Projet du bassin versant du lac Boivin à Granby : 3-2-1... Action !

CHRONIQUE / Il y a déjà plus d’un an, un projet fort ambitieux, mais surtout très attendu, voyait le jour à Granby et dans la MRC de la Haute-Yamaska : le Projet collectif du bassin versant du lac Boivin.

Le MAPAQ, l’UPA, la Ville de Granby, la MRC, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), Gestrie-sol et une quarantaine d’agriculteurs investissaient dans ce projet, mené brillamment par l’Organisme de bassin versant de la rivière Yamaska (OBV Yamaska).

Ici même, dans cette chronique, nous vous partagions que celui-ci se déroulerait comme tout projet agricole : un arrêt, un plan, les semis, puis la récolte.

C’est ainsi que 90 % des entreprises agricoles ciblées ont été rencontrées. Un plan d’action leur a été proposé et, depuis ce printemps, les semis ont lieu. La récolte des 5000 hectares du bassin versant est prévue d’ici dix ans et prévoit une réduction de 25 % des charges de phosphore et de sédiments d’origine agricole dans le lac Boivin. Le projet a reçu une nouvelle aide financière du MAPAQ lui permettant de concrétiser ces actions sur deux ans.

Ce que l’on voit existe davantage que ce que l’on ne voit pas. La caractérisation a permis de noter que 57 % des fermes ont un cours d’eau chez elles. Sauter les deux pieds dans l’eau ou dans le champ n’a pas la même connotation. L’appartenance au projet devrait donc en bénéficier.

Obtenir un portrait réel de la situation du territoire a été bénéfique. Il a permis de mieux cibler la problématique soulevée dans un portrait préliminaire. Le projet implique une modélisation du territoire grâce à l’outil GéODEP développé par l’IRDA. Validé sur le terrain, ce modèle est prometteur. Tel un prophète ; il rend possible d’imaginer ce que serait la pollution en y changeant des paramètres du territoire. Qu’adviendrait-il si du foin était cultivé à la place du maïs dans les sols en pente ? Si la bande riveraine était élargie ? Si le fumier était épandu en saison plutôt qu’à l’automne ou s’il était enfoui superficiellement entre les coupes de foin ? Sur quelles fermes, dans le territoire, sont situés les champs le plus menaçants de rejeter ces fertilisants ?

Le fumier voyage sur nos routes. Étant une région d’élevage, Gestrie-sol tenait à savoir vers où le fumier voyageait. Ainsi 60 % des entreprises produisent du fumier sous forme liquide et 30 % exportent du fumier de leur ferme. En manque de fertilisants, 21 % importent du fumier solide et 48 % sous forme liquide. Peut-on optimiser tous ces kilomètres que cumulent les fumiers sur nos routes ?

Chanceux de nature.

Seulement 27 % du territoire est agricole. De cette superficie, 64 % des sols sont couverts en permanence par le foin ou du pâturage et 80 % de grandes cultures (maïs,soya,céréales), qui sont cultivés en semis direct. Par contre, le quart des entreprises agricoles ont des champs dont la pente est supérieure à 5 % et qui se terminent dans un cours d’eau. Ces champs sont également de type loam, donc sensibles à l’érosion. Les couvrir est l’option proposée. Près de 45 % vivent toutefois des signes de problèmes d’infiltration d’eau, donc les champs sont sensibles au ruissellement. De plus, 20 % des superficies sont laissées à nu à l’automne. Pour ces parcelles à plus haut risque, des essais et des aides financières pour des cultures intercalaires ou des engrais verts leur seront offerts. Aussi, le projet est considéré très innovateur en ayant, depuis son lancement, un appui du monde municipal. Les acteurs du milieu useront d’ingénierie humaine pour imaginer la mise en place de solutions des plus rentables pour le projet.

Quand on se compare, on se console.

En effet, si on se compare à d’autres bassins versants de la Montérégie, les charges en phosphore et sédiments du bassin versant sont moindres, bien que tout de même au-dessus des seuils acceptables. Par contre, par sa localisation et sa nature, le milieu spécifique à protéger cohabite avec le parc de la Yamaska (SEPAQ) et est caractérisé par le marais du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, (CINLB) et d’un lac peu profond.

À quand des résultats d’amélioration de la qualité de l’eau du lac Boivin, soit la récolte, en terme agricole ?

Pourrions-nous croire que déjà, après un an, le réservoir Choinière du parc de la Yamaska n’a pas eu d’épisode d’algues bleues à l’été 2018 ? Bien non !

Le portrait n’est pas statique, cette accalmie serait due, en partie, aux bonnes actions déjà entreprises, mêlées au fait que nous avons eu très peu de précipitations, donc de ruissellement. Comme quoi, malgré toutes les bonnes intentions, c’est à tout bout de champ Dame Nature qui a le dernier mot !

Participants : 3-2-1 Go ! C’est le moment d’appeler votre agronome pour passer à l’action !

Club conseil Gestrie-sol

Cette chronique et rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA, celui du Réseau Agriconseils Montérégie et d’une aide financière du programme Prime-Vert du MAPAQ.