M. St-Pierre tirera sa révérence comme directeur musical après le concert du Chœur de l’Amitié prévu le samedi 16 février prochain.

L’heure de la retraite a sonné pour Denis St-Pierre

Après 36 ans de direction chorale, Denis St-Pierre aura désormais le temps de faire toutes les autres choses qui lui chantent. Le 16 février, après que la chorale qu’il dirige depuis 14 ans aura présenté Chœur à cœur, il tirera définitivement sa révérence. Sa baguette rangée, il en profitera pour revenir à ses anciennes amours, la guitare classique, et vivre à fond ses autres passions.

«Je ne sais pas ce qui m’attend, mais chose certaine, je veux me réapproprier ma vie, dit-il. Le volet direction, qui demande temps et énergie, c’est terminé. Mais la musique ne me quittera jamais. Ma passion me suit. Aussi, je dessine et je peins. J’ai hâte de montrer aux gens ce que je fais.»

Denis St-Pierre a voulu remiser sa baguette de chef de chœur une première fois il y a 14 ans. Juste avant que le Chœur de l’Amitié, qui venait de perdre son directeur, ne requiert ses services. «On a parti ça sur les chapeaux de roue!», se souvient-il. Un rythme qui semble n’avoir jamais lâché. Au fil du temps, toujours entouré d’orchestres locaux ou voisins, d’autres chorales, de musiciens de grand talent et de solistes établis, le Chœur de l’Amitié a offert des spectacles grandioses. «On pouvait présenter jusqu’à trois productions par année, souligne M. St-Pierre avec fierté. De grosses œuvres: Carmina Burana, La bohème de Puccini, La Veuve joyeuse, etc.»

Denis St-Pierre a dirigé bon nombre de choristes à Granby au cours des 36 dernières années.

D’ailleurs, bien qu’il songeait à prendre sa retraite depuis quelques années, Denis St-Pierre a pris le temps de se faire des cadeaux avant de quitter. En 2015, avec quatre solistes réputés, deux autres chœurs et 55 musiciens, ses choristes ont présenté La 9e Symphonie de Beethoven. Une œuvre «incontournable», soulignait d’ailleurs le chef à l’époque. L’an dernier, c’est à Gloria, de Vivaldi, que le directeur s’est attaqué. «On a cassé la baraque!», lance-t-il, un sourire dans la voix.

«Mais c’était toujours énorme comme travail, souligne-t-il également. Une montagne chaque fois. Là, je m’en vais vers autre chose et je suis content.» Content, car il quitte avec le sentiment du devoir accompli.

Prémices

Quand il regarde par-dessus son épaule, il se réjouit d’avoir posé les jalons d’une vie culturelle musicale riche à Granby. «Quand j’ai commencé, il y a 36 ans, aucun orchestre de chambre ou orchestre symphonique n’était vraiment venu jouer à Granby, rappelle-t-il. Je suis sorti de mes années d’études en musique à Montréal conquis par le phénomène des grandes chorales soutenues par de grands orchestres. Je voulais ramener ça chez nous. Je voulais reproduire ça à Granby.»

Cela a donné lieu à une première Nuit de la culture. Celle-ci s’est déroulée dans la caserne des pompiers de l’époque et un certain Jean Leloup y a même donné sa couleur. «Il n’était pas encore connu, raconte Denis St-Pierre. Il était une étoile ascendante. Quelle nuit! Il y avait des musiciens, un petit chœur. On a joué des extraits d’opérettes et je me rappelle qu’on a fait l’Alléluia du Messie de Haendel au gazou!»

De fil en aiguille, le joueur de guitare classique qu’il était s’est intéressé à la direction musicale. Un retour aux études dans le domaine lui a d’ailleurs permis de pousser plus loin sa volonté de faire découvrir la musique symphonique et le chant classique aux gens de son patelin. Alors qu’il dirigeait le Chœur Classique de l’Estrie, il a présenté sa première grande œuvre à Granby. Avec la précieuse collaboration de Marc David, qui dirigeait alors l’Orchestre symphonique de Sherbrooke, il a monté le Requiem de Mozart.

«On a présenté de beaux phénomènes culturels, indique-t-il. Nous avons, par exemple, organisé le premier spectacle dans le cadre de la campagne de financement de la Fondation de l’hôpital de Granby. Avec le recul, j’ai vraiment l’impression d’avoir fait une différence (dans le monde culturel de Granby). Et dire que tout ça est parti dans une caserne de pompiers avec une gang de maboules ayant juste la volonté et la naïveté de ‘néophytes’ enflammés!»

Denis St-Pierre dirigera une dernière fois le Chœur de l’Amitié le samedi 16 février, à 20h, à l’église de l’Immaculée-Conception de Granby. Les choristes proposeront «de belles grandes mélodies» qui seront autant de clins d’œil à la Saint-Valentin. Ils seront accompagnés de «cinq excellents musiciens», souligne également le directeur musical. Les billets sont en vente auprès des choristes et ils seront aussi disponibles à la porte le soir du spectacle.