Claude Fortin, 81 ans, (en vert), est membre des Cuisines collectives de la Montérégie depuis quatre ans.

Popoter à plusieurs mains

Sur un grand comptoir de cuisine, des personnes de tous âges et de tous les milieux se passent les plats, hachent du persil et remuent le bouillon en préparation de deux énormes soupes qu’ils remettront, dans le cadre de la Journée nationale des Cuisines collectives du Québec, au Partage Notre-Dame. Fêtée le 26 mars depuis 22 ans, cette journée se veut un rappel à la population de l’importance d’une saine alimentation et des nombreux bénéfices découlant de cuisiner en communauté.

«Cette semaine, ce qu’on souhaite, c’est de promouvoir les saines habitudes alimentaires», déclare le député de Shefford, Pierre Breton, qui met la main à la pâte en cette journée, en compagnie de quelques élus de la région et de participants, au Centre culturel Saint-Benoit. Pour lui, c’est très important de dire aux gens que ça existe et que ça brise considérablement l’isolement.

Une main pour signer

La Journée des Cuisines collectives du Québec est l’occasion pour celle de la Montégérie d’inviter le public à signer la pétition pour l’adoption d’une politique alimentaire québécoise et d’une loi-cadre sur le droit à l’alimentation. Intutilée «Une main sur le panier, l’autre pour signer!», la déclaration demande, entre autres, la fixation du prix d’un panier d’aliments de base et l’accès à des marchés et des jardins locaux. Non seulement les Cuisines souhaitent ainsi faciliter le droit aux aliments frais abordables, mais espèrent aussi éduquer et former les gens sur le fait de bien manger. Les enfants comme les adultes.

Une saine alimentation pour tous

En cela, Martine St-Germain, directrice des Cuisines collectives de la Montérégie, se dit satisfaite du nouveau Guide alimentaire canadien, qui encourage directement les valeurs promues par son organisme, soit le contact humain, des légumes frais disponibles à l’année et les bonnes façons de s’alimenter.

Pierre Breton, député de Shefford, met la main à la pâte pour la préparation des soupes.

Aux fourneaux 25 jours par mois, les Cuisines collectives permettent à une clientèle de tous âges d’apprendre de nouvelles recettes, tout en jasant, en faisant connaissance, en économisant et en profitant de repas cuisinés en groupe qu’ils peuvent ensuite ramener à la maison. «C’est un bel équilibre entre la nourriture et le contact humain», affirme Mélanie Miclette, animatrice dans les cuisines.

Économies et camaraderie

D’ailleurs, pour Claude Fortin, citoyen de 81 ans, les Cuisines collectives sont un rendez-vous mensuel essentiel, puisqu’il peut échelonner ses portions sur tout le mois et varier ainsi ses menus. «En plus, ajoute-t-il, c’est économique. Et c’est une belle activité sociale. C’est très agréable de cuisiner avec d’autres personnes.» À moins de 1$ la portion, l’organisme permet aux familles plus démunies de se garder en santé et de vivre l’esprit tranquille. Car, selon le regroupement des cuisines collectives, «1 million d’enfants et plus de 115 000 ménages composés de personnes âgées souffraient d’insécurité alimentaire en 2012 au Canada».

Prendre le temps de cuisiner, sortir de chez soi, s’appliquer à faire un repas dont on sera fier, voilà autant de bienfaits apportés par la cuisine collective.

«C’est souvent dans les cuisines que les cœurs s’ouvrent», conclut Mélanie Miclette.

Martine St-Germain, directrice des Cuisines collectives de la Montérégie.

Si cette cause vous tient à cœur, et pour lire l’entière déclaration, rendez-vous sur http://droitsainealimentation.org pour vous renseigner, partager leur demande ou pour signer la pétition.