Brahmari

CHRONIQUE/ Brahmari est le mot sanskrit qui se traduit par abeille ou par bourdonnement d’abeille (humming en anglais). C’est un pranayama qui se fait sur l’expiration en émettant le son M en continu.

Brahmari est une technique intéressante que vous pouvez utiliser quotidiennement pour diminuer la fatigue mentale, l’anxiété et favoriser le sommeil. Il augmente aussi les ondes de détente dans le corps et l’esprit. C’est très relaxant et c’est une façon simple de se régénérer. Sa pratique renforce les fonctions cognitives et réharmonise le cœur avec l’esprit. Brahmari augmenterait aussi les ondes gamma (spirituelle) dans le cerveau. Ces ondes apparaissent dans des états d’amour inconditionnel et d’altruisme. On sait aussi qu’avec sa pratique régulière, ces effets restent plusieurs minutes après.

Si vous avez lu la chronique «Le monoxyde d’azote, une fascinante molécule» (Le Plus, 5 décembre 2018), vous avez appris que cette dernière est produite en grande partie par nos sinus et notre salive. Pour les besoins de cette chronique-ci, j’ai trouvé une étude concluant que cette molécule était surtout concentrée dans les voies nasales. Le monoxyde d’azote ou l’oxyde nitrique (NO) serait produit dans les sinus et quand vous respirez par le nez, une abondance de NO est dirigée vers les lobes inférieurs des poumons, là où se trouvent les récepteurs antistress et où les échanges gazeux se font le mieux.

Ainsi, la respiration nasale transporte le NO dans la circulation du corps et chacune de nos cellules en bénéficie. Rappelons que les grandes qualités de l’oxyde nitrique sont d’agir comme anti-inflammatoire, régulateur hormonal, antiseptique et réparateur pour l’ensemble des voies respiratoires, circulatoires, digestives et pulmonaires. L’oxyde nitrique joue donc un rôle essentiel pour notre santé. C’est une molécule toutefois instable qui se dégrade rapidement dans la circulation sanguine et qui doit constamment être renouvelée.

De nombreux exercices de respiration sont enseignés en Yoga et en Ayurveda utilisant la respiration nasale comme effet thérapeutique. Il est raisonnable de supposer que les bienfaits de ces exercices seraient dus au fait que l’on augmente l’oxyde nitrique dans le corps.

Aussi, la pratique de Brahmari augmenterait de 15% la production de NO par rapport à la respiration en douceur par le nez.

Il est recommandé de pratiquer environ 5 minutes (5 à 10 respirations) pour en ressentir les bienfaits.

• Inspirez par le nez longuement.

• Expirez en émettant le son du bourdonnement d’abeille (mmmmmm).

Cela part du fond de la gorge, la bouche est fermée et les dents sont desserrées.

Durant la pratique, portez votre attention à la vibration de la gorge et de la tête en entier. Laissez aller le son le temps que vous êtes confortables (ne pas forcer). Ne vous surprenez pas si cela dure longtemps, car lorsqu’on émet un son, l’expiration s’allonge. La conscience reste totalement sur la vibration. Puis, à la fin de votre pratique, restez en silence quelques instants et observez.

Namasté!