Caroline Laramée et Elsa Labrie Desroches sont derrière Nala & Ciboulette répit.

Pour le bien des enfants et des parents

Nala et Ciboulette étaient leurs surnoms d’animatrices au camp de jour de la Ville. Ceux-ci, jumelés à leur désir d’offrir une pause et du soutien aux familles ayant des enfants à besoins particuliers, ont donné naissance à Nala & Ciboulette répit. Désormais, les parents d’enfants aux prises avec une déficience intellectuelle, un retard moteur ou un syndrome peuvent recourir à un appui supplémentaire. Les enfants, eux, profitent d’activités adaptées et d’un lieu où ils peuvent créer des liens significatifs et développer un sentiment d’appartenance tout en s’amusant.

Nala, c’est Elsa Labrie Desroches, éducatrice spécialisée. Ciboulette, c’est Caroline Laramée, qui termine cette année ses études en ergothérapie. Les deux jeunes femmes chérissaient le même rêve : celui de travailler en compagnie d’enfants à besoins particuliers. Chacune a tracé son chemin pour y parvenir. Quand leurs routes se sont croisées, ça a été le coup de foudre professionnel. 

« On est pas mal déterminées, lance Caroline, en riant. On veut toutes les deux le bien des enfants et des parents, alors on s’est unies ! »

Depuis deux ans, Nala & Ciboulette répit offre donc un service de répit de groupe aux enfants à besoins particuliers de 5 à 21 ans. Une journée d’activités par mois est organisée. Du répit, elles en offrent aussi pendant le congé des Fêtes et lors de la semaine de relâche. 

« Après Noël, nous lançons le répit à domicile, grâce à un autre coup de foudre, dévoile Elsa, visiblement emballée par son travail. Et l’été prochain, on ouvre notre camp d’été ! »

La demande pour ce type de services est bien réelle, soulignent Nala et Ciboulette, et elles entendent y répondre. 

« On veut donner une pause aux parents et permettre aux enfants de s’amuser, explique Caroline. On les laisse explorer. On va vraiment à leur rythme. On prend le temps. »

Même son de cloche du côté d’Elsa. « On fait beaucoup de jeux libres, dit-elle. On est structurées, tout en laissant les enfants y aller comme ils le sentent. Aussi, on fait beaucoup de sorties. On aime que les gens nous voient. »

Une approche qui demande une logistique olympienne, mais qui ne semble aucunement déranger les deux dynamiques jeunes femmes. « Travailler avec ce type de clientèle, c’est un don de soi, reconnaît Caroline. C’est une vocation. Moi, ça me passionne ! J’adore ça. C’est tellement valorisant. Il faut vouloir donner. Le sourire des parents et des enfants, c’est ce qui nous nourrit. »

« Côtoyer des enfants différents apporte tellement, renchérit Elsa. On peut travailler plein de choses. À la fin d’une journée, on est épuisées, mais c’est tellement beau de les voir aller ! »

Elsa Labrie Desroches a toujours voulu travailler auprès d’enfants à besoins particuliers. «Côtoyer des enfants différents apporte tellement», insiste-t-elle.

Activités de financement

Dans le but d’offrir des camps de jour estivaux accessibles aux parents, Nala et Ciboulette ont lancé une campagne de financement sur la plateforme OneDollarGift. « La semaine (pour le camp d’été) coûterait normalement 250 $ aux parents, mais on veut faire diminuer la facture à environ 175 $ », explique Elsa.

Toujours pour permettre aux enfants de s’épanouir à moindre coût lors de la saison estivale, un quillothon aura lieu le samedi 10 mars, de 18 h à 20 h 30, au Quillorama de Granby.

Un pizzathon, un tournoi de dek hockey et d’autres activités sont à prévoir au cours des prochains mois. Pour plus d’information, on visite le nalaetciboulette.com

Véronique Piquette et son fils Milann.

Un prolongement de la maison

Désespérée. C’est dans cet état d’esprit que Véronique Piquette a entendu parler des services offerts par Nala & Ciboulette répit. Comme son fils Milann ne correspondait à aucun critère lui permettant d’obtenir du répit, la maman a accueilli la nouvelle comme un cadeau du ciel.

« Il nous fallait jauger notre fatigue… », raconte-t-elle. Milann est atteint de trisomie 21, d’autisme et d’une panoplie d’autres problèmes de santé.

« Quand j’ai rencontré Elsa et Caroline, ça a été un vrai girl crush !, poursuit-elle. On a vécu une connexion instantanée. Ce qu’elles offrent, pour moi, c’est le prolongement de la maison. J’ai totalement confiance en elles. »

Autre point positif de Nala et Ciboulette, insiste la maman, c’est qu’elles n’engagent pas que des femmes. « Elles engagent des gars, ce que je trouve super intéressant pour mon coco, raconte Véronique. C’est bien qu’elles intègrent des hommes dans leur approche. »

Preuve que Milann se plaît en compagnie d’Elsa et de Caroline, le petit, qui est non-verbal, « parle » de ses éducatrices à sa mère, dit-elle. « Et il est en amour avec Kit-Kat, le chien d’Elsa ! »

L’éducatrice ne se gêne pas, lors des moments de répit de Véronique, pour lui envoyer des photos de Milann. « Elle m’oblige à décrocher, raconte Véronique. Comme parents, le secret est de se mettre à nu, d’ouvrir nos réticences et de mettre cartes sur table. »

« Elles ont une approche globale de l’enfant, poursuit-elle. Je les aime d’amour. Elles me donnent des trucs (avec Milann) et elles m’ont permis de rêver. »

Une bouée de sauvetage

Le petit Olivier, huit ans, chez qui on a diagnostiqué un trouble du spectre de l’autisme, a toujours demandé beaucoup d’attention et de soins. Pour avoir de l’aide à la maison, ses parents, Simon Plaisance et Émilie Pelletier, ont demandé les services d’Elsa Labrie Desroches, et ce, bien avant que naisse Nala & Ciboulette répit.

« On ne s’en rend pas compte au début, car on s’oublie un peu là-dedans, mais finalement, ce que nous avions le plus besoin, c’était du répit », raconte Simon Plaisance.

Une chose difficile à admettre, souligne le papa. « Il faut d’abord accepter la problématique de notre enfant et, ensuite, accepter que des gens soient meilleurs que nous avec lui et ça, c’est difficile. Il faut prendre du recul et penser à nous. »

Pas facile toutefois, dans le système de santé actuel. « C’est un réel besoin, mais tout ce qui est fourni dans le système public est difficile d’accès, fait remarquer le père de famille. La machine est lourde. Et pour du répit, il n’y a pas grand-chose. »

Dans le contexte, ajoute-t-il, les services de Nala & Ciboulette répit sont donc les bienvenus. « Pour nous, ça a joué beaucoup, insiste-t-il. Ça a permis la perpétuité de notre couple. Grâce à Elsa, on est plus reposés, alors c’est plus facile pour nous d’accorder du temps de qualité à notre fille. Ça fait de nous de meilleurs parents. »

Bientôt du répit individuel

Au répit de groupe offert par Nala et Ciboulette se greffera, dès 2018, le service de répit individuel à domicile. Une autre corde à l’arc de Caroline et Elsa née de leur rencontre avec Alexandra Marquis. Un trio qui parle le même langage et qui poursuit la même mission.

« Alexandra est venue nous donner un coup de main lors d’une relâche et, du coup, elle a tout compris, raconte Caroline. La vibe était bonne et ça a cliqué. Comme on a toujours eu le souci du répit individuel, on a vu en elle une belle opportunité. »

Alexandra est éducatrice spécialisée. Du répit individuel, elle en a fait sa spécialité. Souvent, elle se rend directement dans les familles d’enfants à besoin particuliers pour offrir du répit aux parents allant de 24 à 48 heures, voire pendant des semaines complètes. La clientèle des jeunes polyhandicapés ou aux prises avec une déficience intellectuelle n’a plus de secrets pour la jeune femme de 25 ans qui se décrit comme « une leader naturelle. »

« Je suis une fille de terrain ! », dit celle qui ne cache pas que les demandes de répit à domicile « pleuvent ».

Joindre la petite équipe de Nala & Ciboulette répit lui permettra de leur répondre encore mieux. Son rôle sera d’ailleurs de coordonner le service de répits individuels en recrutant des gens dévoués à la cause.

« Ces enfants sont dépendants de nous, ils sont vulnérables, il faut donc bâtir un lien de confiance solide avec la famille, dit-elle. Avant qu’un parent puisse profiter de son répit, ça peut prendre des mois. »

Un des nombreux avantages du répit à domicile est de permettre à l’enfant de « rester dans ses affaires », illustre l’éducatrice spécialisée. « Aussi, ça nous permet de garder les frères et sœurs. »

La durée du répit à domicile peut varier d’une heure à une journée complète. Voire plus. Le service s’adresse également à une clientèle adulte.

Nala & Ciboulette répit recrute

Dans le but de répondre à la forte demande pour le service des dépits individuels à domicile, les jeunes femmes derrière Nala & Ciboulette répit recherchent des gens dévoués pour rejoindre les rangs de leur équipe. «Des étudiants en soins infirmiers ou en éducation spécialisée, énumère Elsa. Des gars et des filles.»

«Des gens comme nous!», lance Caroline. Des gens passionnés, dynamiques, qui aiment donner et, surtout, qui adorent les enfants à besoin particuliers. On se manifeste à Alexandra Marquis à alexandra.nalaetciboulette@hotmail.com