Valérie Dion pose des gestes simples pour adhérer au mouvement zéro déchet, par exemple en utilisant des pots réutilisables pour acheter ses aliments en vrac.

Mouvement zéro déchet: Valérie a pris le virage

« Gandhi a dit : “Sois le changement que tu veux voir dans le monde”. Alors je suis le changement que je veux voir. » La Granbyenne Valérie Dion met tout en œuvre pour avoir la plus petite empreinte écologique possible. Elle adhère donc au mouvement zéro déchet qui connaît présentement un engouement sans précédent.

Valérie connaissait déjà le mouvement pour avoir vu, en entrevue, Béa Johnson qui, avec sa famille, produit seulement un grand pot Masson de déchets par année. Mais c’est une vidéo de Mélissa de La Fontaine qui a vraiment allumé l’étincelle.

« Je me suis mise à ça, un geste à la fois. Mélissa, devenue une amie, venait chez moi et je capotais parce que j’allais avoir des déchets. Je ne voulais pas qu’elle voit ça. On ne se sent jamais parfaite par rapport à d’autres, mais il n’y a personne de parfait. Chacun y va selon ses propres limites. »

Elle donne en exemple le papier de toilette lavable. « Je ne suis pas rendue là!» Mais elle choisit un produit fait de papier recyclé.

Valérie est à même de comprendre la réaction de ses amis lorsqu’elle est invitée chez eux. Certains s’excusent même d’utiliser, par exemple, une serviette jetable.

«Il ne faut pas se comparer. On ne juge pas, ce n’est pas grave. Mes amis m’invitent encore chez eux!», assure-t-elle en riant.

Les cinq « r »

Les cinq « R » forgent la base du mouvement zéro déchet. Refuser les produits à usage unique, comme les pailles et les bouteilles d’eau. Réduire sa consommation d’énergie, le gaspillage alimentaire et les emballages. Réutiliser ce qui peut avoir une seconde vie. Recycler ce qui ne peut être refusé ou réutilisé; et composter (rot en anglais) les déchets organiques.

Valérie Dion répond bien à ces mantras.

Par de petits gestes, elle a réussi à remplacer beaucoup de choses jetables dans sa vie courante. À commencer par les sacs de tissus recyclés qu’elle utilise pour les fruits et légumes à l’épicerie. Confectionnés par sa tante France, ils remplacent parfaitement les sacs de plastique.

Certains de ces sacs servent aussi à acheter en vrac dans un magasin de vrac à Granby qui accepte les pots et les sacs réutilisables. Leur poids est écrit au marqueur sur le tissu pour éviter l’utilisation d’un papier autocollant.

Valérie et sa tante ont aussi confectionné des tampons à démaquiller. Elles ont essayé deux sortes de tissus. Un test qui sera à peaufiner, indique toutefois la Granbyenne.

Pour ceux qui ont de la difficulté avec les travaux à l’aiguille, ce genre de produit se trouve facilement en boutique.

Des gens dans son entourage lui donnent aussi des vêtements, si bien qu’il y a très longtemps qu’elle n’a pas acheté un morceau neuf.

Retour dans le temps

Valérie a également hérité des mouchoirs en tissus de sa grand-mère. « Ma mère dit souvent que je reviens comme dans l’ancien temps. Je fais du cannage, je prépare ma nourriture (NDRL : comme ses barres tendres), j’achète mon lait dans des pots de vitre consignés. »

Valérie Dion n’a plus de papier essuie-tout et fabrique elle-même ses produits nettoyants avec des pelures d’orange pour, par exemple, leur donner une bonne odeur. Elle achète du savon en barre bio et du shampoing en vrac, qu’elle conserve dans un pot Masson. Dans son sac à main, elle garde toujours des ustensiles au cas où elle aurait besoin d’aller dans une cantine, par exemple.

« À Granby, on ne composte pas partout encore, mais à Bromont, où je travaille, oui. Alors, j’apporte toujours mon composte au travail. La litière des chats est compostable aussi. »

L’éducatrice à l’école Montessori à Bromont admet qu’il y a des choses plus difficiles à remplacer. Il faut parfois y aller par essais et erreurs.

« Dans mon cas, c’est mon déo. J’ai encore du désodorisant chimique. Je voyage à Bromont en vélo tous les jours et avec le bio, ça ne fonctionne pas... Ma tante en a essayé, elle a fait différentes recettes, mais pour moi, ça ne fonctionne pas du tout...» Lorsqu’elle trouvera la bonne formule, elle assure qu’elle changera de protection. Ses crèmes pour la peau sont encore celles qu’elle utilisait il y a trois ans, tout comme les grands sacs à glissière pour la congélation.

Sans enfant, mais devant les témoignages qu’elle lit dans les nombreux groupes Facebook d’adeptes du zéro déchet, elle voit qu’il est possible de poser des gestes simples pour faire sa part, même dans une grande famille de plusieurs enfants.

Sensibiliser les enfants

Valérie Dion a, à sa charge, une classe d’enfants de trois ans à l’école Montessori de Bromont, une garderie où les petits apportent leur dîner et leurs collations. Elle n’hésite donc pas à leur transmettre idées et solutions faciles à mettre en place en vue de réduire leur empreinte écologique. Ils sont petits, mais sont à même de pouvoir influencer leurs parents. Du 20 au 28 octobre, c’était la Semaine québécoise de réduction des déchets. « On a avisé les parents. La semaine d’avant, j’ai pesé les déchets des enfants, sauf les couches. On avait un objectif de baisser le poids de nos déchets de 10%. »

L’éducatrice a aussi proposé des solutions aux familles. Pour remplacer le bâtonnet de fromage emballé individuellement, elle a suggéré aux parents d’acheter un bloc de fromage et de le couper en bâtonnets et de les mettre dans un plat. « On a réussi!, se réjouit-elle. On a diminué nos déchets de 53%!»  L’effort n’a pas nécessairement tenu la semaine suivante, mais une graine a été semée. Par contre, elle souligne que certains parents utilisent tous les jours des sacs de tissus avec une glissière pour remplacer les sacs de plastique. 

« À l’école, je suis très fatigante, ne cache pas Valérie. C’est moi qui contrôle les déchets! J’ai réintégré le compost. La direction l’avait enlevé à cause des mouches. Mais là, c’est moi qui m’en occupe. Je suis sur un projet pour acheter des sacs refermables en tissus pour les moments où les enfants font pipi dans leurs vêtements. On met toujours les vêtements souillés dans des sacs de plastique... Il y en a pour les couches lavables, donc on va en prendre des semblables et les parents nous les rapporteront. La directrice a dit oui. Il faut juste oser.»