même le voir disparaître!

Vous voyez pourquoi c’est un gros dossier?

Laurianne Levert-Gauthier, agronome

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA.