Camille Trudel espère sensibiliser les gens à l’importance de ne pas interagir avec les chiens d’assistance en service.

Pas touche aux chiens d’assistance!

Camille Trudel sort toujours accompagnée. Partout où elle va, son chien la suit. C’est son boulot. Le gros labrador noir au regard bienveillant est devenu son prolongement. Malheureusement, il attire le regard. Un chien d’assistance doit être ignoré, insiste toutefois la jeune femme qui souhaite sensibiliser les gens à sa réalité. C’est une question de sécurité.

« Il est une partie de moi, illustre Camille Trudel, 22 ans. Il est super important de ne pas le distraire : il travaille ! »

Camille est atteinte de l’ataxie de Friedreich, une maladie dégénérative neuromusculaire. Le diagnostic est tombé quand elle avait 13 ans. Pour faciliter ses déplacements, elle profite depuis 2015 des services d’un chien d’assistance formé par MIRA. Son premier chien, Vista, a veillé sur elle pendant deux ans. Quand l’heure de la retraite a sonné pour l’animal l’été dernier, Camille a accueilli un nouveau compagnon. L’animal couleur d’ébène à la bouille sympathique a célébré son troisième anniversaire samedi dernier.

« Il est mes jambes, mes bras et mon moral », explique Camille, étudiante en sciences humaines au cégep de Granby. C’est un amour. Mon p’tit gars ! Il a été entraîné pour moi. Tout est plus facile avec lui. »

Ainsi, son chien d’assistance, aussi nommé chien de traction, peut la tirer quand elle se promène en fauteuil roulant - « un peu comme un cheval », dit-elle -, la guider quand elle marche à ses côtés en tenant son harnais, lui ouvrir les portes à l’aide d’ouvre-portes automatiques, etc.

Il est interdit de flatter ou de nourrir les chiens d’assistance comme le chien de Camille, un gros labrador au regard bienveillant.

Des tâches qui font une grande différence dans le quotidien de la jeune femme. D’où l’importance, insiste-t-elle, de « respecter sa bulle à lui » quand il l’accompagne. « Si quelqu’un l’appelle, le flatte ou lui donne de la bouffe, je peux me blesser et lui aussi peut se blesser », dit-elle. D’ailleurs, pour éviter que les gens le fassent dévier de sa route en s’adressant à lui directement, elle se fait un devoir de taire son nom. 

« Je le sais qu’il est beau mon chien, mais faites juste le regarder ! , lance-t-elle en riant. C’est comme un bébé dans sa poussette : avant de le toucher, vous allez demander à sa mère ? Demandez-le-moi ! Mais ça va être non : il travaille ! »

Car même s’il est super bien entraîné, le chien MIRA reste un chien. « Si quelqu’un l’appelle, il ne m’écoute plus, regrette-
t-elle. Et, oui, il va vouloir se faire flatter. »

Si un chien porte un harnais, rappelle Camille, c’est qu’il travaille. Dans ce cas, on se retient de lui parler ou de le toucher. 

Elle rêve au jour où les gens auront la délicatesse de s’adresser d’abord aux bénéficiaires de chiens d’assistance au lieu de bêtement glisser leurs doigts dans le doux pelage de ces aidants à quatre pattes.

« Et ceux qui ont tendance à dire ‘‘pauvre lui, il travaille’’, arrêtez ! , dit-elle. À la maison, il n’a jamais son harnais, il joue, il court. On sort beaucoup. Il n’est pas malheureux. »

Pepper est le chien d’assistance de la députée d’Iberville, Claire Samson. Le caniche royal a sa place à l’Assemblée nationale.

L’EFFET PEPPER

Le jour où Le Plus a rencontré Camille, La Voix de l’Est publiait le matin même un texte sur Pepper, le chien d’assistance de la députée d’Iberville, Claire Samson. 

Atteinte d’épilepsie, la dame est toujours accompagnée de son chien à l’Assemblée nationale. En plus de veiller sur l’état de santé de sa maîtresse, le caniche royal permet de sensibiliser les gens au rôle que joue un chien d’assistance dans la vie de son bénéficiaire. 

« Les gens qui côtoient ou qui rencontrent Pepper apprennent aussi à interagir avec un chien de service. Par exemple, ils apprennent qu’on ne peut jamais le flatter ou jouer avec lui lorsqu’il porte son dossard », a dit la députée. 

Un avertissement qui va directement dans le sens du message que souhaite livrer Camille Trudel. Bien sûr, elle aussi pourrait faire porter un petit foulard bleu à son chien pour montrer qu’il travaille, mais elle trouve qu’avec le harnais, ça en fait déjà assez pour lui.

Bien que le chien de Mme Samson ne vienne pas de la même fondation que son compagnon et malgré le fait qu’il ne réponde pas aux mêmes besoins, Camille se réjouit de l’impact que peut avoir Pepper en étant ainsi accepté au Parlement du Québec.

« C’est très bien ! », dit-elle. Il faut sensibiliser les gens. »