Voici les dommages infligés dans une haie brise-vent à un jeune arbre à peine visible dans la neige...

Quand les motoneiges tuent

CHRONIQUE/ Quoi de plus beau que de grands champs blancs à perte de vue dans les pleines agricoles ou les valons accidentés? Le paradis pour celui qui conduit une motoneige en hiver! À moins d’être agriculteurs ou propriétaires de centaines d’hectares, «virailler» dans les champs en motoneige est un privilège... mais parfois un sacrilège. Cela laisse des traces et tue les cultures.

D’intenses et de sérieuses négociations ont lieu chaque année entre les clubs locaux de motoneiges et les agriculteurs. Ils y conviennent des droits de passage afin de bâtir un sentier ou une route traversant rangs, villages et régions. Ce tourisme nordique est d’ailleurs fort lucratif pour plusieurs régions et nombreux commerces agrotouristiques.

Selon la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, l’industrie génère annuellement 3.27 milliards $ et maintient plus de 14 000 emplois. Les agriculteurs contribuent à cette prospère industrie en offrant gracieusement leurs terres. Des équipes de bénévoles s’activent dès que les travaux au champ sont terminés pour baliser les sentiers octroyés. Seul le passage dans ces sentiers est permis. Malheureusement, des aventuriers en sortent et bousillent tout autour, et plus qu’ils ne le pensent. Un couvert de neige intacte est une mine d’or pour un agriculteur ou, plutôt, pour ses cultures et ses sols. Celui-ci agit comme un manteau isolant et protège son blé d’hiver et sa prairie de luzerne. En passant à répétition avec leurs skis, les motoneiges compactent la neige, créant ainsi une couche de glace. Cette glace est suffocante pour les cultures qui tentent de respirer… même en hiver. Par effet domino, ce compactage se fait aussi sentir jusque dans le profil du sol. Quand nous pressons un sol gorgé d’eau, ce qui en ressort, c’est de l’air. Un sol sans air est un sol qui n’offrira pas, une fois au printemps, les conditions optimales pour la croissance des différentes cultures. Même que pour remettre la terre en état, des années peuvent être nécessaires.

Les motoneigistes laissent aussi parfois d’autres traces. Véritables mécanos ambulants, certains changent la courroie de leur bolide directement dans les sentiers. Malheureusement, si elle est laissée sur place, celles-ci se retrouvet dans le foin au printemps et, une fois récolté, la courroie termine dans la vache! Imaginez le problème. Jetez vos déchets à la poubelle! Les courroies ne fondent pas comme la neige au printemps!

Limiter tous ces inconvénients aux superficies négociées pour aménager les sentiers est raisonnable. Les droits de passages sont fragiles. Restez dans les sentiers, sinon vous les perdrez.

Nous vous reparlerons, éventuellement, d’autres histoires qui se sont passées dans les champs et qui sont difficiles à croire. Comme ces VTT qui circulent aux abords des autoroutes et qui prennent les champs pour des voies d’accès…

À suivre...

Club conseil Gestrie-sol

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA.