L’histoire d’amour entre le couple formé de Josée Drapeau et Yannick Paquette avec leur fille Naéva a donné naissance à un livre. Le lancement aura lieu le 17 décembre.

Naéva, ma princesse, mon ange : un livre porteur d’espoir

Les souvenirs, comme les paroles, s’envolent, mais les écrits restent. Pour ne jamais oublier et pour témoigner de la grandeur de l’héritage laissé par sa fille, Josée Drapeau a couché leur grande histoire d’amour sur papier. Le dimanche 17 décembre, elle lancera Naéva, ma princesse, mon ange. Le genre de livre qu’elle aurait aimé lire alors qu’elle et son conjoint se trouvaient en plein cauchemar.

« J’aurais aimé qu’on m’enveloppe d’une paix », se souvient Josée, qui témoigne avec ouverture, générosité et sagesse des 17 mois qu’elle et son amoureux Yannick ont passés avec leur fille. 

« En publiant, je voulais donner espoir, dit-elle. Au début, ma démarche était thérapeutique, mais au fil du temps, j’ai voulu laisser quelque chose. Donner espoir. Par ce livre, je souhaite accompagner les gens dans leurs épreuves, et pas seulement la perte d’un enfant. Tout le monde vit des épreuves, des embuches. »

Le 23 février prochain, cela fera cinq ans que Naéva s’est envolée, emportée par une maladie dégénérative, une leucodystrophie de type Krabbe. Elle avait 17 mois.

« Je doutais vraiment de mes capacités de survivante, raconte Josée. Au diagnostic, on venait de m’amputer du cœur. J’étais certaine de mourir avant elle. J’aurais aimé, à ce moment-là, lire un livre qui me disait que j’allais m’en sortir. Que ça n’allait pas être facile, mais que j’allais m’en sortir, car je n’y croyais pas. »

« C’est plate de se faire dire qu’après une épreuve on est plus forts, mais c’est un fait, poursuit-elle. Il faut croire en nos capacités en tant qu’être humain et comme ça, on va plus loin. Il faut juste décider d’attacher nos souliers. »

Foncer

Son bouquin, Josée le voit comme une tape dans le dos à ceux et celles qui traversent un moment difficile. Elle le répète plusieurs fois en entrevue : Yannick et elle ne sont pas plus forts que n’importe qui. Ils ont tout simplement choisi de quelle façon ils allaient, ensemble, traverser leurs tempêtes. « On était deux sous le même parapluie », illustre-t-elle d’ailleurs souvent pour parler de leur façon d’aborder la maladie de leur fille. Josée qualifie son conjoint de refuge, de meilleur ami.

« On porte tous ça en nous, insiste celle qui gère désormais son propre service de garde en milieu familial. J’aimerais que les gens comprennent qu’ils ont le pouvoir d’aller puiser dans leurs ressources. Qu’il faut foncer. »

Partager son vécu, donner espoir et dire qu’il est, effectivement, possible de survivre à la pire des douleurs, c’est la mission qu’elle entend poursuivre avec son livre publié aux Éditions de la francophonie. Pour pousser l’expérience plus loin, elle travaille à développer une conférence sur les legs qui naissent d’une épreuve à la base inexplicable. Aussi, elle signera bientôt des textes pour le site Parents orphelins, de l’Association des parents vivant un deuil périnatal. 

« Je vais suivre la vague, indique-t-elle, rayonnante. Si les gens ont besoin, je vais être là. Il faut se grounder. Les gens ont besoin de revenir à l’essentiel et de vivre le moment présent. Ça, c’est l’héritage que nous a laissé notre fille. »

Jamais, dans le processus d’écriture qui s’est étalé sur des mois, Josée Drapeau n’a versé une larme. Revivre les 17 mois passés en compagnie de sa fille Naéva pour rédiger un livre a été pour elle libérateur.  Ce retour en arrière lui a permis de faire un grand ménage dans sa tête comme dans son coeur.

«De nommer les choses, ça me faisait du bien», dévoile-t-elle.

Avant de se lancer dans la rédaction d’un livre où elle raconte la courte vie de son bébé, sans filtre et en détails, Josée a toutefois pris le temps de se rebâtir. «Je devais me retrouver en tant que personne, dit-elle. De me redonner le droit d’être quelqu’un. De remettre les ficelles ensemble et je voulais bien faire les choses.»

En se priorisant, Josée a muri. Elle a aussi pris le temps de laisser la colère qui l’habitait disparaître. «La première année, mes sentiments étaient trop confus», avoue-t-elle. 

Quand le moment est venu, elle a rapaillé tous les bouts de papier griffonnés, les textes rédigés dans son ordinateur, les lignes pondues dans son cellulaire et les souvenirs gardés dans des cahiers pour mettre le tout en ordre. «J’ai passé des week-ends à tout remettre ça ensemble», raconte-t-elle. 

Une fois terminé, le livre est passé aux mains de Yannick, son conjoint. «J’étais gênée et nerveuse de le faire lire à la personne que j’aime le plus au monde, raconte Josée. Ce livre, c’est moi, c’est lui, c’est nous.»

Yannick en a fait la lecture par petits bouts. Une bouchée à la fois. Plein de détails avaient déjà quitté sa mémoire. «Mais il m’a dit avoir vécu tout ça pareil comme moi, raconte-t-elle. Tout ça m’a appris des choses sur mon chum!»

S’ils ont su rester forts et unis dans l’épreuve, Josée et Yannick le doivent, pense-t-elle, à leur grande complicité et à leur facilité à s’ouvrir l’un à l’autre. «Après dix ans, on s’émerveille toujours l’un et l’autre. On se considère beaucoup et on se parle. Ton chum peut être ton meilleur ami. Parlez-vous!»

Le lancement de Naéva, ma princesse, mon ange aura lieu le dimanche 17 décembre, de 14h à 17h, au restaurant la Casa du Spaghetti situé au 604, rue Principale, à Granby.