À l’avant, les responsables Roxanne Picotte et Florencia Savaria, du Carrefour jeunesse emploi des Cantons-de-l’Est. À l’arrière, Anariel Moussette, Alysson Gince et Rosalie Viens. Participants absents au moment de prendre la photo: Frédérik Côté, Claudia Grenier et Dave Malo.

Pommettes, paysages et implication citoyenne

C’est bien connu: à la fête du Travail, on ne travaille pas. Alors pourquoi ne pas en profiter pour faire du bénévolat? Voilà l’entreprise farfelue de deux intervenantes du Carrefour jeunesse emploi de Granby et de six jeunes de la région, qui troqueront boulot et routine pour aller s’impliquer dans un organisme à but non lucratif… à Kamouraska!

«Tout était à définir», explique Roxanne Picotte, intervenante au Carrefour jeunesse emploi (CJE) des Cantons-de-l’Est. Avec sa collègue Florencia Savaria, elle désirait lancer un projet de volontariat permettant à des jeunes de 18 à 29 ans de s’impliquer socialement, tout en découvrant d’autres régions du Québec.

«On voulait aussi le faire en partenariat avec un autre Carrefour jeunesse emploi, dit-elle. Après en avoir sondé quelques-uns, on a eu un bel accueil du carrefour de Kamouraska. Je pense qu’on aurait voulu aller partout, mais il fallait faire un choix». La beauté de l’endroit semble d’ailleurs avoir pesé dans la balance, souligne Mme Savaria.

Les intervenants du CJE de Kamouraska ont proposé que les jeunes d’ici aillent donner un coup de main à la Pommetterie de Saint-Gabriel-de-Kamouraska, un OBNL fondé en 2007, pour contrer l’exode des citoyens vers les grandes villes. L’idée était alors de renforcer l’identité régionale en mobilisant les résidants autour d’un projet qui favoriserait le développement local, tout en embellissant la ville.

Quel meilleur exemple pour illustrer l’implication citoyenne?

La chimie semble avoir opéré instantanément. La Pommetterie a accepté d’emblée. «Ça n’a pas pris deux minutes qu’on discutait de dates et de tâches que les jeunes feraient là-bas! », raconte Mme Picotte.

Une fois le projet en place, il fallait recruter des jeunes pour y participer. Sont alors entrés en scène Alysson Gince, Anariel Moussette, Rosalie Viens, Dave Malo, Frédérik Côté et Claudia Grenier.

APPRENTISSAGE MULTIPLE
Une fois que les deux intervenantes du CJE de Granby ont posé les bases du séjour, la planification et l’organisation du voyage de quatre jours et trois nuits revenaient aux participants. Ils devaient s’entendre sur le transport, la nourriture, les activités à faire dans les temps libres, car oui, ils auront aussi l’occasion de faire un peu de tourisme.

« C’était beaucoup de réunions en groupe, d’accords et de désaccords sur ce qu’on devrait faire, et de la recherche aussi », énumère Rosalie Viens.

En effet, en plus d’aider à la récolte des pommettes, les jeunes contribueront au développement de l’OBNL dans la diversification des produits offerts, ainsi que dans leur mise en marché. Cela impliquait donc beaucoup de recherche et d’apprentissages nouveaux pour les six bénévoles.

Et en plus de l’évolution de leur sens de l’organisation et de leurs connaissances, les jeunes pourront également développer une forte solidarité.

« On a eu plusieurs rencontres pour préparer cette expérience-là, ce qui nous a permis d’apprendre à se connaître. On a développé un lien d’appartenance les uns envers les autres, donc ça va être vraiment un beau moment qu’on va passer ensemble… Au point où je pense que même en faisant la vaisselle, on va réussir à avoir du plaisir! », déclare Alysson Gince.

Anariel Moussette et Rosalie Viens abondent dans le même sens, en ajoutant que les rencontres sont souvent ponctuées de fous rires. Selon Mme Picotte, le fait que les six jeunes se trouvent dans la même tranche d’âge, soit début vingtaine, favorise sans doute la cohésion du groupe.

Devant le succès prévu de cette expérience, les intervenantes prévoient déjà reprendre le projet d’implication sociale en 2019.

«L’objectif de la prochaine année sera d’aller plus loin, plus longtemps. On commence petit, mais petit train va loin! », lance Mme Picotte.