En mars dernier, Marie-Philippe Gill a reçu des mains du premier ministre Philippe Couillard, le prix Reconnaissance Jeunesse 2018 (volet éducation), assorti d’une bourse de 1500 $.

Quand on veut, on peut

«Quand on veut, on peut.» Personne n’est mieux placé que Marie-Philippe Gill pour témoigner de la force de cette maxime. Grande prématurée, la jeune femme a connu un parcours scolaire exigeant, qui l’a pourtant menée à une reconnaissance internationale.

En fait, les honneurs se succèdent, ce printemps, pour la Bromontoise. Son plus récent fait d’armes : la bourse Women Techmakers du géant Google, qui récompense 20 femmes de l’Amérique du Nord pour «leur leadership, leurs résultats académiques et leur impact sur la communauté des femmes en technologie», décrit l’étudiante en génie logiciel à l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal. Marie-Philippe est l’unique Québécoise sur la liste.

En compagnie des autres lauréates, elle participera, du 12 au 15 août prochain, à un séjour au quartier général de Google, en Californie. En plus de cette expérience unique, elle s’est également enrichie de 5000 $ applicables sur ses frais de scolarité.

En mars, Marie-Philippe Gill avait également reçu, des mains du premier ministre Philippe Couillard, le prix Reconnaissance Jeunesse 2018 (volet éducation), assorti d’une bourse de 1500 $. Puis le mois suivant, on lui décernait la Médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec pour la jeunesse.

Normal quand on sait qu’à seulement 22 ans, elle publie le blogue Girl Knows Tech. Elle est présente sur YouTube et Instagram, et elle préside le club Les Ingénieuses, entre autres.

Partir de loin
Une telle dose de reconnaissance est d’autant plus remarquable quand on sait à quel point Marie-Philippe Gill est partie de loin.

«J’ai toujours voulu réussir, j’ai toujours cru en moi. Je travaille plus longtemps que les autres pour en arriver au même point. Depuis le secondaire, je dois mettre plus de temps», confie l’étudiante de l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal.

Née à 25 semaines et pesant à peine 1 livre et 12 onces, la jeune fille de Bromont avait une chance sur deux de survivre. Mais c’était sans compter sa furieuse détermination, même à l’aube de sa vie.

«J’ai été pas mal malade durant les premières années de ma vie. Et ce n’était pas facile à l’école primaire. Je souffrais d’un déficit d’attention», raconte Marie-Philippe, qui a dû compter sur un tuteur pour suivre la parade.

Au secondaire, c’est son arrivée au collège Mont-Sacré-Coeur de Granby qui a tout changé, dit-elle. «Je posais des questions, j’avais de l’aide aux devoirs et des cours de récupération. Au début, je gagnais des prix de détermination, mais je ne voyais pas de résultats», raconte Marie-Philippe. Mais à force de travail acharné, le vent a commencé à tourner en sa faveur.

«En secondaire 1, j’avais un E en maths, et en secondaire 5, j’ai été en nomination pour la médaille du gouverneur général!»

«J’ai toujours voulu réussir, j’ai toujours cru en moi, poursuit-elle. Je travaille plus longtemps que les autres pour en arriver au même point. Depuis le secondaire, je dois mettre plus de temps.»

Sa mère sait ce que sa fille a dû traverser pour arriver à un tel succès, et son admiration pour elle est sans borne.

«Marie-Philippe est une personne très déterminée. Pour nous, ce qui lui arrive, c’est du bonheur pur et simple. Tout ce qu’on voulait, c’est qu’elle termine son secondaire et voyez où elle est rendue! C’est une grande réussite familiale. Même ses oncles et ses tantes y ont participé», confie Diane Beauchesne au ,sujet de sa fille. L’étudiante entame présentement sa neuvième session à l’ÉTS; il lui en reste encore trois pour obtenir son diplôme. Et elle envisage déjà d’entamer une maîtrise en apprentissage machine, un champ d’études lié à l’intelligence artificielle.

Son message est tout simple. «Il ne faut jamais abandonner, même si on vit des difficultés. Il ne faut pas non plus avoir peur de foncer. Il faut sortir de sa gêne et poser des questions. Moi, j’essaie de voir le positif dans tout!»