À contre-courant

CHRONIQUE/ Mardi matin. Je me sens à contre-courant. J’ai les pieds pesants et la tête pleine. La semaine fait tout juste commencer. J’ai une chronique à écrire et l’inspiration ne vient pas. Ma tête est agitée et j’ai une lourdeur au plexus. Depuis le décès subit de ma mère, en janvier dernier, ma concentration est mise à rude épreuve.

En ce mardi matin, j’ai plusieurs « choix ». Me « perdre » sur Internet pour rêver aux vacances d’été, faire ma pratique de yoga, aller marcher, prendre un deuxième café qui, je le sais, ne me fera aucun bien. Tout cela est possible, mais je suis prise avec mon inertie. Mon mental agité me ramène en boucle des pensées inutiles et futiles et je me questionne sur ce dont j’ai besoin (à part, bien sûr, que le printemps arrive!). Je ne trouve pas de réponses.

Le mental est un spécialiste pour nous projeter dans un avenir meilleur et, ainsi, nous faire fuir l’instant présent. Heureusement, il y a aussi ce besoin de me donner de l’espace afin de me retrouver et de me connecter à quelque chose difficile à nommer. Ce quelque chose qui s’expérimente au fil des moments que le yoga m’offre. Ces instants qui permettent de me ressourcer afin d’apercevoir ce qui est réellement là. Aucun mode d’emploi n’est fourni avec les grands événements de la vie : la naissance, les enfants, la vie amoureuse, la maladie, la mort… Les vécus profonds s’intègrent à d’autres niveaux : énergétique, vibratoire, émotionnel.

Je vis l’expérience de cette perte profondément dans mon ventre et toute une gamme d’ondes de turbulences affecte mes autres centres d’énergie.

On a toujours le choix, mais il faut aussi avoir le support pour faire des choix. Le yoga me donne cet appui et me permet d’être à la fois en désunion et en union. Ces forces qui se complètent et bâtissent ensemble ce que nous sommes. La pratique ne se fait pas que sur le tapis de yoga, elle est partout et en tous lieux. On dit que le yoga aide à «faire le vide», à alléger la charge trop lourde que l’on porte sur nos épaules. Je dis aussi qu’il aide à faire le plein. Un plein réel et authentique, sans feux d’artifice, sans artifices tout court.

Le yoga transforme la personne non seulement à travers ce qu’elle fait, mais surtout par ce qu’elle est. Bien sûr, on peut voir assez rapidement les progrès dans notre corps et sur la qualité de notre respiration, mais les plus grands changements se trouvent dans la partie silencieuse du yoga.

Le printemps est finalement arrivé. Promesse de temps plus clément et de renouveau. Chaque jour nous pouvons être témoins de ce renouveau, à nous d’y apercevoir les parcelles de lumière!

Namasté!