Viviane Passemard vient d’ouvrir Maison Triangle, une boutique-galerie qui se concentre sur les meubles, luminaires et décorations faits exclusivement au Québec.

Maison Triangle: ouvrir la porte aux découvertes

Dans sa boutique-galerie nouvellement nichée dans un des Lofts de l’Impérial de Granby, Viviane Passemard propose des meubles, des luminaires et des décorations faits au Québec. Des trucs pour la maison triés avec soin. Des coups de cœur qu’elle veut montrer sous différents angles. D’où Maison Triangle. Un lieu qui s’en veut un de découvertes.

Passionnée par le design, par les meubles qui parlent et le talent d’artistes et d’artisans investis dans leur art, Viviane rêvait d’un lieu où ce savoir-faire québécois serait mis en valeur sans prétention. Un endroit chaleureux où il serait possible de toucher le bahut de bois fait à partir de quatre autres vieux meubles. De s’asseoir dans la chaise repensée par une artiste du slow design ou de palper un coussin fabriqué par une designer textile. « Je veux faire découvrir ce qui se fait au Québec et que le monde soit à l’aise de toucher, ce qui est impossible de faire sur Internet », insiste Viviane, une mère de famille dans la jeune quarantaine qui retape elle-même des meubles et qui crée des luminaires sur mesure.

Devenir une ressource pour ses clients, c’est son rêve. Offrir des créations de qualité, de l’art accessible, sa mission. Mais comme elle se lance seule dans cette grande aventure, elle donne un an à Maison Triangle pour faire ses preuves. « Je vois ça comme une expo éphémère d’un an, dit-elle. Des gens de partout vont à Montréal pour acheter des meubles ou visiter des salons, des galeries. Pourquoi ne pas apporter un peu de Montréal ici ? Les gens sont-ils prêts à ça ? Moi, je pense que oui. »

100 % québécois
Dans le loft 100 du 166 rue Cowie, elle offre donc de l’espace. De la visibilité. « J’ai souvent voulu exposer mes meubles, mais dans les boutiques, on ne les voyait pas, explique Viviane. Les gens les utilisaient pour y mettre d’autres produits à vendre, alors on ne savait plus si les meubles l’étaient ! Ça me frustrait. C’est là que je me suis dit ‘J’vais l’faire ! ’ »

Depuis, elle met en valeur les trucs faits au Québec. Actuellement, Maison Triangle présente une quinzaine d’exposants. « Sur la seule base du bla-bla ! », fait remarquer sa dynamique propriétaire.

Lampes de bois, objets de papier à faire soi-même (origami), tables basses, plats de céramique, cadres de bois naturel se côtoient donc chez Maison Triangle.

Pour les dénicher, elle fait la tournée des événements réunissant des créateurs québécois d’univers variés. Par exemple, c’est à La Grande Fabrique qu’elle a eu un coup de foudre pour Christine Comeau, dite La Dérivée, qui se spécialise dans l’impression textile.

« C’est Maison Triangle qui est venue vers moi ! », raconte celle qui travaille sur le thème du nomadisme, en photo, pour donner vie, entre autres, à des coussins.

« Aussi, j’écris beaucoup aux gens, indique Viviane. Par exemple, pour Christine, ses personnages colorés, pas humains, pas animaux, mais ludiques, m’ont interpellée. Le côté ‘nature’ de ses photos aussi. Je n’ai pas étudié l’art et je n’ai pas le vocabulaire qui y est associé, j’y vais par passion ! Son art démontre qu’une photo peut facilement être sortie de son cadre. »

Une approche qui, visiblement, a plu à Christine Comeau, artiste en arts visuels et poète de Montréal, qui s’est dite également charmée par la beauté des Lofts de l’Impérial.

Lampes de bois, objets de papier à faire soi-même (origami), tables basses, plats de céramique, cadres de bois naturel se côtoient donc chez Maison Triangle. « C’est un espace de découverte, de culture et d’échange, précise Viviane. Ici, on retrouve des microséries, de l’unicité. Des coups de cœur ! »

L'espace FM-R

Toujours dans l’optique de laisser toute la place aux créateurs québécois dans sa boutique-galerie, Viviane Passemard y a concrètement conçu un coin spécial à cet effet. Chez Maison Triangle, l’espace FM-R permet chaque mois d’en mettre un en lumière. 

Quand Le Plus a rencontré Viviane pour la première fois, c’était dans l’atelier de Lucie Minville, de Moma sur mesure, qui se spécialise dans la conception, la récupération et la restauration d’assises rembourrées de toutes sortes. C’est elle qui avait œuvré pour que la chaise Trappeur de Lucie se retrouve au salon du design SIDIM en avril dernier. Un pari que les deux femmes ont remporté haut la main. Pas surprenant alors que les chaises de la designer, dont l’atelier est aussi situé dans les Lofts de l’Impérial, à un jet de pierre de la Maison Triangle, occupent le tout premier espace FM-R. «Lucie était prioritaire!, laisse tomber Viviane en riant. Mais chaque mois, je mettrai l’emphase sur un créateur québécois. Cet espace est loué et l’artiste peut l’investir comme il le veut.» C’est le côté «galerie» de la boutique-galerie, insiste-t-elle. 

 «Je veux y donner une twist, dit-elle. Si la personne a le goût de faire quelque chose de pété, allons-y!» 

Le tout s’inscrit dans sa volonté de faire découvrir différentes approches et passions. «Le côté ‘culturel’, apprentissage, c’est important pour moi», conclut celle qui est une artiste dans l’âme.