Une jolie tradition...

Ouvert le 25 décembre

CHRONIQUE / À tout bout de champ, alors que nous fermons le bureau, nous fêtons le dernier jour de travail avant la période des Fêtes. Nous courons pour les préparatifs, les cadeaux, les repas.

Dans ce tourbillon féerique, qu’arrive-t-il dans les fermes qui elles, ne ferment jamais? 

Bien sûr, on peut se questionner sur tous ces gens qui travaillent dans les restaurants, les commerces de service ou les entreprises familiales à savoir à quoi ressemble leur réalité dans cette période de l’année. Mais comme cette chronique est agricole, allons ouvrir les portes des granges pour comprendre ce qui se passe, à Noël, chez nos précieux agriculteurs.

J’ai interviewé des agriculteurs au volant de leur batteuse, à l’étable, dans la cuisine de la ferme et au marché public de Noël à Granby pour savoir ce que représentait Noël pour leur famille. Car si la tendance se maintient, Noël sera encore une fois le 25 décembre cette année, peu importe l’ouvrage à abattre!

Noël, c’est se réunir en famille 

À la ferme, une partie de cette même famille se côtoie au quotidien. Dans le temps des Fêtes, on se retrousse les manches et, d’un commun accord, on accélère la cadence, on « rigodonne » la traite des vaches afin de retrouver le reste de la famille le plus vite possible à la maison. C’est le moment de l’année où les employés donnent un peu plus de leur temps. Où les tâches se font dans une ambiance un peu plus festive.   

Gardien de tradition

Certains parents se font un devoir de transmettre compétences, connaissances et traditions. Une réalité qui se vit au sein de certaines familles rurales et qui se fait sans forcer. Naturellement. Une tradition qui m’a été rapportée concerne un grand-parent qui, le soir du réveillon, offre de petits moutons à chacun de ses petits-enfants. Ces derniers, réunis autour de l’arbre de Noël, déposent ensuite leurs petits moutons en cercle près de la crèche pour former un troupeau. Un beau moment pour prendre le temps de se remémorer l’essence même de Noël, la religion et ses valeurs non commerciales.

Fermé pour le temps des Fêtes

Dure réalité pour les fermiers dans le temps des Fêtes: tous les fournisseurs sont fermés. Il faut alors que la chance nous sourit. Il faut que le miracle de Noël opère et que rien ne brise. Sinon, pendant la fête de la Nativité, il faut laisser naître la créativité, et se débrouiller.

Le temps des foins

Noël, c’est toutefois la période de l’année la plus lucrative pour certaines entreprises agroalimentaires. Les congélateurs doivent être pleins. Les kiosques des multiples marchés de Noël doivent être animés. Au même moment cependant, leurs artisans doivent se préparer pour recevoir, gâter leurs enfants et déambuler dans les centres commerciaux. L’automne, les machineries sont rangées, mais les agriculteurs commencent une importante partie de la saison. 

Vous saurez donc à qui trinquer quand vous dégusterez, notamment,  votre oie de Rusé comme un canard, votre agneau de Trouvailles gourmandes des cantons, votre confiture d’argousier de l’Argouseraie Quénébro, votre biscuit de blé québécois trempé dans un verre de lait des producteurs laitiers de Granby! 

Qu’advient-il quand ces valeurs se retrouvent en ville avec un enfant du milieu rural qui est, au fil du temps, devenu urbain?  

Un partage du patrimoine rural familial!

Par exemple, dans mon cas, dans le temps des Fêtes, je retrouvais, à  tout bout de champ, une orange dans mon bas de Noël. La table était alors mise pour que mon père me raconte comment ça se passait dans son temps, quelque part dans le douzième rang, à Sainte-Agathe-de-Lotbinière… 

Joyeux temps des Fêtes de la part de tous ces gens qui habitent au bout d’un rang!

Isabelle Martineau, agronome au Club conseil Gestrie-sol