C’est à Granby que Mohammed Zarzour a élu domicile. Il y a retrouvé des compatriotes syriens et leur intégration à la vie québécoise s’est déroulée sans anicroche.

L’espoir d’une vie meilleure

C’était le 4 octobre 2016. Mohammad Zarzour se souviendra toujours de cette date. C’est ce jour-là que le réfugié est arrivé au Québec, dans l’espoir d’y mener une vie meilleure. Et il a réussi.

Avant de mettre les pieds dans la belle province, M. Zarzour et son épouse ont bourlingué en Europe pendant près de trois ans pour fuir les affres de la guerre qui déchire leur Syrie natale. Après un an au Liban, ils se sont retrouvés en Turquie, où ils ont pu travailler en attendant d’avoir le droit d’émigrer au Canada.

Huit mois se sont écoulés entre le moment où le couple a fait une demande d’immigration et la réponse tant attendue. « Quand on a eu le OK, on a su qu’on pourrait améliorer notre sort et avoir un meilleur avenir au Canada », affirme celui qui avait auparavant entendu dire que cette contrée nordique était un lieu où il faisait bon vivre.

C’est à Granby que les Zarzour ont élu domicile. Ils y ont retrouvé des compatriotes syriens et leur intégration à la vie québécoise — même à l’hiver ! blague-t-il— s’est déroulée sans anicroche. « Nous avons eu beaucoup d’aide, tant de la part du gouvernement que de SERY (Solidarité Ethnique Régionale de la Yamaska) que des Québécois eux-mêmes. En plus, une famille canadienne nous a parrainés et nous soutient », énumère-t-il, reconnaissant.

Il y a plus ou moins un an, M. Zarzour a réussi à décrocher un emploi chez Fabritech, à Bromont. Un travail qu’il aime et qu’il peut accomplir de concert avec ses collègues, qui l’ont accueilli à bras ouverts. Sa femme, elle, a pu reprendre son métier de couturière, qu’elle exerçait déjà outre-mer. « Tout le monde a tellement été gentil », dit-il.

La famille n’a pas vécu de discrimination, pas plus qu’elle n’a fait l’objet de commentaires mesquins ou xénophobes. Mais la peur de l’Autre, la crainte du réfugié existe, reconnaît M. Zarzour. « Il faut rester calme, dit-il lorsqu’on lui demande ce qu’il en pense. Il faut simplement leur expliquer notre réalité. »

« Ma vie est mieux maintenant. Je suis content, commente le réfugié. Maintenant, je veux participer à la vie sociale québécoise. Je veux faire ma part. »

La barrière de la langue
Environ 41 % de tous les immigrants, réfugiés y compris, qui débarquent au Québec, parlent déjà français. Ce n’était pas le cas de M. Zarzour, qui allègue que la barrière de la langue est le principal obstacle auquel se butent les réfugiés.

S’il parle assez bien la langue de Molière aujourd’hui — assez pour répondre à toutes les questions de l’auteure de ces lignes sans aucune difficulté— , c’est grâce à une formation en francisation d’un an suivie au Cégep de Granby. Mais le Syrien compte bien approfondir ses connaissances.

À Damas, M. Zarzour avait complété des études en droit. Il espère un jour pouvoir retourner sur les bancs d’école, en français.

Lui et son épouse comptent bien obtenir leur citoyenneté canadienne. Cela leur permettra de refléter le fait que le Canada est devenu leur deuxième maison et leur donnera aussi la chance de retourner en Syrie pour visiter les leurs, qui s’y trouvent toujours et qu’ils n’ont pas serré dans leurs bras depuis quatre ans. « J’ai tellement hâte de les voir ! » lance M. Zarzour.

Depuis 1996, Granby a accueilli pas moins de 1650 réfugiés, dont environ 200 au cours des deux dernières années. Environ 25 familles de réfugiés sont d’origine syrienne. Pour marquer la Journée mondiale des réfugiés, ce mercredi 20 juin, le drapeau des Nations Unies flottera au-dessus de l’hôtel de ville.

En 2017 seulement, le Québec a pour sa part accueilli 42 821 immigrants, dont 17,4 % étaient des réfugiés. Près du deux tiers de tous les immigrants sont aptes au travail.