Émilie Arsenault et Cynthia Laflamme ont déjà un pied sur la Grande Muraille de Chine, lieu où en mai 2019, elles courront au profit du Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska dans le cadre du défi Courir pour la vie.

Les Rang-donneuses sur la ligne de départ

Au secondaire, ni l’une ni l’autre n’avait le profil d’une sportive. Les cours d’éducation physique, toutes deux en avaient horreur. Mais un jour, elles ont découvert la course à pied et ses avantages. Bienfaits qui dépassent souvent les limites du coureur lui-même. Dans cette optique, en mai 2019, Cynthia Laflamme et Émilie Arsenault enfileront leurs espadrilles au profit de la prévention du suicide, dans le cadre de l’événement Courir pour la vie. Pourquoi en parler tout de suite? Parce que le défi est aussi imposant que le lieu où il se déroulera: la Grande Muraille de Chine.

«On se prépare d’avance, car c’est huge comme défi!», ne cache pas Cynthia qui a découvert la course il y a environ cinq ans. Un sport qui lui permet de mieux gérer son stress, dit-elle.

Comme le fait remarquer sa coéquipière Émilie, le défi Courir pour la vie en est un financier, physique et psychologique. Mieux vaut s’y prendre tôt afin d’être prêtes à tous les niveaux à l’aube du départ. «Physiquement, on se prépare dès maintenant pour faire une progression lente», explique celle qui travaille comme entraîneuse. L’an dernier, Émilie a accompagné Julie Perreault, aussi de Granby, dans sa préparation physique en vue d’affronter la Muraille de Chine dans ce même défi qui profite au Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska.

«J’ai donc déjà vu c’était quoi le ‘avant’, mais je n’avais pas vu le ‘pendant’ et le ‘après’», raconte Émilie.

L’ensemble de ce que représente le défi Courir pour la vie, elle l’a découvert lors de la diffusion du film d’Antoine Trudeau, Pao : Courir la Muraille, au retour des participants en 2017.

«Ce film, ça m’a vraiment parlé, dévoile Émilie. J’avais envie de le faire. Et un jour j’ai croisé Cyn et je lui ai demandé si elle voulait qu’on le fasse ensemble.»

Ce à quoi la journaliste a répondu par l’affirmative. «Moi aussi c’était un défi qui m’avait allumé, avoue Cynthia. C’est une réalisation de soi incroyable! C’est tellement difficile. Sans Émilie, je ne l’aurais jamais fait. Mais là, comme on forme une super équipe, j’ai arrêté d’en parler au conditionnel. Maintenant, j’en parle seulement au futur!»

Cynthia et Émilie forment Les Rang-donneuses. Ensemble, elles s’engagent à remettre 5 000 $ au CPS de la Haute-Yamaska. Montant qu’elles aimeraient voir beaucoup plus gros. À cette somme, toutes deux doivent ajouter 4 500 $ pour prendre part au voyage et au défi. Une enveloppe globale d’environ 15 000$ qu’elles entendent bonifier et amasser par diverses activités de financement.

Une vente de garage a déjà eu lieu lors de la Journée nationale des patriotes. La prochaine activité se tiendra le dimanche 10 juin en avant-midi. Ce jour-là, Nadine Mantha offrira un entraînement selon la méthode Essentrics. Celui-ci pourrait se tenir à l’extérieur. Le lieu reste à déterminer. Pour tout savoir ce que Les Rang-donneuses organisent d’ici leur départ, suffit de consulter leur page Facebook (Trail de la Muraille de Chine - Les Rang-donneuses). Vous y découvrirez la tenue d’un souper thématique chinois, une autre vente de garage, le tirage d’une toile unique et originale, la présentation d’un spectacle du groupe Les Trouble-Fêtes, diverses courses et séances d’entraînement et une soirée de dégustation de whisky.

Comme la région compte de nombreux randonneurs, le 13 octobre prochain, Cynthia offrira une conférence sur, justement, ses randonnées. «Une randonnée demande beaucoup de préparation. Ce sera donc du genre ‘trucs rando pour les nuls!’», a dit celle qui se préparait à profiter de ses vacances sur une section de l’Appalachian Trail, qui sillonne divers états américains, du Maine à la Georgie.

Le but des Rang-donneuses est de boucler leur campagne de financement en janvier, pour pouvoir ensuite se concentrer sur leur entraînement physique. D’ailleurs, de nombreuses courses sont au programme au cours des prochains mois.

Si elles visent courir un demi-marathon dès cet automne, il est clair qu’elles s’offriront un marathon avant le jour J. En Chine, les deux femmes parcourront 70 km en cinq jours, sur des sentiers qui leur réservent un paquet de surprises...

«C’est vraiment trippant, souligne Cynthia. Je ne pensais jamais faire ça un jour dans ma vie...»

Une pensée pour Véronique

Si la course à pied et le film Pao : Courir la Muraille ont tous deux rejoint le cœur de Cynthia Laflamme et d’Émilie Arsenault, la prévention du suicide les touche aussi profondément. La première a déjà pensé passer à l’acte. Fort à part ça. La deuxième a perdu une amie morte par suicide cet hiver. Un départ qui a eu l’effet d’une bombe.
«Sa mort m’a mise en face de ma propre détresse, raconte Émilie, qui est la maman d’une petite fille de quatre ans. Par mon engagement (pour Courir pour la vie), je m’oblige à vivre mes passions, qui sont la course et les voyages. J’ai décidé de me choisir et bien des choses ont changé depuis... Une fois sur la Grande Muraille, c’est clair que je vais avoir une pensée pour Véronique.»


Bien que les périodes sombres soient derrière elle, Cynthia, de son côté, ne cache pas être toujours ébranlée quand elle apprend qu’une personne s’est enlevé la vie. Plusieurs histoires l’ont d’ailleurs marquée depuis qu’elle est journaliste. D’ailleurs, elle applaudit la formation Agir en sentinelles, offerte par les Centres de prévention du suicide. Celle-ci permet de conscientiser les participants à la prévention du suicide, de modifier les croyances entourant le phénomène et de présenter les bases d’intervention permettant de détecter les signes de détresse psychologique.