Le rhume des foins

CHRONIQUE/ À tout bout de champ, l’été, arrive le rhume des foins. Celui-ci peut affecter des milliers de personnes, et ce, en très peu de temps. Mais le foin justement, à quoi sert-il?

Le foin sert à nourrir des animaux: vaches laitières, bovins de boucheries, chèvres et chevaux.

Mais il ne leur est pas toujours servi de la même façon. Il en existe deux grands types: le foin sec et l’ensilage.

Le foin sec, c’est du foin séché au champ pour en diminuer le plus possible l’humidité. Il est souvent fait de graminées. Les légumineuses sont souvent plus difficiles à sécher et peuvent faire plus de poussière, ce qui n’est pas désirable dans le foin sec. Ce foin est donc plus difficile à faire, car une fois coupé, il doit bien sécher. Un faneur (peigne rotatif) est passé pour tourner le foin, afin que chaque tige soit sèche. Cette opération peut être faite quelques fois, dépendamment des conditions climatiques. Après, le foin est mis en andains (empilé en rangées) pour faciliter le processus qui servira à faire des balles de foin rondes, carrées, petites ou grosses. On récolte ensuite la rangée de foin, et on le compresse dans une balle retenue par un système de cordes. La météo est alors surveillée de près, car il faut quelques jours de beau temps pour tout faire.

L’ensilage, c’est plus facilitant au niveau de la météo, mais on n’ensile pas quand il pleut. L’ensilage est la récolte de foin humide, plus riche en énergie et en protéines que le foin sec. Composé d’un mélange de légumineuses et de graminées, l’ensilage, utilisé dans la ration de vaches laitières, se fait au champ, par une fourragère. Elle coupe le foin humide et le laisse en rangée au champ ou l’envoyer ensuite dans une remorque pour le récolter en vrac. Si le foin est laissé au champ, il faudra y retourner pour former les balles. Le foin récolté en vrac est habituellement mis dans un silo auquel on ajoute des additifs pour aider la conservation.

Une prairie, ça s’entretient. Il ne faut pas espérer plusieurs coupes de foin par année sans donner de soins aux plantes. Les plantes fourragères ont besoin d’azote, de phosphore, de potasse et d’éléments mineurs. À l’implantation et après les coupes, il est nécessaire de mettre de l’engrais (granulaire ou organique) pour s’assurer que le champ sera productif. Tout en respectant les besoins de la plante et du champ. Ces besoins peuvent être évalués et suivis par le conseiller du producteur. L’efficacité des engrais peut aussi être calculée après l’application.

Une prairie a aussi une durée de vie. On ne peut garder une prairie pendant 20 ans et s’attendre à avoir autant de rendement à la fin qu’au début. Les plantes se fatiguent et ont besoin d’être renouvelées. Que ce soit par un sur-semis (semer sur la prairie existante) ou un renouvellement complet, il est nécessaire de donner de l’amour à nos prairies pour le bien-être de nos animaux.

Bonne saison des foins!

Laurianne Levert-Gauthier, agronome

Cette chronique est rendue possible grâce au soutien financier de l’UPA.