Une dizaine de bricoleurs en herbe manient scies, sableuses et marteaux dans le sous-sol du Carrefour jeunesse emploi des Cantons-de-l’Est, les mercredis après-midi.

Nichoirs à insectes: le nouveau buzz

Qui se réjouit à la vue d’un perce-oreille ? Si la réponse « personne ! » vous vient en tête, détrompez-vous : ces petites bêtes sont les amies des jardiniers, tout comme plusieurs autres insectes. C’est pour cette raison que des « citoyens-bénévoles » de Granby, recrutés par trois organismes de la région, construisent actuellement une trentaine de nichoirs à insectes destinés à bonifier autant de jardins collectifs et privés.

Chaque mercredi après-midi depuis le 11 juillet, une dizaine de bricoleurs en herbe manient scies, sableuses et marteaux dans le sous-sol du Carrefour jeunesse emploi des Cantons-de-l’Est. Ils construisent des nichoirs à insectes, de véritables « hôtels à créatures bénéfiques » qui gagnent en popularité chez ceux qui cherchent des solutions naturelles aux maux de leur jardin.

« C’est principalement pour attirer les pollinisateurs, comme les abeilles ou les guêpes solitaires, et plusieurs insectes carnivores qui vont pouvoir aller s’attaquer aux parasites comme les pucerons », explique Anne Charbonneau, étudiante en biologie à l’Université de Sherbrooke qui effectue un stage à la Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska (SÉTHY).

Les « douillettes » constructions seront composées d’un cadre en bois recyclé et non traité, subdivisé en sections remplies de matériaux organiques (brindilles, cocottes, morceaux de bois...) afin que chaque espèce retrouve son environnement favori.

« Dans le fond, j’ai apporté l’idée de base [des nichoirs à insectes], puis j’ai contacté des entomologistes pour m’informer plus en profondeur de ce qui était plus approprié pour les construire », précise Mme Charbonneau.

Le SÉTHY s’est ensuite allié au Carrefour jeunesse emploi ainsi qu’aux Cuisines collectives de la Montérégie, l’organisme responsable des jardins collectifs du parc Richelieu, du parc Miner et du Centre communautaire St-Benoit à Granby. Grâce à cette collaboration, les trois organismes disposaient du savoir nécessaire, mais aussi des moyens, des bénévoles et des locaux requis pour concrétiser le projet.

Les citoyens-bénévoles
Parmi les « citoyens-bénévoles » recrutés par les trois organismes, plusieurs sont issus du programme Départ@9 du Carrefour Jeunesse Emploi, un projet visant à faciliter le retour en emploi ou aux études pour les jeunes plus éloignés du marché du travail.

Christopher Lagacé, qui fait partie de ce programme, apprécie l’aspect manuel de la construction des nichoirs ainsi que le travail d’équipe. « C’est plus le fun que de rester assis ! », lance-t-il, avant de retourner aider son collègue à la table de montage du cadre.

L’équipe de bricoleurs du mercredi comprend également une ébéniste professionnelle, Julie Langlois. Elle s’était fait approcher par Florencia Savaria, chargée du projet de volontariat au Centre jeunesse emploi, et l’idée l’a séduite. Mme Langlois, qui a établi son atelier à Dunham en février dernier, aimerait continuer à faire de tels ateliers avec des jeunes et des femmes par la suite.

Objectifs du projet
Les instigateurs du projet espèrent créer 30 nichoirs à insectes d’ici la mi-août, dont les deux tiers seront vendus au profit du SÉTHY et des jardins collectifs.

« Les dix autres, on va les mettre un peu partout dans la ville, mais on ne sait pas encore exactement où. Peut-être à la ferme Miner [en plus des trois jardins collectifs régis par les Cuisines collectives de la Montérégie] », avance Catherine Bernard, intervenante communautaire aux Cuisines collectives.

Pour ce qui est de l’efficacité, Anne Charbonneau fait preuve d’un optimisme posé.

« C’est sûr qu’il faut de la patience, et même si on invite les insectes, ils ne viennent pas toujours », prévient-elle. L’étudiante en biologie demeure tout de même confiante, rappelant que l’efficacité des nichoirs à insectes pour favoriser la pollinisation et le contrôle de parasites a déjà été étudiée et démontrée.

Les citoyens souhaitant se joindre au projet ou acheter un nichoir sont invités à contacter Catherine Bernard, des Cuisines collectives, au (450) 776-6616.